Ramize Erer
Publié le 05/09/2014

C'est la rentrée


Qu'on le veuille ou non

Je vis à Paris depuis maintenant cinq ans; avant mon arrivée, j'étais à Istanbul, où j'ai fait des études de peinture à l'Académie des Beaux-Arts.

Je dessine pour des magazines satiriques depuis que j'ai 16 ans, et j'ai dessiné mon personnage de "Mauvaise Fille" pour le journal à gros tirage Radikal.

Actuellement, je continue à dessiner dans le mensuel Bayan Yani.

J'aime la liberté de ton que me donne la mauvaise fille et je m'amuse beaucoup en la dessinant. J'espère que vous vous amuserez autant en la lisant.

> article de Macha Séry

 

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Le 9 septembre 2014 à 10:48

La classe, c'est aussi la Truant Class

C'est la rentrée des cancres La rentrée des classes, ce n’est pas seulement bien sûr la rentrée de la lutte des classes à l’école, c’est aussi la rentrée des cancres, des cancres présentables certes, les ptits morpions faisant rigoler dans les chaumières sortant tout droit de la fadasse Foire aux cancres, les têtards que Beaumarchais appelait « les insolents chérubins ». Et les cancres réellement mal léchés en faisant voir plus d’une aux pères la baguette, aux madames j’ordonne et aux profs pot-de-colle dans le droit fil des garnementeries de Max et Moritz, de Poupon la peste, de Lucignolo (le mauvais camarade anarchisant de Pinocchio), du Voleur de Bagdad, du Giannino Furioso de Vamba, du Bon Petit Diable de la Comtesse, des « Lucifers en culottes courtes »* de Pascal Bruckner (dans Le Palais des claques, 1986) ou des non moins infernaux Katzenjammer kids. Insupportables « petits fous-fous », comme disait de vous Jehan Rictus, vous avez votre place dans les premiers rangs du Rond-Point. Au même titre que bien d’autres mauvais sujets. Grâce au ténébreux Jules Van, l’historien dans les Libé des eighties du « Vrai Art nouveau » (l’art du détournement, de l’imposture, du sabotage, du pique-assiettisme sauvage…), j’ai mis la main sur un des meilleurs éloges anonymes du « cancre dira-t-on » ayant flâné dans les préaux de France. Ça date de 1979. Les peaux de vache, les faux-culs et les concons  « À la maternelle déjà, je haïssais les maîtres. En face d’eux, j’étais un gamin tout sourire, charmant et naïf. Aussitôt hors de vue, je pilais les craies dans les encriers, gravais des obscénités sur les belles tables cirées et répandais de l’encre sur la chaise des maîtresses aux jolis froufrous. Au lycée, en 4e, je fondais avec deux voisins de fronde le groupe « Arsène Lupin », dont la malfaisante activité était la guerre aux professeurs et aux pions. Dès les premières semaines, nous savions à quoi nous en tenir sur le noble caractère de notre chiourme. Nous la classions en trois catégories, les « peaux de vache », les « faux-culs » et les « concons ». Avec les peaux de vache, tous les coups – clandestins – étaient permis : clous rouillés sur la chaise, tableau pesant effondré en plein cours, insultes blessantes et anonymes, « vache qui rit » collées au plafond tombant en débris mous, pneus lacérés, chapeau plein de merde. Face aux faux-culs, nous étions plus ouvertement ignobles. S’ils se vengeaient sans pitié pendant les conseils de classe ou nous livraient aux censeurs, ils devaient subir ensuite notre vengeance et nos farces monstrueuses. Nous venions au cours avec dix de ces petites boîtes qui imitent à la perfection le « meuh ! » gras d’une vache, et donnions une heure de concert alpestre. Dès qu’une boîte était découverte, une autre hurlait de plus belle dans la travée d’à-côté. Et ainsi de suite. Nous attendions que notre faux-cul craque, nous étions méchants et cruels. Prétextant sa mauvaise haleine, toute la classe lui tournait soudain le dos ou se protégeait le visage avec une moue dégoûtée. Nous déclenchions après cinq minutes de leçon la sonnerie de la fin des classes, un magnétophone caché dans un sac et sortions en hurlant dans la cour. Le faux-cul était savonné par la direction. Avec les « concons » enfin, espèce des plus rares, nous étions toujours absents et trichions sans vergogne. » Touche pas à mon terrain vague En guise de complément, voici une info de La Libre Belgique du 8 février 1973 que je trimballe depuis lors dans mon cabas sur ce qui peut nous tomber sur la cafetière quand on court sur le haricot des cancres. « Deux garçons de treize ans ont démoli à l’aide d’un bulldozer une maison toute neuve que l’on avait édifiée sur leur terrain de jeu favori, à Reno, aux États-Unis. Ils ont attendu que les ouvriers du chantier soient partis pour la nuit et sont alors allés chercher un bulldozer dont ils avaient repéré la présence à un kilomètre de là. Avec cet engin, ils ont passé à quatre reprises sur la maison neuve. Lorsque les ouvriers sont revenus le lendemain matin, ils n’ont pu trouver que des gravats. » Nous laissons les mots de la fin tout d’abord à la bien oubliée aujourd’hui Nicole Bley, alias La Panthère bleue, qui frigoussa en 1972 le pamphlet carabiné Lâche ton cul, camarade (Pauvert). « Tous les enfants feront ce qu’ils voudront : ils se passeront des films interdits, et y’aura plus d’écoles ; ils pourront jouer à l’eau ; et se mettre les doigts dans les trous de nez, et ils pourront manger leurs crottes de nez et dire aux vieux tout ce qu’ils pensent d’eux ; roter, pisser, péter et chier à la figure de qui ils veulent ; puis dessiner des cochonneries partout virgule, faire des virgules virgules, sur tous les murs, avec leurs excréments !... Faire des pâtés de sable avec le sang coagulé de leurs parents. » Et c’est Pierre Desproges qui ferme notre rideau scolaire avec sa version personnelle de L’École est finie : « Il faut mettre le terme aux maîtres ! »   NB : La Truant Class : la classe des petiots faisant l’école buissonnière. * « Les Lucifers en culottes courtes crevaient les pneus des voitures de leurs maîtres et maîtresses, les bombardaient de petits suisses et de fromage blanc pendant les cours, posaient des clous, pointes retournées, sur leur chaise, les huaient, les sifflaient ouvertement. »  

