Jean-Daniel Magnin
Publié le 02/10/2014

Allô la Terre !?


Je me souviens parfaitement de l'instant où les Extraterrestres sont entrés dans mon cerveau. Soudain un faisceau radio m'a balayé à plein tube l'intérieur du crâne, comme si on cherchait à me contacter sur les grandes ondes. Mais pourquoi moi ? Après trois secondes je me suis calmé en me disant que c'était sûrement une hallucination, que j'allais devoir freiner sérieusement niveau nuits blanches et fêtes en tous genres. Ce qui je crains ne leur a pas plu : le signal a stoppé net. Je me revois idiot pelle en main devant un poêle à charbon — je venais de quitter mes parents pour une vieille maison sans chauffage. J'avais dix-sept ans et n'ai plus pensé à cet incident jusqu'au présent édito où je dois vous annoncer que notre thématique d'octobre se synchronise avec la géniale Exoconférence d'Alexandre Astier — Big Bang, cosmos, galaxies, Martiens —  le Rond-Point devient une soucoupe volante.

—"Allô la Terre?! Y a quelqu'un chez vous ? Qui voudrait bien lever un peu le nez vers nous ? On peut tout de même se parler même si on est trop loin pour s'entendre?"

C'était donc ça le message furtif, presque timide, que j'avais refusé d'écouter ?

Alors je vous en prie si comme moi ça vous attriste l'idée qu'on soit absolument seul dans le Grand Univers, envoyez pendant tout le mois d'octobre vos messages d'amour à nos frères inaccessibles.

Mes rêves : ouvrir à 17 ans le Boui-Boui, café d’art à Genève ; filer à Berlin ; étudier la philo à Paris ; créer des spectacles « hors théâtre » aux festivals de Nancy, Polverriggi ou Avignon ; ouvrir Mac Guffin, cabinet de scénaristes ; voir vivre mes pièces de théâtre à la Renaissance, dans le In d’Avignon, à la Bastille, au Vieux Colombier avec la Comédie-Française, et à l’étranger. Et ce rêve de rassembler les écrivains de théâtre en 2000 ; et d’écrire avec Jean-Michel Ribes le projet du Rond-Point ; et là, de mettre ventscontraires.net sur la piste d’envol.

Dernière publication, un roman : Le Jeu continue après ta mort

 

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Le 26 octobre 2015 à 09:53

L'enfant de la balle

Jean Charpentier avait tout essayé : le saut à l’élastique, le Taekwondo, le close combat, le Krav Maga, le ski nautique. Tout cela pour ne pas se retrouver seul face à une balle. Impossible de savoir pourquoi cet objet déclenchait chez lui une telle panique. Aussi, quand il la vit arriver au bas de ses mollets, il fut comme paralysé. Pourquoi avait-il peur de la balle ? Il se retourna et vit le défenseur se ruer dans sa direction. Il disposait d’environ 4 secondes pour résoudre ce conflit psychologique avec lequel il se débattait depuis l’enfance. Jean Charpentier se souvint de l’époque où son père épicier l’emmenait en tournée dans les villages avec l’estafette Renault. Papa profitait toujours du passage à Avricourt pour s’absenter. Il allait livrer « la dame », comme il disait. Resté seul dans le camion, le petit Jean s’occupait des clients, il rendait la monnaie sans erreur. Les villageois émerveillés par son habileté ne manquaient jamais de lui rappeler qu’il était bien le fils de son père, il avait le commerce dans le sang, c’était lui qui prendrait le relais plus tard, il était né là-dedans, un vrai enfant de la balle... Jean Charpentier vit le défenseur effectuer un saut au ralenti, qui lui permit de boucler sa cure express. Non, il ne reprendrait pas le flambeau plus tard, c'était d'ailleurs plutôt une chandelle qu'il tenait alors. Il détestait l’estafette Renault et surtout, la disparition de son père. Aussi, il n’était pas devenu épicier mais comptable. Et cette balle qui tournait, c’était lui, c'était eux, son père avec la dame, son inquiétude quand l’absence se prolongeait. Soudain guéri, il frappa dans le ballon et marqua le premier but de sa carrière. 

