le renversiste
Publié le 11/10/2014

Leçon d'alunissage du docteur Tulp


Il peignait l'intérieur de ses tubes de peinture
Il peignait de sa toile le manche des pinceaux
Il peignait sans peinture le derrière du portrait
Pour montrer les couleurs et du noir et du blanc
 
Il cherchait dans ses rêves les détails du réel
Il cherchait dans le monde l'irréel de l'envers
Il cherchait dans son cœur les impuretés du ciel
Pour saisir la raison de ses toiles à l'envers

Effacer sans effroi tout le fond de ses formes
Déchirer les pinceaux arracher la peinture
Sous ses pas de géant tout petit minuscule

Puis peindre comme ses pieds tout l'empire du pire
Pour salir les travers de l'affaire de l'homme
A l'envers et contre tous il se jouait de l'Art.

 

Ren Versiste
 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 27 juillet 2011 à 09:12

« Nous ce qu'on a envie c'est que Sarkozy y soit giclé »

Philippe Poutou, candidat investi par le NPA à la présidentielle, Europe.fr, mardi 26 juillet 2011.

Foin des scrupules de classe ! Le préposé à la succession du facteur Besancenot est certes un ouvrier syndiqué de chez Ford dont il serait socialement incorrect de moquer la syntaxe, mais depuis que le président de la République en exercice martyrise une langue française ayant pourtant chez nous valeur constitutionnelle, il est permis de souligner que, d’emblée, la nouvelle figure du trotskysme présidentiel prend rang parmi les bonnets d’âne du débat politique national. Une catégorie transpartisane en pleine croissance. Le niveau monte assurent des sociologues de l’Education, mais pas uniformément. Le camarade Poutou a le pronom qui fait gicler la conjonction, et la voix passive qui couvre la voix active, en ce sens il tiendrait aisément la jambe à un  Nicolas Sarkozy dont les propos improvisés – ou les discours lus trop vite – sont truffés de phrases mal embouties. Un débat d’entre deux tours les réunissant à l’horizon 2012, aurait des côtés pittoresques. À coups de « c’est quoi que vous aurez fait à ma place ? » et de « c’est facile de causer ce qu’on sait pas », ou encore de « marre que c’est toujours les mêmes qui se la rincent », le débat public tutoierait des sommets. Bien sûr un Jean-Marie Le Pen usait d’un subjonctif impeccable à des fins détestables, ce qui suggèrerait que conjugaison n’est pas raison. Mais ce n’est pas une raison non plus pour pousser la grammaire dans les orties.

