Jean-Michel Helvig
Publié le 31/07/2014

C'est pas du boulot !


Suites pentasyllabiques

Relax :

« T’as qu’à l’faire mon gros »

 

Calculateur :

« Pour le prix, mollo »

 

Syndical :

« C’est la pause-repos »

 

Pétochard :

« Dis rien au dirlo »

 

Légaliste :

« T’inquiètes c’est réglo »

 

Contrariant :

« Ton truc c’est pipeau »

 

Exigeant :

« Ce taf c’est zéro »

 

Hygiéniste :

« C’était trop crado »

 

Domestique :

« Vas donc chez Plumeau »

 

Radical :

«  C’est çà ou balle-peau »

 

Pleurnichard

«  J’ai pas eu de pot »

 

Intermittent :

« C’est des heures, coco »

 

Théâtral :

« C’est quoi ce mélo ? »

 

Esthète :

« Moi, j’trouve ça beau »

 

Chorégraphe :

«  Tu t’crois au Lido ? »

 

Douillet :

« Mais c’est sans bobo »

 

Malentendant :

« Si, c’est du bulot »

 

Aristo :

« Si fait, hobereau »

 

Branché :

« T’es juste grave rétro »

 

Lassalien :

« T’en fais des kilos »

 

Féministe :

«  T’es bien un macho »

 

Italien :

« E va fan culo ! »

 

Souverainiste :

« A cause de l’euro »

 

Socialiste :

« La faute à Sarko »

 

Sarkozyste :

« Rajoutez un zéro »

 

Mélenchonien :

« C’est Solferino »

 

Lepéniste :

« Dégages au fourneau »

 

Centriste :

« On n’a plus Borloo »

 

Écologiste :

« Allo, quoi, Duflot ? »

 

Réaliste :

« Faut pas rêver trop »

 

Scatologique :

« Aux chiottes le boulot ! »

Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 29 janvier 2011 à 12:07

Les aventures foraines du géant Theutobochus

Histoires d'os 7

Theutobochus, roi des Theutons et des Cimbres, défait en 105 avant JC par les légions romaines de Marius, devait être un homme de grande taille. Sa légende en fit un géant. Sa tombe supposée et ce qui devait passer pour sa dépouille mortelle avaient été retrouvés dans une sablonnière près de Romans. Un squelette de plus de 27 pieds et dont une seule de ses molaires pesait environ 11 livres ! Il n'en fallait pas davantage pour susciter la curiosité des foules. Cette curiosité, tout à fait légitime, un chirurgien barbier du nom de Pierre Mazurier eut l'idée de l'exploiter. C'est ainsi que le squelette du guerrier Cimbre devint une attraction foraine, promenée et exposée aux quatre coins du royaume, jusqu'en Angleterre et en Flandres.   A l'initiative de Louis XIII, il fit même un séjour au château de Fontainebleau où il connut l'insigne privilège de pouvoir reposer, en tout bien tout honneur, dans la chambre de la reine mère, Marie de Médicis. Après cette prestigieuse résidence à la cour, le géant Cimbre poursuivit avec succès sa tournée. Elle devait s'achever dans un théâtre de Bordeaux où il fut oublié, relégué au second plan par une nouvelle attraction : le triomphe d'un jeune comédien nommé Molière, géant d'une toute autre nature. Et ses restes demeurent deux siècles dans les sous-sols du théâtre avant d'être retrouvés et scientifiquement reconnus comme ceux d'un proboscidien fossile - une espèce de mammouth, le Deinotherium giganteus (voir illustration). A défaut d'avoir été un géant, Theutobochus se consolera d'avoir été un Mastodonte.  

