Jean-Marie Gourio
Publié le 25/08/2010

Poème à ma mère et à la chicorée


(L'été au comptoir)

Maman
Toi qui fesa chier
Comme personne
Reçois ce bouqit
De croquette
Ma mamoche
Toi qui m'accouchus
Dans le pipi
Reçois mon amoureux
Dans ton coeurpulecrotte
Mamar
Foute toi guele dans scalier
Clate ton gueule
Mamicrasse
Moi si trouste
Penser jeunisse
Mamir
Arrêter buvre
Dans le cafio
Ru des Alcoolios
Le mauvase pinor
Que papa bibina
Avant crevu
Comme un chioti
Dans l'merdichon
De d'vie
Mamarmoche
Crève ti d'suite
Et fa pas chio
Ton fils
Qu'a va fini
En garde à vue
Commissario
De Arras
Dans chnord
Qui pleutasse
Merde qui pisse
Depis mi lans.
Il commence à écrire en 1976 dans le magazine Hara-Kiri, dont il devient bientôt rédacteur en chef adjoint. C'est là que paraissent ses premières "brèves de comptoir". Il écrit aussi pour la radio, la télévision, le cinéma et la bande dessinée. Et puis des romans, 9 à ce jour. Depuis 1987, il publie un recueil de Brèves de comptoir par an. Après ses Nouvelles Brèves de comptoir au Rond-Point avec Jean-Michel Ribes, il va lancer sur ventscontraire.net des Haïku de comptoir, des essais philosophiques épais comme un fil, des visions, des pensées en rond, des tribunes de stade...
 

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Jean-Marie Gourio

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Le 25 mars 2017 à 09:54

Gérald Garutti : Pierre Richard, étoile dans la nuit

Avec Petit éloge de la nuit, le metteur en scène Gérald Garutti s’inspire de ses nuits au cœur de Londres où il crée ses spectacles – Shakespeare, Dostoïevski, Edgar Poe. A partir du texte d'Ingrid Astier, il construit un écrin à l’acteur Pierre Richard et montre une autre face de ce Pierrot lunaire. Théâtre du Rond-Point —Comment cela va se passer, sur le plateau ? Que va-t-il se passer ? Dans quel lieu Pierre Richard va-t-il lire, jouer, évoquer la nuit ? Gérald Garutti — Avec ce spectacle, chacun sort de son univers défini pour découvrir, en lui-même et hors de soi, une terra incognita. La romancière aborde l’incarnation théâtrale, l’acteur comique plonge dans l’œuvre au noir, le metteur en scène d’histoires (re)constituées s’immerge dans le labyrinthe des formes ouvertes. Cette multitude des possibles – la nuit, Pierre Richard, des fragments – nous a plongé dans une recherche qui m’a incité à croiser les inspirations. L’exigence de symbiose entre les arts – le théâtre, la musique, le cinéma, la danse – a été nourrie par les contributions essentielles d’une excellente équipe artistique : le cinéaste Pierre-Henri Gibert et le compositeur Laurent Petitgand, le scénographe-éclairagiste Éric Soyer et le plasticien-vidéaste Renaud Rubiano, la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot et le costumier Thibaut Welchlin. J’ai ainsi conçu ce spectacle comme une invitation au voyage qui semble s’inventer à chaque pas. Pour que, de l’intensité de la nuit et de cet acteur inouï, résonne la parole et rayonnent les visions, pulse l’essentiel et s’ébatte la vie. Ce qui en ressort, ce qui va se passer, d’où il parlera, vous le verrez par vous-même – la nuit relève surtout du mystère...