Le 24 septembre 2015 à 11:24

Jean-Michel Besnier : "L'ambiance politico-scientifique actuelle a quelque chose d'inquiétant"

L'idée d'innovation a remplacé celle de progrès Dans cette 3e partie de l'interview qu'il a accordée à ventscontraires, le philosophe Jean-Michel Besnier évoque les courants métaphysiques tels que la Gnose, sur lesquels s'appuient certains partisans du transhumanisme, dans l'optique d'un savoir susceptible de parachever la création divine en affranchissant l'Homme de ses limites et contingences. Jusqu'ici optimiste sur les conséquences d'un post-humanisme susceptible d'élargir l'humanité à d'autres êtres tels que les animaux, les cyborgs, les clones ou les robots, Jean-Michel Besnier nous confie aujourd'hui son inquiétude sur ces questions, au regard de l'emprise croisssante des multinationales sur les politiques de recherche. Agrégé de philosophie et docteur en sciences politiques, Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), où il a créé et dirigé le Master « conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées » de 2001 à 2013 et où il dirige actuellement l’EA 3559 « Rationalités contemporaines ». Il est membre du conseil scientifique de l’IHEST, du Directoire du MURS (Mouvement universel pour la responsabilité scientifique) et de la commission Littérature scientifique et technique du CNL. Parmi ses ouvrages :Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ? Hachette 2009L'homme simplifié : Le syndrome de la touche étoile, Fayard 2012  

