Philippe Mouchès
Publié le 30/07/2014

La Laitière : Entretien d'embauche


Peintre
Fondateur et théoricien du Divisionnisme Périgourdin
Membre de l'Oupeinpo

http://doublevue-mouches.blogspot.fr/

 

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Le 23 septembre 2011 à 08:39

De l'impitoyable engrenage du surf et autres légendes cosmiques

Je suis parti de Thomas Beecham, puis Grace Moore, une chanteuse qui a travaillé avec Beecham (je voulais voir une photo d'elle. Me suis dit "c'est surement une pin'up". On surfe avec ce qu'on a, et moi c'est souvent avec mes hormones). J'ai lu qu'elle était morte dans un accident d'avion en 47. Oh quel affreux destin, mourir si jeune ! Comme on sent bien ainsi l'œuvre de la Faucheuse ! J'ai voulu régler cette affaire d'accident d'avion, m'abîmer dans la contemplation de ces drames effroyables et compatir au sort de ces malheureuses victimes qui ont eu un jour si tragiquement rendez-vous avec l'acier de la mort. Morbide. J'ai tapé "accident avion 26 janvier 47", je pensais trouver des articles sur cet accident précis, des coupures de presse (Comme si, quoi ? Découvrir en Grace Moore l'amour perdu de ma vie ? Je n'aurais jamais dû m'abonner au "Journal de Mickey" en 1979. C'est cette maudite lecture qui m'a mis ce genre de rêves dans la tête). Paf ! "Chronologie de la musique populaire" où on apprend année après année, entre les dates de sortie des albums de Nolwenn Leroy et celles des retours sur scène d'Eddy Mitchell, celles des décès de nos plus importantes pop star... de l'antiquité à aujourd'hui. Je constate qu'en effet tout le monde a l'air de mourir un jour, qu'on soit moi ou Michael Jackson. Michael Jackson est mort !? Ca alors ! Ah ! Comme je me fais du mal à remuer le couteau dans ces bouquets de fleurs de sang séché ! Comme le temps passe ! Et quel salaud Mickey quand même ! Sais-tu que Michel Sardou est né d'un accident d'avion le 26 janvier 47 ? Franck Zappa, ce type m'a toujours intrigué, décédé en 1993. Je continue ma route qui me conduit de Zappa (via Nate Doog) à Varèse, compositeur français puis américain, né en 1883, pour qui Zappa éprouvait une grande vénération. On en oublie des gens sur la route quand même ! "Ionisation", zan ! "Amériques", zan ! Varèse, zan ! Ce type faisait de la musique électronique avant l'heure. 1928, respect ! Le Thérémin, incroyable ! Un instrument électronique inventé au début du XXème siècle par Léon Thérémin. Léon Thérémin, zan ! Lu ! Léon, avec qui Varèse espérait collaborer, s'en retourne en 1938, par nostalgie peut-être, dans son pays natal, la Russie. Il y travaillera avec Andrei Tupolev. Ah ! Ah ! Intéressant ! Je passe un long moment à écouter cette virtuose russe du Thérémin qu'est Lydia Kavina enchaîner des pots pourris à la con du "temps des cerises" à "l'internationale". Sordide. Lydia Kavina, zan ! Mais le Thérémin n'est pas le seul instrument de ce genre, il y a l'onde Martenot, 1928 aussi. Varèse aussi, encore. Maurice Martenot, zan ! Une heure. Thomas Bloch, l'instrumentiste. J'ai l'œil qui pend, l'oreille semi-liquide, je m'enfonce dans les hou ! et les zing ! de cet instrument pour neurasthéniques d'une autre planète. J'échoue sur le site de notre virtuose à nous, Jeanne Loriod, zan ! Fasciné de découvrir cette Grace Moore d'une autre dimension. La preuve que les vieilles filles embarquent aussi parfois dans les vaisseaux spatiaux. Zone 51 ? Crash d'un Ovni ? 1947 ? Oublié d'aller voir ça. L'onde Martenot est partout. Radiohead, Muse, Depeche Mode, FR3 (oui, Jeanne Loriod). Direction les compositeurs pour Onde (le petit nom de l'onde Martenot). Olivier Messiaen. Ca y est, l'étau mystique se resserre. Je renoue avec mon sujet. Olivier Messiaen, zan ! "Le Merle Noir" (pas écrit pour l'Onde) et "Dieu est parmi nous" (pareil, la vague de mon surf fait quelque fois des tourbillons). Quel étrange curé ce Messiaen quand même ! Comme Eminem. Eminem, zan ! Il y a certaines fois qui me paraissent incongrues. Eminem, genre "je t'encule mais Dieu me le rend bien". Comment ça marche ce truc ? je veux dire l'Onde. Je me tape la lecture du document technique de l'Ondéa, Onde Martelot réinventée en 2004 par une société française (les russes et les américains s'étaient cassé les dents sur le projet dans les années 70-80. Comme quoi, on est capable d'envoyer des fusées habitées dans l'espace et échouer dans la construction du matériel nécessaire à l'hypnose d'extraterrestres hystériques déguisés en professeur de musique et dont les doigts n'ont jamais tripoté autre chose que des clés de sol toutes molles). Là je crois que je me suis arrêté. Il commençait à faire très tard, ou très tôt. Grace Moore, insouciante, embarquait dans l'avion qui devait l'emmener de Copenhague à Carson City, Nevada, pour un récital. Elle y rejoignait son amant, le chef d'orchestre Thomas Beecham. A ce moment naissait Michel Sardou à qui la bonne fée Jeanne, qui avait dansé toute la nuit sur les musiques d'Olivier Messiaen, s'inclinant sur le berceau, de sa voix "venue d'ailleurs", proche de la scie musicale, promettait un destin mélodieux. Les étoiles émues par ce son familier commencèrent à s'ioniser. En huit minutes l'éruption produite dans le soleil (houuu ! Zing ! houuu !) atteignit la terre en Amérique. L'onde frappa un merle noir qui, désespéré, ses yeux devenus deux énormes et épouvantables cerises, se jeta contre l'avion de Moore. Les noyaux, mêlés aux pépins de l'oiseau, enrayèrent dramatiquement les ailes et les hélices de l'avion - instrument à vent si peu fiable au demeurant - dont la moitié du fuselage alla s'écraser comme une météorite dans le désert du Nevada et l'autre en pays communiste. Eh oui ! Le thérémin, jaloux, a de si longues plaintes !

