Jean-Michel Helvig
Publié le 31/07/2014

C'est pas du boulot !


Suites pentasyllabiques

Relax :

« T’as qu’à l’faire mon gros »

 

Calculateur :

« Pour le prix, mollo »

 

Syndical :

« C’est la pause-repos »

 

Pétochard :

« Dis rien au dirlo »

 

Légaliste :

« T’inquiètes c’est réglo »

 

Contrariant :

« Ton truc c’est pipeau »

 

Exigeant :

« Ce taf c’est zéro »

 

Hygiéniste :

« C’était trop crado »

 

Domestique :

« Vas donc chez Plumeau »

 

Radical :

«  C’est çà ou balle-peau »

 

Pleurnichard

«  J’ai pas eu de pot »

 

Intermittent :

« C’est des heures, coco »

 

Théâtral :

« C’est quoi ce mélo ? »

 

Esthète :

« Moi, j’trouve ça beau »

 

Chorégraphe :

«  Tu t’crois au Lido ? »

 

Douillet :

« Mais c’est sans bobo »

 

Malentendant :

« Si, c’est du bulot »

 

Aristo :

« Si fait, hobereau »

 

Branché :

« T’es juste grave rétro »

 

Lassalien :

« T’en fais des kilos »

 

Féministe :

«  T’es bien un macho »

 

Italien :

« E va fan culo ! »

 

Souverainiste :

« A cause de l’euro »

 

Socialiste :

« La faute à Sarko »

 

Sarkozyste :

« Rajoutez un zéro »

 

Mélenchonien :

« C’est Solferino »

 

Lepéniste :

« Dégages au fourneau »

 

Centriste :

« On n’a plus Borloo »

 

Écologiste :

« Allo, quoi, Duflot ? »

 

Réaliste :

« Faut pas rêver trop »

 

Scatologique :

« Aux chiottes le boulot ! »

Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 23 septembre 2011 à 08:39

De l'impitoyable engrenage du surf et autres légendes cosmiques

Je suis parti de Thomas Beecham, puis Grace Moore, une chanteuse qui a travaillé avec Beecham (je voulais voir une photo d'elle. Me suis dit "c'est surement une pin'up". On surfe avec ce qu'on a, et moi c'est souvent avec mes hormones). J'ai lu qu'elle était morte dans un accident d'avion en 47. Oh quel affreux destin, mourir si jeune ! Comme on sent bien ainsi l'œuvre de la Faucheuse ! J'ai voulu régler cette affaire d'accident d'avion, m'abîmer dans la contemplation de ces drames effroyables et compatir au sort de ces malheureuses victimes qui ont eu un jour si tragiquement rendez-vous avec l'acier de la mort. Morbide. J'ai tapé "accident avion 26 janvier 47", je pensais trouver des articles sur cet accident précis, des coupures de presse (Comme si, quoi ? Découvrir en Grace Moore l'amour perdu de ma vie ? Je n'aurais jamais dû m'abonner au "Journal de Mickey" en 1979. C'est cette maudite lecture qui m'a mis ce genre de rêves dans la tête). Paf ! "Chronologie de la musique populaire" où on apprend année après année, entre les dates de sortie des albums de Nolwenn Leroy et celles des retours sur scène d'Eddy Mitchell, celles des décès de nos plus importantes pop star... de l'antiquité à aujourd'hui. Je constate qu'en effet tout le monde a l'air de mourir un jour, qu'on soit moi ou Michael Jackson. Michael Jackson est mort !? Ca alors ! Ah ! Comme je me fais du mal à remuer le couteau dans ces bouquets de fleurs de sang séché ! Comme le temps passe ! Et quel salaud Mickey quand même ! Sais-tu que Michel Sardou est né d'un accident d'avion le 26 janvier 47 ? Franck Zappa, ce type m'a toujours intrigué, décédé en 1993. Je continue ma route qui me conduit de Zappa (via Nate Doog) à Varèse, compositeur français puis américain, né en 1883, pour qui Zappa éprouvait une grande vénération. On en oublie des gens sur la route quand même ! "Ionisation", zan ! "Amériques", zan ! Varèse, zan ! Ce type faisait de la musique électronique avant l'heure. 1928, respect ! Le Thérémin, incroyable ! Un instrument électronique inventé au début du XXème siècle par Léon Thérémin. Léon Thérémin, zan ! Lu ! Léon, avec qui Varèse espérait collaborer, s'en retourne en 1938, par nostalgie peut-être, dans son pays natal, la Russie. Il y travaillera avec Andrei Tupolev. Ah ! Ah ! Intéressant ! Je passe un long moment à écouter cette virtuose russe du Thérémin qu'est Lydia Kavina enchaîner des pots pourris à la con du "temps des cerises" à "l'internationale". Sordide. Lydia Kavina, zan ! Mais le Thérémin n'est pas le seul instrument de ce genre, il y a l'onde Martenot, 1928 aussi. Varèse aussi, encore. Maurice Martenot, zan ! Une heure. Thomas Bloch, l'instrumentiste. J'ai l'œil qui pend, l'oreille semi-liquide, je m'enfonce dans les hou ! et les zing ! de cet instrument pour neurasthéniques d'une autre planète. J'échoue sur le site de notre virtuose à nous, Jeanne Loriod, zan ! Fasciné de découvrir cette Grace Moore d'une autre dimension. La preuve que les vieilles filles embarquent aussi parfois dans les vaisseaux spatiaux. Zone 51 ? Crash d'un Ovni ? 1947 ? Oublié d'aller voir ça. L'onde Martenot est partout. Radiohead, Muse, Depeche Mode, FR3 (oui, Jeanne Loriod). Direction les compositeurs pour Onde (le petit nom de l'onde Martenot). Olivier Messiaen. Ca y est, l'étau mystique se resserre. Je renoue avec mon sujet. Olivier Messiaen, zan ! "Le Merle Noir" (pas écrit pour l'Onde) et "Dieu est parmi nous" (pareil, la vague de mon surf fait quelque fois des tourbillons). Quel étrange curé ce Messiaen quand même ! Comme Eminem. Eminem, zan ! Il y a certaines fois qui me paraissent incongrues. Eminem, genre "je t'encule mais Dieu me le rend bien". Comment ça marche ce truc ? je veux dire l'Onde. Je me tape la lecture du document technique de l'Ondéa, Onde Martelot réinventée en 2004 par une société française (les russes et les américains s'étaient cassé les dents sur le projet dans les années 70-80. Comme quoi, on est capable d'envoyer des fusées habitées dans l'espace et échouer dans la construction du matériel nécessaire à l'hypnose d'extraterrestres hystériques déguisés en professeur de musique et dont les doigts n'ont jamais tripoté autre chose que des clés de sol toutes molles). Là je crois que je me suis arrêté. Il commençait à faire très tard, ou très tôt. Grace Moore, insouciante, embarquait dans l'avion qui devait l'emmener de Copenhague à Carson City, Nevada, pour un récital. Elle y rejoignait son amant, le chef d'orchestre Thomas Beecham. A ce moment naissait Michel Sardou à qui la bonne fée Jeanne, qui avait dansé toute la nuit sur les musiques d'Olivier Messiaen, s'inclinant sur le berceau, de sa voix "venue d'ailleurs", proche de la scie musicale, promettait un destin mélodieux. Les étoiles émues par ce son familier commencèrent à s'ioniser. En huit minutes l'éruption produite dans le soleil (houuu ! Zing ! houuu !) atteignit la terre en Amérique. L'onde frappa un merle noir qui, désespéré, ses yeux devenus deux énormes et épouvantables cerises, se jeta contre l'avion de Moore. Les noyaux, mêlés aux pépins de l'oiseau, enrayèrent dramatiquement les ailes et les hélices de l'avion - instrument à vent si peu fiable au demeurant - dont la moitié du fuselage alla s'écraser comme une météorite dans le désert du Nevada et l'autre en pays communiste. Eh oui ! Le thérémin, jaloux, a de si longues plaintes !

Le 28 septembre 2014 à 07:53

Interdire les profs dans les écoles est-il la solution ?

