Pétula Fox
Publié le 05/11/2014

Du bon usage de la langue


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Animations, illustrations, et aussi, explorations de lieux périphériques insolites, créations de carnets de voyages entre réalité et imaginaire.

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Le 17 avril 2012 à 10:11

Ce qui fait chanter les abeilles

Un jour, on entend une féministe évoquer la forme phallique des buildings new-yorkais et on se dit que les termites doivent être de sacrés phallocrates. De la sociologie à l'entomologie, en effet, il n'y a qu'un pas, que les réactionnaires refusent de faire sous prétexte que l'homme n'est pas un animal comme les autres. Pourtant le triste sort des insectes devrait interpeler notre fibre humaniste. Prenez les abeilles. Toutes ces ouvrières qui triment dans les champs pour une caste de larves oisives et une reine aussi grasse qu'ingrate, même pas élue au suffrage universel, ça fout le bourdon. On les met en face de frelons venus d'Asie, mais elles, elles ne font pas le poids. Ajoutez à cela la précarité de leurs logements -que dis-je, leurs cellules !- on est carrément dans le surréalisme ! Et leur véhicule de fonction ? Quatre ailes, enfin, c'est ringard ! Et que fait Mélenchon ? Rien ! Ça veut tout dire ! Ah, nul doute que si elles tricotaient des sous-vêtements pour Lejaby, elles auraient voix au chapitre de l'insurrection citoyenne, les abeilles. Mais non. Pourtant, si les larmes de ces petites victimes du plus vil royalisme se mêlaient à leur pollen, nul doute que le miel produit aurait le goût de bouchon si amer du cérumen. En tout cas, personnellement, j'ai beau ne pas sortir de St Cire, je considère que l'organisation sociale de ces insectes est un vestige du passé que la marche de l'Histoire aura tôt fait de balayer. Les pesticides m'en soient témoins.

Le 6 mai 2011 à 09:36

Mort de Ben Laden

Le web pourri par de fausses citations

Le 2 mai dernier, en écho à la mort de Ben Laden, un internaute nous proposait de publier une citation de Mark Twain, "Je n'ai jamais souhaité la mort de quelqu'un, mais j'ai lu quelques nécrologies avec grand plaisir ! ". En recherchant sur le net l'origine de cette phrase, la rédaction de ventscontraires.net a très vite découvert que la version anglaise de la phrase circulait déjà massivement sur les réseaux sociaux, Twitter notamment. Dans la langue de Shakespeare et de Mark Twain, cela donnait : "I've never wished a man dead, but I have read some obituaries with great pleasure". Pour des milliers d'internautes, la citation était l'illustration parfaite de leur sentiment à l'égard de la mort du leader d'Al Qaida : un mélange de satisfaction et de refus de se réjouir de la mort d'un homme, quel qu'il soit.Parfaite illustration mais peut-être un peu trop parfaite. Car la phrase de Mark Twain a quand même un petit défaut : l'écrivain ne l'a jamais écrite ou prononcée. Il existe une autre référence avérée cette fois mais elle est l'oeuvre de Clarence Darrow, avocat américain né en 1857 et mort en 1938 : "“I have never killed a man, but I have read many obituaries with great pleasure." / "Je n'ai jamais tué un homme mais j'ai lu de nombreuses nécrologies avec grand plaisir". D'après certaines explications, la citation de Darrow se serait retrouvée à proximité d'une phrase de Mark Twain dans un recueil de citations en ligne et c'est de cette proximité que la serait née la confusion, amplifiée ensuite par la viralité d'Internet.Sur les réseaux sociaux, toujours à l'occasion du décès de Ben Laden, une autre phrase est devenue un best seller. Elle était cette fois attribuée à Martin Luther King : "I will mourn the loss of thousands of precious lives, but I will not rejoice in the death of one, not even an enemy" / "Je pleurerai la perte de milliers de vies précieuses, mais je ne me réjouirai jamais de la mort d'un seul, pas même un ennemi". Cette fois encore, l'auteur de la phrase n'était pas celui qu'on croyait. Il s'agissait en fait de quelques mots personnels postés dans un statut facebook par une certaine Jessica Dovey, une Américaine de 24 ans, professeur d'anglais au Japon, en exergue d'une véritable citation de Luther King. Les mots de la jeune femme attribués par erreur au pasteur américain ont ensuite été relayés sur son compte Twitter par un acteur et écrivain américain du nom de Penn Jillette. Et comme le brave Penn Jillette compte la bagatelle de 1 600 000 "followers", il n'en a pas fallu plus pour que la "citation" fasse le tour du monde et des réseaux sociaux.PS : la citation du titre n'est pas de Saint Matthieu.

