Philippe Mouchès
Publié le 01/09/2014

La Laitière tente sa chance aux States


Peintre
Fondateur et théoricien du Divisionnisme Périgourdin
Membre de l'Oupeinpo

http://doublevue-mouches.blogspot.fr/

 

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Le 7 juin 2010 à 15:19

« Il va nettement mieux que s'il allait plus mal, mais nettement moins bien que s'il allait mieux »

Raymond Domenech, conférence de presse à Saint-Pierre (Réunion), jeudi 3 juin 2010

Eric Cantona l’avait catalogué plus mauvais entraîneur de football depuis Louis XVI, le sélectionneur de l’équipe de France serait plutôt parmi ceux à avoir approché au plus près ce « degré zéro » de l’expression qui fascinait tant Barthes (le sémiologue pas le gardien de but).Raymond Domenech évoquait le mollet gauche de William Gallas, l’Histoire retiendra une formule faisant miroiter à son auteur des opportunités infinies de reconversion dans le porte-parolat. Qui d’autre que lui serait plus à même de commenter une hausse du taux de chômage, une prévision de croissance pour 2010, une baisse de popularité de l’Exécutif, l’état de l’endettement public, la situation du PS après les européennes, le nombre d’adhérents de l’UMP ou d’électeurs du NPA, voire même l’air du temps si une question lui était posée à ce sujet ? C’est moins pire que ce à quoi on s’attendait, mais c’est quand même mieux que ce qu’on craignait : un tel balancement est le sésame absolu pour embrouiller l’interlocuteur et soulager l’employeur.On va se l’arracher Domenech. Il offre par surcroît un profil intéressant de paratonnerre des foudres populaires, comme aujourd’hui face à des joueurs opérant dans la cour des glands et des dirigeants du football qui l’ont gardé parce que, justement, avec lui ça ne peut pas être pire.

Le 9 décembre 2014 à 08:52

Vie sur Terre - Dieu parle d'un malheureux concours de circonstance

C’est un des mystères les plus anciens que notre monde connaît. Dieu a accepté de faire quelques révélations au sujet de l’apparition de la vie sur la planète Terre lors de son traditionnel point presse du mercredi. Moins silencieux que de coutume, le grand Créateur évoque un acte involontaire et un enchaînement malheureux du cours des événements. Si Dieu admet avoir manqué de discernement et parle d’une bête erreur de manipulation, il précise qu’il n’envisageait pas de telles conséquences à ce qui reste selon lui « la plus grosse boulette de toute sa carrière ». « A l’époque j’étais jeune, je jouais à l’apprenti sorcier et je créais des mondes à un rythme effréné. Quasiment un pas semaine » explique-t-il en tentant de réorganiser ses souvenirs. La boulette Dieu donne des détails précis de ce moment où tout a basculé « Ça faisait deux jour que je travaillais sur un monde pas trop pourri. Mais le troisième jour, j’ai fait une grossière erreur de dosage dans mes produits sans m’en rendre compte. À partir de là, les choses m’ont échappé. » confesse-t-il en faisant mine d’être désolé. Tandis que les premières formes de vie primitive se développent sur Terre , Dieu n’a semble-t-il pas pris la mesure de son erreur puisqu’il avoue s’être contenté d’observer sans tenter d’intervenir pour endiguer le processus. « Au début, ça ressemblait à un phénomène tout à fait sans danger. C’est quand j’ai constaté que certaines formes de vie avaient pris conscience de ma propre existence que j’ai compris que j’avais fait une connerie » explique-t-il. Dieu avoue toujours hésiter à intervenir aujourd’hui pour corriger son erreur. « Vous savez, toutes mes tentatives pour améliorer les choses n’ont fait qu’empirer la situation » reprend-il avec fatalité. « J’ai même tenté plusieurs fois sous la colère de faire disparaître toute forme de vie, rien n’y fait, il en reste toujours un peu » ajoute-t-il. Le grand Créateur termine en précisant qu’il a quand même pris des dispositions afin d’isoler ce monde et éviter toute propagation de la vie en dehors de celui-ci. Une mesure de sécurité qui lui aurait été imposée par ses supérieurs lorsqu’ils ont découvert son incroyable raté.