Dans les années quatre-vingt, en milieu rural, les familles n’était pas procédurières, il ne leur serait pas venu à l’esprit de porter plainte contre un instituteur tortionnaire comme il en a existé quelques-uns, d’ailleurs les gamins gardaient pour eux les brimades. Ils apprenaient en silence certaines notions de ce que peuvent recouvrir les mots terreur et humiliation. L’apprentissage de l’injustice est-il potentiellement un atout ? Le traumatisme sera-t-il dépassé ? Sera-t-il un des éléments déterminants pour construire la personnalité (la confiance en soi, aussi) de l’enfant et de l’adulte  ? Aujourd’hui, on ne soulève plus le gamin par les oreilles quand il n’a pas appris sa leçon. On ne lui claque pas sa chevalière sur le crâne parce qu’il a enfin réussi brillement son problème de maths, et que « Tu vois, quand tu veux enfin travailler … »… On ne pince pas ses joues pour faire osciller sa tête dans une chorégraphie esthétisante quand il patine sur la récitation d’un poème de Maurice Carême. On m’a raconté l’anecdote suivante. Une lycéenne passe son oral  de Français. Pendant cet oral le professeur émet quelques réserves sur son analyse et sa compréhension du texte. Une heure plus tard les parents téléphonent à l’inspection académique et exigent des explications. Le professeur a la pression maximale avant de donner une note. L’exemple illustre ce qui peut désormais s’appliquer à l’école. Certains parents ont désormais leur mot à dire (leurs enfants sont des génies puisqu’ils en sont les géniteurs) et on ne badine pas avec l’humiliation de l’élève, c’est très grave et le professeur doit être sanctionné.

Le 10 septembre 2015 à 08:04

En lisant Agamben

Entre tes mains l'argile prend formeL'homme de demain sera hors norme Bashung, Malaxe.   L'homme de demain sera quelconque. Aucun signe, aucune qualité, rien de discriminant, l'inessentiel sera l'ensemble de ses caractères. Une communion d'impropriétés le fera. Il sera : non-socialiste, non-capitaliste, non-communiste, non-anarchiste, non-catholique, non-musulman, non-athée, il ne sera pas bleu, rouge, blanc ni noir, il ne sera pas professeur, chômeur ni comptable. Non-encarté, il sera aussi bien non-politique que non-apolitique, il ne revendiquera pas et ne votera pas, n'ira pas en prison, n'aura pas d'opinion, ne parlera pas, mais ne se taira pas non plus, ne se cachera pas, ni ne s'exposera, ne sera pas menacé, ni ne menacera, n'appartiendra pas, ni ne possédera. Il saura se définir sans remplir un seul champ de formulaire, ni cliquer sur aucun bouton, ce sera la fin des panels et la mort des statistiques puisqu'un agent représentera l'ensemble indiscernable à lui seul. Il saura enfin ne pas abandonner ce qu'il ne peut pas, et conserver son absence de puissance comme étant sa geste. Le progrès nous amène déjà l'être que rien ne permet de distinguer ; cet être inessentiel qui est l'universel.  (D'après Giorgio Agamben, La communauté qui vient (théorie de la singularité quelconque), traduit par Marilène Raiola. Seuil, 1990.)   Ceci étant dit, l'idée de la singularité quelconque d'Agamben suppose un effacement des classes, elle est circonscrite à une zone très proche d'un "nous" où l'auteur du présent texte semble s'inscrire tout en voulant faire semblant, par citation et lecture, de ne pas s'inscrire. L'homme de demain pourra-t-il être non-pauvre ? Il sera plus probablement non-riche, l'est sans doute déjà. Pourra-t-il être non-masculin ? Sans classe, vraiment ? Cette analyse qui se veut texte, enfin, serait-elle non-intelligente et inessentielle ? Manque-t-elle de propriétés, ou d'impropriétés ?  