Le 21 octobre 2015 à 08:58

Manger avant d'avoir faim

(le jour où je suis devenu cycliste)

Je suis né à Saint-Etienne, au pied du col de la République. Ce n’est pas de ma faute, je ne l’ai pas fait exprès. Plus grave encore, j’y suis né à une époque où la ville était la Mecque du vélo : on y soudait les plus beaux cadres, on y chromait les fourches, on y fabriquait des accessoires qui tenaient la dragée haute à l’italien Campagnolo. Les cyclistes de toutes religions venaient s’y servir. Chaque année, les cyclotouristes du monde entier – ces gens-là sont voyageurs – s’y réunissaient pour rendre hommage à leur maître à tous, celui à qui ils devaient leur identité et leurs règles, le grand Vélocio. Paul de Vivie, selon son baptême, avait édicté les lois du tourisme cycliste et lui avait donné ses lettres de jeune noblesse. Homme d’affaires avisé et patron de presse, il parcourait les chemins et les bois sur son vélo, semant partout de belles maximes et de précieux conseils. Chaque année, donc, en hommage à sa tutelle, on se réunissait à Saint-Etienne par milliers pour grimper au sommet du col de la République et se recueillir une minute devant le monument érigé à sa gloire. La montée Vélocio était un peu plus qu’une simple tradition, elle était un signe fort et universel d’appartenance. Certains cyclistes cependant, sans doute les plus en forme, déploraient que la montée, quoique raide, fût si brève. Les organisateurs eurent donc l’idée de proposer une balade alternative, baptisée « Les cent kilomètres Vélocio », qui ajoutait des côtes à la côte et des grands bois au Grand Bois. Le parcours était somptueux et sévère avec de gros dénivelés et de sombres paysages de sapins, enrichi d’une descente parmi les vergers du revers sud du Pilat et un retour par les routes du Tracol et de Burdignes. Du lourd. Mon père, derrière qui je commençais à rouler à la petite vitesse depuis quelques mois, avait décidé que cette occasion serait celle de ma première « grosse » sortie. J’avais dix ans et la dose était peut-être un peu forte, mais il avait tout prévu pour m’assister et même me rapatrier en cas de détresse – un ami se tenait près de la 403 pour se précipiter au moindre signal de fumée. La sacoche de mon père était bourrée de victuailles et de blousons, ses bidons étaient pleins de sirop et le monde entier était sommé d’être patient car nous pouvions avoir besoin de beaucoup de temps pour boucler ce parcours. Nous étions déterminés à le prendre pour pouvoir aller jusqu’au bout et faire soigneusement tamponner dans les mairies des villages traversés la petite feuille de route qu’on m’avait remise et que je serrais dans la poche de mon maillot. Tout était donc prévu, sauf ce qui arriva. Nous fîmes une belle montée du col de la République au milieu des hordes, je me sentais gaillard. Mon père qui possédait parfaitement la science de mon train me ménageait sans m’endormir et nous allions à une gentille cadence. Il m’encouragea à la prudence dans la longue descente. Dans les deux côtes suivantes, il me conseilla pour les braquets et je moulinais sans encombre vers les sommets. Il n’eut même pas à me mettre la main dans le dos, ce que j’aurais refusé à ce moment-là tant je me sentais investi de la responsabilité de me hisser par mes propres moyens jusqu’aux Grands Bois. La surprise du jour survint dans la côte de Burdignes. Au sortir d’un virage, je doublais mon père qui était presque à l’arrêt. Au passage, je le découvris livide, le visage baigné de mauvaise sueur, les yeux dans le vague, le cœur sur les lèvres. Il vomit dans le fossé, son visage tourna au verdâtre et il dut s’asseoir sur le talus. Il ferma un moment les yeux, les mains serrées sur le ventre. « Vas-y, me dit-il, ne te refroidis pas. La route est fléchée, tu ne peux pas te tromper. Je te rejoindrai… Si je peux. » Cela fait une drôle d’impression de se trouver seul sur une route étroite et sinueuse de montagne pour la première fois. Surtout lorsque ce n’est pas prévu au programme. Une pluie de questions inattendues vous tombe dessus, on les jurerait écrites en blanc sur la chaussée, comme pour vous encourager : suis-je sur la bonne route ? Vais-je trop vite ? Vais-je assez vite ? C’est encore loin ? Combien reste-t-il de côtes au juste ? Et si je crève ? Et si je tombe dans la descente ? Et si mon papa