Pascal Hérault
Publié le 30/10/2014

Le Professeur Pascal répond à vos questions


Mon fils a toujours le nez dans les étoiles, est-ce grave ?

OUI. Si votre fils a perpétuellement le nez dans les étoiles, je m’inquiéterai pour son avenir et je prendrai conseil auprès d’un psychologue. Je suppose qu’il s’agit d’un ado. Je suppose aussi qu’il se pose beaucoup de questions sur l’univers, Dieu, les soucoupes volantes, toutes ces questions inutiles qui l’empêcheront plus tard de devenir un bon consommateur, un homme heureux, un adepte du sport, un amateur de belles voitures et de Prozac. Quand on se pose des questions, c’est bien connu, on passe à côté de l’essentiel : on n’a plus envie de jouer à la console ou de taper dans un ballon de foot. On devient rêveur. On est dans la Lune. On se voit déjà sur Mars en train de tutoyer les martiens au comptoir d’un bistrot. Là, il y a danger. Il est temps de revenir sur Terre et de songer à l’avenir. Avoir un bon métier, c’est important, même si au final on devient maître-chien à Leader-Price, parce qu’on n’a rien trouvé d’autre après cinq ans d’études en sociologie. Pour en revenir à votre fils, je m’inquiéterai aussi pour sa sexualité. Les étoiles, c’est bien joli, mais les filles s’en foutent pas mal quand il s’agit de les draguer. Personnellement, la seule fois où j’ai dit à une fille que j’avais un beau télescope, elle n’a pas du tout compris de quoi je parlais. A présent, je dis les choses comme elles sont et ça va beaucoup mieux. Bref, il serait peut-être mieux pour votre fils qu’il mette son nez dans les jupes des filles ; cela le détournerait de toutes ces mauvaises questions sur l’origine de l’univers, les trous noirs, les trous normands, la vitesse de la lumière sur autoroute, etc. Et s’il persiste, confisquez-lui son télescope ! Abonnez-le à Play-boy.

Pascal Hérault est tombé dans la littérature quand il était tout petit et depuis il ne s’en est pas relevé. Auteur d’albums et de romans pour la jeunesse, il écrit aussi des polars, des chroniques pour le site K-libre et des textes inclassables où la logique se prend les pieds dans le tapis. Derniers ouvrages parus : Suzy a disparu !, éditions Les 400 CoupsL’Ile de la faim, éditions Oskar. A paraître : C’était comment avant ?,  essai humoristique et vaguement historique aux éditions Max Milo. On peut le retrouver sur son site : www.pascalherault.fr

 

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À voir aussi

Le 13 décembre 2013 à 10:10
Le 16 janvier 2011 à 17:34

« Il a dit que c'était parce qu'il était juif qu'il avait été expulsé. Ça ne se voyait ni sur sa carte de presse, ni sur son nez, si j'ose dire. »

Jean-Marie Le Pen, congrès du Front national à Tours, dimanche 16 janvier 2011.

Osez, osez Jean-Marie. Vous êtes dans votre rôle en moquant le journaliste jeté dehors par le SO du FN, qui a porté plainte pour insultes racistes. Au moment où vous quittez la scène au profit de la benjamine Marine, il n’est pas inutile de rappeler l’héritage. Fifille commençait à faire oublier l’antisémitisme de papa, en moissonnnant les terres de l’anti-islamisme. Vous direz que tout cela, c’est sémites et compagnie. Bref, la continuité. De fait, il n’y a qu’à observer les caricatures des intégristes musulmans dans certaines publications, entre la djellabah et le turban ils n’arborent pas seulement une barbe mais le nez proéminent et courbe, comme jadis les Israélites, entre redingote et schtreimel.  Néanmoins, si on ose dire, le nez de Ben Laden plus court aurait-il changé la face du monde ? Pas davantage qu’avec un nez moins aquilin, Netanyahou aurait imprimé un autre cours aux relations israélo-palestiniennes. En vérité, le pif selon Le Pen n’est qu’un prétexte pour suggérer qu’il n’a pas perdu son flair. Si le journaliste de France 24 est parvenu à s’immiscer sur son  territoire sans s’appeler Cohen et sans doute après un rabotage chirurgical de son appendice nasal, il ne pouvait faire illusion longtemps. C’est à des petits détails comme ça que l’on reconnaît le sens de l’Histoire chez un Le Pen.

Le 2 août 2010 à 08:50

Saleté de chien qui n'a pas fait le job !