Le 27 juin 2010 à 16:36

Laissez Noël en paix

Conseil Citoyen 6

Nous ne sommes qu’en juin et ton moral en berne Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent Te fait déjà penser que pour le réveillon Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon, Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes, Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes Et que le seul sapin restant à décorer Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.   Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes. Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël, Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle, C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon Le plus élaboré pour prendre ton pognon ? Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente Ne va pas te mêler aux masses consommantes. Il y a des moyens pour remplir une hotte Qui ne coûtent pas plus qu’une boite de crottes.   Surtout pour ce qui est des tout petits enfants, Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans. Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout Si Noël est en mai, en décembre ou en août. C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire Et il en va de même à leur anniversaire. Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.   A partir de trois ans et disons jusqu’à sept Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête. Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse, Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ; Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.   Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage Et dans la marque aussi. Ce qu’il faut pour leur âge, C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber. Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé. Passe chez Emmaüs et pique une étiquette Recouds là bien en vue sur une autre liquette Et ne t’affole pas à cacher l’origine Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.

Le 5 décembre 2015 à 07:43

Prenez, ceci est mon... hips

En avril 2013, à Avignon, un homme été contrôlé par la police avec un taux d'alcoolémie de 11 grammes par litre. Quand on sait que le taux d'alcoolémie théoriquement mortel se situe autour de 5 grammes, on ne peut s'empêcher de saluer la performance du valeureux Vauclusien. Pourtant, en l'an 33 de notre ère, un homme s'était illustré avec un niveau d'alcoolisation encore plus spectaculaire. Lors d'un repas qu'il partageait avec une douzaine d'amis, notre champion leur confia que son sang était en fait du vin, un délicieux rouge à 12 degrés que son père adoptif aurait qualifié de bien charpenté. J'imagine d'ici les doutes qui ne manqueront pas d'émerger dans votre sourcilleux esprit mais l'homme dont on raconte ici l'exploit n'a rien d'un menteur et je vous demanderais de considérer ses propos comme paroles d'évangile. Revenons à nos moutons, ou plutôt à notre agneau pascal qui révéla à ses camarades que son sang et le vin avaient les mêmes caractéristiques et contenaient donc la bagatelle de 12% d'alcool. Quand on sait qu’un humain (fils de Dieu ou pas) compte environ 6 litres de sang et que la densité de ce sang est de 1,06 kg/litre, on peut en déduire que notre ami comptait 6,360 kg de sang. Le sang de celui que, pour préserver son anonymat, nous appellerons JC contenait 12% d’alcool soit 763,2 grammes d’alcool pour 6 litres de sang. Le taux d’alcoolémie du prodigieux buveur était donc de 127 g/l. Avec un tel taux d’alcoolémie, notre homme aurait dû être mort depuis longtemps. Le miracle de sa survie peut sans aucun doute être considéré comme la preuve de sa nature – n'ayons pas peur des mots - divine. Pour savoir ce qu’a bu JC pour atteindre un tel taux d’alcoolémie, on applique la règle suivante : taux d’alcoolémie : Alcool Total absorbé (g) ÷ [ Poids (kg) x le coefficient de diffusion ] Pour un homme, ce coefficient de diffusion est de 0,7. Si on estime que JC pesait 70 kilos, on peut conclure que, pour atteindre un taux d'alcoolémie de 127g/l, il a ingéré 6223 g d’alcool soit 622,3 verres et donc environ 83 bouteilles, ce qui représente, reconnaissons-le, un sacré exploit. Rien d'étonnant donc qu'avec un tel niveau d'alcoolisation, notre ami JC ait pu avoir l'impression de marcher sur l'eau et voir des pains se multiplier sous ses yeux.

Le 10 novembre 2010 à 18:11

"Le président de la République est le premier depuis Louis XIV à avoir soumis le budget de l'Elysée à l'appréciation de la Cour des comptes"

Henry de Raincourt, ministre des Relations avec le Parlement, Assemblée nationale, 9 novembre 2010