Le 7 février 2012 à 08:49
Le 8 avril 2011 à 09:14

Vacances en France

Mauvaises rencontres

« Pourtant, qui le croirait ? Un voyage au Morvan offre quelque danger. Des bandes parcourent les routes, composées d'individus d'aspect débonnaire, mais animés au fond de très mauvaises intentions, et qui ne craignent pas d'arrêter le voyageur isolé aussi bien que ceux qui circulent en nombre. Nous n'avons pas ouï dire qu'elles aient dévalisé personne ou pillé les diligences ; mais leur aspect farouche et provocant pourrait déterminer chez le voyageur novice quelque terreur. » Il s'agit de compagnies d'oies, dont le Morvan semble avoir le privilège ; oies puissantes, bien membrées, ayant fort mauvais caractère et portant haut la tête. Ces animaux féroces parcourent en liberté bois, prés et sentiers, et se figurent évidemment que les routes sont faites pour leur circulation exclusive. Dès qu'un bipède non pourvu de plumes et portant nez au lieu de bec se permet d'y mettre le pied, ils s'avancent en bataillon serré, ouvrant à outrance leurs larges becs et crachant à la face de l'intrus tout le catéchisme poissard de leur race. Il y en a toujours une qui est le chef de la bande et marche bravement à l'ennemi, devant toutes les autres, dégoisant un répertoire d'injures et de menaces du plus haut comique. » […] » Du reste, il ne faudrait pas entreprendre une lutte corps à corps avec ces bêtes guerrières. D'un coup de bec elles coupent fort proprement un doigt. Je comprends maintenant pourquoi l'on dit que certains jugements ont "force de l'oie". »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 30 août 2015 à 07:51

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Comment se baigner en Bretagne ?

Pour se baigner en Bretagne, il n'est pas nécessaire d'avoir inventé l'eau chaude. Il faut y aller progressivement, un peu comme on s'apprête à plonger dans une baignoire remplie de piranhas. Par contre, chose rassurante, il n'y a pas de piranhas en Bretagne, rien que des méduses qui dérivent au fil du courant. Comme je le disais plus haut, il faut y aller progressivement. Premier jour : découverte de la plage et de ses habitants. Si la mer n'est pas là, c'est qu'elle s'est retirée : elle a comme ça des élans de pudeur qui l'amènent à prier pour les marins disparus. Deuxième jour : on mouille ses pieds sur le rivage. Oui, l'eau est froide. Le Gulf Stream n'est pas arrivé jusqu'à vous, tant pis. Oui, vous pouvez crier, si cela vous soulage. Troisième jour : tentative d'immersion jusqu'aux genoux ; au-delà, ce n'est pas raisonnable, à moins de porter un maillot fourré. Quatrième jour : vous commencez à vous habituer, l'idée vous vient de vous immerger jusqu'à la taille, ce que vous faites, et là, comme dans une illumination, vous comprenez ce qu'ont pu éprouver les naufragés du Titanic, bien qu'ils portassent leurs vêtements ce jour-là. Cinquième jour : il n'y en a pas ; il fait un temps de cochon, la mer est déchaînée comme une meute de gros chiens fous. Sixième jour : le soleil revient ; vous êtes dans l'eau jusqu'au cou, autant dire qu'il vous faut à présent imaginer que vous vous baignez en Corse ou en Sicile. Septième jour : enfin, dotée d'une belle inconscience et d'un sacré coup de soleil dans le dos qui vous fait ressembler à un touriste hollandais, vous vous élancez dans l'eau sans craindre l'hypothermie ! Vous êtes parvenu à vous baigner en Bretagne. Vous êtes un champion. Il ne vous reste plus qu'un jour de vacances. 

Le 13 septembre 2014 à 08:39
Le 28 juillet 2014 à 10:22
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