Coyotte ! Bon Dieu, viens ici ! Faut qu’on ait une explication. Ici, je te dis. Tu vas pas y couper. Le cambriolage, oui, là, ce week-end, Stéphanie en est malade, tu t’en doutes. Furieuse. Pour elle, t’es un TRAÎTRE. Rassure-toi, j’en ai pris moi aussi plein la gueule. Sauf que c’est toi le chien de garde, pas moi. Et t’as pas fait le job. Tu t’es laissé surprendre. Les types t’ont neutralisé. Bravo. Bijoux, argenterie, meubles anciens, tout est parti. Son bas de laine a également disparu. Non, il ne s’agit pas de bonneterie, bougre de beste ! Un bas de laine, c’est une épargne en liquide. Une somme importante, selon Stéphanie. Eh bien, envolé, pfuit ! Plus rien. Merci, le chien. Va falloir rendre des comptes. Tu vas pas t’en tirer comme ça. Stéph’ est pas du genre qui pardonne. Tu verras. Elle va exiger l’euthanasie. Tes billes sur un plateau lui suffiraient pas. Et je la comprends. On a payé bonbon pour avoir un cerbère, on a eu un mouton. Y a tromperie, en plus du vol. Tout ça est mauvais pour toi. Au mieux, je peux essayer de te revendre à un laboratoire. Ils doivent pas payer cher mais ça compenserait un peu les pertes. Tu ferais des expériences. Des tests. Tu te donnerais à la vivisection. Pour une fois tu servirais à quelque chose. Ah, tu fais grise mine. Eh oui, adieu les beaux jours ! Pour toi, l’avenir se présente mal. Que veux-tu, il y a eu faute professionnelle grave, ça entraîne sanction, faut assumer. Ça te consolera pas, mais sache que nous non plus ne sommes pas au bout de nos emmerdements. Tu vas voir les assurances. Ils vont diligenter un expert, lequel passera ton génome et ton pedigree au peigne fin, il en conclura que tu es un veau et on sera pas remboursés. Tu vois, par ta faute on va être deux fois volés. Stéphanie a raison : tu n’es pas un chien, t’es une merde.

Le 1 février 2015 à 08:44

Don Diego de la Vegan

- Grand-papa, dis, c'est vrai que tu mangeais des animaux ?- Ben... pas des animaux entiers, quand même ! Mais il m'arrivait de manger de la viande, oui.- Mais pourquoi ? - Il n'y avait pas encore de steaks de synthèse à l'époque et puis... je ne sais pas, tout le monde le faisait, on ne se posait pas la question, quoi.- Mais tu les chassais toi-même avec un arc et des flèches ?- Attends, tu me prends pour un barbare ? Je les achetais prédécoupés au supermarché !- Mais le supermarché, il les chassait avec un arc et des flèches ?- Ça, c'était au Moyen-Âge. Le supermarché, il avait des abattoirs et tout.- Et tu mangeais du chat ?- Tu me prends vraiment pour un sauvage, hein. Je mangeais du boeuf, comme tout le monde.- Du boeuf ?- C'est comme ça qu'on appelait les vaches quand on les mangeait.- Et ils sont devenus quoi, les animaux qu'on élevait pour les manger ?- Quand on a interdit la viande, le gouvernement les a relâchés, c'était très beau, une très belle fête, les vaches s'ébrouaient, les poules caquetaient, les moutons moutonnaient...- Ça a dû être si émouvant !- Bon, bien sûr, ensuite, il a fallu les abattre, parce que ça devenait dangereux. Et puis parce qu'on en a profité pour constuire des complexes immobiliers sur les anciens pâturages, aussi. Mais quand même, un très grand moment. Après, il y a eu le problème avec les renards qui pesaient dans les 200 kilos à force de se gaver des poules qu'on avait remises en liberté, mais tout de même. Ça a été un moment très émouvant. - Et dis, grand-papa ?- Oui ?- C'est vrai que tu mangeais des plantes ?