Le 7 février 2012 à 08:49
Le 30 septembre 2015 à 08:52

J'arrête le Progrès !

J'ai décidé d'arrêter le Progrès ! A moi tout seul, c'est urgent, c'est une question de salubrité publique. Ils sont tant qui en parlent sans avoir jamais rien fait, eh bien moi, si ! L'idéal ce serait sans doute, m'avançant fièrement, lui barrant la route, de lui annoncer que, Progrès, au nom de la Loi je t'arrête ! Et si tu n'obtempères pas je ... Sauf qu'à procéder ainsi, je risque de le voir continuer tout droit, buté comme il est, sans ralentir, sans dévier d'un chouia, et je vais me faire renverser mais alors, grave ... Encore heureux si je ne me retrouve pas aplati, à même le macadam, par ce rouleau compresseur sans état d'âme, mais aplati comme on n'a pas idée, jusqu'à ne plus représenter qu'une sorte de, comment dire, film ? De film si parfaitement appliqué à la chaussée qu'il lui est, que je lui suis consubstantiel, et comme si de rien n'était, loin de s'être interrompu le trafic continue de plus belle, quand je dis de plus belle c'est que, m'est avis, ça roule mieux que jamais, tous les véhicules, à deux ou quatre roues ou davantage, sensiblement plus véloces grâce à moi, à mon revêtement, à mon film, lequel s'est propagé tout du long et jamais la circulation n'aura été aussi aisée, aussi fluide, sans parler des bruits de roulement qui sont, si je tends l'oreille, si j'en avais encore une pour la tendre, merveilleusement amortis. Et cela s'appelle, et je n'y suis pas pour rien, moi qui d'apparence ne suis plus grand chose, cela s'appelle le Progrès !

