Daniel Cabanis
Publié le 29/08/2014

Mémento #1


Daniel Cabanis n'est pas son pseudonyme. Il écrit des textes courts, le plus souvent avec des images. Ou des textes longs. Il n'a pas froid aux genoux. Il mange de ce pain-là. Etc. 

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Le 6 septembre 2011 à 10:08

Mazen Kerbaj : "Il faut rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire"

Un dessinateur libanais en résidence au Rond-Point

Illustrateur de presse, croqueur de BD, open trompettiste et peintre sur carnets de note, Mazen Kerbaj s'éloigne de Beyrouth en septembre-octobre pour s?acoquiner pendant deux mois avec l'équipe de ventscontraires.net. Premier contact Le Théâtre du Rond-Point développe depuis plusieurs années une thématique autour du rire de résistance. C'est quoi pour toi, le rire de résistance ?Je suis né en 1975 avec la guerre civile qui a fini en 1990. J'ai donc vécu mes premières années en guerre civile. Depuis on dit que c'est la paix au Liban, mais il y a eu quelques petites guerres depuis. Quand on vit à Beyrouth, on n'est jamais vraiment en temps de paix, on est toujours en guerre ou entre deux guerres et on ne sait jamais quand la prochaine va arriver. Cependant je dois dire que je suis bien content de vivre là-bas malgré tout. C'est une vie où on exprérimente chaque jour que le rire et la résistance sont deux choses qui vont naturellement ensemble. La résistance contre la folie qu'il y a autour, contre la réalité dont on ne peut s'échapper, contre la guerre, la politique, la corruption... Il n'y a pas d?autre solution, il faut absolument rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire. Je ne peux résister que par le rire et mon rire ne peut être qu'un rire de résistance dans le sens où il est toujours opposé à une situation le plus souvent lugubre, déprimante et pas drôle du tout à laquelle je réponds par quelque chose de drôle. J'ai rarement eudes idées drôles dans l'absolu, pour elles-mêmes, c'est vraiment en réaction. Mon rire et celui que j'essaie de déclencher sont forcément de résistance. Bien sûr, en temps de guerre, tu ne peux pas parler des coquelicots, tu vas parler de la situation que tu vis et combattre cette situation par ton art. Mais je déteste l'idée de l'artiste engagé avec un message à faire passer. Je trouve ça assez péremptoire. Si un artiste veut donner son avis sur la politique je ne suis pas contre, mais qu'après il se positionne en porte-étendard, je trouve ça complètement ridicule. L'art n'a pas à jouer un tel rôle. Même les artistes qui se sont fait emprisonner, torturer, assassiner sous des régimes dictatoriaux étaient avant tout des artistes. > Mazen Kerbaj, rencontre-mini concert à la librairie du Rond-Point le samedi 17 septembre à 18h30 et exposition jusqu'au 14 octobre 2011En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Le 29 janvier 2020 à 16:20

Participez à un procès contre l'argent !

"Trials of money", performance participative de Christophe Meierhans

Après avoir présenté un projet de constitution citoyenne basée sur le tirage au sort - c'était lors du premier festival "Nos disques sont rayés", l'artiste européen Christophe Meierhans revient au Rond-Point le vendredi 14 février avec Trials of Money, une performance participative où vous serez les jurés d'un procès intenté contre... l'argent ! Peut-on tenir l’argent que nous utilisons tous les jours pour responsable de la situation difficile dans laquelle les humains se trouvent aujourd’hui ?Nous sommes à la fois au théâtre et au tribunal. Programmée dans de nombreux pays, cette performance interactive va faire le procès de l’argent. S’il est bien vrai que « l’argent gouverne le monde », ne serions- nous pas alors en droit de lui demander de rendre des comptes pour ce qui est arrivé à notre monde sous sa gouvernance ? Trials of Money va le faire avec tout le sérieux d’une cour de justice. Christophe Meierhans a élaboré cette nouvelle performance à partir d’interviews de banquiers, juristes, personnes en situation d’extrême précarité, psychothérapeutes, économistes, philanthropes, travailleurs sociaux du surendettement, représentants de nations indigènes et activistes monétaires : il interprète neuf personnages qui se tiennent à la disposition des spectateurs en tant que témoins et répondent à leurs questions. Le dessinateur Luca Mattei, tel un chroniqueur judiciaire, « croque » les témoins. > le programme complet du festival