Le 4 janvier 2011 à 10:33

« Est-ce que vous avez vu un socialiste qui propose d'étendre les 35 heures à toutes les PME ? »

Manuel Valls, Grand Rendez-Vous Europe 1, Le Parisien, Aujourd'hui, dimanche 2 janvier 2011

Bien vu l’aveugle ! Aucun socialiste ne l’a proposé puisque c’est déjà la durée légale du temps de travail applicable à toutes les entreprises. Mais que le postulant aux primaires du PS se rassure sur le sort des PME : depuis 2003 la droite a bien fait le boulot à coups de déplafonnement, de défiscalisation des heures supplémentaires et autres mesures dérogatoires pour briser  "le carcan des 35 heures". C’est la formule sous le régime Sarkozy-Fillon, alors que les convenances de l’ère Chirac-Raffarin voulaient qu’on les "détricote". Manuel Valls, pour qui le "travailler plus" n’est pas l’ennemi du "travailler mieux", a innové en parlant de "déverrouiller" la loi des 35 heures, ce qui se situe mécaniquement parlant entre les deux même si, socialement, il force une serrure déjà ouverte.  Au point que l’on a entendu le président de la CGPME déclarer en décembre que "le problème des 35 heures avait été résolu". Désireux d’éviter un clash avec les syndicats, il rappelait à l’ordre une partie de la droite — Jean-François Copé en tête — qui propose de faire carrément sauter la porte de ses gonds, en effaçant les 35 heures du Code du travail. Valls, moins brutal, veut la déposer avec des précautions pour ne pas heurter les syndicats. C’est raté. En ce début 2011, il a surtout lancé le concours, toujours très disputé, du plus beau gadin de campagne présidentielle.

Le 28 août 2014 à 08:41

Travailler tue. Ne pas travailler aussi

La stratégie des dinosaures

Dès qu’on essaye de nous faire croire que des choses saines sont excitantes, il y a anguille sous roche. Comme ces gens qui disent que le travail, c’est la santé. N’importe quoi. C’est totalement idiot. Si c’était le cas, les médecins prescriraient du travail, pas des médicaments.Remettons les pendules à l’heure : le travail est une maladie. On ne s’en aperçoit pas, parce qu’on est payé pour cette maladie. La stratégie est brillante.Regardez les gens dans le métro à six heures du matin, vous verrez sur leur visage que le travail n’est pas une chose saine. Il est moins dangereux d'avoir la grippe ou un zona que de travailler. C'est un virus virulent qui vous pourrit la vie pendant quarante ans.Je pensais à ça après avoir vu un documentaire sur la disparition des dinosaures. C’est fascinant de penser qu’une espèce qu dominait la planète a subitement disparu. Il y a plusieurs théories pour l’expliquer. La principale est celle de la météorite qui s’écrase sur terre et soulève un nuage de poussière qui cache le soleil. Résultat : la faune et la flore s’éteignent.Avouons-le, l’explication est un peu simpliste.J’ai une théorie différente.Selon moi, les dinosaures ont disparu parce qu’ils ont refusé de travailler.Ils avaient atteint un stade de leur évolution où ils allaient accéder à la civilisation. Mais ils aimaient trop leur vie de loisir et de flânerie. Ils aimaient tendre lentement le cou pour manger de jeunes pousses sur les arbres, se rouler dans la boue et se réchauffer au soleil.Alors ils ont refusé de domestiquer le bétail et de développer l’agriculture, de construire des routes et des villages. Ils ont refusé de travailler.Ils se sont laissé mourir pour ne pas évoluer vers la civilisation.Il y a une grande sagesse dans la fin des dinosaures : plutôt que de gâcher sa vie à être utile et productif, pourquoi l'espèce humaine ne mettrait-elle pas en œuvre sa propre disparition ?  

Le 12 juin 2011 à 10:00

Manuel de communication à l'usage des honnêtes gens et des délinquants

Juin - méprisez vos adversaires

— Sire, le peuple à faim ! — Eh bien, qu’il mange. — Mais Sire, il ne peut pas. — Il n’a qu’à se forcer !   Comme l’illustre ce petit dialogue, réputé avoir été tenu peu de temps avant la révolution, entre Louis XVI et l’un de ses conseillers, il est parfois possible de balayer d’un revers de main les doléances ou les critiques de vos détracteurs. En effet, s’il est des situations dans lesquelles il faut se montrer diplomate, il en est d’autres qui ne nécessitent aucun effort. Après avoir passé la moitié de l’année à recourir à des trésors d’hypocrisie et de mauvaise foi pour faire valoir vos droits, pendant ce mois de juin, vous avez bien le droit de vous lâcher un peu. Certains de vos détracteurs ne méritent tout simplement pas que vous dépensiez votre temps et votre énergie pour réfléchir à une quelconque stratégie afin de leur répondre. Faites le leur comprendre en coupant court à la conversation. Attention néanmoins à bien choisir les victimes de votre mépris, sans quoi, à l’instar de Louis XVI, cela pourrait vous coûter votre tête.   Au SDF qui fait la manche, un : « Tu n’as qu’à travailler. » coupera court à toutes ses revendications. S’il est petit et malade, vous pouvez ajouter : « Fainéant. » Ne le faites pas s’il est plus costaud que vous.   À votre adjoint, qui propose une autre stratégie de vente que la vôtre, un simple : « C’est complètement con. » devrait faire comprendre qu’il a pour devoir de rester à sa place et d'adhérer totalement aux idées de son supérieur, c’est à dire aux vôtres.   Quelques exemples :   "Tout est question de volonté, pas de moyens" – Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil (Seine-Saint-Denis).     "C’est stupide." – Nicolas Sarkozy au sujet de l’intégration des œuvres d’art dans le calcul de l’ISF. "Il n’y a pas d’alternative." – Nicolas Sarkozy dénigrant les 35 heures.