Le 20 janvier 2015 à 15:07

Oecuménique amer

Bonjour. Il me semble que j'avais une place de chroniqueur ici, mais je n'ai plus rien écrit depuis longtemps, il me semble, même si je n'ai jamais vraiment eu la notion du temps. Mais que voulez-vous, Dieu, c'est pas mal de boulot. Il faut créer la Terre et les Cieux, recevoir les prières, accueillir les âmes défuntes, organiser les tournois de ping-pong. Heureusement que j'ai quelques collègues, sinon je ne m'en sortirais pas.   En plus, je ne sais pas ce que vous avez fichu, au juste, mais St-Pierre est dans tous ses états. Il paraît que vous avez décidé de tous vous appeler Charlie et que c'est l'enfer à gérer au niveau des registres d'entrée. Il a marmonné que si ça continuait, il allait mettre la clé sous la porte. En plus, il y a des petits nouveaux qui ont débarqué récemment, qui chahutent beaucoup. Normalement, on devrait pas les accueillir ici : les catholiques vont au Paradis, les protestants au paradis, les bouddhistes se réincarnent en loutres s'ils ont été bons et en humains s'ils ont mal agi, les athées vont au bistro. Mais eux, ils voulaient absolument passer un moment voir des saints.  Ils sont sympas d'ailleurs ceux-là. Depuis le temps que je cherchais à relancer l'atelier dessin, ça va apporter un peu de nouveauté. Léonard est pas hyper content, mais bon les jocondes et les cènes, ça va 500 ans et c'est quand même beaucoup plus drôle avec des poils et des nichons.    Justement, à propos de dessins et d'entraide, il y a un collègue, Allah, qui a l'air un peu préoccupé, en ce moment. Je sais pas si vous le connaissez. Il est nouveau, dans ce métier, à peine quatorze siècles. Mais son affaire marche bien. Je l'avais pas mal aidé à se lancer, au début, je lui avais prêté quelques prophètes. Même le Petit avait donné un petit coup de main. Je lui avait aussi dit : "prends un pape, ça aide et puis c'est rigolo", mais il a refusé. Il a dit "non mais je vais leur laisser un manuel d'instructions suffisamment clair, avec plein de sourates, ça passera tout seul". J'ai trouvé ça bizarre, mais j'avais compris souris, il faut dire. Résultat, il se trouve lui aussi avec plein de petits nouveaux qui essaient de passer par l'entrée des Martyrs alors qu'ils sont attendus à l'entrée de service, à côté des poubelles. Il a peut-être pas tort, d'ailleurs. Le mien, de pape, je suis en train de le perdre. Au début, je l'aimais bien. Le Petit m'avait assuré que c'était un pape moderne, qu'il allait me reconnecter avec mon électorat, des trucs de marketing, ça sonnait bien. Et puis là, il sort "si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal". Moderne, je veux bien, mais de là à se mettre à parler comme le premier petit caïd de cour de récré venu, je sais pas si je suis prêt à franchir le pas.   Mais je digresse, je m'égare, et j'ai un tournoi de ping-pong à préparer. C'est pas mal, le ping-pong. Un excellent moyen de résoudre les conflits. Vous devriez essayer, un peu.

Le 8 septembre 2015 à 08:37
Le 11 mars 2011 à 09:19

Au plus nord du continent américain

Tant qu'il y aura du froid

Ce que l’on voit, ce sont des images prises par une webcam de l’Institut de géophysique de l’Université de Fairbanks en Alaska. Elle est posée dans les hauteurs de la plage de Barrow, le village situé au plus nord du continent américain, bien au-delà du cercle polaire arctique. Au-dessus de Barrow, il n’y a plus que la banquise, des ours, des phoques et la mer des Tchouktches. Au-dessous de Barrow, il n’y a pas de route, mais un grand désert de permafrost, des caribous et des chouettes harfangs.La webcam a pris une image toutes les cinq minutes, dans la nuit du 17 au 18 février 2011, de 23 h 31 à 4 h 56. Il est fort probable qu’à 5 heures du matin, le chercheur de l’Institut de géophysique de l’Université de Fairbanks se soit endormi. Il s’agit d’un mois de février ordinaire, il fait entre -14°C et -26° C, la lumière a disparu depuis longtemps. Le courant que l’on voit évoluer de gauche à droite de l’image montre que la mer n’a pas gelé sur toute sa profondeur. Cette nuit-là, des amas de glace de huit mètres de hauteur se sont déposés sur la plage. C’est ici qu’est né Eben Hopson, le 7 novembre 1922. Il est le petit-fils d’Alfred Henley Hopson, chasseur de baleines venu de Liverpool et d’une Inupiat. Eben Hopson commence une vie revendicative à 15 ans en écrivant au Bureau des Affaires indiennes de Washington. Il dénonce les travers de l’Université qui ne rémunère pas les étudiants venus faire des recherches au-delà du cercle polaire. Par retour de courrier, le doyen de l’Université le taxe de fauteur de trouble. En découle une interdiction d’embarquer à bord du North Star, le bateau qui aurait pu lui permettre de poursuivre ses études à Anchorage ou Seattle. Il devient alors manœuvre, puis ouvrier du bâtiment, puis ingénieur juste avant que l’armée ne lui demande de partir pour la guerre.À suivre…

Le 19 décembre 2014 à 09:39
Le 28 avril 2014 à 09:12

Le Professeur Pascal répond à vos questions

La France doit-elle envahir Monaco ?