Le 7 octobre 2012 à 10:31
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Le triangle d'or

Yves-Noël Genod : exercice d'admiration numéro 1

> épisode suivant   Paris paraît petit depuis la salle de répétiton. Bientôt, dans quelques jours, le 31 mai si je ne m'abuse, ça commence. C'est au Rond-Point et Yves-Noël Genod va s'occuper de vous, personnellement. En bon génie du titre qu'il est, Yves-Noël a appelé son prochain spectacle Je m'occupe de vous personnellement. 22 réprésentations, ce qui est beaucoup pour YvNo, 22 comme "22, v'là les flics" - au fait, personne ne sait vraiment d'où vient ce 22, c'est peut-être une déformation du juron "vain dieu" ou bien ça vient de l'argot "vingt-deux" qui signifiait "couteau" au 19ème siècle - Bref, tout ça pour dire qu'hier soir, j'ai pu assister à une répet. Yvno préfère dire audition ou filage ou recherche d'apparition ou mieux, rien. Silence total dans la salle, deux / trois personnes dont Alexandre Styker qui mange un sandwich. YN est d'un calme insensé, un calme que je ne lui connais pas dans la « vraie vie », impressionnant. Je suis dans mes petits souliers. Je lui demande à quelle heure ça se termine (car j'ai un rendez-vous après), il me répond : "ça ne se termine pas". Sur le plateau gris, tee-shirt gris et boxer noir, le petit M. Pas de danse sans musique, lumière du jour. M. traverse le plateau en déchirant une feuille de papier alu, YN dit « magnifique », dans ma tête, je pense « ouais, bof ». M. s'approche de la fenêtre - nous sommes au premier étage, il y a trois fenêtres qui donnent sur la rue. Depuis le dehors, Dimitri chante un air d'opéra russe. La voix entre dans la salle, par la fenêtre. YN me demande si ce n'est pas un peu faux, je réponds que oui, que c'est faux, mais que c'est pas mal, ce faux-là. Et là, catastrophe, M. se met à jouer un truc un peu comique genre Charlie Chaplin, un truc vraiment destiné au 4ème mur. YN éclate de rire et va sur le plateau. Très doux, souriant, il dit à M. : « Mais qu'est-ce qui se passe ? Encore une rechute ? C'était quoi ce petit moment « Au théâtre ce soir » ? Il n'y a pas de public, on n’a rien à jouer ici (quand YN dit « jouer », j'entends « démontrer »). » C'est simple, c'est dit avec beaucoup de tendresse, YN connaît M. depuis qu'il a 7 ans. M. recommence. Il fait des choses avec les murs. Il est un peu perdu. Et Yvno lance une chose improbable : joue "triangle d'or", ici, le quartier, c'est le triangle d'or : l'Elysée, les Champs, l'avenue Montaigne, le fric et le pouvoir, c'est ici, joue avec ça". Pauvre petit M., je me demande ce qu'il va faire avec une telle indication. M. s'exécute. Et ça vient, ça devient sublime. YN accompagne M. d'une voix faible : « Oui, somptueux, oui, très beau, ça marche, ça, oui. » Et M. le fait, il y va, dedans, le fil d'or se déroule. Quelle veine ! M. est solaire, ça coule de source, il est triangle d'or, contre, tout contre. Tour à tour isocèle, équilatéral et scalène. C'est dans ces moments-là que je me dis qu'Yvno est un magicien, cette façon de trouver les mots justes, au bon moment, c'est fou. M. va du déséquilibre à l'agilité la plus grande. Je pars sur la pointe des pieds, toujours mon rendez-vous... Dans le métro je me dis qu'YvNo n'a pas son pareil pour célébrer la jeunesse. Et je pense à Catherine Deneuve dans Indochine : « C'est peut-être ça, la jeunesse, croire que les choses sont inséparables : les montagnes et les plaines, les humains et les dieux... Olivier Steiner

Le 24 janvier 2014 à 09:08

La Fontaine, démission !

