Paul Martin
Publié le 16/12/2014

la hotline du paradis


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 22 janvier 2015 à 08:36
Le 21 novembre 2010 à 23:44

"Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas"

Jean-Luc Mélenchon, congrès du Parti de Gauche, Le Mans, 21 novembre 2010

C’est beau comme du Shakespeare, même si Macbeth est plus lucide lorsqu’il déclame : « La vie est un conte raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur, qui ne signifie rien » (acte V, scène V). « Méluche », comme le surnomment ses camarades de troupe, ne veut pas en tout cas qu’on le prenne pour un idiot utile, acharné qu’il est à retourner ce rôle de benêt dévolu historiquement aux compagnons de route des communistes, contre Marie-Georges Buffet et son parti enjoints à jouer les supplétifs de sa candidature élyséenne en 2012. « Méluche » encore, n’est pas davantage habité par l’absurde de la vie. Il est de ceux qui préfèrent Sartre à Camus, ce qui est bien pratique quand il s’agit de s’abriter derrière l’auteur des « Mains sales » pour justifier d’avoir traité David Pujadas de « salaud ». Un tel esprit fort ne peut donner le meilleur de lui-même que dans le tumulte et le fracas de la tempête, mais de celles qu’il provoque, comme Prospero, de sa propre volonté. Avec un tel artiste le spectacle est assuré pour une campagne présidentielle, les tournées précédentes ayant à force épuisé les grandes gueules des bords extrèmes. Dans un registre jupitérien Mélenchon veut renouveler le répertoire. Encore faut-il que la foudre déclenchée ne lui fasse pas péter les plombs, et qu’il veille bien à ne pas s’asseoir par mégarde sur le paratonnerre.  

Le 27 juillet 2014 à 07:03

Joseph Déjacque (1822-1864) : "Des esclaves de fer à vapeur ou à électricité"