est vraiment malade ? Et ma maman, elle est où, ma maman ? A mon âge, je sais bien qu’il n’y a plus de loups dans les grands bois, mais on ne sait vraiment jamais, même un tout petit louveteau oublié dans un coin serait assez grand pour me dévorer. Et puis le terrible Homme au Marteau est forcément caché derrière un tronc de sapin. Un jour où il y a tant et tant de cyclistes, il ne peut se tenir très loin. Il me semble même entendre claquer la mâchoire de la Sorcière aux Dents Vertes. Les arbres sont devenus bien grands et bien sombres d’un coup. La côte est bien longue et bien pentue. Et puis il n’y a vraiment personne de personne sur cette route. Est-ce qu’il ne fait pas un peu froid, soudain ? Un premier cycliste me rejoint. « Et ben dis donc Trois Pommes, tu fais ça tout seul ? C’est rudement bien ! » ; Je lui conte mon récent malheur. Il m’encourage : « C’est bon, relâche pas ton effort, vas à ton train et n’oublie pas ce qu’a dit Vélocio : « Pour éviter le coup de pompe, il faut manger avant d’avoir faim. Tiens. » Et il me tend un Petit-Beurre Lu que j’avale en le regardant s’enfuir de sa grande pédalée. Je me sens regonflé. Cinq cents mètres plus haut, c’est un couple en tandem qui vient à ma hauteur. « Voilà le Petit Poucet, dit le Monsieur. Il est mignon, dit la dame. Qui c’est qui t’a abandonné ? ». Je raconte en m’essoufflant. « Ralentis un peu » me conseille le monsieur pendant que la dame farfouille dans son sac. Elle en sort deux tranches de pain d’épices avec du beurre dessus. « Tiens me dit-elle, à vélo, il faut manger avant d’avoir faim ». Et je mange le pain d’épices en suivant des yeux leur pédalée double. J’aime bien le pain d’épices avec du beurre salé dessus, surtout depuis que je sais que la nouvelle étoile du cyclisme mondial, le jeune Anquetil, en fait ses délices, mais juste après le Petit-Beurre, je trouve qu’il a tendance à se mettre en boule pâteuse dans ma bouche et à me pomper l’air. J’ai soif. Un peu plus loin c’est un fringand qui me rejoint, je l’entends fondre sur moi dans un sifflement de boyaux qui me laisse deviner sa grande vitesse. Il freine. Solidaire mais sans un instant à perdre, il me tend un biscuit Thé Brun en silence et repart au sprint vers le sommet. Je mâchouille. Plus loin, c’est un groupe entier : « Garde le paquet de biscuits, môme, il faut bouffer avant d’avoir la fringale ! ». Plus haut encore, une dame en knickerbockers et chaussettes à losanges qui s’indigne : « Si c’est pas une honte de laisser un enfant comme cela, seul, sur la route ! Au moins, mange un morceau avant d’avoir faim. » et elle me tend un étouffe chrétien à base de riz de sa composition que je dois avaler en pédalant de conserve afin qu’elle vérifie que je n’en perds pas une miette. La côte devient très longue. Et même si je sais que c’est la dernière et qu’ensuite il ne me restera plus qu’une grande descente, elle me semble interminable. Je me retourne pour voir si mon père ne revient pas. Je me sens lourd, collé au sol, la bouche pâteuse, le ventre ballonné. Je bascule au sommet au bord des larmes. Dans la descente, j’ai l’étrange sensation de tomber comme un plomb et je reste debout sur mes freins de peur de me laisser embarquer et de prendre trop de vitesse. Enfin revenu en ville, on me pousse vers la table des contrôleurs pour mon ultime tampon. Comme je suis le plus jeune concurrent, et de loin, on me fête, on me donne un Pschitt citron et on me pardonne d’avoir raté un contrôle en chemin. Sans doute devais-je digérer. Mon père se tient à l’écart, avec son copain appuyés contre la 403. Il a repris quelques couleurs mais pas le vélo. Il me serre dans ses bras. Il me dit qu’il est désolé, mais qu’il est fier de moi parce que maintenant je suis un vrai cycliste. Il dresse pour son copain, mon tableau d’honneur : j’ai fait mes premiers cent kilomètres dont soixante dans la haute solitude de la montagne, j’ai su trouver mon rythme sur tous les terrains, j’ai vaincu la peur, je ne me suis pas cassé la figure dans les descentes, je me suis fait tamponner et, en prime, j’ai fait un bon temps. Je peux être fier de moi. Je me montre très heureux de ce tableau, mais je tiens à ajouter modestement que j’ai également réussi à digérer le premier des dix commandements du grand Vélocio et que je sais maintenant manger avant d’avoir faim.