Le 9 mai 2013 à 10:15

Christian Salmon : Ces histoires qui nous gouvernent #6

> Premier épisode           > Episode suivant Dans sa conférence-performance "Ces histoires qui nous gouvernent", l'écrivain et journaliste Christian Salmon poursuit son salutaire travail d'analyse du story-telling. Dans cet extrait, il revient sur un récit édifiant mais fictif qui a joué un rôle décisif dans l'intervention américaine en Afghanistan et même au-delà. "Quoi de plus innocent et charmant qu’une histoire bien tournée ? Les histoires nous distraient et nous instruisent en nous faisant rêver. Désormais, avec la technique du storytelling, elles nous gouvernent et sont devenues un instrument de contrôle des opinions, une « arme de distraction massive ».L’entrée en guerre préventive contre l’Irak, le reality show au début du mandat de Sarkozy, sa métamorphose en capitaine courage face à la crise financière, l’épopée victorieuse de Barack Obama… Autant de fictions préparées dans le secret de war rooms où s’élabore le storytelling intégré. Christian Salmon nous propose un voyage dans les démocraties contaminées par l’hypermédiatisation, une exploration des mythes politiques à l’âge du néolibéralisme. Une traversée de la crédulité contemporaine. " Enregistré le 30 novembre 2012 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89 Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.

Le 10 novembre 2011 à 12:36

« Dis-moi si Dieu mange, et s'il a un boyau rectum ? »

Voltaire (dictionnaire philosophique, article déjection)

D’approximations en incompréhension, intégristes mais aussi catholiques plus ou moins traditionalistes et désinformés conduisent depuis une dizaine de jours une campagne désastreuse contre la création artistique dont les conséquences dépassent les calculs de quelques apprentis sorciers mitrés. Des spectateurs accueillis sous les insultes, plusieurs centaines de manifestants hurlant au blasphème, quelques arrestations, des adolescents en larmes place du Châtelet qui égrènent leur chapelet pour obtenir l’exorcisme d’un artiste et d’un spectacle sataniques, c’est le bilan de dix jours d’agitation aussi saugrenue qu’anachronique. Tout cela prêterait à rire si le pathétique de la situation ne fondait d’authentiques motifs d’inquiétude. Celle de voir à Paris des représentations théâtrales assurées librement à la condition d’être protégées par la police,  des artistes diffamés, un spectacle chaque soir compromis, entravé, dénaturé par les conditions honteuses de sa représentation.    De l’œuvre d’Andres Serrano, Piss Christ, partiellement détruite en avril dernier à Avignon lors de son exposition à la Galerie Yvon Lambert, au boycott, organisé comme une opération commando, du spectacle de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, au Théâtre de la Ville, la hargne militante de catholiques intégristes cherche à imposer une forme d’épuration à la création artistique, et lui conteste le droit de s’emparer de l’héritage religieux collectif. Intimidation et censure, le projet n’est pas nouveau, la méthode éprouvée, les responsables bien repérés. Beaucoup plus inquiétant est le phénomène qu’on observe depuis quelques mois et qui touche un catholicisme réputé modéré et ouvert, peu enclin pourtant à la bigoterie et respectueux des limites qui doivent être celles du religieux dans la cité. Sous l’action concertée d’un nombre d’évêques et d’archevêques significatif, fulminant des déclarations incendiaires sur des œuvres dont ils ne connaissent que partiellement le titre et rarement le fond, c’est à une bronca bientôt généralisée contre les artistes et les théâtres que nous assistons.   Dépassant le cercle des militants d’extrême droite qui font le gros des troupes de l’intégrisme, voilà que l’Eglise catholique elle-même éructe contre Gólgota Picnic, le prochain spectacle de Rodrigo Garcia. Qualifiant l’œuvre d’ « hystérie culturelle » et de spectacle « indigne de la démocratie », des ecclésiastiques voudraient la voir interdite pour satisfaire des catholiques blessés et souffrant dans leur chair une nouvelle mort du Christ. Les théâtres qui la présentent, le Rond-Point à Paris comme le Théâtre Garonne à Toulouse, s’ils étaient privés de subventions et sanctionnés par l’Etat et La Ville, illustreraient alors, selon l’église, par leur honte bue, le sens des responsabilités des élus nationaux et locaux qui les auraient cloués au pilori des blasphémateurs. Un brûlot officiel publié sur le site Internet de la Conférence des évêques de France laisse pantois par sa brutalité et son caractère liberticide. Pour ceux qui se souviennent qu’il est écrit dans l’évangile « tu seras jugé à la mesure dont tu auras toi-même jugé », ils ont fort à redouter un passage à tabac des fanatiques le jour venu. Avant de trembler pour le salut des prélats d’Inquisition, c’est l’intégrité artistique et physique de tous, artistes, techniciens, acteurs culturels participant à la liberté de création qui inquiète et mobilise. Et c’est encore bien évidemment la sécurité mais aussi la liberté des spectateurs de Rodrigo Garcia qui préoccupent. Voilà l’aberration à laquelle on livre aujourd’hui artistes et institutions culturelles : celle de redouter, au cœur de la capitale d’un pays qui s’honore d’avoir fondé les principes des Droits de l’Homme, que la faculté de voir, de ressentir, de penser et de s’exprimer soit compromise du fait de l’action d’extrémistes relayés imprudemment par l’impéritie de quelques religieux obscurantistes.    Certes, Rodrigo Garcia est iconoclaste. Il ne ménage ni son discours ni les moyens de l’asséner mais n’oblige personne à le voir ni à l’entendre. Oui, il attaque frontalement au nom du message biblique l’action de l’Eglise catholique comme avant lui l’ont fait les philosophes des Lumières, ou Dostoïevski, ou même, accordons ce plaisir à nos extrémistes, Charles Maurras, parmi une cohorte d’autres pourfendeurs.   Certes, tout cela est en partie subventionné par l'État et la ville, parce que notre pays fonde aussi la liberté des citoyens sur la liberté de leur accès à une culture diversifiée, privée ou non, rendue possible par une politique culturelle qui permet par ailleurs l’existence et la pérennité d’édifices classés (a caractère religieux ou non), de manifestations qui peuvent à voir avec l’art et la musique dits sacrés, avec la conservation et l’exposition d’œuvres picturales (aux figures religieuses ou non), ce que personne ici ne souhaite remettre en cause. La finalité du subventionnement sur fonds publics dans le spectacle vivant, c'est justement la possibilité et la garantie de la pluralité des formes et des opinions, non la rétribution d'une conformité à une norme édictée bien pensante, non clivante, neutre et neutralisante.   Oui, il y aura sur la scène du Rond-Point de la viande et du sang comme il y eut des excréments sur celle du Théâtre de la Ville ces derniers jours. N’en déplaise aux groupuscules extrémistes, il n’est pas certain que cela soit ce qui pue le plus fort dans le paysage de cette affaire. Il y aura de l’irrespect, de la provocation, c’est-à-dire de la pensée qui s’oppose à la pensée, du vent qui souffle dans tous les sens.   Jean-Michel Ribes rappelle dans « Le Monde » qu’en 1545, Lucas Cranach grave une caricature du pape chevauchant une truie. Complice, Martin Luther la légende : « Tu veux avoir un concile ? À sa place, reçois ma merde ! ». Alors excommunié et menacé de mort, Luther s’est vu au mois de septembre dernier salué comme un puissant théologien par Benoît XVI lors de son voyage en Allemagne. Il n’en est pas tant demandé pour Rodrigo Garcia. Qu’on lui accorde seulement le droit de créer et d’être entendu dans des conditions pacifiques, qui sont celles de l’art et de la culture, fussent-ils subversifs. Qu’on laisse à ceux qui auront la curiosité ou le goût de partager son œuvre de le faire sans menace et sans insulte. Qu’on nous laisse le temps de ne pas désespérer des catholiques.