Les cracks méconnus du rire de résistance

Le premier à avoir fait tinter le néologisme "libertaire" ? L'irritable tapissier Déjacque atteint le summum subversif-carabiné avec trois chefs-d'œuvre : Les Lazaréennes (1851), une mosaïque de fables et de poésies incendiaires, La Question révolutionnaire (1854), un appel à la guerre prolétarienne et la guerre servile « qui feraient craquer les États et les os des exploiteurs de ces États », et l'incroyable Humanisphère, utopie anarchiste (1857) sur laquelle nous allons vite revenir. Notons juste avant ça que Joseph Déjacque semble être le premier insurgé à avoir fait tinter le néologisme « libertaire ». C'était en mai 1857, à la Nouvelle Orléans, où il s'était réfugié après avoir incommodé beaucoup de monde avec ses écrits inouïment outranciers. Sans le moindre sens de la mesure ou de la litote, sans jamais moucheter tant soit peu ses fleurets, le pamphlétaire s'en permet en effet des belles avec un humour trash qui n'est pas alors perçu comme tel. C'est ainsi que pour préparer le « simoun révolutionnaire » contre « l'oppression bourgeoise et princière », il exhorte « la plèbe des ateliers » à combiner ses forces avec celles de « la plèbe des bagnes », et s'adresse directement aux assassins et voleurs afin qu'ils aident les pue-la-sueur en colère à « porter la perturbation chez les civilisés » et à « élever leurs attentats quotidiens contre la vie et la propriété des riches à la hauteur d'une insurrection sociale ». Tous les schémas marxistes volent donc ici en éclats. Pour Déjacque, comme plus tard pour un Bakounine qui se tournera également vers les brigands mais d'une façon moins paroxystique, la classe des révolutionnaires en branle-bas de combat, ce n'est pas la classe des seuls prolos, c'est la classe de « tous ceux qui souffrent et veulent jouir ». Parmi les moyens de luttes souhaitables, il va même jusqu'à inclure la satire féroce à la Stéphane Guillon et, on croit rêver, la transgression extra-conjugale. « Debout tous !Et par le bras et le cœur,Par la parole et la plume,Par le poignard et le fusil,Par L'ironie et l'imprécation,Par le pillage et l'adultère,Par L'empoisonnement et l'incendie (…)Faisons la guerre à la société ! » Contre la dictature du prolétariat Ce qui choquera aussi beaucoup de camarades conspirateurs de Déjacque robespierristes ou babouvistes, c'est qu'il s'oppose à ce que les « tremblements de têtes » qui s'annoncent débouchent sur la dictature du prolétariat. « Un comité dictatorial composé d'ouvriers est certainement ce que l'on pourrait trouver de plus gonflé de suffisance et de nullité et, par conséquent, de plus anti-révolutionnaire. » « Ce qu'il faut, c'est autant de dictateurs qu'il y a d'êtres pensants, hommes ou femmes, dans la société, afin de l'agiter, de l'insurger, de la tirer de son inertie. » Il fallait y penser : la toute-puissance dictatoriale pour tous dans un monde où « les caprices sont les besoins » à satisfaire, où « tous les révolutionnaires veulent le développement intégral de leur nature multiple ». Ce jardin des Hespérides, que les très conformistes historiens de l'anarchie Claude Harmel et Alain Sergent n'ont su voir que comme une « écœurante fadaise », aucun utopiste, hormis bien sûr Fourier, et puis encore Cœurderoy, aucun des gaillards dévorés par le désir de « donner un nouveau moule à l'embryon humain » ne l'a rêvé plus chouetto que Déjacque. Des esclaves électriques ou à vapeur, robots ménagers rêvés par Déjacque « La science a détruit ce qui est le plus répugnant dans la production, et ce sont des machines à vapeur ou à électricité qui se chargent de toutes les grossières besognes. Ce sont elles qui lavent les couches, nettoient le berceau et préparent les bains. Et ces négresses de fer agissent toujours avec docilité et promptitude. Leur service répond à tous les besoins. C'est par leurs soins que disparaissent toutes les ordures, tous les excréments ; c'est leur rouage infatigable qui s'en empare et les livre en pâture à des conduits de fonte, boas souterrains qui les triturent et les digèrent dans leurs ténébreux circuits, et les déjectent ensuite sur les terres labourables comme un précieux engrais. C'est cette servante à tout faire qui se charge de tout ce qui concerne le ménage : elle qui arrange les lits, balaye les planchers, époussette les appartements. Aux cuisines, c'est elle qui lave la vaisselle, récure les casseroles, épluche ou ratisse les légumes, taille la viande, plume et vide la volaille, ouvre les huîtres, gratte et lave le poisson, tourne la broche, scie et casse le bois, apporte le charbon et entretien le feu. C'est elle qui transporte le manger à domicile ou au réfectoire commun ; elle qui sert et dessert la table. Et tout se fait par cet engrenage domestique, par cette esclave aux mille bras, au souffle de feu, aux muscles d'acier, comme par enchantement. Commandez, dit-elle à l'homme, et vous serez obéi. Et tous les ordres qu'elle reçoit sont ponctuellement exécutés. Un humanisphérien veut-il se faire servir à dîner dans sa demeure particulière, un signe suffit, et la machine de service se met en mouvement : elle a compris. Préfère-t-il se rendre aux salons du réfectoire, un wagon abaisse son marche-pied, un fauteuil lui tend les bras, l'équipage roule et le transporte à destination. Arrivé au réfectoire, il prend place où bon lui semble, à une grande ou à une petite table, et il mange selon son goût. Tout y est en abondance. » Ajoutons que dans le nouveau monde déjacquesque, « L'on prendra les noms et les prénoms qui nous conviennent », qu'on y pourra changer quotidiennement de palais, que la « liberté de l'instruction » s'y fondra en « instruction de la liberté », que l'on pourra s'y vêtir de la plus invraisemblable manière, qu'on y sera chacun son propre docteur miracle et son propre apothicaire, que l'on ne s'y séparera pas tout à fait des morts aimés puisqu'on les utilisera comme engrais, qu'on y « commandera aux saisons », et que les loupiots pourront y enfourcher des bêtes fauves « comme des dadas », « les phénomènes et les utopies n'étant des phénomènes et des utopies que par rapport à notre ignorance ». À lire : Autour de la question révolutionnaire de Joseph Déjacque (http://mutineseditions.free.fr/)

