le renversiste
Publié le 01/11/2014

Leçon de navette spatiale du docteur Tulp


Il peignait l'intérieur de ses tubes de peinture
Il peignait de sa toile le manche des pinceaux
Il peignait sans peinture le derrière du portrait
Pour montrer les couleurs et du noir et du blanc
 
Il cherchait dans ses rêves les détails du réel
Il cherchait dans le monde l'irréel de l'envers
Il cherchait dans son cœur les impuretés du ciel
Pour saisir la raison de ses toiles à l'envers

Effacer sans effroi tout le fond de ses formes
Déchirer les pinceaux arracher la peinture
Sous ses pas de géant tout petit minuscule

Puis peindre comme ses pieds tout l'empire du pire
Pour salir les travers de l'affaire de l'homme
A l'envers et contre tous il se jouait de l'Art.

 

Ren Versiste
 

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Le 7 février 2012 à 08:47
Le 29 décembre 2014 à 09:08

L'Ampère éternel

Tout le monde connaît, croit connaître La Création de l’homme peinte par Michel-Ange sur la voûte de la chapelle Sixtine. Or voici que les toutes dernières avancées de l’imagerie scientifique – infrarouges, réflectographie, spectrométrie etc. – viennent de débusquer les dessous anatomiques de la fresque admirable. Le sulfureux dossier allait plonger à tout jamais dans les caves du Vatican quand l’info fuita, comme l’atteste le document sensationnel que nous sommes heureux de révéler au public. Non seulement l’étincelle créatrice y jaillit visiblement, mais son éclat nous éblouit, qui procède du câblage génial que l’autre créateur : le peintre, avait secrètement ourdi sous l’épiderme et le derme des deux partenaires. Que voyons-nous, en effet ? Non pas de banals métacarpes, de quelconques osselets articulés, mais un beau bouquet de gaines gaiement colorées au sortir desquelles s’élancent de fines torsades cuivrées … Plusieurs siècles avant Volta, Edison, Nikola Tesla, le grand Michelangelo avait donc doublé son œuvre picturale, en quelque sorte exotérique, d’un prodigieux ouvrage ésotérique. Sous couvert de montrer La Création de l’homme, il représentait L’Invention de l’électricité ! Reste cette anomalie du doigt surnuméraire, puisque les cinq doigts de chair enveloppent … six doigts de cuivre ! Mais on aura déjà compris que ce sixième doigt, présent chez les deux personnages, ne saurait être qu’un doigt d’honneur, du créateur à sa créature, et vice-versa.

Le 28 juin 2012 à 08:28

Misogynie à part

Sale temps pour le féminisme ! Tout a commencé avec Boutin qui voulait lâcher une bombe. Finalement ça a fait pshitt, mais tout porte à croire que ça va laisser des traces. Puis, plus récemment, un fossile a déclaré que pour le perchoir, on ne donnait pas le poste à la taille de la jupe, à savoir : la plus courte. Non madame, jusqu'ici, c'était à la taille de la queue. Sur le même critère, oui oui. Et les femmes de nous rendre sans cesse notre belle cause plus difficile ! Royal, cette pauvre femme. Femme bafouée, femme humiliée, mais femme libérée ! Seulement, sa position favorite ne figurant pas dans le kama sutra (la position de la victime) elle vit mal son célibat. Et Morano ? Elle, elle a une amie plus noire qu'une arabe ! Elle n'a pas précisé si elle avait un disque de Sydney Bechett. Morano à la lanterne ! Bon, cela dit elle n'a rien à y faire, à la lanterne, vu que c'est pas une lumière. Et la niaise, la nièce, pardon, de Marine ? Maréchal, la voilà ! Ça ne s'invente pas. Un physique qui donne des envies de se circoncire à l'opinel. Non, je ne suis pas misogyne, mais il est vrai que ces derniers temps, j'ai le fantasme politique en berne et j'en arrive à désirer mettre, pardon, Maître Collard. Avec du citron et du tabasco. Cet avocat, j'en ferais bien du guacamole. Cela dit, lui et tous les Copé, les Guéant, et symétriquement à gauche, nous rappellent sans cesse que la connerie n'a pas de sexe. Ce qui ne semble pas l'empêcher de se reproduire.