Le 15 mai 2013 à 13:27

N'offrez jamais d'oeillets à une comédienne

Au théâtre, l'habitude est de se lancer, exagérément, des fleurs, des flatteries. Même si, en coulisses, c'est un autre son de cloches. Mais les fleurs ne sont pas toujours métaphoriques. Ainsi, à l'issue de la Première, il est bienvenu d'offrir des bouquets, surtout aux comédiennes. Attention : pas n'importe quelles fleurs. Roses, tulipes, marguerites d'automne, si vous voulez, mais pas d'oeillets ! C'est un interdit. Comme de traverser la scène en sifflant ou de porter des costumes verts. Cet interdit remonte au XIXe siècle. Il est, donc, de tradition récente. Il s'explique ainsi :Les comédiens étaient, alors, engagés à l'année. Sans contrat écrit comme c'est le cas aujourd'hui. C'était le langage des fleurs qui était en jeu. Quand le directeur du théâtre envoyait des roses à une comédienne, c'est qu'il renouvelait son engagement. En revanche, quand il lui envoyait des oeillets, il lui signifiait qu'il se passerait de ses services. Un peu d'historique concernant les fleurs à offrir : si, au XVIIe siècle, la jacinthe a évincé la tulipe dans les champs de fleurs hollandais, la rose a remplacé l'oeillet à la fin du XIXe siècle. C'est ainsi que, pour faire la promotion des roses, un accord avait été passé entre les marchands de fleurs et la comédienne Sarah Bernhardt (1844-1923). Au moment des représentations de Lorenzaccio de Musset, en 1893, elle se faisait photographier – ce fut la femme la plus photographiée de son époque – entourée de roses... gratuites. Si l'on se réfère à la langue verte, recevoir des oeillets correspond à l'avoir dans l'os, dans le baba, dans l'oeillet. Les livres ne disent pas ce qu'il en était pour les comédiens. Recevaient-ils, aussi, des fleurs ? Ne leur envoyait-on pas plutôt une boîte de cigares en cas de non-renouvellement d'un contrat tacite ? Allez savoir...  

Le 26 novembre 2014 à 10:19
Le 26 mars 2013 à 10:53

Toulouse: il se fait abattre de 46 balles dans le corps pour avoir demandé un « pain au chocolat »

C’est une histoire qu’on préférerait être une blague. Mais la tragédie, elle, est bien réelle. Hier aux alentours de 16H15, dans une boulangerie du centre-ville de Toulouse, Benjamin Malot, un jeune touriste parisien de 26 ans a été brutalement mis à mort. Son crime ? Avoir demandé à la boulangère un « pain au chocolat » et non une « chocolatine» comme on l’appelle dans le sud-ouest. Récit. Un drame à cause d’une viennoiserie Liliane, 52 ans a été le témoin privilégié de ce terrible fait divers qui s’est déroulé dans cette petite boulangerie située à deux pas de la basilique Saint-Sernin : « Le garçon est entré tout souriant dans la boulangerie. La boulangère était très gentille également. Très polie, comme à son habitude. Puis il a fait sa commande et c’est là que ça a dégénéré. » Benjamin Malot demande alors un sandwich nordique, un canette de soda mais surtout demande un « pain au chocolat ». Ignorant qu’à Toulouse et dans la région, les habitants appellent ça une chocolatine. La boulangère entre alors dans une violente colère, comme le raconte Liliane : « Elle s’est mise à lui crier dessus, en lui disant « C’est à moi que tu parles ?! C’est à moi que tu parles ?! » La patronne sort ensuite un pistolet semi-automatique 9mm et le décharge intégralement et à bout portant dans la poitrine du touriste parisien. Plusieurs minutes passent, la boulangère semble se calmer. Elle enchaîne même quelques commandes de clients entrés dans sa boulangerie entre temps. Patrick fait partie de ces clients arrivés sur place après le début de l’incident : « On la sentait encore sous pression. Je lui ai demandé ce qui se passait. Elle m’a raconté le comportement de cet homme puis elle s’est à nouveau énervée et s’est remise à tirer sur lui alors que de toute évidence il avait l’air déjà mort. » Sylvie, la boulangère enragée tire donc à nouveau sur le cadavre de Benjamin Malot. Les témoins affirment l’avoir vu recharger trois fois son arme et les policiers chargés de l’affaire ont également confirmé la présence de 46 balles dans le cadavre du jeune homme. Une province qui se radicalise ? Si cette nouvelle a semble-t-il indigné bon nombre de personnes, à Toulouse et dans le Sud-Ouest, on essaie de relativiser la gravité de ce crime : « On se renseigne un peu sur les traditions et les coutumes de l’endroit où on se rend. C’est comme si je décidais d’aller à la Mecque avec une caricature de Mahomet sur mon T-Shirt. Ce qu’il a fait là le gars, c’est plus de l’inconscience qu’autre chose. » commente un autre habitué de la boulangerie toulousaine. Ce fait divers, même s’il devrait être classé sans suite par la justice toulousaine, pourrait bien porter à conséquence à l’échelle nationale. En effet, ce genre d’incidents semble se multiplier un peu partout sur le territoire et les pouvoirs publics se disent « vraiment très très inquiets ». On se souvient notamment qu’il y a 2 mois, une famille originaire de Lille avait été lynchée à mort sur la place de la Victoire à Bordeaux pour avoir appelé par mégarde une « poche » un « sac ». Le Gorafi Photo: Luc Latour / Wikicommon