Le 30 septembre 2011 à 08:22
Le 27 septembre 2011 à 11:18

Jean-Paul Clébert, clochard céleste

Portrait 25

Jean-Paul Clébert a été surnommé un temps, le clochard qui a failli avoir le prix Goncourt. Jean-Paul Clébert est né le 23 février 1926 et il est mort la semaine dernière, le 21 septembre 2011. Dans son nom, Jean-Paul Clébert est à une voyelle de clébard. Après avoir été cheminot, trimard, résistant puis avoir parcouru l’Asie, il tape la cloche dans le beau Paris Insolite des années cinquante. Ses compagnons de route ? Doisneau, Giraud, quelques surréalistes, quelques situationnistes. Il écrit au dos des paquets de gauloise après avoir découvert Bourlinguer de Cendrars. C’est lui qui l’introduira chez Denoël. Son seul maître, avec peut être Henry Miller à qui il fait visiter les bordels Parisiens. Clébert parlait des gitans, des arabes, des juifs, des caniveaux, des chiens, des petits matins rouges, des ficelles, des putes, des chineurs, de la faim et du vin. Il n’idéalisait rien et surtout pas la misère. Il montrait ce que personne n’en connaissait, sa beauté, sa fierté, son courage. Il était venu finir sa vie pas loin de chez moi, dans les collines du Luberon, loin du Paris frimeur qu’il ne reconnaissait plus, écrire des livres sur l’ail ou la Provence. Mais il sera resté jusqu’au bout du même bord ; «avec ces hommes qui crèvent de  faim, se foutent pas mal des beautés de la liberté et de la marche à pied, ont misé sur l’avenir et le boulot bien fait et dont on apprend du bout des yeux le décès dans la colonne des faits d'hiver, vieux et vieilles morts solitaires dans un taudis innommable, ou rongés tout vivants sur leur grabats par les rats». Les éditons Attila ont rééditées son Paris Insolite il y a deux ans.

Le 1 avril 2015 à 08:22
Le 11 février 2013 à 15:06
Le 18 août 2013 à 09:52

Cheese

J'aimerais, une fois n'est pas couture, profiter de cet espace mis à ma disposition pour parler de quelque chose d'important. Pousser un cri d'alarme. Ça va cinq minutes de faire le guignol, mais il y a des moments où il faut savoir rester sérieux. Il y a des sujets avec lesquels on ne peut pas plaisanter. En réalité, je ne vois qu'un seul sujet avec lequel on ne peut pas plaisanter : le fromage.C'est pourquoi, j'aimerais le dire une fois de plus, car je constate, hélas, qu'il y a encore des gens qui l'ignorent. Et l'ignorance, comme on le sait, est mère de tous les vices.Il n'y a pas, il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de trous dans le Gruyère. Quand vous dites : "ohlala, c'est un vrai Gruyère", en parlant, je ne sais pas, moi, d'un ami à vous, par exemple, vous voulez dire qu'il vient de la riante ville de Gruyères, qu'il est un peu jeune et risque de faire trancher la fondue, qu'il est savoureux, débrouillez-vous, c'est votre ami, pas le mien, mais en aucun cas vous ne voulez dire qu'il est très troué.Je ne sais pas comment cette méprise est née. Peut-être d'un fromager qui avait un défaut de prononciation, il n'arrivait pas à dire "Emmental" alors il a appelé ça "Gruyère", c'est vrai que c'est assez voisin, comme sonorité, et comme c'était un fromager connu, c'est resté. Peut-être est-ce simplement le signe d'un complot mondial pour nuire à la réputation des fromages suisses. Peut-être, plus simplement, s'agit-il d'inculture : un malencontreux vendeur aura confondu, avec une touchante sincérité, un divin Gruyère avec un caoutchouteux Emmental mais, avec le bagoût qui le caractérie, aura réussi à semer le doute dans les esprits, au point qu'aujourd'hui, des millions de gens confondent. Parfois, on ne croit pas celui qui a le plus raison, mais celui qui parle le plus fort. Cela s'est vu, par le passé : ainsi, on a réussi à faire croire au monde entier qu'il traversait une terrible période de crise et que ça allait pas en s'améliorant, et donc que c'est pas le moment de faire la fine bouche au rayon fromages étrangers, juste en le disant souvent et très fort, on peut bien réussir à lui faire avaler n'importe quel fromage.

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