Les bonus de la saison
Publié le 30/08/2014

Mathilda May : "Open space, un lieu où des gens se trouvent condamnés à vivre ensemble."


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« Hharghr grùchtrbtr chtrhkof ? » Mathilda May écrit et dirige cette fresque folle sur le monde du travail. Six personnages dans un open space sont condamnés à vivre ensemble le temps d'une journée.Une épopée tragique et drôle, entre Kafka et les Monty Python.
 
Pierre Notte : « Open Space », c'est un lieu de travail. Mais qu'est-ce qui caractérise particulièrement cet endroit ?
Mathilda May : C'est avant tout un lieu où des gens se trouvent condamnés à vivre ensemble. Ils n'ont rien à voir les uns avec les autres, mais l'espace les contraint à cohabiter. Le spectacle se joue sur une journée complète, de l'ouverture du bureau à la fermeture. On va vivre avec eux une journée de travail dans cet espace commun. Les thématiques du travail et de la cohabitation sont finalement assez rarement traitées au théâtre, elles sont pourtant d'une puissance formidable. On va suivre les habitudes, les petits problèmes et les grands fantasmes de chacun au fil du temps ordinaire d?un jour au bureau. Le lieu lui-même n'est pas marqué par une époque, mais on sent bien que les patrons successifs ont tenté de le moderniser un peu, d'y ajouter leur touche personnelle. Il y a une cabine pour les fumeurs, mais il reste un vieux minitel. Il y a la machine à café, et tout autour un espace qui a vécu, où se superposent des objets emblématiques d'époques différentes. C'est là que travaillent six agents au même niveau, que rejoignent un patron, un réparateur de machine à café, un ambulancier, une femme de ménage...
 
Que va-t-il se passer ?
On va faire connaissance avec les six travailleurs ou agents de cette petite boîte. On découvre les caractères de chacun, leur problématique de vie, leur façon d'être par rapport au monde et avec eux-mêmes. Les attirances, les rivalités, les agacements... Puis on va rentrer dans la tête des uns et des autres. Les colères, les fatigues. Il y a celui qui s'endort, il y a celle qui boit un peu trop et qui sent le sol tanguer, se dérober. Il y a celui qui fantasme sur le réparateur de la machine à café. Il va finir par vivre le paroxysme d?un moment romantique avec un homme, alors que toutes ses collègues sont amoureuses de lui. Il y a le battant, qui veut toujours se rapprocher un peu plus près du patron, et ses rêves de grandeur. Et puis il y a les cauchemars de celui qu'on a mis au placard, que personne ne voit ni n'entend jamais. Il est transparent, et même s'il tente de se suicider, personne ne s'en aperçoit. On ne sait pas ce qu'ils font, comme métier, ni quel est l'objet de leur production. On pourrait penser qu'il s'agit d'une petite compagnie d'assurance. C'est leur intimité qui m'intéresse, confrontée aux obligations du boulot, à la hiérarchie, à la routine... leurs affinités entre eux, les attirances, les répulsions, les révélations. On comprend peu à peu, dans cet espace partagé par tous, que la boîte est en train de couler. Il y a aussi la mort, qui rôde. Ce qui me touche, c'est l'absurdité de tout cela, de la paperasse, des places à prendre, à trouver ou à garder, et dans tout ça les sentiments amoureux.
 
Tout est affaire de danse, de rythme, de musique, mais jamais de texte, pourquoi ? Ou pourquoi pas ?
Le spectacle est né des sons. J'avais en tête l'espace sonore, et les bruits du spectacle qui se déclinent en trois catégories. D'abord la musique, de bout en bout originale, avec des chants tyroliens ou des choeurs. Ensuite les sons en « live », c'est-à-dire tous les bruits provoqués en direct par le matériel de bureau, les dossiers qu'on classe, la machine à café, les grincements des fauteuils, les bâillements du matin, la mise en route, les crayons qu'on taille... Et troisièmement, le « sound design », les trois cents « tops sons » qui ponctuent l'action. La chasse d'eau quand quelqu'un va aux toilettes, les avions qui défilent au dehors quand on ouvre la fenêtre, et la pluie, l'orage, le vent, les coups de poings d'un combat de boxe, les sonneries des téléphones; les talons aiguilles d'une femme agaçante qui prend de la place par le bruit qu'elle fait, incessant... Tout est ensuite affaire de rythme, de coordination des mouvements, des images, des corps dans l'espace. Mais ce sont des comédiens, non des danseurs, qui racontent l'aventure humaine d'une journée de travail, sans paroles, mais avec des onomatopées, des borborygmes. Avec des ellipses en direct, avec des ralentis dans l'action, des retours en arrière, des focus sur un personnage unique, des arrêts sur image. Ce n'est pas tout à fait sans texte, mais c'est sans mots, sans paroles précises. Et pourtant, tout le monde comprend, reçoit. J'ai vu les spectateurs se positionner dans une attention toute particulière, le corps un peu en avant, en totale empathie avec les comédiens. Ils sont sollicités autrement, à d'autres zones. Le langage scénique est compréhensible par tous, c'est un langage de signes, de codes, de sons et de bruits qui fait sens. C'est une musique que tout le monde connaît et reconnaît, et qui touche, je crois, à un autre endroit le public. Moins cérébral, plus émotionnel, plus sensible. On renoue peut-être avec une sorte d'archaïsme du langage des nourrissons, qui comprennent tout sans avoir les mots !