Qu'on me permette d'émettre quelques doutes sur la réalité des anecdotes racontées par Jean de la Fontaine, et qui sont inculquées de force à nos chères têtes blondes depuis des siècles avec une suspecte constance par des instituteurs dont on sait par ailleurs qu'ils sont tous de gauche. Prenons l'exemple de l'oeuvre, présentée pour immortelle, et intitulée "Le corbeau et le renard". Si le titre de l'oeuvre ne souffre aucune critique, puisqu'il s'agit de narrer de façon concise une anecdote mettant aux prises ces animaux dans une rencontre certes improbable mais dont le caractère champêtre serait susceptible de lui conférer un certain charme agreste, regrettons d'emblée le manque de recherche qui caractérise le dit titre, mais passons. Ce poème, pour agréable qu'il soit dans sa narration, ne semble pas particulièrement documenté si on se place sous l'angle de la réalité de la vie animalière. Les deux protagonistes de l'histoire sont en effet dépourvus de cordes vocales leur permettant de conduire un dialogue organisé ; par suite, il est hautement improbable qu'on puisse prétendre qu'ils aient pu conduire une conversation, et il aurait été préférable, pour peu que l'auteur se préoccupât d'une certaine crédibilité de sa narration, qu'il mît en scène un ara chroloptère et un amazone à nuque d'or, pour ne prendre qu'un exemple au hasard dans wikipedia. De plus, relevons que la forme du bec du corbeau rend hautement improbable qu'il puisse tenir un fromage entier, dont l'auteur ne précise pas au demeurant quelle est sa forme ni sa provenance, et qu'à supposer qu'il ait pu y parvenir il soit en mesure, dérogeant ainsi aux lois les plus élémentaires de la physique, de rester perché sur un arbre sans être déséquilibré et se casser la gueule. Afin d'affiner cette démonstration, mettons-nous un instant à la place du corbeau, si vous le voulez bien. Redescendez de cet arbre, c'est une image. Merci. Reprenons. Admettons, donc, que vous êtes un corbeau, et que pour une raison restant imprécise, vous soyez en possession d'un fromage d'origine indéterminée. Vous êtes perché sur un arbre et sans qu'on puisse en expliquer la raison, vous n'avez pas encore mangé le fromage, quand soudain survient un renard. D'emblée, vous n'avez rien à attendre d'un tel animal ; vous n'avez nulle envie de l'écouter ; les conversations mondaines ne sont pas dans vos habitudes ; une certaine méfiance s'installe à l'égard de cet étranger, c'est humain (si on peut dire) ; le dialogue étant déjà assez difficile comme ça, vous n'avez aucune raison de chanter. On voit par là que l'aventure décrite par le poète est hautement improbable. En second lieu, si on se place du point de vue du renard, qui est un animal résolûment carnassier, pourquoi voulez-vous qu'il se fatigue à engager le dialogue avec le corbeau pour lui piquer un fromage dont, répétons-le, la provenance et la traçabilité ne sont pas exemptes de toute suspicion, au lieu simplement de bouffer le corbeau ? Il est donc temps de purger les manuels de littérature des "oeuvres" de l'imposteur Jean de la Fontaine, et d'alerter de toute urgence M. Peillon sur ce qui est bien un des scandales de notre système éducatif.

Le 30 septembre 2015 à 09:00
Le 3 février 2013 à 09:39

Anselme Bellegarrigue (1813-1869)

