Daniel Cabanis
Publié le 29/08/2014

Mémento #1


Daniel Cabanis n'est pas son pseudonyme. Il écrit des textes courts, le plus souvent avec des images. Ou des textes longs. Il n'a pas froid aux genoux. Il mange de ce pain-là. Etc. 

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Le 9 octobre 2015 à 09:02

Massimo Furlan : "Enfant je refaisais tout le championnat italien dans ma chambre"

Enfant il rejouait les matches du championnat italien dans sa chambre, rivé à un transistor grandes ondes pas toujours fiable. Son lien avec son pays d'origine. S'en souvenant en 2002, il décide une folie : rejouer seul, dans un vrai stade et en temps réel, un match mythique de l'histoire du foot. Il commence dans sa ville au stade de la Pontaise, à Lausanne. L'artiste Massimo Furlan endosse les couleurs de l’Italie pour une performance hors norme : il est le joueur numéro 23, il remet en action seul sur la pelouse la finale Italie-Allemagne du championnat du monde 1982, qui se termina sur la victoire de l’Italie. Seul et sans ballon, il revit la totalité de ce match, dans toute sa dramaturgie. Avec le récit en direct de Jean-Jacques Tillmann, ancien commentateur de la télévision suisse romande, et sous les yeux d’un public qui revit le match avec lui, endossant le rôle des supporters. Puis il enchaîne au Parc des Princes en revêtant le numéro 10, celui de Platini lors de la demi-finale homérique entre la France et l'Allemagne, sous le regard de Michel Hidalgo. Jusqu'à aujourd'hui, il s'entraîne plusieurs mois comme un sportif pour traverser ainsi de grandes parties restées dans la mémoire collective, avec la complicité de commentateurs sportifs et d'entraîneurs de l'époque, comme à Marseille, Vienne, Hambourg, Varsovie, Porto, Séoul... > l'actualité de Massimo Furlan

Le 8 février 2014 à 08:52

Jérémie Zimmermann : Comment défendre nos libertés en ligne ?

La Quadrature du Net

Inventer son travail en contribuant à un Internet libre Après le scandale PRISM, une distinction claire est en train d'apparaître aux yeux de tous entre la technologie qui contrôle et la technologie qui libère. Un Internet vraiment libre devrait permettre aux individus de reprendre le contrôle sur leurs données, leurs communications, leur vie en ligne, ainsi que sur les moyens de la production intellectuelle à l'ère numérique. Mais comment reprendre la main ? Quelles activités créer via ces technologies libératoires ?  Avons-nous les moyens d’agir pour rendre possible un monde numérique plus juste ?Jérémie Zimmermann est un hacker – au sens étymologique du terme un "bidouilleur" – c'est-à-dire un enthousiaste de la technologie qui aime comprendre comment elle fonctionne pour  la maîtriser et ne jamais se laisser contrôler par elle. Cofondateur et porte-parole de La Quadrature du Net, il milite pour les droits de l'Homme dans la société numérique. Le grand public a entendu parler de lui après qu’il a a contribué avec La Quadrature du Net, de nombreux citoyens et associations, à faire rejeter par le Parlement européen l’accord ACTA, un traité liberticide négocié en secret par 39 pays. Enregistré le 1er février 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point. Durée : 01:14:42 > les autres Trousses de secours dédiées au travail En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

Le 12 juin 2011 à 00:11

L'une n'empêche pas l'autre (au contraire)

Brigitte Fontaine et Louise Bourgeois

Brigitte Fontaine est assise à quelques mètres de moi, avec son indémodable naissance à Morlaix, son phrasé magnifique, ses ongles peints en noir et ses silver pompes. Elle qui hier chantait « Je suis vieille et je vous encule avec mon look de libellule », elle qui souhaitait un torrent de tortures à notre dear president en guise de joyeux anniversaire, elle qui depuis 15 ans attend un enfant d’Etienne Daho (mais il ne veut pas venir) me regarde avec curiosité. Serai-je la marraine ? Et Jacques Higelin le parrain ? Voilà qui promet un beau baptême. Si c’est une fille, elle s’appellera Carmen, en hommage à l’oncle Jean-Luc. Et Carmen ira dès son plus jeune âge écouter Jean-Claude Vannier en concert, lira Bridinette et  Tintin - l’affaire Tournesol, précise la mère, franchement, ça dégage, et la Castafiore dans cet album est sympathique et maligne, contrairement à l’habitude d’Hergé. Sympathique et maligne, la Reine de Kékéland ? Son voisin lui demande si elle a des limites. Elle répond : Qui ça, moi ?Elle ajoute : je ne mens jamais.- Jamais ?- Jamais, sauf maintenant, quand je dis que je ne mens jamais.- Et vous vous situez où, dans le paysage musical ?- Je ne me situe pas.Je pense à Louise Bourgeois, à sa veste poilue, son bon sourire et son pénis monumental sous le bras sur cette photo de Mapplethorpe. Fillette, fillette, si tu t’imagines… Je pense à l’araignée monumentale des Tuileries, voilà où il faudrait lui tirer le portrait, à notre gothique asiatique préférée, chevauchant l’araignée géante, figure maternelle décharnée, ambivalente, image de cauchemar sans doute - cauchemar de Dieu, précise-t-elle en déroulant son rire satanique. Alors, Brigitte enlève son grand manteau. Elle a trop chaud. Je suis une plouc, dit-elle, pas une parisienne sophistiquée. Je n’aime pas parler du passé. Le passé est crasseux. Puis, on ne sait comment, on se retrouve avec elle en petite robe sur la plage de La Baule, le vent dans les cheveux. Ses parents sont là. Mais regarde, disent-ils avec des points d’exclamations entre chaque lettre, regarde comme c’est beau !Alors, la petite Brigitte sort un bonbon à la menthe de sa poche et répond d’un air assuré : ça, c’est beau.Clip : Gilles de la Tourette, tiré de l'album L'un n'empêche pas l'autre (Polidor)