Vous êtes danseuse, chanteuse, musicienne, comédienne, romancière, et aujourd'hui l'auteure d'un spectacle sur le monde du travail... comment voulez-vous qu'on s'y retrouve ?
Il y a une logique dans tout ça ! J'ai commencé tardivement à écrire. J'ai écrit mon premier roman à quarante ans, puis je suis passé à l'écriture scénique, j?ai créé avec Pascal Légitimus le spectacle plus si affinités, dans lequel nous jouions une rencontre dans un avion, sans parole possible, avec des bruits, des borborygmes... ça a été le déclencheur de Open Space. J'ai traversé souvent des rédactions de magazines, j'ai toujours été fascinée par le vacarme de ces endroits ouverts, où tout le monde s'agite, parle en même temps, le bruit dingue et la parole incompréhensible... Et tout cela a donné Open Space. Jamais je ne me suis sentie autant à ma place, parce que toutes mes histoires artistiques se rejoignent dans celle-ci. La musique d'abord, puis la danse et la comédie. Et nous racontons par le mouvement, la danse et la musique une histoire. J'ai le sentiment d'avoir constitué une petite troupe, après des auditions de plus de cent cinquante acteurs pour en choisir sept. C'est une compagnie qui s'est constituée. Je ne veux pas quitter la scène pour autant, rien ne m'empêche de rêver de jouer à nouveau un jour dans une grande comédie musicale...
 
Propos recueillis par Pierre Notte
Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

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Mathilda May

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Le 11 juin 2014 à 15:11

LETTRE OUVERTE AU PUBLIC (TENTATIVE D'EXPLICATION)