Les cracks méconnus du rire de résistance

« Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande. » (Bellegarrigue) Les amateurs de révoltes épicées savent que tous les polémistes anarchistes du XIXe siècle n’étaient pas sérieux comme des papes, doctoraux comme des Proudhon, barbifiants comme des Kropotkine, rigoristes comme des Jean Grave. Parmi eux, il y avait aussi, heureusement, de turbulents excentriques. Certains d’entre eux ont fini par devenir un tout petit peu connu : Joseph Déjacque, Zo d’Axa, Ernest Cœurderoy, Albert Libertad (qui rôdent, notamment, dans cette rubrique). D’autres pas du tout encore (Adolphe Retté, Jacques Sautarel, André Colomer par exemple). Le cas d’Anselme Bellegarrigue est plus curieux. C’est qu’on disposait bel et bien jusqu’ici de quelques infos sur lui. On savait par L’Almanach de la vile multitude (1851) qu’« il avait vécu, pour avoir ses coudées vraiment franches, un an entier dans une tribu sauvage que ni missionnaires ni coureurs de bois n’avaient pu encore atteindre ». On savait qu’il avait terminé sa vie en retournant « à l’état naturel », subsistant de ses pêches sur les côtes improspectées du Pacifique. On savait qu’entretemps, dans le quotidien toulousain La Civilisation, il avait préconisé comme mode d’action prioritaire contre les pouvoirs en place la stratégie redoutable du « calme plat » consistant à ne même pas prendre connaissance des lois en vigueur et à répondre léthargiquement à tout arrêté municipal et à toute obligation civique jusqu’à ce que l’appareil social tout entier soit complètement paralysé par cette symphonie de fins de non-recevoir. Mais ce qu’on ne savait pas, avant que le très fiable historien rebelle Michel Perraudeau ne sorte fin 2012, aux éditions libertaires, un passionnant Anselme Bellegarrigue, le premier des libertaires, c’est que ces données biographiques parcimonieuses et quelques autres qu’on retrouve dans une muflée de publications historiques, y compris dans mon Anthologie de la subversion carabinée, s’avéraient archi-fausses. Archi-fausses, jambon à cornes ! Non, Anselme n’a pas tarzanisé durant sa petite enfance et ses derniers jours, établit Perraudeau après des recherches pointilleuses. Il est né à Monfort, dans le Gers, et a trépassé en République de Salvador où il avait créé une faculté de droit au sein de l’austère université nationale. Bellegarrigue, qu’on se rassure, n’en reste pas moins un des « inventeurs les plus originaux de l’anarchie ». Aimantés par une fort belle écriture, « servie, précise Michel Perraudeau, par le sens de la formule, par l’ironie ajustée, par l’art de la concision, de la synthèse, de la touche au cœur », ses pamphlets meurtriers sont au top du crime littéraire, sur le même palier que La Boétie, Stirner, Darien. Cavalcadant principalement dans l’essai krakatoesque Au fait. Au fait !! Interprétation de l’idée démocratique (1848) et dans les deux uniques numéros de sa fouettante revue L’Anarchie, journal de l’ordre (1850), les brûlots d’Anselme passent férocement, et cocassement souvent, à la moulinette   toutes les formes de gouvernement qu’il soit bourgeois, monarchiste, « démocratique ». « Je ne vois pas, en un mot, comment il arrive qu’un gouvernement que je n’ai pas fait, que je n’ai pas voulu faire, que je ne consentirai jamais à faire vienne me demander obéissance et argent. » « Si nul n’avait peur dans la société, le gouvernement n’aurait à protéger personne, il n’aurait plus aucun prétexte pour demander compte à chacun de l’emploi de son temps, du caractère de son industrie, de l’origine de son avoir : il n’aurait plus à demander le sacrifice du sang ni la vie de personne. » et tous les styles de pouvoir hiérarchisé : « Le pouvoir ne possède que ce qu’il prend au peuple. » tous les partis politiques, mêmement filous : « Je proclame mon avènement propre à la souveraineté de fait dans une société où chacun se gouverne lui-même. » le système électoral en soi qui « ne peut être actuellement qu’une duperie et une spoliation ». le socialisme à la Manuel Valls : « Le socialisme veut faire de la société une immense ruche dont chaque alvéole recevra un citoyen auquel il sera enjoint de rester coi et d’attendre patiemment qu’on lui fasse aumône de son propre argent. » les règlements, les interdits, les tables de la loi, qu’elles soient étatiques, familiales, politiques, religieuses. « Je m’étonne, je m’effraie de rencontrer à chaque pas que je fais dans la vie, à chaque pensée que j’accueille dans ma tête, à chaque entreprise que je veux commencer, à chaque écu que j’ai besoin de gagner une loi ou un règlement qui me dit : on ne passe pas par là, on pense pas ainsi, on n’entreprend pas cela. » l’éducastration : « L’enseignement est écourté, ciselé, rogné, et réduit aux étroites dimensions du moule confectionné à cet effet par le pouvoir, de telle sorte que toute intelligence qui n’a pas été poinçonnée par le pouvoir est absolument comme si elle n’était pas. » le respect des traditions et des lois de l’hérédité : « Pour moi, la création du monde est datée du jour de ma naissance. Pour moi, la fin du monde doit s’accomplir le jour où je restituerai à la masse élémentaire l’appareil et le souffle qui constituent mon individualité. » « le mariage en cul-de-sac » « le dogme de la résignation, de l’abnégation, de la renonciation de soi » et les différents types de servitude volontaire : « Quand bien même le peuple, tout le peuple français consentirait à vouloir être gouverné, je déclare qu’en droit, son esclavage volontaire n’engage pas ma responsabilité, que sa bêtise ne compromet pas mon intelligence. »   Un bien joli jeu de massacre mais qu’est-ce qu’Anselme Bellegarrigue oppose à la société de l’esclavage consenti ? Il lui oppose la société de l’égoïsme fraternel « concourant au bien-être commun » dans laquelle on s’approprie de soi-même, on pratique l’auto-gouvernement, on affirme sa singularité, on n’obéit qu’à ses vraies inclinations, on proclame l’avènement de l’individu-roi. Objectif prépondérant du nouveau monde bellegarriguesque : la jouissance carabinée généralisée. « Je n’ai qu’une doctrine, cette doctrine n’a qu’une formule, cette formule n’a qu’un mot : jouir. » En guise de pousse-café, une anecdote prélevée dans L’Histoire de l’anarchie de Claude Harmel et Claude Sergent (Ivréa) qui n’est pas infirmée, semble t-il, par les recherches de Michel Perraudeau. Se pointant à Paris juste le jour de l’émeute républicaine du 24 février 1848 qui envoie Louis-Philippe paître les oies, Anselme Bellegarrigue est pris en aparté par le jeune galibot « noir de poudre et délirant de joie » qui monte la garde devant l’Hôtel de Ville. -       « Cette fois on ne nous la volera pas, notre victoire. -       Ah, mon ami, lui réplique le libelliste, la victoire, on vous l’a déjà volée : n’avez-vous pas nommé un gouvernement ? » À lire de Michel Perraudeau, aux intrépides éditions libertaires, outre le roboratif Anselme Bellegarrigue, le premier des libertaires, Léo Ferré, poétique du libertaire (2008) ; Vendée 1793, Vendée plébéienne (2010) ; et un fort précieux Dictionnaire de l’individualisme libertaire (2011).