Le 26 juillet 2011 à 17:14

Oslove

Si ma dernière carte postale louait la contemplation des paysages norvégiens, il est difficile aujourd'hui de garder la même candeur. C'est la stupéfaction et le choc dans ce petit pays d'ordinaire si calme. Il faut dire que le moindre fait divers un peu meurtrier fait en Norvège la Une des journaux. Alors un tel massacre, c'est l'effarement. À Oslo, tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui était sur l'île d'Utøya ou au milieu de l'explosion à la voiture piégée du centre de la capitale. La tristesse et l'incompréhension se lisent dans tous les regards. Hier soir, c'est plus de 200.000 Osloites qui se sont retrouvés à l'hôtel de ville, une fleur à la main, pour une commémoration de paix et d'hommage aux victimes. C'est la moitié de la ville. "Il n'y a plus une seule rose dans Oslo !" se plaint une passante avec un mini pot de fleurs ridicule dans les  mains, "A la violence, nous répondons par  plus de démocratie et d'amour ! Rassemblez vos fleurs partout dans la ville" scande le premier ministre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux mouvements s'organisent comme poser des petits cœurs partout, fermer les volets durant l'audience d'Anders Behring Breivik afin de refuser de donner la satisfaction médiatique de celui qui se prend pour le fondateur d'une nouvelle croisade. Et puis, dans la presse, certains se plaignent aussi : les pauvres homonymes du tueur vivent  en effet depuis ce week-end un véritable cauchemar, se voyant contraints de couper leurs téléphones face à la déferlante d’insultes. Le nom Breivik n’est pourtant pas le Dupont francais. Mais ce monsieur tout le monde aura tout de même réussi une seule chose : faire réfléchir notre société face a la montée inquiétante du nationalisme et de l’anti-islamisme.     Si ma dernière carte postale louait la contemplation des paysages norvégiens, il est difficile aujourd'hui de garder la même candeur. C'est la stupéfaction et le choc dans ce petit pays d'ordinaire si calme. Il faut dire que le moindre fait divers un peu meurtrier fait en Norvège la Une des journaux. Alors un tel massacre, c'est l'effarement. À Oslo, tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui était sur l'ile d'Utøya ou au milieu de l'explosion a la voiture piégée du centre de la capitale.. La tristesse et l'incompréhension se lisent dans tous les regards. Hier soir, c'est plus de 200 000 Osloites qui se sont retrouvés à l'hôtel de ville, une fleur à la main, pour une commémoration de paix et d'hommage aux victimes. C'est la moitié de la ville. "Il n'y a plus une seule rose dans Oslo !" se plaint une passante avec un mini pot de fleurs ridicule dans les  mains, "A la violence, nous répondons par  plus de démocratie et d'amour ! Rassemblez vos fleurs partout da Si ma dernière carte postale louait la contemplation des paysages norvégiens, il est difficile aujourd'hui de garder la même candeur. C'est la stupéfaction et le choc dans ce petit pays d'ordinaire si calme. Il faut dire que le moindre fait divers un peu meurtrier fait en Norvège la Une des journaux. Alors un tel massacre, c'est l'effarement. À Oslo, tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui était sur l'ile d'Utøya ou au milieu de l'explosion a la voiture piégée du centre de la capitale.. La tristesse et l'incompréhension se lisent dans tous les regards. Hier soir, c'est plus de 200 000 Osloites qui se sont retrouvés à l'hôtel de ville, une fleur à la main, pour une commémoration de paix et d'hommage aux victimes. C'est la moitié de la ville. "Il n'y a plus une seule rose dans Oslo !" se plaint une passante avec un mini pot de fleurs ridicule dans les  mains, "A la violence, nous répondons par  plus de démocratie et d'amour ! Rassemblez vos fleurs partout dans la ville" scande le premier ministre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux mouvements s'organisent comme poser des petits cœurs partout, fermer les volets durant l'audience d'Anders Behring Breivik afin de refuser de donner la satisfaction médiatique de celui qui se prend pour le fondateur d'une nouvelle croisade. Et puis, dans la presse, certains se plaignent aussi : les pauvres homonymes du tueur vivent  en effet depuis ce week-end un véritable cauchemar, se voyant contraints de couper leurs téléphones face à la déferlante d’insultes. Pourtant le nom Breivik n’est pourtant pas le Dupont francais. Mais ce monsieur tout le monde aura tout de même réussi une seule chose : faire réfléchir notre société face a la montée inquiétante du nationalisme et de l’anti-islamisme. ns la ville" scande le premier ministre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux mouvements s'organisent comme poser des petits cœurs partout, fermer les volets durant l'audience d'Anders Behring Breivik afin de refuser de donner la satisfaction médiatique de celui qui se prend pour le fondateur d'une nouvelle croisade. Et puis, dans la presse, certains se plaignent aussi : les pauvres homonymes du tueur vivent  en effet depuis ce week-end un véritable cauchemar, se voyant contraints de couper leurs téléphones face à la déferlante d’insultes. Pourtant le nom Breivik n’est pourtant pas le Dupont francais. Mais ce monsieur tout le monde aura tout de même réussi une seule chose : faire réfléchir notre société face a la montée inquiétante du nationalisme et de l’anti-islamisme.

Le 25 juin 2011 à 06:40

# 4 - Yesterday - Kay Pop remix - The Beatles - Count Basie VS Booka Shade

Seoul Juke Box

Yesterday, sort en 1965 sur l’album « Help » des Beatles et va devenir la chanson la plus reprise avec plus de 3000 versions et la plus diffusée par les radios du monde. Cet été 1965, le monde est une promesse d’avenir radieux, de jeunes étudiants amoureux se baignent dans le fleuve Han et prennent le soleil en écoutant Yesterday sur un transistor ramené des USA par les GI’s de la base. Cette même année, 3 ans avant 1968, le sociologue américain Seymour Lipset publie une thèse expliquant que la situation dans laquelle se trouvent les étudiants serait  propice à la contestation et à un changement de monde. Au même moment Che Guevara se rend en Corée du Nord et, faisant peu cas de la famine et la torture, déclare que « ce pays est un modèle révolutionnaire auquel Cuba devrait aspirer ». Séoul est à peine plus grand que Bordeaux, la partie sud du fleuve est une campagne marécageuse infestée de moustiques et personne ici ne boit du vin. Et les Beatles chantaient, un truc qui colle encore au cœur, au corps et au slip  : Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loinAujourd'hui, on dirait qu'ils sont là dans le but de resterOh, je crois en hierSoudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'étaisIl y a une ombre suspendue au-dessus de moiOh, hier est venu soudainement Aujourd’hui on ne se baigne plus dans les eaux sombres et lourdes du fleuve Han. Seul le monstre de « The Host » y montre le bout de sa queue. La base et les Gi’s sont toujours là après le Vietnam, l’Irak, L’Afghanistan. Des millions de Nord Coréens souffrent encore de la torture et de la famine. Les jeunes étudiants manifestent contre le prix des inscriptions à l’université mais ne veulent surtout pas changer le monde. Des milliers de jeunes nantis branchés sud coréens portent des T shirt  avec le visage du Che et surconsomment leur vie en plastoc tandis que leurs pères se rejoignent au Cigar Club pour fumer de gros cubains. Les quartiers ultra modernes du sud du fleuve Han sont dix fois plus grands que Bordeaux. Les moustiques prennent l’ascenseur et se hissent jusqu’au 63ème étage de la tour et viennent sucer le sang sucré de l’élite qui déguste des grands crus de 1965 et réclame au dee-jay Kay d’Orsay dans une nostalgie chic et vintage de jouer le dernier remix de Yesterday, 3001ème version d’un 21ème siècle radieux actif.    (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 14 février 2015 à 09:17
Le 2 septembre 2010 à 11:25