Le 22 décembre 2014 à 11:00

En quoi donc peut-on encore croire, ventre de boeuf ?

Je ne crois pas en tout cas En Dieu, « ce grand linge sale, dont le nom n’est jamais invoqué que pour faire tourner en eau de boudin la colère du peuple aux poings de pierre, aux yeux de flamme, et qui, tant qu’il n’aura pas été chassé comme une bête puante de l’univers, ne cessera de désespérer de tout ». René Crevel. À lire ses très jouissives Œuvres complètes, éditions du Sandre, 2013. En l’abstinence : « La règle stoïque de subvenir à nos besoins en supprimant nos désirs équivaut à se couper les pieds pour ne plus avoir besoin de chaussures. » Jonathan Swift. À lire les désopilants Modeste Proposition et autres textes, Folio, 2012. Et Résolutions pour l’époque où je deviendrai vieux et autres opuscules humoristiques, Flammarion, 2014. À la morale et au bon goût : « La morale et le bon goût sont un vieux ménage : ils ont pour enfants la bêtise et l’ennui. » Francis Picabia. À lire le tranche-dedans Man Ray / Picabia et la revue Littérature, Centre Pompidou, 2014. En l’électoralisme : « Nous ne voulons pas voter, mais ceux qui votent choisissent un maître, lequel sera, que nous le voulions ou non, notre maître. Aussi devons-nous empêcher quiconque d’accomplir le geste essentiellement autoritaire du vote. » Albert Libertad. À lire le féroce Et que crève le vieux monde !, Mutines Séditions, 2013. En la gauche parlementaire : « Toutes les oppressions, suppressions, prohibitions légales qui se sont accomplies depuis la malencontreuse invention du régime parlementaire sont dues beaucoup plus à l’opposition qu’aux gouvernements : je dis beaucoup plus, parce que c’est à deux titres que ces mesures tyranniques incombent à l’opposition, premièrement parce que c’est elle qui les a provoquées, en second lieu, parce qu’elle s’est rendue régulièrement complice de leur adoption en les discutant. » Anselme Bellegarrigue. À lire ses explosifs Textes politiques présentés par Michel Perraudeau, L’Age d’Homme, fin 2014. Au travail : « Le droit au travail, c’est un nonsense. Le monde ne peut être sauvé que si tous les hommes refusent de travailler. Il faut apprendre à tous la paresse avec sa beauté difficile. Il est urgent de déshonorer le travail. » Albert Paraz. À lire les truculents Le Gala des vaches. Valsez saucisses. Le Menuet du haricot. L’Age d’Homme, 2013. À la cause du peuple : « Qu’est-ce que c’est que le Peuple ? C’est cette partie de l’espèce humaine qui n’est pas libre, pourrait l’être, et ne veut pas l’être ; qui vit opprimée, avec des douleurs imbéciles ; ou en opprimant, avec des joies idiotes ; et toujours respectueuse des conventions sociales. C’est la presque totalité des Pauvres et la presque totalité des Riches. C’est le troupeau des moutons et le troupeau des bergers. » Georges Darien. À lire son impitoyable L’Ennemi du peuple. L’Age d’Homme, 2009. Et je ne crois pas plus, comme Ernest Cœurderoy, En la propriété : « Ta propriété !, c’est le vol ; elle engendre le vol – à détruire. » Au mariage : « Ton mariage !, c’est la prostitution ; il perpétue la prostitution – à détruire. » En la famille : « Ta famille !, c’est la tyrannie ; elle motive la tyrannie – à détruire. » Au devoir : « Ton devoir !, c’est la souffrance ; il répercute la souffrance – à détruire. » À lire le génial Jours d’exil d’Ernest Coeurderoy, en trois tomes. Archives Karéline, 2010. Non, jambon à cornes !, je ne crois pas en toutes ces carabistouilles. Mais en quoi donc peut-on encore croire ? En la Zomia par exemple. En la Zomia que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam il y a encore quelques printemps. D’autant moins qu’elle n’apparaissait sur aucune carte. La Zomia, chouagamment décrite par le prof d’anthropologie de Yale James C. Scott dans Zomia ou l’art de ne pas être gouverné (Seuil),  qui est aussi bien que son titre, serait, d’après notre puits d’érudition, « la dernière région du monde dont les peuples refusent obstinément leur intégration à l’État-nation ». Assez récent, le terme Zomia désigne l’ensemble des territoires se nichant à des altitudes supérieures à environ 300 mètres, des hautes vallées du Vietnam aux collines élevées du Nord-Est de l’Inde, en passant par le massif continental du Sud-Est asiatique (le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, la Birmanie) et par quatre provinces chinoises. « Il s’agit d’une étendue de deux millions et demi de kilomètres carrés abritant près de cent millions de personnes appartenant à des minorités d’une variété ethnique et linguistique tout à fait sidérante ». Et les habitants de cet immense territoire montagneux à la périphérie de neuf États et au centre d’aucun, et à cheval sur les découpages régionaux courants (Asie du Sud-Est, Asie de l’Est, Asie du Sud), réussissent depuis deux millénaires à échapper aux contrôles des gouvernements des plaines. Traités de « barbares » par les États entendant les soumettre, les peuples nomades évoluant dans cette vaste zone d’insoumission ont en effet mis en place des stratégies de résistance parfois étonnantes pour échapper au travail forcé, aux impôts et aux corvées, à la conscription, aux guerres, aux épidémies, aux hiérarchisations diverses et aussi à l’enfermement dans des identités imposées (« leur identité, précise James C. Scott, c’est l’autonomie »). Leurs pieds de nez non-stop aux contraintes de la société d’en bas et aux « discours de civilisation » « n’imaginant jamais la possibilité que des gens choisissent volontairement de rejoindre les barbares » sont favorisés bougrement par leur dispersion physique dans de gigantesques espaces accidentés pas encore fliqués, leur mobilité infinie, leurs modes de survie (le pastoralisme, le glanage, l’agriculture itinérante) et leur sens développé de l’auto-organisation spontanée qui sonneraient le glas du vieux monde autoritaire-marchand s’il se propageaient. Propageons donc. Dong, dong, dong, dong, dong !