Le 10 juin 2014 à 12:04

Agnès Giard / Sex in Japan #1

Ventscontraires.net a interviewé l'écrivain et journaliste Agnès Giard, spécialisée dans les questions de la sexualité, en particulier au Japon. On lui doit notamment Les Histoires d’amour au Japon. Des mythes fondateurs aux fables contemporaines (Glénat), Les objets du désir au Japon (Glénat) et L'imaginaire érotique au Japon (Albin Michel). Embarquement immédiat pour une première escale au Pays du Soleil Levant. Depuis 1997, vous avez consacré de nombreux articles et ouvrages à la sexualité au Japon. Qu'est-ce qui vous amenée à vous intéresser à cette question ? Le renversement des perspectives. J’avais 9 ans lorsque les premiers épisodes du dessin animé Captain Harlock (Albator, de Leiji Matsumoto) ont été diffusés à la TV en France, diffusant l’idée que le bien et le mal sont des données réversibles. La réalité… une superposition de possibles, un espace indéterminé, comme un jeu vidéo qui possède plusieurs fins. Prenons un exemple concret : les poupées gonflables. Les poupées gonflables occidentales sont vendues nues et servent d’exutoire sexuel au rabais, c’est à dire qu’elles sont défigurées. La présence sur leur face d’une bouche en O destinée à servir d’orifice sexuel limite presque à zéro la possibilité de déployer un travail imaginaire. C’est très révélateur de la place que nous accordons à la sexualité dans notre culture. Les poupées gonflables japonaises, elles, mettent la nudité à distance derrière un jeu de rôle et leur visage, préservé, arbore une expression souvent énigmatique. Mieux : aucune expression, car elles sont en plastique transparent et prennent l'aspect presque fantomatique d’une zone d'absence à remplir. La poupée, rendue «  abstraite », sortant du cadre étroit des outils sexuels, s'offre alors comme espace de projection à la fois immatériel (les scénarios, les sentiments) et physique (les couches de tissu dont on la recouvre). Paradoxalement, plus cette poupée «  disparaît  », escamotée derrière sa transparence et ses voiles, plus elle conviée à s'incarner… Pour lui donner un supplément de chair, ses parties intimes sont personnalisées. Le vagin de la « Love body Risa », par exemple, baptisé Seventeen, qui «  avale jusqu'à la garde et vous fait venir en 10 minutes  » est présenté comme «  un trou d'un réalisme tel qu'il donne véritablement à la poupée une présence supérieure. » Il est doué de sa propre vie. «  Il est tellement réel que cela procure vraiment une émotion profonde  », affirme l’argumentaire commercial. Afin de lui donner plus de présence, les utilisateurs peuvent l'enduire d'un lubrifiant composé spécialement pour imiter l'  «  odeur de la  sueur d'une vierge  ». Son avatar (« Love body Miyu ») est également vendue comme dress up doll (kisekae ningyô)  : on peut la déguiser avec des vêtements destinés à «  multiplier par deux sa beauté. » «  Avec la mini jupe elle est très attractive. Vous pouvez jouer avec elle au peloteur !  », suggère l'argumentaire qui montre ensuite un garçon, la tête glissée sous la jupe de Miyu, en train de la «  lécher en profondeur  ». La poupée non seulement est présentée comme une partenaire de jeu, capable d'emprunter des identités factices, mais comme un être sensible aux caresses, doué de conscience, et ses utilisateurs sont invités à succomber au «  charme  » de sa «  présence irrésistible  » (ôja no kanroku). Il en est de ces poupées programmatiques comme de tout le reste au Japon : aucun objet, fut-il baudruche n’est méprisé, parce que mépriser l’objet revient à se mépriser soi-même.   Qu'est-ce qui caractérise, selon vous, le rapport des Japonais à la sexualité ? Les mythes fondateurs du Japon disent que le monde n’a pas été créé mais procréé. Dans le Kojiki (711 après J.-C.), il y a donc deux dieux, un mâle et une femelle, qui, chargés d’inventer le monde, en sont réduits à s’examiner mutuellement pour essayer de comprendre comment fonctionnent les seuls outils dont ils disposent. Ils n’ont que leur corps sous la main. Alors ils cherchent et ils trouvent : la seule et unique différence entre eux se trouve être à cet endroit… qui s’emboîte. Alors ils emboitent le lieu concave de l’un avec le lieu convexe de l’autre. Au préalable, ils miment une première rencontre. De ce mythe, que déduire ? Que l’univers dérive d’une expérience corporelle, peut-être. Que la sexualité est une question d’ajustement. Qu’il faut d’abord exécuter la petite danse de la séduction… Les dieux étant considérés comme les géniteurs des humains, la mission des humains sur terre consiste à perpétuer cette danse sans laquelle rien n’existerait. En Occident, nous avons donné le nom d’Eros à la force agissante du désir qui détermine la naissance même de l’Univers. Au Japon, le mot sei désigne à la fois la sexualité et la vie. Pour obtenir le bonheur, le premier jour du nouvel an, on mange des aliments synonymes de sexe : du konnyaku (amorphophallus konjak) au piment, des patates douces (qui ressemblent aux kintama, les « boules d’or), des racines aux formes suggestives et toutes sortes d’autres aliments permettant de faire une promesse de bonheur à son propre corps. Quand on veut des enfants, on va caresser les testicules géants des sculptures de tanuki (chiens viverins). Pendant les fêtes liées au repiquage du riz et aux récoltes, on offre des sucettes en forme de vulve et de pénis aux enfants. Dans les estampes érotiques du XVIIIe, les organes génitaux, grossis à la loupe, prennent des dimensions cosmogoniques. En nous confrontant à ces organes de la vie, le Japon nous met en face de nos responsabilités  : nous avons le devoir d'être plus grands que nature, nous aussi. Nous avons le devoir de développer nos envies à outrance, parce que la surabondance est la seule garantie de la survie du groupe dans ce pays sans cesse frappé par les catastrophes naturelles.   On a l'impression que la culture du sexe y est totalement différente de la nôtre (les poupées, les pratiques...), trouvez-vous des points communs malgré tout ? La sexualité, en tant que « fait de culture », se manifeste dans les autres civilisations sous des formes qui peuvent paraître étrangères… Mais pas tant que ça. Il suffit de se demander à quoi elle sert… Qu’est-ce qui nous excite ? La sexualité repose sur la mise en scène de choses effrayantes, humiliantes ou troublantes. C'est un petit théâtre de la cruauté qui nous force à affronter ce qui nous fait peur, afin d'en triompher. C'est aussi un moyen de repousser sans cesse nos limites et de cicatriser nos blessures en érotisant la violence que nous subissons dans le monde réel. Au Japon, cet aspect «  guérisseur  » de la sexualité se manifeste sous la forme de scripts conjuratoires  : beaucoup de productions érotiques mettent en scène des beautés enlevées par des céphalopodes, inséminées de force ou victimes de sévices… auxquels elles survivent toujours. L'art érotique japonais tourne souvent autour de ces images de convulsion, de visages traversés par des palpitations, de yeux humides et de bouches crispées sur des cris de refus ou de douleur… à moins qu'il ne s'agisse pas de douleur. Au bout d'un moment, on ne sait plus très bien. Cette ambiguité inquiète beaucoup les Occidentaux. En Occident pourtant, il ne me semble pas que la sexualité soit autre chose qu’une forme de duel, un combat avec l'ange, avec sa part d’extase inhérente… Nous assumons probablement moins que les Japonais l’aspect noir et brutal de nos pulsions, parce que nous avons été éduqué à croire que la sexualité c’était de l’amour, rien que de l’amour. Au Japon, la sexualité évoque plutôt l’idée de la purification. Donc de la catharsis. Donc de la violence. > Suite de l'interview

