La Régie
Publié le 13/07/2010

Et maintenant, une petite page de publicité !


Annonceurs, décomplexez-vous ! Frappez au cœur ces intellectuels égarés, baladés au gré des vents contraires. Le temps qu’ils consacrent à lire, à se cultiver, à tenter en vain de combler leur irrémédiable “besoin de consolation” assis dans les sièges pourpres et mous de la culture en regardant gesticuler des saltimbanques à moitié homosexuels, est la preuve d’un profond désir de consommation. Offrez-leur la chance de retrouver enfin les sentiers lumineux de la convoitise, et la douce sérénité de la possession.  

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Le 20 mai 2013 à 09:33

Lenny Bruce

1925-1966

Né en 1925 à Long Island dans une famille juive, Lenny Bruce se débarrassa de sa jeunesse en devenant soldat en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. À son retour du front, il fonda sa propre église et s’autodésigna pasteur ; il fit du porte-à-porte et récolta de l’argent pour une léproserie en Guyana. Le Jésus qu’il proposait n’était pas très convenable, alors la police l’arrêta.
   Son humour iconoclaste et son éloquence n’étant appréciés ni par l’Eglise ni par les tribunaux, il trouva asile dans les cabarets. Il continua ses prêches ; son ambition était de guérir les lèpres du racisme et de l’hypocrisie.
  La société ne le toléra pas longtemps ; elle n’avait pas encore compris qu’il est plus efficace d’encenser ou d’ignorer les irréductibles. Des policiers arrêtaient Lenny Bruce à la fin de ses représentations. On l’accusait de proférer des obscénités. Pour lui, la seule obscénité c’était le silence. Il s’attaquait à tous les pouvoirs et dévoilait la haine derrière la respectabilité. Il était juif, noir et indien à la fois. Cette guerre contre l’injustice et l’humiliation ne lui laissait aucun répit. Il n’avait pas l’intention de déposer les armes.
    Sa femme était strip-teaseuse. Lui exhibait son âme. Un abîme le séparait du public. Sur scène, il se trouvait en équilibre ; comme un funambule, il mettait sa vie en jeu en marchant sur un fil. La drogue et l’alcool sont les seuls anges-gardiens sur qui l’on peut compter dans ces cas-là. Bob Dylan a écrit une chanson en hommage à Lenny Bruce où, par une phrase, il dit tout : « Il a combattu sur un champ de bataille où chaque victoire fait mal ».
  Selon un critique, un de ses rares admirateurs à l’époque, il ne parlait pas : il faisait du jazz. Il improvisait avec sa voix, ses émotions et ses idées. C’est en jouant qu’il se créait. Il découvrait parfois ses monologues au moment même où il les prononçait. Lenny Bruce était un artiste. Dans ses one-man-shows, l’humour se mêlait à la politique, la grâce poétique à la colère. Il se moquait du succès et de la reconnaissance. Les rires et les applaudissements ne l’ont jamais corrompu. Il ne cherchait pas à plaire à n’importe quel prix. Il méprisait les compliments de ceux qui croyaient trouver dans ses spectacles de quoi conforter leur bonne conscience progressiste. Il n’hésitait pas à engueuler et à insulter son public. Une telle indépendance coûte cher : il perdit son métier, sa femme, sa maison.
  Aujourd’hui la censure n’est plus nécessaire. Les comiques font des sketchs sur le téléphone portable, leurs amours ou la cigarette. On jette Lenny Bruce en prison chaque jour où l’on ne reprend pas son flambeau. Il n’est pas une relique de la génération beatnik. Il fait partie de notre trousse de secours humaniste. Il est vivant si nous le voulons. Je voudrais que l’on se souvienne de lui comme d’un honnête homme. C’est beaucoup moins fascinant que son image de rebelle scandaleux. Non, il n’était pas scandaleux, ni vulgaire. C’était un héritier de La Fontaine et de Chamfort.
   Laissons-le terminer. À la fin d’un spectacle à New York, il s’adressa ainsi au public : « Je suis désolé si je n’ai pas été très drôle ce soir. Parfois je ne suis pas drôle. Je ne suis pas un comique. Je suis Lenny Bruce ».

Le 28 janvier 2012 à 09:25
Le 28 janvier 2012 à 09:59

« Hollande et Juppé ont oublié d'être cons »

Gérard Longuet, RMC, vendredi 27 janvier 2012

L’équanimité du ministre de la Défense a ses limites. Entre les deux « pas cons » qui s’affrontaient sur France 2 jeudi soir, il avait comme collègue de gouvernement de l’un d’eux sa petite idée de celui qui était plus que « pas con… ». Ou moins que con pour ceux qui comptent à l’envers. Mais le jugement importe moins ici, que l’introduction à une heure de grande écoute radiophonique du concept de « con » dans l’analyse politique. Le mot restait confiné aux considérations privées entre personnes d’opinions opposées. Le consacrer publiquement dans son adjectivation savante et non sa substantivation vulgaire, ouvre des perspectives nouvelles dans l’étude des caractères politiques. Car si Hollande et Juppé ont « oublié » d’être con, c’est bien que d’autres ont dû penser à l’être. D’où sans doute l’expression : jouer au con, que l’on pourrait appliquer à tel président de la République, pour prendre un exemple au hasard, laissant croire qu’il pourrait échouer à se perpétuer. Il reste que si certains ont « oublié » d’être cons c’est qu’il existe bien, dans le tréfonds de leur vécu, une connerie laissée de côté. Chercher le con en soi, serait dès lors une de ces introspections que la psychanalyse recommande pour éviter que le refoulé vienne se venger. Tel Juppé apostrophant Hollande : « on verra ce que vous ferez »,  comme s’il avait déjà intériorisé la défaite. L’injonction « casse-toi pov’ con » serait alors à réinterpréter dans toute sa complexité polysémique.

Le 5 janvier 2012 à 11:24

« C'est carrément carton rouge, on n'insulte pas le président de la République »

Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe à l'UMP, BFM-TV, mercredi 4 janvier 2012

Elle a même failli en avaler son sifflet le nouvelle wonder girl de la cellulle « riposte » du parti du Président. On le croit pas ! L’ignoble Vizir socialiste venait d’être surpris en train de traiter de « sale mec » le Vizir légitimement en fonction. Le recours à la vidéo pouvait pourtant éviter à Valérie Rosso-Debord l’erreur de jugement. Les images enregistrées auraient montré un François Hollande ( celui qui veut prendre la place de qui l’on sait) parodiant devant des journalistes supposés l’écouter en « off » un Nicolas Sarkozy se présentant bientôt devant les électeurs : "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage..."  Un résumé plaisant de la seule carte qui reste à jouer pour un candidat à réélection au bilan quinquennal désastreux, mais qui se rappelle que dans le film Titanic, la panique était telle que personne n’a songé à faire passer le commandant par-dessus bord. Bref, François Hollande a fait de l’humour. Et ça c’est une arme déloyale aux yeux d’une Valérie Rosso-Debord qui admet qu’on peut rire de tout, mais pas du Président. Parce que sinon,  elle est une sacrée farceuse  la Valérie. Un jour qu’elle était invitée au Petit Journal de Canal + il lui fut demandé ce qu’elle avait fait le matin même en tant que femme de droite. Elle répondit : « J’ai fait une tarte. »

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