Le 5 décembre 2015 à 07:43

Prenez, ceci est mon... hips

En avril 2013, à Avignon, un homme été contrôlé par la police avec un taux d'alcoolémie de 11 grammes par litre. Quand on sait que le taux d'alcoolémie théoriquement mortel se situe autour de 5 grammes, on ne peut s'empêcher de saluer la performance du valeureux Vauclusien. Pourtant, en l'an 33 de notre ère, un homme s'était illustré avec un niveau d'alcoolisation encore plus spectaculaire. Lors d'un repas qu'il partageait avec une douzaine d'amis, notre champion leur confia que son sang était en fait du vin, un délicieux rouge à 12 degrés que son père adoptif aurait qualifié de bien charpenté. J'imagine d'ici les doutes qui ne manqueront pas d'émerger dans votre sourcilleux esprit mais l'homme dont on raconte ici l'exploit n'a rien d'un menteur et je vous demanderais de considérer ses propos comme paroles d'évangile. Revenons à nos moutons, ou plutôt à notre agneau pascal qui révéla à ses camarades que son sang et le vin avaient les mêmes caractéristiques et contenaient donc la bagatelle de 12% d'alcool. Quand on sait qu’un humain (fils de Dieu ou pas) compte environ 6 litres de sang et que la densité de ce sang est de 1,06 kg/litre, on peut en déduire que notre ami comptait 6,360 kg de sang. Le sang de celui que, pour préserver son anonymat, nous appellerons JC contenait 12% d’alcool soit 763,2 grammes d’alcool pour 6 litres de sang. Le taux d’alcoolémie du prodigieux buveur était donc de 127 g/l. Avec un tel taux d’alcoolémie, notre homme aurait dû être mort depuis longtemps. Le miracle de sa survie peut sans aucun doute être considéré comme la preuve de sa nature – n'ayons pas peur des mots - divine. Pour savoir ce qu’a bu JC pour atteindre un tel taux d’alcoolémie, on applique la règle suivante : taux d’alcoolémie : Alcool Total absorbé (g) ÷ [ Poids (kg) x le coefficient de diffusion ] Pour un homme, ce coefficient de diffusion est de 0,7. Si on estime que JC pesait 70 kilos, on peut conclure que, pour atteindre un taux d'alcoolémie de 127g/l, il a ingéré 6223 g d’alcool soit 622,3 verres et donc environ 83 bouteilles, ce qui représente, reconnaissons-le, un sacré exploit. Rien d'étonnant donc qu'avec un tel niveau d'alcoolisation, notre ami JC ait pu avoir l'impression de marcher sur l'eau et voir des pains se multiplier sous ses yeux.

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