Si on y va par là, Matignon n’avait pas payé les sondages de l’Elysée depuis Colbert !  A la Cour des anachronismes déconnants, le sieur de Raincourt serait grand chambellan. A quelques jours d’un remaniement mieux vaut se faire bien voir, mais là il a tellement chargé le carrosse qu’il a fait crouler de rires les députés de l’opposition, lors de la séance des questions au gouvernement. Nicolas s’inspirerait donc de Louis en faisant viser ses dépenses par la Cour des comptes. Outre que cette dernière a été créée sous Napoléon, le côté mendésiste du Roi-Soleil était resté méconnu jusqu’ici. A commencer du Parlement de l’époque – qui votait les impôts – et auquel le jeune monarque asséna en début de règne : « L’Etat c’est moi ». Même ignorance du côté de Fouquet, superintendant des Finances, jeté au cachot pour avoir exhibé en son château de Vaulx-le-Vicomte de tels signes extérieurs de richesse que le Souverain s’en trouva humilié et décida alors la transformation du château de Versailles en Elysée somptuaire : « le Budget c’est moi » en quelque sorte. Cela coûta 100 millions de livres (un ouvrier gagne alors 12 sous par jour – une livre vaut 20 sous) mais ce n’était que 5% des dépenses militaires qui ruinèrent plus sûrement le pays. Nul Philippe Séguin pour ronchonner. La Cour passait avant les Comptes.

Le 12 août 2013 à 08:26

Ce qu'on nous cache sur Marcel

Il est temps de révéler ce que de bienséants biographes nous cachent : Marcel Proust est l'inventeur du maillot de corps qui porte son prénom. Voici les faits : sa bonne maman, toujours inquiète de ses bronches fragiles, lui avait acheté par un beau jour d'avril tout un lot de sous-vêtements thermogènes, à commencer par le fameux Rasurel en ouate de tourbe et le célébrissime Damart avec lequel tu n'auras jamais froid, toi, mon fils! Ce que voyant et entendant, le capricieux Marcel se rue sur les Damart et Rasurel que lui présente Maman, et rageusement il les met en pièces … C'est alors, parmi les vestiges des Rasurel et des Damart, qu'il avise à ses pieds, produit de ses furieux travaux, une sorte de haillon sans manches, très échancré, et dans une inspiration il s'en saisit illico. Sans un regard pour sa pauvre mère en larmes, il tombe le veston noir, la chemise à faux-col de celluloïd, il endosse ce moulant maillot minimal, le parfait en quelques coups de ciseaux, et le jour même de la prise de cet habit il va se baguenauder en ce simple appareil au bord de la Seine, sous l'oeil de dockers fascinés, non par le torse fluet du jeune bourgeois, mais par son maillot de corps inconnu, qu'ils eurent bientôt adopté. D'où l'appellation professionnelle de "débardeur", voisinant avec celle poétique de "marcel" en l'honneur de son inventeur qui ne le quitta plus, même dans son lit dont sortait un bras nu armé d'une plume qui courait sans s'arrêter jamais.

Le 12 octobre 2010 à 10:00

Manuel de communication à l'usage des méchants

Leçon 2 : le déni

La règle est simple, ne jamais avouer. Là où ça se complique un peu, c’est qu’il ne faut pas se laisser enfermer dans ses propres mensonges. L’astuce à garder en tête, c’est qu’il ne faut nier que l’essentiel, et pinailler sur les détails.   Exemple numéro 1 « Vous avez été flashé à 210 km/h. Reconnaissez vous les faits ? – Désolé monsieur l’agent, mais je ne pense pas avoir roulé si vite. Je ne peux pas reconnaître une telle infraction. – C’est pourtant écrit là sur le radar Et en effet, un 210 clignote en gros chiffres rouges sur un écran qu’on vous pointe sous le nez. – Peut-être qu’il ne marche pas bien. »   Exemple numéro 2 « Tu avais bien des boulettes de shit dans tes poches, non ? – Non. Je vous ai dit. C’était pas mon pantalon, j’ai dû me tromper en m’habillant. Y a plein de copains à mon frère qui sont venus dormir à la maison hier soir. »   Exemple numéro 3 « Vous continuez à prétendre que vous ignorez tout des virements qui ont été effectués ces derniers mois sur votre compte en banque ? – C’est ma femme qui gère les comptes à la maison, monsieur le juge. »   Les exemples pourraient être multipliés à l’infini :« Je n’ai pas connaissance d’un tel fichier. »« Nous n’avons jamais autorisé ce trader à investir autant d’argent sur des marchés à risques. »« Je parlais des Auvergnats… »

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