Le 6 septembre 2015 à 08:59
Le 12 février 2013 à 09:54

L'homme qui prétendait avoir trouvé du travail malgré la crise était un mythomane

Dijon – Stupéfaction à Dijon après l’euphorie du week-end. L’homme qui, vendredi, affirmait avoir trouvé du travail malgré la crise a reconnu devant les enquêteurs avoir totalement inventé l’histoire. Une annonce qui vient briser les nombreux espoirs d’un redémarrage prochain de l’économie française. Une région sous le choc La joie aura été de courte durée. L’homme qui prétendait avoir trouvé du travail malgré la crise a reconnu devant les enquêteurs avoir inventé l’histoire de toutes pièces. « Visiblement, nous sommes en présence de quelqu’un qui était en mal de publicité » ont expliqué les enquêteurs lors de la conférence de presse. Les médias ont été aussi montrés du doigt pour ne pas avoir vérifié davantage l’information. « Il y a dans cette affaire des responsables, mais nous refusons de servir de boucs émissaires » a protesté d’une seule voix la presse. L’homme, quant à lui, à refusé de donner plus d’explications sur son mobile. « C’était quelqu’un d’équilibré, je ne comprends pas pourquoi il a fait ça » explique un proche. « J’ai été choquée d’apprendre qu’il avait menti. Des gens avaient beaucoup d’espoirs et maintenant tout est fini » raconte une jeune femme avant de fondre en larmes. Dans l’immédiat, le gouvernement se refuse à commenter l’affaire plus que de raison. « Cela ne remet pas en cause les agissements et les décisions du gouvernement. C’est un incident isolé, nous souhaiterions que l’opposition ne monte pas cet événement en épingle et se comporte de manière républicaine » a fait savoir Arnaud Montebourg. Le Gorafi Illustration : iStock

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