Le 27 mars 2019 à 16:03

Carole Thibaut : Longwy-Texas

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

Conférence-performance de Carole Thibaut : "Longwy-Texas" « Le jour où on a abattu le premier Haut Fourneau, j’ai vu mon père pleurer. » Retour à Longwy où les arbres échouent à pousser sur le béton des laminoirs enterrés, où rien n’a réussi à remplacer la prospérité industrielle d’autrefois. Ce sont des souvenirs d’enfance, les femmes tenues à l’écart des usines, une visite dans la gueule d’enfer des Hauts Fourneaux en serrant la main du père ingénieur. Il y a des photos prises par les père, grand-père et arrière-grand-père, des bouts de films Super 8 où se raconte la lente ascension sociale, les journaux télévisés de l’époque, les archives sonores de « Lorraine Coeur d’acier », première radio libre créée à Longwy en 1979 qui documente la fermeture soudaine, les manifestations, les concerts de soutien. Carole Thibaut nous conduit, à la manière d’une conférencière de l’intime, dans la mémoire glorieuse des aciéries et de la sidérurgie lorraine, aujourd’hui éradiquée du paysage. Autrice, comédienne, metteuse en scène, elle est actuellement directrice du Centre dramatique national de Montluçon, autre ville en deuil de son passé d’usines et de labeur. Production théâtre des Îlets – centre dramatique national de Montluçon – région Auvergne-Rhône-Alpes En coréalisation avec Le Carreau – scène nationale de Forbach et de l'Est Mosellan Programmé le 7 février 2019 par Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 29 mars 2019 à 16:56