Le 18 novembre 2014 à 09:42

Bordeaux, Villers-Lès-Nancy, Athènes, 2010

C'est Noël tant pis - Journal de bord, carnet de route d'une création #6

Année 2009, j’écris Bidules trucs, saynètes destinées au jeune public, mises en scène par Sylvain Maurice. Je mets en scène Les couteaux dans le dos, les deux pièces rencontrent leur public au Théâtre les Déchargeurs et au Théâtre La Bruyère. Année 2009, j’ai passé trois saisons au poste de secrétaire général de la Comédie-Française. J’en suis à voir deux médecins par semaine, cauchemars récurrents, désirs de morts, de plusieurs morts, trop de fatigues, de violences et de désaccords. Les ruptures et les fractures ont raison de moi, je cède, je tombe, je m’enlise. Je me sors la tête de cette boue noire de temps en temps par l’écriture acide de pièces douloureuses, graves, noires. J’écris Se mordre, j’écris Pour l’amour de Gérard Philipe. Je poursuis l’écriture d’une pièce commencée à Hérisson, chez Anne-Laure Liégeois, autour d’un fait divers atroce. Il est question de la mise à mal de l’autre, d’une entreprise de torture, un déchaînement de violences, puis la vengeance, le goût des représailles, la difficulté du pardon. C’est Et l’enfant sur le loup se précipite, créée pour France Culture par Judith Magre, déjà. Immense, évidemment. Après l’avoir dirigée à Hérisson, Anne-Laure met en scène la première partie de la pièce à Montluçon, au Festin. C’est magique. Parce que c’est si rare, quand une mise en scène grandit un texte, par un choix de temps, de rythme, par des images contradictoires, par un code de jeu inédit, par l’écriture d’un artiste de la mise en scène qui épouse le projet de l’auteur, renforce les mots, donne voix et vie sans instrumentaliser la parole, sans l’asservir ni s’en servir. Mais la sert. C’est rare. Là, cela existe, et c’est magistral, interprété par Sharif Andoura, Léonore Chaix, Olivier Dutilloy. J’existe (foutez-moi la paix) Année 2009, Jean-Daniel Magnin, alors mon homologue au Théâtre du Rond-Point, me propose de reprendre J’existe (foutez-moi la paix), cabaret déglingué et familial, avec Marie Notte, et cette fois-ci Paul-Marie Barbier au piano, vibraphone, guitare et arrangements. Il a aimé ça aux Déchargeurs, ce truc foutraque, insolent et chantant. Jean-Michel Ribes veut en voir un bout, on le lui présente dans les sous-sols de son théâtre. Ma terreur de l’ennuyer s’installe, mais ça existe, et ça ne lui déplaît pas. On lui chante « la chanson des hommes qu’on n’encule pas », hommage alors à Manuel Valls et à quelques autres grands hommes de gauche qui se sont joliment illustrés au moment des attaques adressées à Frédéric Mitterrand quant à sa sexualité dévoilée dans sa Mauvaise vie. La proposition plaît à Jean-Michel. Il voit dans quel état je suis, on se connaît un peu, et il décide de me sauver la vie, il est comme ça. Il programme J’existe dans son théâtre. Muriel Mayette, ma patronne, s’oppose à l’idée que je puisse chanter mon cabaret le soir au Rond-Point, et la journée exercer mes fonctions de secrétaire général. Cela n’est plus compatible. « Je n’aimerais pas être à ta place » dit-elle. J’ai un choix à faire et je le fais. Je quitte la Comédie-Française un lundi matin de rentrée vers dix heures, l’après-midi même je répète J’existe (foutez-moi la paix). Le spectacle se donne en novembre en salle Topor, je me souviens de tout, presque tout, et des éclats de rire de Muriel, présente à la première de mon cabaret à explosions, sorte de fête purgatoire. Jean-Michel viendra nous voir quatre fois, la fréquentation du public dépassera la jauge autorisée de la salle. Je n’ai plus de boulot, je suis heureux mais paumé, libéré, et Jean-Michel me propose de le rejoindre, il m’offre un poste à temps partiel de conseiller et auteur associé. J’allais mal finir, je rejoins l’équipe du Rond-Point. Pièces ambitieuses et terribles Le succès de J’existe précède deux spectacles noirs et casse-gueule, pièces ambitieuses et terribles. Projets moins séducteurs, moins aimables. C’est dans la salle Tardieu du Théâtre du Rond-Point Et l’enfant sur le loup, mis en scène par Patrice Kerbrat, avec Judith Magre, Jean-Jacques Moreau, Julien Alluguette, et moi-même en loup narrateur. Judith nous porte tous, puissante à chaque mot, elle ose tout, elle fait tout. Jean-Jacques et Julien, camarades idéals, soutiennent un auteur qui s’expose trop dans un rôle de meneur de jeu, en loup à chapeau haut de forme. La pièce