Pénélope Bagieu
Publié le 29/09/2014

Too cool for school


Pénélope Bagieu est née à Paris en 1982 de parents corses et basques. Elle est auteur de BD (Joséphine, Cadavre exquis, La Page Blanche) et illustratrice pour la presse (Telerama, ELLE, Libération). Le reste du temps, elle joue de la batterie  dans un groupe de rock et regarde beaucoup de documentaires animaliers. 

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Le 2 mai 2012 à 08:44
Le 30 novembre 2012 à 07:17

L'enclume des jours

Aujourd'hui, je réclame la suppression du mois le plus calamiteux de l'année: novembre. Novembre est froid, long et moche, novembre ressemble à l'apparition de la mort dans un film de Bergman, novembre est idéal pour aller faire une loooooongue ballade dans des sous-bois boueux et glaciaux avant de rentrer chez soi bien au chaud pour se pendre, c'est en novembre que les ventes d'anti-dépresseurs explosent ainsi que le nombre de tentatives de suicides, tentatives ai-je écrit car on rate même sa mort en novembre...   Vous me direz qu'il y a malgré tout deux jours de congé en novembre. Tu parles! Le premier pour aller au cimetière, le second pour célébrer la fin d'une boucherie. On a vu plus festif !   Je propose donc de fusionner octobre et novembre en un nouveau mois appelé octembre. Cela sonne mieux qu'octobre (lequel m'évoque toujours un landau dégringolant des escaliers, c'est bizarre).   Sur ma lancée, je propose également de supprimer le dimanche, le jour le plus chiant de la semaine, surtout si on ne va pas à la messe (d'autant que je n'ai pas l'impression que cette cérémonie ressemble à Jamel en scène ou à la Gay Pride - non, là, j'exagère, surtout par les temps qui courent - ).   Fusionnons aussi dimanche et vendredi en un seul jour : le vendremanche. Oui à la semaine de 6 jours: 4 jours de boulot et le ouiquende, vendremanche et samedi. Pas mal, non ? Et de plus, les mois étant plus courts, leurs fins seraient moins difficiles pour beaucoup (ce qui n'est pas négligeable surtout par les temps qui courent encore et toujours).   A l'heure où j'écris, nous serions donc vendremanche 25 octembre.  Et on se prendrait pour les personnages d'un roman de Boris Vian...

Le 23 février 2013 à 08:26
Le 16 juillet 2011 à 09:21

Steak haché

Le merveilleux Hippocrate n’a rien perdu de son actualité. Et qu’on ne vienne plus l’appeler « vieux schnock » après la lecture de la présente ! D’aucuns s’obstinent à ne voir dans ses recommandations diététiques qu’un tissu de bêtises. Quant à moi, je suis tout à fait persuadé de la véracité de sa théorie des humeurs. Tout le monde a un voisin, ou un ami de type « sanguin » (la face rouge, la démarche joviale, les canines acérées), qui raffole de viande en sauce et de grands crus bordelais.   Il y a quelque temps, alors que je faisais des emplettes au supermarché, une femme qui déposait consciencieusement sur le tapis de caisse un ensemble d'articles retint mon attention. Pas une once de protéine ! En revanche on trouvait, çà et là, un genre de gâteau roulé sous les aisselles, une soupe de potirons du Larzac, une salade garantie 100% bio, et livrée avec ses limaces et ses pucerons… Joyeux délire organico-végétal !   C’est à ce moment que je convoquai mon cher Hippocrate. Mon Dieu, me dis-je (avec tout le respect que cette vénérable entité mérite), me voici face à un spécimen typique de flegmatique ! Aisément repérable, de surcroît : le teint pâle, la silhouette grêle et le regard proche de l'extase manifestaient une béatitude rarement atteinte chez les plus grands mystiques.   Ne peut-on entrevoir, pensai-je sans pédanterie aucune, l’essence même de notre époque actuelle ? La protéine animale ne convainc plus, son cours à la bourse est en berne. Pire, elle est de mèche avec les plus grands pontes du crime organisé : elle fricote avec les bactéries et les microbes les plus infâmes. Il se peut, me dis-je encore, que cette sainte femme nous montre alors la voie ! Comme elle, et de toute urgence, devenons des flegmatiques ascétiques !      Je revins tout à coup à la raison, et déposai à mon tour un steak sur le tapis de caisse, sans trembler.

Le 27 juin 2015 à 14:19

Comment j'ai été attaqué par un banc de cachalots

Histoire vécue

Mercredi 18 décembre 1991, nous sommes à bord d'un catamaran en route pour la traversée de l'Atlantique sud par la route des alizés, cap sur Sainte Lucie aux Antilles. « La croisière en chaise longue ». Partis de Ziguinchor en Casamance, nous avons pris la mer, le samedi 14 décembre 1991. Aujourd’hui, c'est notre quatrième jour de mer, nous sommes à la hauteur des îles du Cap Vert.Il est environ 18 h. Je suis de quart. Tout est si calme que le coéquipier est allé prendre un bain de soleil à l'avant du bateau! Le capitaine dort dans la cabine arrière et moi je m'accroche au bastingage pour ne pas m'envoler, tellement la sensation de bien-être est exceptionnelle. Nous sommes très contents et du bateau et de nous! Tout va bien! Tout à coup, un énorme choc secoue notre navire. Comme si nous étions  passé sur une montagne.  « Quoi, qu’est-ce que c’est ? un fût de pétrole, un container ? »Sur bâbord des bêtes immenses sortent de l'eau, soufflent de l’air et plongent à nouveau. « Des baleines, des cachalots! »  Le capitaine sort de sa cabine et file chercher son appareil photo pour immortaliser la scène. Les voilà qui se mettent en ligne, en formation, à l'arrière du bateau, ils sont neuf dix, on dirait des sous-marins. Il y en a un qui vient à notre hauteur sur bâbord et nous fixe avec son œil, un œil immense très vivant. Il nous suit...  soudain il sonde... Un énorme coup de boutoir exactement au centre du bateau défonce le bulbe à l'arrière, casse la porte et nous projette en l'air. « On est coulé!!! » Et là, on voit cette bête énorme!... grande comme un autobus! qui refait surface et rejoint les autres qui nous suivent tranquillement, rangés en ligne, à l'arrière, toujours en formation. Alors qu'on était secoué par ce deuxième choc, on voyait l’eau qui rentrait, on ne savait pas si on allait couler ou si on allait flotter... arrive par bâbord arrière, LA BETE... mais la vision de... le monstre marin qui nous fonce dessus,  bondit hors de l'eau, tente de nous écraser, se casse la gueule en glissant sur le pataras bâbord, et retombe lourdement dans l'eau en laissant des morceaux de chair et des traces sang. On était dans une fureur... « NON!!!!!!!!!!!!! »   « Le léviathan!!!...». Comment repousser ce monstre ???... On était vraiment désemparés.  J'ai  pensé à la trompe, cette espèce de corne à air comprimé que tu prends dans les matchs de foot. J’ai pressé sur ce truc ridicule.  Est-ce que ça a fait quelque chose? Je n'en sais rien, on ne peut pas se rendre compte... on ne peut plus se rendre compte... à ce niveau-là... tellement c’est...  « La bonne idée. Le moteur. Il faut qu’il comprenne qu’on est pas une baleine... et bol immense le moteur démarre... ça part touftouftouftouf... Et là, aussi soudainement que c’était arrivé, aussi soudainement c’est reparti. Nous avons vu le groupe s'éloigner, lâcher prise et nous abandonner par tribord arrière. Mais seulement, voilà... maintenant on était naufragé... et ça...  ça changeait complètement la donne.

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