Alain Damasio : manifeste contre Big Mother

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

Conférence-performance d'Alain Damasio : "Manifeste contre Big Mother" Avec Alain Damasio, guitare Yan Péchin, présentation et conversation : Mathias Echenay, fondateur des éditions SF La Volte Auteur phare de la science-fiction française, Alain Damasio zone toujours dehors : il n'a pas de téléphone mobile et ne consulte ses mails qu'une fois par jour. On ne sait jamais où est cet oiseau, sans doute en train d'écrire un futur pavé culte dans son nid secret et de survoler les bords de notre monde : forêts, squats, ZAD, tiers lieux de périphérie, campements décroissant ou low tech. C'est bien parce que son esprit navigue déjà dans les ruptures technologiques à venir – son pétrole poétique – qu'il se méfie plus que quiconque de notre assentiment religieux au sacro saint Progrès. Si Big Brother a déjà pris la couleur sépia du croquemitaine d'antan, c'est plutôt de Big Mother et de son lait numérique qu'il faut se départir d'urgence. Résister à notre propre technophorie, ne pas perdre de vue la visée politique et de contrôle doux que chaque nouveauté high tech nous propose, rester du côté de l'humain, du vif, des senteurs et de l'entraide, des marges. Inventer des friches interstitielles : Alain Damasio zone toujours dehors. Programmé le 16 février 2019 par Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 11 juin 2012 à 10:00

De qui se moque-t-on ?

12. Le balai

Bon, j’admets que je m’emporte un peu vite et que mon courroux enfle parfois démesurément des vétilles comme le sabot du taureau piaffant fait un nuage de dix grammes de poussière. D’un autre côté, je n’aime pas beaucoup être pris pour un naïf et, puisque vous parliez de poussière, je suppose qu’il ne se trouvera personne parmi vous pour défendre celui qui en est le plus sournois propagateur : le balai ! On le nomme et tout est dit : bas et laid. Quel vil torchon ! J’exècre ce maigre coucou qui exige dans la maison son placard individuel, semblable à un cercueil debout, afin que jamais nous n’oubliions que nous ne sommes que poussière, justement. On dirait la mort en sentinelle dans sa guérite. Il ne m’étonne pas que les sorcières aient fait leur monture de cette haridelle qui a plus de crin que de chair et dont l’os unique semble brouter en permanence la gerbe de paille qui pousse stérilement à son extrémité et ne donne pas de grain. Cela ne l’engraisse guère ; d’ailleurs, il n’en vient jamais à bout.        Le balai est la pire des ordures. Une ordure impérissable comme l’uranium même, qui envoie à la poubelle, à la décharge, à l’incinérateur, des copeaux qui valent mieux que lui, des moutons duveteux, de chatoyants éclats de verre, des pétales de porcelaine, des miettes qui seraient des biscuits pour le moineau famélique. Puis il rassemble vicieusement nos saletés, lesquelles, si bien répandues sur toute la surface de notre domaine, se remarquaient à peine. Le balai nous réduit à elles, à ce vilain petit tas. C’est agréable.       Puis quoi ? Le balai voudrait bien se faire passer pour un cantonnier zélé et infatigable. Or voyez-le à l’œuvre : l’un de ses bouts ne sert à rien ! Manche inepte qui ne brasse que du vide comme s’il s’agissait d’une consistante bouillie ! Il doit sa patine à nos seules mains calleuses. Sa tête hirsute est la plus affreuse chose que l’on puisse imaginer. À se demander si ce n’est pas elle en vérité qui secoue ses dartres et ses croûtes sur nos sols impeccables. Le balai devrait avoir la netteté claire et radicale du vent qui décape : il est plus crotté que la bêche, plus chevelu que la brosse, tout en lui nous répugne et nous révulse.       Comment se débarrasser de lui enfin, mes amis ? Quel balai inventer pour balayer le balai ? Quel balai pour se retourner sans ménagements contre lui-même ? Ne pourrait-on en le harcelant comme il convient le pousser au suicide ? Et l’amener à se conduire au dépotoir de ce pas de valse gauche et heurté qui lui est propre et qui lui a toujours interdit de devenir sur les planchers vernis ce danseur mondain qu’il aspirait à être ? Ce ne sera pas facile, mais il faut essayer. Alors le monde sera sous sa poussière comme le fruit frais dans sa pruine : nous aurons de nouveau envie de mordre dedans.

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