Le 23 avril 2013 à 08:34

Jérôme Cahuzac mentait à ses enfants à Noël depuis des années

Ce sont des enfants effondrés. Leur père a non seulement menti à la nation, à la tribune de l’Assemblée et dans une émission de RMC, mais il a aussi menti à ses propres enfants, et ce pendant plusieurs dizaines d’années. « Il nous disait, il va passer ce soir et tu auras des cadeaux. Tout était faux. C’était lui qui mettait les cadeaux  ». Marjorie Cahuzac est toujours sous le choc. Après les révélations de son père, les enfants de Jérôme Cahuzac ont également reçu une lettre. Dans celle-ci, il déclare là aussi avoir menti à sa famille chaque Noël et s’en excuse. « Que l’on mente dans une émission de Jean-Jacques Bourdin et à l’Assemblée nationale est une chose. Mais qu’il ait en plus menti à sa propre famille, je ne peux l’accepter » a pour sa part affirmé Jean-Luc Mélenchon sur son compte Twitter. Selon la lettre envoyée ce week-end, Jérôme Cahuzac se défend et affirme avoir cédé à la pression populaire. « J’ai vu d’autres parents le faire, je ne pensais pas à mal. Tout le monde le faisait autour de moi ». Plus loin, l’ancien ministre regrette amèrement et demande pardon et  révèle l’entendu du mensonge : « Non, il n’a pas de renne ni une grosse veste rouge. Il ne vit pas non plus au Pôle Nord le reste de l’année ». Selon ses propres dires, il affirme avoir acheté les jouets dans des zones commerciales lorsque ses enfants étaient à l’école. Marjorie a cependant annoncé qu’elle pardonnait à son père « J’avais des doutes, je me disais que c’était incroyable que quelqu’un avec qui on n’a aucun contact sache tout de notre vie et nous donne exactement les cadeaux qu’on souhaitait ». Et d’ajouter. « Et à chaque fois il avait vu juste, c’était incroyable. Aujourd’hui je me rends compte à quel point mon papa m’aimait en fait et je lui en suis reconnaissante ». Mais cet aveu vient lever d’autres questions et peut-être d’autres mensonges familiaux, enterrés. Ainsi en 1988, les enfants déplorent l’étrange disparition de Cabot, un berger allemand âgé de 15 ans. À l’époque, Jérome Cahuzac aurait affirmé à ses enfants « qu’il était parti au pays des chiens ». Et Marjorie de s’interroger «  En grandissant il est clairement apparu que nulle part il n’existe de pays des chiens. Alors je veux savoir, où est Cabot, va-t-on le revoir un jour ? » Le Gorafi Illustration: wikicommon / Cyclotron

Le 22 février 2012 à 07:00

Image de campagne

Ça l'affiche mal

La rupture ! Sacré nom de nom, la rupture, encore et toujours la rupture.Voilà le leitmotiv de l'homme qui casse tout. Garnement, il devait réduire en miettes tous ses joujoux. Il casse tout. Il nous les briserait, même, à en croire ses détracteurs de la première heure. La rupture, il la vante, s'en revendique jusque sur ses affiches de campagne.En 2007, il nous regardait en face, « Ensemble, tout devient possible » semblait-il dire. Derrière lui, un vague paysage de campagne. Il n'y avait pas âme qui vive. La campagne était floue, non identifiable, déserte. Nous avions un homme accompagné par le néant.En 1981, Mitterrand nous en avait déjà servi une, avec un village de la Nièvre et son clocher. La force était tranquille, comme la vie à la campagne. Giscard d'Estaing, quant à lui, président sortant s'apercevait devant un paysage industriel qu'« il fallait une France forte ». Il était temps.Georges Marchais, en 1981, « l'anti-Giscard », souriait devant une foule de travailleurs cégétistes, tandis que Jacques Chirac assis dans un salon possiblement Louis XV, photographié par Helmut Newton nous regardait dans le fond des yeux. Tout en haut, l'affiche proclamait « Maintenant, il nous faut un homme de parole. » et tout en bas, se terminait par ce slogan de marque de lessive « Jacques Chirac le président qu'il nous faut ». Finalement après avoir été bien rincés et bien essorés nous avions sans doute besoin de changement d'où l'idée de rupture.Nouvelle élection, nouvelle campagne, nouvelle affiche et nouvelle rupture. Cette fois, l'image rurale a disparu et est remplacée par une mer étale. L'homme ne nous regarde plus en face. Ne nous voit-il pas ? Ne peut-il plus nous voir ? Il fixe un point invisible à tous. Pas même l'horizon, qui est derrière lui, et vide de tout, comme le paysage campagnard de 2007. A bien le contempler cet horizon, on se rend compte qu'il n'y a rien à voir.

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