Le 20 juin 2011 à 09:02

Eaux sales

Ça m’est revenu il y a quelques semaines après une interview de Marine le Pen,  à cause de son âge, le même que moi,  de son blue jean, le même que moi,  à cause de sa poignée de main,  de l’hôtesse d’accueil qui m’a souri derrière l’hygiaphone, à cause de Jeanne d’Arc dans  son armure pas tellement plus haute qu’un nain de jardin.…ça m’est revenu d’un  coup. C’était l’été 1991, j’étais journaliste stagiaire, on m’avait envoyée à l’université d’été des jeunes du Front national.  Ça se passait dans un petit château de Sologne,  une ancienne propriété de l’empereur Bokassa à ce qui se disait. Les grilles hautes et pointues étaient entrouvertes,  un  petit homme ventru, aimable et souriant m’avait accueillie:  Roger Holleindre ancien  de l’Indochine et des barbouzeries de l’Algérie française.  Il m’a montré son bureau pour y poser mes affaires,  et il a bien rigolé quand j’ai sorti mon ordinateur portable barré d’un autocollant Libération. – Leur montrez pas ça, ils vont vous mettre dans le lac ! Le pire, c’est que je l’ai cru.  Ils, c’étaient ses jeunes et ils était en forme.  De la salle du bas, les clameurs de la meute montaient.  Je suis descendue voir (sans ordinateur), c’était l’atelier "débat". Carl Lang chauffait un grand boutonneux assis en face de lui : « Imagine que je suis Jack Lang , vas y cogne ! ».  Collée au mur dans le fond la pièce,  j’apercevais le lac par la fenêtre, une grande flaque d’eau saumâtre et menaçante.  Je me rappelle le retour en fin d’après midi,  la Nationale 7 vers Paris,  le pied à fond sur l’accélérateur.  La fuite. Tout ça m’est revenu comme un bon souvenir.  C’était bien mieux le temps où ils jouaient à nous faire peur.

Le 25 mars 2015 à 12:46

Yannick Jaulin : "Faire quelques estafilades à une langue liposucée"