Le 15 juin 2014 à 09:07

Quatre témoignages

Hier, j’ai découvert que j’avais deux sexes, l’un mâle, l’autre femelle, situés l’un derrière l’autre peu après le segment abdominal. Je me suis rendu compte de ce phénomène fortuitement, alors que je faisais l’amour avec Christine. Mon pénis copulateur s’est soudain gonflé et, poussé par un désir irrépressible, j’ai pénétré l’oviducte de ma compagne du jour et j’ai éjaculé. En me retirant, j’ai entraperçu ce second sexe. La chose m’a particulièrement troublé et j’ai fait des rêves étranges dans lesquels Christine s’appelait Christian et me caressait de ses chélicères poilus. Ce matin, quelle n’a pas été ma surprise de me réveiller excité sexuellement, et de constater que mon pénis s’était introduit dans mon propre orifice femelle. J’ignore si tout cela est tout à fait normal. Il faudra que j’en parle. (1)C’était mon premier rendez-vous avec Karim. Il se tenait derrière moi, il me tenait le thorax de ses mandibules et s’agrippait comme un forcené. D’un coup, ce type a introduit ses organes génitaux dans mon vagin, jusqu’à me faire saigner. Au bout de cinq minutes, ça a été plus fort que moi, j’ai étendu ma pince-mâchoire gauche jusqu’à son crâne poilu. Et je l’ai serré jusqu’à le broyer. Karim avait beau avoir la cervelle en bouillie, cet abruti continait de me besogner comme si de rien n’était. J’étais absolument furieuse. C’est peut-être pour cela que, lorsque ce con a éjaculé, je l’ai décapité et je l’ai dévoré. (2)Josiane m’a regardé avec tendresse, longuement, comme si elle avait plein d’yeux, en frottant ses pattes poilues l’une contre l’autre. Alors, pour la séduire, j’ai vomi sur la table la totalité de mon repas de midi. Pendant que Josiane, surexcitée, commençait à manger avec appétit en aspirant avec sa trompe, ses palpes et ses lobes spongieux, je suis monté sur elle par derrière et j’ai commencé à frotter mon abdomen contre le sien. Je n’en pouvais plus, alors j’ai introduit mon pénis dans son oviducte le plus profondément possible. J’ai joui et je suis aussitôt parti, puisque Cynthia et Souahila m’attendaient à la table voisine. (3)Vanessa était en noir. Elle a répandu autour d’elle une odeur de sexe et de sueur, elle a exhibé ses cires cuticulaires luisantes, et ça m’a rendu dingue. J’ai tout de suite commencé à parader autour d’elle, en redressant les ailes à la verticales. Vanessa est monté sur mon dos pour me lécher les glandes tergales, qui sentent bon le caramel, et j’ai étendu mon abdomen sur elle pour agripper sa glande pygidiale et son ovipositeur. Vous imaginez comme j’étais surexcité. Alors, Vanessa s’est un peu tournée et je l’ai transpercée de mon dard là où j’ai pu, en fait, je crois bien que je lui ai mis deux fois, une fois dans la patte avant, et une fois dans l’œil. Alors j’ai joui intensément dans la chaleur de sa carapace, et ma semence s’est mise à circuler dans son sang jusqu’aux ovaires. Quand elle a été fécondée, j’étais parti depuis longtemps. (4) (1) La mygale(2) La mante religieuse(3) La mouche(4) La blatte

Le 3 août 2011 à 08:19
Le 21 mars 2013 à 08:48

"Prenez mon ours !"

Au théâtre, s'il y a des chats (avoir un chat dans la gorge, Agnès et son petit chat qui est mort), des hirondelles (celui ou celle qui rôde autour de la boîte à sel, l' « accueil » d'aujourd'hui, les soirs de Première, pour obtenir une place gratuite), des mouches (un terme d'éclairage), des lièvres (la patte-de-lièvre étant une sorte de houppette utilisée pour le maquillage, des rats (les machinistes qui travaillent dans les dessous d'un théâtre à l'italienne, les soutiers), des sauterelles (une sorte de crochet), des saumons (un morceau de fonte servant à fixer les portants au sol), des cygnes (les cloisons en forme de col de cygnedes loges d'une salle à l'italienne), à notre connaissance, il n'y a pas de cochons. En revanche, il peut y avoir des ours. Dans l'argot des coulisses, c'est une mauvaise pièce, qui dort dans les cartons d'un auteur. Au XIXème siècle, elle pouvait dormir dans les cartons d'un directeur de théâtre qui, à défaut d'une meilleure proposition, pouvait la sortir d'un oubli profond. Il était en mesure, alors, d'exiger de l'auteur de lécher son ours, autrement dit de parfaire son œuvre, comme l'oursonne lèche son ourson pour l'amener au meilleur de sa forme. Le mot « ours » a une origine historique pris dans un contexte théâtral : le comédien Odry jouait le rôle d'un montreur d'ours dans une folie-vaudeville, L'Ours et le Pacha, créé aux Variétés le 10 février 1820. Il était amené à répéter à tout propos : « Prenez mon ours ! Mon ours danse la gavotte, prenez mon ours ! Il pince de la guitare, prenez mon ours ! » A cause du succès de la pièce – jouée cinq cents fois – la formule « prenez mon ours », répétée à satiété, devint la formule consacrée des directeurs de théâtre, quand ils voyaient arriver un auteur, un manuscrit sous le bras. Les circonstances de l'apparition de la formule sont renforcées par l'image de l'ours qui hiberne, pour se réveiller aux beaux jours. Comme lui, la pièce dort pour arriver sur la scène au moment propice.

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