Gilles Weinzaepflen
Publié le 12/10/2014

SOS Kivik


"Depuis quand les coussins nous espionnent-ils ?" se demanda Paul Portier. Il avait été alerté par un message codé envoyé à tous les acheteurs, que les coussins vendus avec le canapé IVAR n'étaient pas ordinaires, mais probablement des messagers transmettant des informations ultra-privées (conversations, programmes TV, historique du smartphone) à des commanditaires dont on ignorait les objectifs. "On est plus tranquille chez soi" avait réagi Irène, la femme de Paul, tandis que Lina, leur ado accro aux widgets, pianotait sur son Galaxy S4, assise sur la lunette refermée des toilettes. Quelques jours après cette mise en garde, Paul était couché avec Irène. Des jeux érotiques se profilant sous les draps, il se demanda soudain si les oreillers n'étaient pas en train d'espionner leur vie sexuelle, leurs mouvements de tête durant le sommeil, la mécanique de leurs rêves. Si tout cela n'allait pas quelque part au loin, dans une autre galaxie, où des créatures accumulaient ces informations en vue d'une prochaine invasion, voire d'un possible remplacement du genre humain. Cette pensée interrompit leur moment d'intimité, qu'ils poursuivirent dans la salle de bains. C'est là qu'ils décidèrent de combattre les envahisseurs : si les extra-terrestres étaient des coussins, alors ils allaient apprendre de quel bois on se chauffe chez les Portier. Dès le lendemain, les coussins subirent un tabassage continuel, des lavages en machine répétés, froids, brûlants, javellisés à outrance, des teintures contradictoires. Lina prit l'habitude de se masturber avec un coussin qu'elle insultait et accablait de son mépris, tandis que l'orgasme montait. Paul et Irène se lançaient dans des disputes infernales où les coussins volaient, brisant lampes, vases et sous verres. En quelques jours, non seulement les coussins furent ruinés, mais aussi tout leur intérieur. C'est alors que Paul reçut un SMS rectificatif lui annonçant que les coussins incriminés n'étaient pas ceux du modèle IVAR, mais ceux de la nouvelle collection en cuir KIVIK.

(Coussins et photo Marie Beauchesne)

Le poète et réalisateur Gilles Weinzaepflen est également musicien : sous le nom Toog, ses albums sont sortis aux Etats-Unis, au Japon, en Allemagne, en Angleterre et en France, pays où il s'est produit avec l'artiste écossais Momus. En France, il a composé la musique de plusieurs spectacles de la metteure en scène Myriam Marzouki, dont « Laissez-nous juste le temps de vous détruire » d'après un texte d'Emmanuelle Pireyre, auteure qu'il accompagne sur scène durant sa performance « Lynx ». Toog prépare son prochain album autour de la notion de piano, en tant que plante grimpante... 

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Gilles Weinzaepflen

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Le 24 juin 2014 à 08:00

Aider un ami à déménager : la crainte n°1 chez les 18-35 ans

La « Génération Y » n’a pas les mêmes désirs, les mêmes envies, ni les mêmes craintes que leurs parents. C’est ce dernier point qu’a voulu approfondir la dernière étude de l’Office National de la Jeunesse (ONJ). En effet, afin de connaître les causes du mal-être des 18-35 ans, l’ONJ a mené une grande enquête depuis le début de l’année. Les résultats sont édifiants. Ainsi, parmi les 9000 personnes interrogées, l’ONJ a dressé un panel des plus grandes appréhensions que doivent affronter au quotidien ces jeunes adultes. Voici les réponses les plus données à la question «Quelles sont vos plus grandes craintes pour l’avenir ?» -    36% : aider un proche à déménager -    24% : accompagner quelqu’un à l’aéroport -    21% : être invité à un repas de famille -    10% : réparer l’ordinateur de ses parents -    6% : s’occuper d’enfants en général -    4% : payer le café à ses collègues de bureau « Quelle plaie ! » Anthony et Moussa, 48 ans à eux deux, témoignent : « On est dans une période de nos vies où on change souvent d’appart’. On se cherche un studio, on s’installe avec une fille, puis on se met en coloc quand on se fait plaquer… Les déménagements s’enchaînent. » explique Anthony, réparateur de briquets jetables dans le XIXe arrondissement de Paris. « Quelle plaie ! » renchérit Moussa. « Les déménagements ça nous bouffe tout un samedi, on rentre crevés et on profite même pas de notre week-end ! Moi qui adore danser…» Une technique bien rôdée On apprend dans l’étude de l’ONJ que la technique la plus utilisée par les personnes voulant déménager est une astuce bien rôdée. Elle consiste tout d’abord à contacter ses amis trois semaines ou un mois avant le jour J. Face au message bien tourné accompagné de smileys, les différents « déménageurs en herbe » ne pourront pas refuser sous peine de passer pour de « mauvais amis » et culpabiliser. L’ONJ conseille de ne pas hésiter à exprimer un refus clair et honnête, même aux amis très proches ou à la famille. Le moral de ces jeunes en dépend.

Le 8 juillet 2010 à 18:16

« J'observe aujourd'hui qu'il y a une espèce de collusion médiatico-politico-trotskyste d'extrême qui essaie de jeter l'honneur d'Eric Woerth »

Nadine Morano, cour de Matignon, 7 juillet 2010

Du « Morano » ça doit être restitué in extenso pour en apprécier toutes les hardiesses syntaxiques, audaces conceptuelles, et autres ellipses historiques.  Elle est culte dans l’inculte, la pétaradante secrétaire d’Etat à la famille qui répondit un jour sur RTL où on lui opposait une citation de Georges Clemenceau : « Georges Clemenceau a le droit de dire ce qu’il veut ».  Elle a dû faire des impasses pour décrocher son DESS d’information, communication et organisation des entreprises. Quant aux travaux pratiques ultérieurs, ils souffrent d’approximations dans la « communication de crise » dictée de l’Elysée : taper à bras raccourcis sur Mediapart et son patron Edwy Plenel, connu pour ses sympathies trotskystes de jeunesse, qui ont monté une machination à caractère fasciste visant à abattre Eric Woerth comme la presse d’extrême droite s’attaqua jadis à Roger Salengro, et comme l’honneur de Pierre Bérégovoy fut naguère « jeté aux chiens » selon l'expression de François Mitterrand.  Nadine Morano a lu trop vite ses fiches et les a récitées en langage yaourt, oubliant de caser le qualificatif « fasciste ».  Elle s’est du coup privée de la compréhension des staliniens les plus chenus, lesquels dans les années 50 avaient anticipé, en traquant eux aussi "le complot hitléro-trotskyste."

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