Le conteur Yannick Jaulin est parti 10 ans durant collecter « la culture des gens de la vie » (contes et chants compris) chez les vieux du pays. Il devient porte-parole militant (d’un monde paysan) avant de s'imposer comme l'un des plus importants conteurs de par chez nous. Il vient le 4 avril au Rond-Point porter quelques estafilades à une langue française bien trop homogénéisée, bien trop lisse, bien trop "liposucée" : "Ah ce français, ce véhicule des cours d'Europe, "la langue des rois"... Cette langue de pouvoir et de domination fait moins la maline, assteur!" Ventscontraires – On dit souvent que chaque époque a ses usages propres de la langue. Comment caractérisez-vous notre rapport à la langue aujourd’hui ?Yannick Jaulin – Il y a 30 ans quand j’ai commencé à parler en public, je justifiais l’intrusion de mots de mon patois par la nécessité de défatiguer la langue française. Je la sentais déjà épuisée. Il me semblait qu’elle se rabousinait sur elle-même en même temps que disparaissait la diversité francophone.Je suis sûr aujourd’hui d’un repli de la langue.Il me semble que cette fatigue est devenue lassitude. Elle est lessivée. C’est particulièrement sensible sur BFM qui annonce sans doute l’arrivée des intelligences artificielles remplaçant allégrement les tristes présentateurs comme on a remplacé les caissières de supermarché.Du côté des politiques, la langue de bois claque comme jamais dans les voûtes du palais. Le jargon religieux de l’économie et tout son clergé servile occupe le terrain en distillant ce venin pernicieux de la peur. Et les artistes font ce que je fais. Ils donnent leur avis sur tout comme s’ils étaient compétents pour cela.Ça ne rit pas franchement dans le ventre. – Selon-vous qu'est-ce qui menace la langue et qu'est-ce qui la « sauve » ?– La résistance à la langue majoritaire est un exercice d’émancipation. La langue étant un outil exceptionnel d’exercice du pouvoir. Faire fleurir la langue dans une région ou une corporation est une façon de se mettre debout, devant la langue première qui est forcément celle du pouvoir. Aujourd’hui, il n’y a guère que la « banlieue » qui génère une langue colorée et violente. Mais comment faire autrement ? Frantz Fanon disait « l’homme se libère dans et par la violence », une violence qui « désintoxique » et « débarrasse le colonisé de son complexe d’infériorité. »Je pourrais faire mienne cette violence, cette « ardeur » qui me prend quand on me dit que continuer à utiliser mes mots « maternels » c’est du passéisme.Ce qui menace la langue est d’abord le manque de curiosité sur les autres langues. Dans notre pays des dizaines de langues sont utilisées au quotidien et on fait mettre des sous-titres aux films québécois parce que notre oreille n’est plus capable d’entendre la diversité.On braille comme des veaux à la liberté d’expression et on n’échange plus rien ou des lieux communs ou ce qui ne nous déséquilibre pas. Pourtant il n’y a que le déséquilibre pour se mettre en marche. – Et votre propre langue, qu'avez-vous à en dire ?– Ma langue maternelle est une langue minoritaire, un patois. Je me suis beaucoup battu pour lui redonner de la dignité. Il me semblait que l’utiliser était un acte politique dans la mesure où il me permettait de désaxer la langue des dominants.J’ai même joué au Rond-Point un spectacle sur la domination culturelle. Ce spectacle, j’ai su que j’avais eu raison de le faire en le jouant à la Réunion. Tout à coup là-bas, ils « entendaient » ce dont je parlais. Le pire sans doute « chez nous » c’est le peu de conscience que nous avons en général sur les mécanismes de domination, en particulier liés à la langue.C’est aussi pour cela que j’aime tant Frantz Fanon, le philosophe de la domination. Pour Fanon, le colonisé finit par intégrer ces discours de stigmatisation, le sentiment d’être inférieur, il finit par mépriser sa culture, sa langue, son peuple, il ne veut plus alors qu’imiter, ressembler au colonisateur.  – Quel événement et/ou quelles rencontres ont façonné votre langue et qu'est-ce qui la nourrit au quotidien ?– Ma famille tribale d’abord a été fondamentale (et l’est toujours puisque je parle toujours ma langue avec mes parents). Puis il y a eu les humiliations, à propos de cette langue. Elles ont été déterminantes.Puis, à 16 ans, alors que j’étais un petit belou de campagne,  je me suis retrouvé dans un grand mouvement d’éducation populaire. Je suis parti avec des dizaines d’autres collecter les anciens de mon pays pour sauver ce qui pouvait l’être d’une histoire et d’un savoir méprisés par les élites du pays depuis toujours. Nous étions encadrés par des gens de « jeunesse et sports » une antiquité mon cher !Un lieu de formation à l’esprit critique, au regard, un apprentissage de la liberté et de la responsabilité.Chaque jour de ma vie et de mon engagement dans la vie associative, le développement culturel, je suis le fils de cette éducation populaire qui me semble toujours aussi fondamentale. Regardez donc en politique, les partis sans cette dimension-là ne génèrent plus de militants, que des apparatchiks, avec leur parole pathétique et prévisible.J’aime les mots, leur histoire, leur origine. J’aurais aimé en être un savant, je n’en suis qu’un disant. – Nous vous avons proposé de venir au Rond-Point "rattraper la langue"... Comment allez-vous vous y prendre ?– Je n’en sais fichtre rien. Ça m’est toujours aussi difficile « d’écrire » sur la langue. Alors de là à la rattraper !Je suis un fils de l’oralité et ma langue se déplie quand le monde s’installe en face.Il me semble que j’irai m’épouverter comme une poule folle dans les joies du déjouqueur de mots. Que je pourrai tenter quelques expériences pour redonner du mordant à des lieux communs ne générant plus que l’ennui.J’aimerais m’amuser, taquiner ma muse pour qu’au moins à l’arrière du troupeau communiquant, je me dise qu’il reste quelques ânes à mots qui pourraient faire à l’occasion quelques estafilades à une langue bien trop lisse.

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