Le 19 décembre 2010 à 11:47

« Cessez d'emmerder les Français ! »

Jacques Myard, Assemblée nationale, jeudi 16 décembre 2010

Europhobe, homophobe et tenant de la trique sécuritaire, ce député UMP est réputé pour ses saillies dans l’enceinte du Palais Bourbon, ce qui n’a bien sûr aucun rapport avec le fait qu’il soit élu de Maisons-Laffitte (Yvelines), « Cité du cheval ». Lors de la discussion du projet LOPPSI 2, acronyme gentillet d’une loi à poigne sur Internet, la vidéosurveillance, les mineurs de 13 ans, les squats, les écoutes, les fichiers, les polices municipales ou encore les chauffards, le liberticide s’est révélé libertaire avec ce cri du cœur inspiré du fameux « Arrêtez d’emmerder les Français ! » de Georges Pompidou. C’était en 1966 et le Premier ministre pestait contre l’excès de lois, décrets et circulaires. Moyennant quoi leur nombre n’a jamais cessé de croître. Rien que depuis 2002 on en est à dix-sept lois sur la sécurité et cinq sur l’immigration. Mais Jacques Myard visait seulement la réglementation du permis à points dont il souhaitait un assouplissement. Avec cet argument fort : un « pépé » flashé à 56 km/heures sur « les berges de la Seine » et qui serait de la sorte sanctionné. Il a flotté soudain comme un parfum de nostalgie sur l’hémicycle puisque si la bagnole peut faire la course avec les péniches dans la capitale on le doit à… Georges Pompidou. Au cas ou Delanoë persiterait dans son projet de rendre ces berges aux piétons, qu’il ne s’étonne pas si Jacques Myard remonte en selle avec un slogan tout trouvé : « Faites pas chier les Parisiens ! ».

Le 4 avril 2012 à 10:33

"Le torrent révolutionnaire des Français est sorti de son lit"

Jean-Luc Mélenchon, meeting à Vierzon, mardi 3 avril 2012

Filer la métaphore, c’est prendre le risque de faire des nœuds à sa pensée. Que nous dit-il cet homme de « conviction » (Sarkozy dixit), qu’est le candidat du Front de gauche ? Le peuple possède une force hydraulique désormais activée par la turbine mélenchonienne. Soit. C’est au moins une énergie renouvelable. Pour les megawatts, on évaluera le  22 avril. Mais n’empêche qu’il nous suggère aussi, cet homme à « l’identité forte » (NKM dixit), que par le passé le « torrent » était resté dans son « lit. ». Ou bien il roupillait, ou alors, bordé par les soins de la Réaction, il se tenait allongé dans une position inoffensive. Pas terrible, le sous-texte. C’est que depuis Karl Marx qui a vu les Communards monter « à l’assaut du ciel », l’imaginaire révolutionnaire peine à retrouver une telle hauteur. On serait plutôt dans le mimétisme : 1917 en Russie s’inspirait, précisément, de 1848  en France, tandis que par un plaisant retour des choses Mai 68 plagiait octobre 1917, dans ses déclinaisons lénino-trotsko-maoïstes. Et Jean-Luc Mélenchon, cet homme « sincère » (Morano dixit), il se la joue comment la Révolution ? Dans le style, on voit bien qu’il emprunte au tonitruant Marchais des années 70. Pour le fond ce serait plutôt entre Thorez et Chavez. Deux grands défenseurs de l’énergie nationale. Le charbon pour l’un, le pétrole pour l’autre. Mélenchon c’est peut-être la Révolution accédant enfin à l’âge de l’électricité. Un vrai bond en avant.

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