"Seul l'avenir est un pays supportable" 3

Un film cadavre-exquis inauguré par Régis Jauffret

Mon plan pour le film en cours de montage : Jón Fejoz, glacier des Grands-Montets, Août 2010 (Aiguille verte – les Drus)Les glaciers, qu’ils stagnent, avancent, grincent ou explosent, me dérangent de plus en plus. Les glaciers, c’est du temps contenu, concentré, du temps qui nous pète à la gueule sans qu’on ne puisse rien y faire, du temps qui nous renvoie à nos incapacités, à nos limites humaines.Trente-cinq, c’était il y a trente-cinq ans pendant l’ascension de l’Aiguille Verte par le glacier des Grands-Montets. Trente-cinq ans, une broutille. Le 27 août 1975, après quatre heures d’escalade, j’ai coupé la corde. Au bout de la corde, il y avait Jón. Je vous le dis à vous parce qu’aujourd’hui, plus personne ne s’y intéresse. Jón était suspendu dans le vide, les jambes broyées, sans casque. Son bras droit n’était retenu que par son anorak, son corps semblait dispersé autour de la colonne vertébrale retenue au niveau des reins par le baudrier. J’ai coupé la corde, Jón est tombé directement dans la rimaye, dans la zone de fracture du glacier, dans la première crevasse, une crevasse de soixante mètres.Les glaciers, c’est du temps en mouvement, du temps sinueux et perfide, du temps qui nous néglige. Depuis 35 ans, la zone de fracture du glacier se déplace, se contracte, s’agrandit. Elle ne me lâche jamais, je lui appartiens. Même quand je m’éloigne, quand je sors de la vallée, elle vient me chercher. Parfois, en hivers, elle s’efface derrière d’épaisses couches de neige. Alors seulement, je peux penser, au moins un instant, que les glaces n’en ont rien à faire de moi.

Le 15 septembre 2011 à 08:25

La guerre des bouffons

Qui ose dire que le cinéma français manque de créativité ? A l’heure où le monde arabe rugit pour recouvrer sa liberté, où les marchés financiers s’affolent, alors que les reconduites à la frontière s’accélèrent avant la grande échéance de 2012 et que la Grèce est pointée du doigt comme une feignasse, que nous pond notre cinéma ? Deux adaptations, enfin deux resucées, sortant coup sur coup, du roman de Louis Pergaud : « La guerre des boutons », déjà immortalisé par le génial Yves Robert dans son film de… 1962. 50 ans après, il est rassurant de constater que nos créateurs sont poussés par le même vent d’inspiration débridée et parfaitement nouvelle.  Quelle peut être la raison de cette soudaine éruption, non de boutons, mais de « copié collé » ? Un ras-le-bol des zips et autres fermetures éclair, qui se coincent sournoisement dans les tissus et parfois dans nos chairs ? Non. La vérité, toute bête, se niche ailleurs : les droits du livre de Pergaud tombent dans le domaine public en 2011. En clair, plus besoin de verser un centime à l’éditeur ou aux ayants droit de l’auteur pour adapter le roman.  N’écoutant que leur audace, qui ne leur disait rien, deux producteurs se sont emparés de la bête. Avant de se livrer une vraie guerre cette fois, la guerre des bouffons, à coup de têtes d’affiche et de stratégies marketing hautement élaborées. Au final, la promotion, non le talent, fera la différence. Il ne reste plus qu’à nous tourner vers d’autres cinémas ou vers le théâtre pour trouver des raisons d’espérer. Sinon, vous pouvez toujours débourser dix euros pour aller voir un téléfilm avec plein de boutons au cinéma. Mais à la sortie, il y a fort à parier que vous emprunterez à l’un des gamins du chef d’œuvre d’Yves Robert cette réplique culte : « Si j’aurais su, j’aurais pas venu ».

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication