Paul Martin
Publié le 03/11/2014

Mission : impossible


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 30 avril 2012 à 07:21

L'Anachronique : le vieux (épisode 1)

Ce matin, au chant du coq, j’ai écarté le rideau de la cuisine avant de croiser le regard du vieux qui m’a appelé d’un signe de main. Le cheveu hirsute, j’ai alors fait le tour de ma maison pour me planter en chaussons devant lui, au milieu de son potager dont la terre était fraîchement retournée. Le vieux m’a serré la pogne en me disant que c’était bien que je sois là pour assister au lever de drapeau. De la poche de son treillis, il a sorti un mouchoir peinturluré en bleu, blanc et rouge, et il l’a attaché à une espèce de piquet en bois, et ce, en chantant la Marseillaise. Le vieux a un côté « patriote » ; d’ailleurs, il a filé, comme un missile, au coin de son jardin, en me gueulant : « viens voir, gamin ! viens voir que j’te dis ! ». Je n’ai pas voulu le vexer alors j’ai marché en danseuse — car j’avais des mottes de terre collées à mes charentaises — jusqu’à lui.  Avec son doigt, il m’a montré une allée toute labourée d’où sortaient des pièces en métal. « Tu sais c’est quoi, gamin ? ». J’ai mimé un « non » de la tête. Fier comme Artaban, il m’a expliqué qu’il avait enterré des bonbonnes de gaz au cas où il y aurait des taupes dans le coin. En prononçant le mot « taupes », il m’a lancé un clin d’œil de maquisard, et j’ai souri. En fait, je n’ai rien pigé aux délires du vieux, mais je sais qu’il est important d’entretenir de bonnes relations de voisinage. Ensuite, je l’ai laissé en plan en lui racontant que je devais aller bosser. Au pas de course, j’ai rejoint ma baraque et me suis enfermé à double tour…

Le 9 juillet 2013 à 10:14
Le 26 septembre 2011 à 08:08

« Elle balance beaucoup apparemment Hélène »

Brice Hortefeux, écoute téléphonique (légale), 14 septembre 2011

Elle a le prénom d’une reine de Sparte, elle n’est que princesse serbe, mais elle cause autant d’ennuis en Sarkozie que jadis la maîtresse de Pâris aux Troyens. Le bonnet de Ménélas, cocu antique, est bien porté par Thierry Gaubert dont les magouilles financières ont été « balancées » à la justice par Hélène de Yougoslavie, son ex.On ne dira jamais combien le divorce est le talon d’Achille (c’est involontaire) du quinquennat. Tout commença par Cécilia Sarkozy qui plaqua son mari au moment où il tranformait l’essai présidentiel. Elle s’en alla porteuse de lourds secrets, dont elle ne dévoila que quelques bribes sur « la firme », surnom d’un groupe de potes un peu limites, très encombrants mais si utiles dans l’ascension du chef. Brice Hortefeux en était la première gâchette, ce qui lui valut l’Intérieur comme part de butin, et Thierry Gaubert un porte-flingue de second rang, mais porte-mallettes commode, selon Hélène, pour transférer dans les caisses de la campagne Balladur de 1995 des liasses de billets tombées du camion dans les marchés d’armement. L’affaire se corse (encore involontaire) avec un certain Ziad Takieddine, intermédiaire levantin dans ces contrats commerciaux à neuf chiffres. Il eut le mauvais goût de chipoter sur la pension alimentaire de la mère de ses enfants, Nicola (sic) Johnson, laquelle dévoila au juge son carnet d’adresses, assez fourni pour organiser une primaire de bon niveau à l’UMP. Cecilia, Hélène et Nicola : une sacrée guerre des Trois.

Le 26 avril 2012 à 09:50

Le mal des ardents

Dans la tradition biblique, c'est un buisson ardent qui révéla à Moïse le Dieu du monothéisme. Loin de toutes les traditions républicaines, c'est un Patrick Buisson, ardent maurrassien décomplexé, qui parvint à convaincre Nicolas Sarkozy qu'il n'existerait qu'une seule Droite, consumant les pudeurs passées et franchissant à pieds joints la sacro-sainte frontière entre droite républicaine et droite extrême. Notons au passage qu'en anglais, buisson se dit Bush et ceci n'est peut-être pas un hasard. Dans la tradition botanique, un buisson est une végétation touffue parfois épineuse, qui se caractérise par sa tendance à former des masses denses. Le buissonnisme politique aspire également à faire émerger des masses et à les inciter à voter massivement justement pour Nicolas Sarkozy. En médecine, le mal des ardents, également appelé ergotisme, est une empoisonnement par des alcaloïdes. Dans l'histoire médicale, on relate de nombreux cas de pain infecté provoquant notamment des hallucinations, des convulsions, des spasmes et des nausées. Dans l'histoire à écrire de la médecine politique, le mal du Buisson ardent est une infection de la vie politique basée elle aussi sur une intoxication - les étrangers viendraient manger le pain des Français – et débouchant immanquablement sur les mêmes symptômes que le mal des ardents. Heureusement, il y a fort à parier (et au moins, à espérer) qu'une partie de l'électorat traditionnel de droite se détache progressivement de cette tendance pathologique. Le buissonnisme n'aurait alors été qu'un feu de paille. Et c'est tout le mal qu'on souhaite à la France.

Le 30 mars 2011 à 08:00

Emmett Grogan, clochard céleste

Portrait 17

Emmett Grogan (1943 1978) mène de front, dans le Haight-Hasbury du San Francisco des années soixante, le groupe d’activistes The Diggers. Il mélange dans un vieux shaker psychédélique actions politiques et happenings artistiques. Leurs tracs poético-révolutionnaires envahissent la Californie. Ils organisent tous les jours des distributions de nourriture gratuite et de surplus militaires. Emmet Grogan a écrit des livres, notamment Ringolevio, dans lequel il raconte leur épopée. Défoncé, libre et paranoïaque… Il est difficile de retrouver beaucoup d’éléments biographiques certains. Réformé de l'armée sous amphétamines, surveillé par le FBI, puis déçu et critique à l’égard de la vague hippie bohème qu'il trouve bourgeoise et hypocrite, Emmett Grogan aura quand même eu droit au "Mr Tambourine man" de Dylan et à un poème de Richard Brautigan. L'association d'une insoumission féroce, d'une mégalomanie paranoïaque, d'un goût immodéré pour les extrêmes et d'un dangereux succès populaire, l'ont malmené jusqu’à l’overdose fatale, en 1978. Peter Coyote écrit à son propos : "Pour la plupart des gens, cela aurait suffi d'être une légende vivante, d'avoir Bob Dylan qui vous dédicace un album ; d'être une icône pour des milliers de gens, incluant les chefs de gangs portoricains, les présidents de sociétés de disques, les professionnels du vol, les riches restaurateurs, les stars du cinéma, les socialistes, les Black Panthers, les Hell's Angels et les Diggers eux-mêmes, mais Emmett poursuivait sa propre idée de la perfection et même si ce combat l'a tué, je ne peux m'empêcher d'admirer la moralité de sa quête et les exigences démesurément hautes qu'il s'était fixées. Emmett était un étendard mené à la bataille, un emblème derrière lequel des gens ont rallié leur imagination. Il a prouvé à travers son existence que chacun de nous était capable de jouer sa vie selon ses fantasmes les plus délirants. C'était son but et son héritage de compassion, et je ne le minimiserai pas ni ne me détacherai de son exemple, malgré ses failles et ses inconsistances."

Le 22 septembre 2011 à 08:00

Devenir caméléon

Pourquoi se battre ? Pourquoi faire des efforts ? Je crois que je ne vais plus bouger. Avec de la chance je vais finir par prendre la couleur de mon environnement. Je veux devenir un caméléon. Jusqu’à maintenant je me suis conduit comme si j’avais le pouvoir d’être un anti-caméléon : je voulais donner mes couleurs au monde. L’influencer, le changer, l’amender. Mais le monde est récalcitrant. C’est une lutte sans fin pour un résultat incertain. Alors il vaut mieux devenir comme le monde. Se fondre dans la masse. Ne plus bouger. Ne plus offrir sa fatigue et son énervement, ne plus sacrifier sa bonne humeur. C’était une erreur. Il faut se laisser couler. La noyade est la seule règle de vie valable. C’est à partir de ce moment que l’on peut agir, car on ne gaspille plus son énergie à tenter de rester à la surface. Se noyer, doucement, se laisser porter par les courants. On veut tout le temps prendre position et se tenir face à un monde monstrueux. Résister. Mais on est ignoré, souvent même écrasé. Nous ne changerons rien à la destruction de la planète et à la domination sociale. Nous avons passé des années à nous battre sans résultat. La lutte pour un monde meilleur nous abîme. Nos épuisements et nos cicatrices ne sont pas des victoires. Peut-être la solution est de devenir invisible. Parer les coups de l’éternelle déception, de la dureté, de la solitude, de l’incompréhension. Invisibles, non pas à nos yeux, mais aux yeux de ce qui nous opprime. Ne pas prendre le monde si sérieusement que l’on se croit obligé d’apparaître entièrement face à lui, et donc offert à ses coups. Il faudrait ne plus être honnête. Superbement mentir. Apprendre à faire disparaître des parties de nous-mêmes et les garder en secret. Les nouvelles révolutions seront menées par des hommes et des femmes qui sauront être des fantômes.

Le 19 décembre 2015 à 09:31
Le 20 mai 2015 à 08:34
Le 29 septembre 2012 à 07:55
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