OUI. La France doit envahir Monaco, et pas seulement avec des voitures de sport. La France doit montrer à Vladimir P. que, elle aussi, elle est capable de bomber le torse et les murs du palais princier. D'ores et déjà, il convient de dénoncer la clique fasciste qui continue de parler le monégasque, alors qu'il ne s'agit même pas d'une langue, tout juste un sabir connu seulement des croupiers de casino. Ça suffit ! Boutons le monégasque hors de Monaco ! A l'exemple de Vladimir P., organisons des groupes d'autodéfense qui prendront d'assaut le palais princier et les casinos. Les Français en ont assez des jeux de grattage : ils veulent jouer à la roulette comme à Moscou ! Profitons-en aussi pour arraisonner les yachts qui mouillent dans le port du Rocher, sinon la clique fasciste risque d'y trouver refuge pour bombarder nos vaillants soldats déguisés en pilotes de course. Annulons le Grand-Prix de Monaco. Remplaçons-le par les 24 heures du Mans. De cette façon, le Mans s'étant déporté dans la Principauté, nous créerons une nouvelle spécialité locale : les rillettes de Monaco. Bon, j'en vois déjà qui doute de la validité d'un tel projet. Il en est même qui crient à l'Anschluss. Il est grand temps de faire taire ces onusiens défaitistes à la solde de l'Oncle Sam ! Libérons Monaco ! Redonnons aux Français ce qui leur appartient, les Porsche du prince Albert et les portes à tambour des grands hôtels !

Le 31 mai 2011 à 08:22

Concours "Orgueil", nous avons une gagnante : Cécile C.

"Orgueil, poursuite et décapitation (comédie hystérique et familiale)" de Marion Aubert

Nous n'aurions jamais imaginé nos lecteurs si timides. Noyé sous une masse de torchons vaguement présomptueux et cliniques, d'où l'orgueil pur, joyeux et insouciant était aussi absent qu'au sein du système lymphatique d'un animal domestique, notre jury déprimait. Nous allions balayer, dissoudre et remettre les places en vente, quand une ultime missive nous parvint. Celle de Cécile C., notre gagnante, dont voici la prose allègre. Cécile vos deux invitations vous attendent donc au Théâtre du Rond-Point le samedi 4 juin à partir de 20h30. Voici son courrier :"Que ne ferait-on pas franchement pour obtenir 2 places gratuitement, obliger un être supérieur comme moi à se vendre de la sorte, sortir du placard  !! Montrer patte blanche, faire savoir, à tout le monde, tel un vulgaire étudiant d'HEC, moi qui suis douée, non pas sur-douée d'INTELLIGENCE, c'est bien simple c'est moi qui ai inventé l'intelligence, je déborde , je dégouline d'intelligence à ne plus savoir qu'en faire !! Pas besoin, de le proclamer à tout va, je me suis proclamée LA fille intelligente, pas besoin de le répandre à la populace, cela se lit sur mon visage. Les gens dans la rue se retournent sur mon passage, béats d'admiration et s'exclament, "Enfin, nous avons croisé une fille vraiment brillante". Lorsque j'ouvre la bouche, mon auditoire s'agenouille devant moi, ébloui, par la lumière de mon génie ! Excusez-moi mais il m'a fallu, un effort immense pour écrire ces quelques lignes parce même ne me connaissant vous devriez savoir que je suis la MIEUX, pas besoin d'envoyer ce mail comme le tout venant !!! Et en plus, si vous saviez comme je suis BEEEELLLE, mais là non, je ne vous ferai pas ce plaisir d'en dire davantage, je n'ai plus la place ! Estimez-vous encore heureux d'avoir reçu un mail d'un esprit vraiment exceptionnel comme le mien ! Bon, pas la peine, j'ai gagné, c'est ça j'ai les places ??? Vous avez mon mail, de toute façon, à très vite !" Cécile C.

Le 5 août 2014 à 08:46

L'Assemblée nationale reconnaît que les stagiaires ont une âme

L’Assemblée nationale a adopté une mesure majeure qui devrait faire date dans la législation du monde du travail en France. Il est désormais comme acquis et maintenant inscrit dans le code du Travail que les stagiaires sont bien des personnes et ont une âme à part entière. Reportage. Un texte qui a connu beaucoup de réécritures et d’allers-retours entre les différentes chambres du Parlement, avec un débat qui a divisé la classe politique, le monde du travail et les Français. « Il y a dix ans, dire qu’un stagiaire avait une âme, c’était audacieux. Vous vous exposiez à de sévères critiques » explique un des rapporteurs du texte de loi. Le gouvernement avait ainsi repris une des promesses de campagne du candidat Hollande qui souhaitait que l’âme du stagiaire soit enfin reconnue. « Est-ce que la société est prête pour cela, je ne sais. Parfois, on veut aller vite et on fait mal » commentait pour sa part le député UMP Hervé Mariton qui estimait ce texte « dangereux et porteur de germes de conflits futurs ». Du côté du MEDEF on notait une pointe d’agacement quant au contenu exact du texte et des termes utilisés. « C’est certes un texte qui va créer un précédent mais on ne veut pas donner non plus trop d’espoir aux stagiaires, car c’est ça qui serait vraiment terrible » expliquait de son côté Pierre Gattaz qui réfutait le terme philosophique d’âme au micro de Radio-Classique ce matin. « Le stagiaire fait ce qu’on lui dit de faire, il se contente de reproduire des gestes. On ne peut donc pas parler d’âme, relisez Pascal et Descartes ! » soulignait-il encore il y a quelques mois devant la commission des lois. Mais les partisans du texte sont aujourd’hui heureux et pour beaucoup c’est le début d’un autre combat qui pourrait, à terme, déboucher sur un autre acquis important pour les stagiaires. Comme le souligne le porte-parole en larmes de Génération Précaire « Tout le monde y pense, mais on n’ose pas en parler trop fort, mais oui, on se dit que dans quelques dizaines d’années, le principe de verser un salaire à un stagiaire sera peut-être une réalité ». Le Gorafi

Le 1 avril 2010

Comment devenir un grantécrivain (1)

Dans son ouvrage "Les rillettes de Proust", Thierry Maugenest vous donne des trucs pour accéder enfin à la gloire littéraire

Nycthémère ! Évitez d’employer des mots dont les sonorités trompeuses seraient préjudiciables à vos écrits. Ainsi, les termes utilisés dans le texte ci-dessous, pourtant dénués de toute grivoiserie, suggèrent au premier abord une atmosphère bien différente de celle recherchée par l’auteur : L’ardent Antonio Vernice, harassé par une nuit de formications et par la croupade nerveuse de la haquenée qui s’agitait entre ses jambes, vit enfin le jour se lever, éternelle resucée d’un plaisir solitaire. Il repoussa sa cuculle et murmura pour lui-même :– Quel nycthémère ! Cette chevauchée m’a épuisé.Il voulut se reposer, mais les effluves d’un phallus impudique le firent fuir. Peu après, une ultime ruade et il s’arrêta enfin, l’œil réjoui par des trique-madames  en fleur et des verges d’or épanouies. Tandis qu’il entamait une miche par la baisure, en réservant une lèche pour son téton-de-Vénus, il aperçut une marie-salope qui mouillait près de lui. Il se demanda aussitôt quelle position adopter.– Je pourrais la haler par son tire-veille, se dit-il, mais je peux aussi y monter d’un saut de caracul.Inédit  Formication n.f. : fourmillement dans un membre. Croupade n.f. : saut d’un cheval qui rue. Haquenée n.f. : cheval ou jument de taille moyenne, d’allure douce. Resucée n.f. : reprise, répétition. Cuculle n.f. : capuchon de moine. Nycthémère n.m. : durée de vingt-quatre heures comportant un jour et une nuit. Phallus impudique n.m. : champignon exhalant une odeur repoussante. Trique-madame n.f. : plante grasse. Verge d’or n.f. : plante herbacée à fleurs jaunes. Baisure n.f. : côté par lequel deux pains se sont touchés dans le four. Lèche n.f. : mince tranche de pain. Téton-de-Vénus n.m. : belle variété de pêche. Marie-salope n.f. : bateau à fond mobile servant à transporter les produits de dragage. Mouiller : jeter l’ancre. Tire-veille n.m. : filin servant de rampe à l’échelle extérieure d’un navire. Caracul n.m. : mouton d’Asie élevé pour sa fourrure.(Un texte extrait de l'ouvrage Les Rillettes de Proust et autres fantaisies littéraires, paru aux Editions JBZ & Cie)

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