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,Nous sommes des artistes, interprètes et techniciens. Nous sommes affiliés au régime particulier de l’assurance chômage des intermittents du spectacle, c'est-à-dire qu'il nous est possible, selon un certain nombre d'heures travaillées dans l’année, de percevoir une indemnité de chômage. C'est le droit de tout salarié. Il s'agit d’un régime spécifique, mais non d'un régime de « privilégiés ». Les professionnels du spectacle cotisent pour le régime général. Tout salarié doit pouvoir bénéficier des indemnités de chômage à partir d'un certain nombre d'heures travaillées. Pour les intermittents, ces heures travaillées sont discontinues. Il a fallu inventer un mode de calcul spécial. Les intermittents en majorité sont favorables à une réforme de leur système. Mais les propositions portées depuis 2003 par un comité de suivi composé de professionnels et de parlementaires n'ont pas été examinées. Certains abus constants d'employeurs comme les sociétés de production ou de diffusion audiovisuelles, notamment celles du service public, et nombre d'inégalités remarquables ont conduit à une réforme indispensable de ce statut. Mais l'accord dit du 22 mars, que le ministère du travail devrait signer à la fin du mois de juin, privilégierait s'il venait à voir le jour les intermittents qui travaillent beaucoup et pénaliserait les plus précaires. Le travail nécessairement discontinu des intermittents impose un régime mutualisé, il appelle une solidarité à laquelle le Medef et les syndicats non représentatifs des métiers de la culture s’opposent. C'est pourquoi les intermittents aujourd’hui se mobilisent, face au Medef principalement dont les calculs et les propositions restent étrangères en tous points aux préoccupations et aux pratiques de nos métiers, et aux intérêts fondamentaux de la politique culturelle de notre pays dont on sait la capacité de rayonnement international et les retombées économiques positives.Les intermittents exigent le non-agrément de l’accord du 22 mars. Aujourd'hui, nous ne nous exprimons pas par la grève car notre action ne connaîtrait pas l'impact de celles menées par nos camarades dans ces lieux de vastes rassemblements que sont les festivals. Mais nous sommes en tous points solidaires des grévistes et des manifestants, intermittents, artistes ou techniciens du spectacle, dont l'activité et l'existence professionnelle sont simplement menacées, et avec elles (comme on l'a compris en 2003 à la suite l'annulation du festival de Montpellier, des Francofolies, du festival d'Avignon et de multiples manifestations festives et culturelles, et puisque c'est l'argument qui compte), tout un secteur économique d'une importance exceptionnelle alors que la culture est une source d'enrichissement pour la France supérieure à celle de la mode, du luxe, de l'industrie automobile ou de celle de l'armement*. *Pour comparer les derniers chiffres connus, l'Etat aura dépensé en faveur de la culture en 2011, 14 milliards d’euros. Mais la culture aura apporté au produit intérieur brut (le PIB est la production de richesses par les acteurs économiques internes au pays) 57,8 milliards. Soit l'équivalent de l'industrie alimentaire et de l'agriculture réunies, deux fois les recettes des télécommunications, sept fois celles de l'industrie automobile. Le seul spectacle vivant a augmenté la richesse de la France de 8,6 milliards. Si comme l'écrivait Proust, les artistes, "cette famille magnifique et lamentable", sont "le sel de la terre", ils sont aussi la mine d'or des comptes nationaux. (Ces chiffres émanent d’une étude conjointe sur l'apport de la culture à l'économie menée par le ministère de l'Économie et des Finances et le ministère de la Culture et de la Communication.) Jean-Michel Ribes, Pierre Notte, le Théâtre du Rond-Point sources :http://culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Etude- conjointe-sur-l-apport-de-la-culture-a-notre-economie-confiee-a-l-inspection- generale-des-finances-et-a-l-inspection-generale-des-affaires-culturelles-par-Pierre- Moscovici-ministre-de-l-Economie-et-des-Finances-et-Aurelie-Filippetti-ministre-de- la-Culture-et-de-la-Communicationhttp://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-culture-rapporte-sept-fois-plus- au-pib-de-la-france-que-l-automobile_1368593.htmlhttp://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140103trib000807739/la-culture- contribue-sept-fois-plus-au-pib-que-l-industrie-automobile.html

Le 3 juillet 2014 à 10:04

2m50

Encore une histoire de sexe

Ils sont dans l’obscurité totale, sous l’eau, à 1500 mètres de profondeur.Ils mesurent 18 mètres de long, pèsent chacun leur trois tonnes, et possèdent à eux deux 16 bras et 4 tentacules.La femelle ? Elle fait sa timide.Ce que l’on comprend, quand on sait que l’organe sexuel de son partenaire mesure 2 mètres 50 de long et qu’il fonctionne comme une seringue hypodermique à haute pression. Son but pour assurer la survie de l’espèce est de percer le bras de sa dulcinée pour la féconder. Avec sa lance à incendie, il attaque tout ce qu’il trouve, et parfois, sans le vouloir, c’est à lui-même qu’il fait l’Amour.Son nom est truffé de A : Il s'agit du calamar géant. Sa réplique minuscule pourra, farcie, frite ou à l'armoricaine, se retrouver dans nos assiettes et nous pénétrer de sa texture si particulière. Mon suc te remonte à la gorge, chantait Léo Ferré, avec son goût d’entre dégoût. C’est l’éternité qui dégorge, et la mort qui tire son coup.Un autre animal, de la même façon, injecte son sperme dans n'importe quelle partie du corps de sa partenaire — le dos, le cœur, la tête. Un animal petit, noir, et non comestible que l’on trouve aussi sur les bureaux… Des fourmis ? Non, pas des fourmis. Des mouches ? Non, sur un bureau… Des trombones ? Non, pas des trombones, tu chauffes… Des punaises ? Bingo ! Les fameuses punaises de lit qui envahissent les capitales américaines, allant jusqu'à occuper les étages élevés de l'Empire State Building au grand dam des services de la morale sanitaire. Les mâles sont de formidables fornicateurs, ils font l'horrible chose plus de deux cents fois par jour. Avec d'autres mâles punaises, ou des femelles, ou n'importe quoi qui passe par là.Un chat. Une cuisse. Une chauffeuse.Ça laisse rêveuse.

Le 6 septembre 2016 à 10:19

Blandine Pélissier : "En matière d'égalité hommes-femmes, le monde de la culture est en retard sur le reste de la société"

Blandine Pélissier est comédienne, metteuse en scène et traductrice du théatre contemporain anglo-saxon vers le français. Depuis plusieurs années elle milite avec le collectif H/F pour une véritable parité dans le monde du spectacle. Un milieu que l'on pense a prioiri émancipé et où pourtant il y a énormément à faire.Un exemple? Il y a cinq ans, nous avions voulu consacrer une saison entière du Rond-Point aux femmes : la majorité des spectacles programmés sur nos trois plateaux allaient être écrits ou mis en scène par des femmes. Cet enjeu nous a enthousiasmé et l'équipe s'est mise à lire des manuscrits, rencontrer des artistes, voir des spectacles au féminin. Les choses avançaient pour le mieux, de très bons et très forts spectacles s'annonçaient, sauf que la délicate alchimie présidant à l'élaboration d'une saison s'avéra bien plus difficile et lente à "monter" cette année-là. Comme si nous avions divisé par deux, par trois ou peut-être par un chiffre beaucoup plus grand les œuvres parmi lesquelles nous pouvions faire notre choix. Je ne veux pas dire par là que les projets portés par des femmes étaient moins intéressants , évidemment pas, mais nous avions la plus grande peine à trouver suffisamment de spectacles signés par des femmes déjà en tournée ou en cours production. Au final ce fut une réelle déception : nous n'avions réussi à programmer que 11 spectacles "Femmes, femmes, femmes" sur 33 — un tiers. Et c'est à ce moment-là que nous avons été contactés par la comédienne et traductrice Blandine Pélissier qui nous proposa, avec le collectif H/F, de nous joindre à quelques théâtres qui s'engageaient  à annoncer une « Saison 1 égalité homme-femme » dans les théâtres publics… Quelques années plus tard, on devra à ce mouvement l'instauration de "short lists" paritaires lors des appels d'offre pour la direction des centres dramatiques ou des grands théâtres publics, mais depuis les choses ont-elles vraiment changé dans le milieu du spectacle ?C'est sur ces questions, et au-delà, que Blandine Pélissier a bien voulu s'entretenir avec nous.

Le 10 février 2014 à 13:13

Grand Magasin : D'orfèvre et de Cochon

Trousses de secours en période de crise, saison 2 : la crise du travail

Une conférence-performance de Pascale Murtin et François Hiffler (avec la participation exceptionnelle de Liviu-Adrien Dârgãu) Le travail ? Connais pas. « Nous ne sommes pas très bien placés, peut-être même très mal placés pour parler du travail, n'ayant à ce jour et après trente ans d'activité jamais travaillé. C'est précisément à ce titre que nous allons nous risquer à discourir quelques quarts d'heure sur le sujet, histoire de faire part de notre inexpérience en la matière. »Les performers Pascale Murtin et François Hiffler prétendent – en dépit et grâce à une méconnaissance quasi-totale du théâtre, de la danse et de la musique – réaliser les spectacles auxquels ils rêveraient d’assister. Et ça marche : leurs spectacles sont très réussis et les émeuvent. Depuis 1982 (avènement de Grand Magasin), leur ambition consiste à croire possible que d’autres partagent cet enthousiasme.Grand Magasin :Un beau jour, Pascale Murtin et François Hiffler, deux danseurs contemporains, décrètent que la danse est une discipline contre nature. Ils tournent le dos à leur formation classique et fondent en 1982 la Cie Grand Magasin, "une association de bons intérêts". Ensemble, ils ont créé une vingtaine de pièces, numéros et performances, s’adjoignant parfois les services de leurs amis (dont Bettina Atala de 2001 à 2010) : des spectacles sans costume, sans décor, ni prouesse technique, à la poésie parfois absurde... de drôles d’objets spectaculaires mariant humour et rhétorique.Leur manière de jouer des mots et de l’absurde, leurs créations intelligemment décalées leur ont valu des comparaisons avec Queneau, Tati ou encore de participer à l’exposition Dada organisée par le Centre Pompidou en 2005. Leur style au pragmatisme faussement naïf et à l’humour pince-sans-rire, c’est encore eux qui le définissent le mieux : fuite du spectaculaire, raréfaction des accessoires et des paroles, évacuation de la scénographie, répugnance à gesticuler, dégoût de l’illusionnisme. Conférences en auditorium, interventions en décor naturel, démonstrations dans une galerie d’art ou déploiements sur une scène de théâtre, il s’agit dans tous les cas de grand spectacle. Enregistré le 6 février 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point. Durée : 42:28 > les autres Trousses de secours dédiées au travail En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

Le 9 janvier 2014 à 06:29
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