est si dure, si noire, si âpre. Mais les spectateurs qui acceptent le jeu, l’univers, l’écriture, traversent une forêt froide et sanglante dont ils acceptent les rires comme les effrois. Parmi eux, Sophie Marceau, au centre de la salle Tardieu, visage froid du début à la fin de la pièce, elle réfrigère la salle comme certains spectateurs seulement savent le faire et le font. Ils tuent la proposition. C’est comme ça, ça arrive, c’est arrivé. Un autre soir, Delphine de Vigan, qui elle aime, comprend, accepte tout. Et d’autres encore. Un autre soir, Brice Hillairet, qui deviendra mon assistant quelques semaines plus tard sur le prochain projet, puis l’acteur de la reprise des Couteaux dans le dos au Prisme à Élancourt, puis l’acteur des jolis succès à venir, Sortir de sa mère, de La Chair des tristes culs, de Perdues dans Stockholm, puis le personnage aux fesses monstrueuses de Ma folle otarie, puis le Tonio de C’est Noël tant pis. Acteur rêvé, et tellement plus que ça. Le triomphe repose toujours sur des malentendus, les non-triomphes aussi Quelques semaines plus tard au théâtre La Bruyère, je mets en scène Pour l’amour de Gérard Philipe, avec Raphaël, Emma de Caunes, Romain Apelbaum, Sophie Artur, Bernard Alane. Raphaël apprend son texte en une nuit, exactement. Il trimbale une douceur infinie. Il espérait jouer dans une mise en scène de Lars von Trier, mais on fait tout autre chose. Il est désemparé, mais superbe, généreux, gracieux. Emma se surpasse, énergie de gamine prête à tout, elle ose tout dans les bras de Bernard, lion magistral, directeur de cirque et camarade idéal. Sophie et Romain répètent en cachette, pour maîtriser le mouvement, la mécanique de la parole, l’énergie du verbe et de la danse, ils irradient. Je suis fier d’eux, de nous, je les aime. Brice m’assiste, nous portons ça tous les deux, et de tout notre cœur, de toute notre foi, sans céder à une autre énergie que la nôtre, à une autre esthétique. La pièce se joue moins de deux mois. Le triomphe repose toujours sur des malentendus, les non-triomphes aussi. Et ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est un objet que je sais merveilleux, porté par des artistes exceptionnels, mais nous ne vivrons pas le malentendu du succès. Il y a quelque part là-dedans une rencontre entre quelque chose et quelqu’un qui n’a pas eu lieu. Un petit bijou tranchant Année 2010, au Théâtre du Pont-Tournant de Bordeaux, Stéphane Alvarez dirige la pièce sous un nouveau titre, C’est Noël tant pis - grand-mère est sous la table, création. La troupe du Pont-Tournant joue sur une tournette, un espace horizontal, long de douze mètres, qui tourne sur lui-même, se transforme. Tout se joue dans les couleurs et les sons, choix radicaux, lumières des premières scènes du Pierrot le fou de Godard, et musiques des films de la nouvelle vague. Même accent, années soixante, dans les intonations des comédiens. La pièce devient un film noir et absurde, un petit bijou tranchant à Bordeaux. Plus tard, au caveau de la Roële, à Villers-lès-Nancy, Patrick Schoenstein choisit la version antérieure de Ma mère, pour en finir avec. Même pièce, quasiment, mais davantage de personnages. Plus d’éclats et de folies, la grande scène répétée se joue maintenant trois fois. Acteurs déchaînés, ça se déglingue de partout, ça se tient d’abord, se contient puis explose et finit sur les ruines. C’est la comédie d’une fête de famille qui s’achève en carnage. Clowns tragiques Plus tard, à Athènes, en Grèce, ma mère et quatre très grands amis en vadrouille, traversent la ville à la recherche de la fondation Cacoyannis. Je n’y suis pas, je ne peux pas y être, je répète une autre pièce au Rond-Point. Là, à Athènes, Ilias Kountis met en scène sa version de C’est Noël tant pis, version ultime alors du texte traduit en grec avec le concours de l’institut culturel français. Les amis et ma mère assistent à la création de la pièce. Le metteur en scène a organisé des images, des tableaux. Il a travaillé et en profondeur la psychologie des personnages pour dresser une galerie de portraits graves, sombres, où apparaissent des clowns tragiques. C’est une peinture familiale noire qui se joue à Athènes. La pièce a été alors créée et de toutes les manières. À mon tour, je me débats, je fais ce que je peux pour organiser des lectures devant des directeurs de théâtre qui voudraient bien s’intéresser à mon Noël.

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