Lionel Serre
Publié le 15/11/2014

Première traduction d'Hamlet en langue de boeuf !


Né en août 1979, à Montluçon, petite ville du centre de la France, j’ai rejoint Paris pour des études supérieures en communication visuelle. Après plus de dix années de direction artistique acharnée en agence de publicité, je me suis éloigné du millieu de la communication pour retrouver mes esprits, un bon usage de la parole et du dessin. J'exerce aujourd'hui mon activité d’illustrateur autodidacte et indépendant à Nogent-sur-Marne. 

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Le 23 octobre 2013 à 08:10
Le 17 février 2015 à 08:40

Maman reste en tête des sondages avec ses frites au four maison

Avignon – Mme Sabrina Guérin occupe toujours la place de membre préféré de la famille Guérin selon un sondage mené par l’institut SOFRES auprès d’un panel représentatif de toute la famille1. La mère de famille récolte plus de 75% d’opinions favorables, et reste donc grande favorite pour les prochains conseils de famille. Sabrina Guérin n’a pas souhaité réagir à ce nouveau sondage qui la place en tête dans le cœur de la famille Guérin. Contactée par téléphone, la jeune femme déclare ne vouloir « ni commenter, ni organiser son planning en fonction des sondages auxquels on peut toujours faire dire tout et son contraire ». La jeune femme continue donc de caracoler en tête des sondages malgré une cure d’austérité mise en place depuis la rentrée de septembre. Les membres de la famille Guérin justifient leur choix en invoquant la cuisine de Sabrina, et notamment ses frites au four maison du dimanche midi, mais semblent aussi apprécier son impartialité quant à la prise de décision concernant toute la famille. Des frites maison dénoncées par l’opposition en la personne de Sacha, le mari de Sabrina qui parle d’une « vieille recette que tout le monde connaît ». Le père de famille accuse le coup avec une baisse de 8 points et passe en troisième position du classement, dépassé par la cadette de la famille, Aurore, auréolée de ses bons résultats scolaires. Sacha paie sans doute son manque de transparence quant à son emploi du temps et ses retards inexpliqués à la sortie du boulot le soir. Enfin rien ne va plus pour le petit Nicolas. Empêtré dans un scandale d’évasion fiscale depuis qu’il a été surpris en possession de devises du trésor familial à l’extérieur de la maison, le benjamin de la famille plonge à la dernière place du classement. A douze jours du prochain conseil de famille, il se murmure dans les rangs de l’opposition qu’une entente entre Sacha et son fils Nicolas pourrait être envisagée en vue d’une coalition visant à déstabiliser le pouvoir en place. Une rumeur qui ne semble pas inquiéter outre mesure Sabrina Guérin, qui assure avoir toute confiance dans le front républicain mis en place avec sa fille Aurore. *Enquête réalisée auprès des quatre membres de la famille Guérin Le Gorafi Photo: iStock  

Le 22 février 2015 à 08:09
Le 16 juillet 2010 à 01:48

Programme-toi dans le off en hiver

Conseil Citoyen 8

Te voici reparti avec tes compagnons Comme chaque juillet faire votre Avignon.Vous pensiez en jouant de jour en extérieur Faire l’économie d’un jeu de projecteurs, Mais faisant profession que rien ne vous encombre, Vous optez cette année pour du Théâtre d’ombres. Vous avez donc loué en vous pliant en quatre Ce que seul Avignon veut appeler Théâtre. Ça ne coûte pas plus qu’à d’autres leurs cigares, Mais pour vous quatre c’est onze mois sans écart Pour avoir le loisir de déplier un drap Et le tenir tendu une heure à bout de bras. Ainsi vous allez donc, tractant et paradant, Pliant et dépliant, heureux et nonchalants, D’autant que cette année tu sens le bon karma Qui vous fera sortir de votre anonymat ; Tu viens de rencontrer un gars qui t’a promis De te faire connaître un de ses vieux amis Qui peut te présenter la fameuse Corinne Qui travaillait, un temps, au restaurant du « in ». Elle cherche un spectacle où les gens ne vont pas Jouant comme le tient à l’heure des repas Car avec son amant, sur la rangée du fond, Ils peuvent sans témoin s’envoyer au plafond. Mais cela, t’a-t-on dit, pourrait-être ta chance Car l’homme est groniqueur au journal « La Provence ».   Puis-je sans te fâcher avancer un conseil Qui n’a d’autre ambition que sonner ton réveil. Puisque pour Avignon sans fin tu persévères, Pourquoi ne pas aller y jouer en hiver ? Imagine un instant cent mille âmes recluses S’emmerdant sous la neige en plein cœur du Vaucluse. Les hôteliers, pour vous, ouvriront grands leurs draps Et vous feront goûter à leurs prix les plus bas. Et si pour vous sentir encore festivaliers Vous préférez aller à plus simple taulier, Le camping est à vous. Avec le reliquatVous pourrez vous offrir un vrai pontificat : Un théâtre à vous seul, une scène et des loges, Les copains de Corinne abondant en éloges, Un vrai pot de première ; canapés et gratin Et un portrait couleur dans Vaucluse Matin. En plus, l’ombre chinoise au cœur de la Provence Ne souffre, à mon avis, d’aucune concurrence.

Le 30 novembre 2011 à 09:00

Conversation entre un dépressif et un terrien

Texte inédit de David Foenkinos

Le dépressif : Je voulais te dire quelque chose.Le terrien : Oui.Le dépressif : En ce moment, je vois quelqu’un.Le terrien : Moi aussi.Le dépressif : Quoi ? Toi aussi, tu vois quelqu’un ?Le terrien : Ben oui. Je te vois toi. Tu es en face de moi.Le dépressif : Mais non… je parlais de voir quelqu’un.Le terrien : Quelqu’un ? Je le connais ton quelqu’un ?Le dépressif : Ben non. Je ne crois pas. En général, c’est mieux de voir quelqu’un qui n’a pas de relation avec son entourage.Le terrien : Je ne te suis pas du tout.Le dépressif : Je vois un psy quoi !Le terrien : Ah d’accord. Tu aurais dû le dire toute de suite. Je n’ai jamais compris cette manie de dire quelqu’un pour parler d’un psy. C’est la seule profession qu’on ne dit pas, c’est louche, non ?Le dépressif : Si tu veux tout savoir, je ne réfléchis pas à ça en ce moment.Le terrien : Et pourquoi pas le boucher ?Le dépressif : Quoi, le boucher ?Le terrien : Pourquoi on ne dirait pas « quelqu’un » pour parler d’un boucher. Quand tu vas acheter de la viande, tu dis à ta femme que tu vas voir quelqu’un. C’est pas plus con. Tiens, moi je vais faire ça. A partir de maintenant, mon quelqu’un c’est le boucher.Le dépressif : Bon je crois que je n’aurais pas dû venir te voir.Le terrien : Oui, pardonne-moi. C’est ton quelqu’un qui m’a embrouillé. Je ne supporte pas qu’on ne définisse pas les choses. Tant qu’on y est, on pourrait dire que « quelque part » c’est la Suisse. Et même la Suisse du Sud, si je veux.Le dépressif : J’ai l’impression que tu ne vas pas fort en ce moment. Je me demande si tu ne devrais pas voir quelqu’un.Le terrien : Ah, non j’ai déjà mangé de la viande hier.

Le 28 mars 2011 à 10:31

Libérez la fiction !

Quand j’étais gosse, le dimanche chez ma grand-mère, je m’ennuyais ferme, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Ses magazines, parfois. Je me souviens, j’étais frappée par la mention Vu à la télé qui ornait les publicités. Dans les années 70, coller ce bandeau sur un produit c’était lui attribuer un sacré gage de fiabilité, la légion d’honneur. Ça faisait vendre. Depuis quelque temps, un label du même genre est apparu, sur les affiches de films. Vous avez le choix entre Inspiré de faits réels ou D’après une histoire vraie. Cette étiquette est elle aussi censée rassurer. Elle dit au spectateur : « Attention l’ami, ce que tu vas voir n’est pas né de l’imagination féconde d’un artiste, parle pas de malheur, c’est arrivé pour de bon. Certes, un scribouillard a mis l’histoire en forme, mais elle aurait pu être écrite par un autre, car l’auteur là on s’en tape. L’essentiel c’est que TOUT ce qu’on te raconte soit vrai. » Ce label Vrai de chez vrai, il me hérisse, et je reste polie. Pourquoi la réalité serait-elle plus intéressante que la fiction ? D’où ça sort, qui l’a décrété ? C’est juste une manière de museler les créateurs en laissant entendre qu’ils n’ont plus rien à dire, une façon sournoise d’endormir les spectateurs aussi, de bouter l’inventivité hors de la cité. La vraie vie est un matériau superbe, on le sait merci, mais elle n’est pas l’œuvre finale. Un artiste s’en nourrit par bouchées mais après il la digère, il la recrache avec ses tripes à lui, son point de vue. Créer n’est pas recopier. Jusqu’à présent, il semble que le théâtre soit à peu près épargné par ce fléau. Tant mieux. Car je ne veux pas savoir si Othello a existé en chair et en os, je me fous de croiser Vladimir et Estragon sur le trottoir d’en face. En vérité je vous le dis : j’ai horreur du réel !

Le 16 mai 2011 à 11:55

Concours Semianyki, nous avons une gagnante : Virginie T.

Le lècheculisme a triomphé ! Le 7 mai dernier, nous vous proposions de nous tresser des lauriers pour nous convaincre de vous offrir deux places pour le sublime spectacle des Semianyki et nous avons pu constater que vous étiez de redoutables experts en la matière. Parmi le flot sirupeux de messages aussi dithyrambiques que flagorneurs, notre jury a décidé de sélectionner la sympathique Virginie T. (lisez donc ceci à haute voix, ça pourrait vous amuser autant que nous) pour son émouvant compliment parfaitement intéressé. Elle aura donc la chance et le privilège de découvrir à la fois le Rond-Point et le spectacle des Semianyki. Elle nous a bien ciré les pompes, là voilà logiquement vernie.Bonjour à vous, équipe de ventscontraires.net. Ce mail fait suite à votre sollicitation ouverte de cirage de pompes (article publié le 7 mai dernier). Ma démarche est donc simple : vous convaincre que je mérite plus que d'autres ces deux places offertes. Moultes possibilités s'offrent donc à moi : vous stimuler par des photos dénudées (mais finalement non), vous donner un pot de vin (peu logique ici), vous supplier platement de m'offrir ces places (ce n'est malheureusement pas vraiment mon genre)... Je finis donc par penser que je vais simplement opter pour une solution simple : celle de la dérision, merveilleusement bien choisie et amenée, par vous-même, dans cet article (premier crachat sur vos chaussures). J'y mêlerai un peu de compassion, en vous parlant de mon statut de stagiaire dans le milieu culturel, ne me donnant pas accès aux invitations et autres places gratos bling bling (sentez-vous ce délicat mouvement de chiffon sur vos chaussures ?), et puis surtout de l'honnêteté, en vous avouant que je ne suis encore jamais venue au théâtre du Rond-Point et que ma soif de culture doit être apaisée par ce merveilleux endroit (ne cachez pas votre joie, oui, vos chaussures sont encore plus étincelantes qu'à l'achat ! ). En vous remerciant d'avoir lu ces quelques lignes vénales. J'espère au moins vous avoir fait sourire, et en vous souhaitant une bonne journée, j'espère très fort pouvoir vous dire "à bientot !" Virginie T.

Le 3 décembre 2012 à 09:47
Le 4 septembre 2011 à 08:55
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