Le 20 juin 2011 à 09:02

Eaux sales

Ça m’est revenu il y a quelques semaines après une interview de Marine le Pen,  à cause de son âge, le même que moi,  de son blue jean, le même que moi,  à cause de sa poignée de main,  de l’hôtesse d’accueil qui m’a souri derrière l’hygiaphone, à cause de Jeanne d’Arc dans  son armure pas tellement plus haute qu’un nain de jardin.…ça m’est revenu d’un  coup. C’était l’été 1991, j’étais journaliste stagiaire, on m’avait envoyée à l’université d’été des jeunes du Front national.  Ça se passait dans un petit château de Sologne,  une ancienne propriété de l’empereur Bokassa à ce qui se disait. Les grilles hautes et pointues étaient entrouvertes,  un  petit homme ventru, aimable et souriant m’avait accueillie:  Roger Holleindre ancien  de l’Indochine et des barbouzeries de l’Algérie française.  Il m’a montré son bureau pour y poser mes affaires,  et il a bien rigolé quand j’ai sorti mon ordinateur portable barré d’un autocollant Libération. – Leur montrez pas ça, ils vont vous mettre dans le lac ! Le pire, c’est que je l’ai cru.  Ils, c’étaient ses jeunes et ils était en forme.  De la salle du bas, les clameurs de la meute montaient.  Je suis descendue voir (sans ordinateur), c’était l’atelier "débat". Carl Lang chauffait un grand boutonneux assis en face de lui : « Imagine que je suis Jack Lang , vas y cogne ! ».  Collée au mur dans le fond la pièce,  j’apercevais le lac par la fenêtre, une grande flaque d’eau saumâtre et menaçante.  Je me rappelle le retour en fin d’après midi,  la Nationale 7 vers Paris,  le pied à fond sur l’accélérateur.  La fuite. Tout ça m’est revenu comme un bon souvenir.  C’était bien mieux le temps où ils jouaient à nous faire peur.

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