Paul Martin
Publié le 19/12/2014

L'au-delà


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 21 octobre 2010 à 08:00

À vendre : 1 gramme d'espoir

Carte postale du Chili

Madame, Monsieur, Après quelques semaines d’absence, la Régie revient sur les ondes contraires avec dans sa valise une exclusivité qui vous laissera sans voix. En ces temps de doute, de peur et d’introversion, la Régie vous propose d’acquérir, et ce pour quelques euros, l’objet qui, en toutes circonstances, vous redonnera goût à la vie.Quel est ce miracle de poche ?  Un flacon, madame, monsieur. Et que contient ce flacon ? L’espoir !!! Précisément, 1 gramme d’espoir ! Durant son absence, la Régie n’a pas perdu son temps. Profitant d’une convalescence bien méritée au Chili, elle s’est rendue pour vous sur le toit du monde médiatique, à 700 mètres au-dessus des 33 mineurs piégés sous la terre de San José. Quelle expérience formidable que de sentir la ferveur de ces familles dans l’attente du retour de leur pères, frères ou fils. Quel suspens ! Quelle intrigue ! Seront-ils présents pour Noël ? Comment font-ils pour assouvir leurs besoins naturels ? Ont-ils Internet ?  Bref, c’est là, assis à l’ombre d’une TVmobile, éclusant un café d’une rare qualité en compagnie de mon nouvel ami Spielberg (qui ne faisait que passer), que l’idée m’est venue de rapporter à mes tristes compatriotes un peu de l’espoir ambiant.Ce flacon, qui se glissera avec aisance dans votre sac madame, dans votre sacoche monsieur, dans votre poche ou dans la boîte à gants de votre voiture, contient 1 gramme de l’essence de cet événement tragique et magnifique à la fois. 1 gramme mâché, gorgé, estomaqué, intestiné, colorecté… Vous suivez ? Après des jours de négociation, et quelques billets glissés dans des poches adéquates, il m’a été donné l’autorisation de prélever une centaine de kilos d’excréments de nos 33 mineurs. Excréments que j’ai soigneusement fait trier, découper, peser et tailler par un diamantaire local rencontré lors d’une de ces soirées privées qui se tenait tard le soir à l’abri des regards du monde. Cher compatriote dépressif, que vous soyez le travailleur entassé dans le trop plein d’un métro en grève ou que vous soyez le gréviste dans l’attente vaine d’une réaction d’un gouvernement autiste, n’attendez pas le burn out ! Ouvrez votre flacon d’espoir, plongez-y le nez, et inspirez un bon coup… Voilà, ça va déjà mieux ! N’hésitez plus, commandez sans plus attendre votre gramme d’espoir en flacon. Attention, il n’y en aura pas pour tout le monde ! Profondément, La régie 

Le 14 août 2012 à 08:55

T'as d'bio ch'veux tu sais

Pubologie pour tous

Il était une fois de banals « tests quali ». La marque, appelons-la Blup, voulait savoir s’il suffisait de dessiner des fleurs et des fruits sur ses emballages pour que les consommateurs croient que ses produits étaient naturels. Blup a donc réuni des vrais gens (qu’on appelle « consos » dans la pub) par petits groupes autour d’une table, pour les faire parler de Blup et de la nature et bien écouter leur avis de vrais gens. Et Blup a compris que le consommateur gavé à l’huile de palme et aux OGM, des fois, il se méfie. Des fois, quand il lit la composition de son shampooing que la pub elle dit qu’il est tellement trop naturel qu’il a été recueilli directement à une source de shampooing qui coule dans les montagnes, et qu’il voit qu’il contient du paraben et 0,1% d’Ylang-Ylang, le consommateur il se dit qu’on se fout un peu de sa gueule quand même. Blup a donc lancé une gamme bio (ça marche bien le bio, les gens ils ont confiance). Mais encore faut-il l’annoncer au consommateur, qui depuis la lecture de l’étiquette de son shampooing est probablement passé à autre chose, comme marcher dans la rue en évitant les crottes de chien ou payer ses impôts en retard. Alors Blup a demandé à une agence de pub de lui faire une pub en lui disant en substance « Je veux un truc qui montre que Blup c’est une marque nature, mais qui montre bien que c’est bon pour les cheveux, et aussi je voudrais qu’on voie bien le produit ». Alors les gens de l’agence lui ont proposé une pub qui montre des gens avec des cheveux dans la nature et une photo du produit (on appelle ça un packshot, c’est très important le packshot). Mais Blup n’y trouvait pas assez de cheveux, de nature, et de produit. Alors les gens de l’agence ont rajouté des feuilles en flou au premier plan, plein de cheveux qui brillent, et des produits (« Non mais sérieux, ils veulent quoi avec leurs shampooings, qu’on leur en mette une brouette ? Nan parce que sérieux, je vais leur en mettre une brouette si ça continue. » Blup a beaucoup aimé l’idée de la brouette). Après plusieurs demandes d’ajout de nature, de produits et de cheveux (la petite fille blonde peut remercier Photoshop de lui avoir évité de mourir étouffée sous une perruque de paille de 6 kilos), Blup fut satisfait. Et Blup vécut heureux et eut beaucoup de sous.

Le 25 août 2010 à 08:17

Le parti du Chien à deux queues (Magyar Kétfarkú Kutya Párt)

Carte postale de Budapest

"Il est si mignon, il ne va pas te voler !"Voteriez-vous pour le nouveau parti dont les affiches ont envahi Budapest cet été ? Ce toutou à cravate qui rassemble bien visiblement sa duplicité dans une jolie double queue, promet la vie éternelle, le droit de vote aux animaux, la bière gratuite, l'abrogation des impôts, l'ouverture de relations diplomatiques avec les extraterrestres, l'entrée des virus au Parlement (sous un espace vitré pour éviter la contagion), une réforme de la météo avec neige en hiver sauf sur les routes nationales, le Rallye de Monte Carlo en Hongrie... "Le MKKP est fondamentalement différents des autres partis au sens où nos promesses ne sont clairement que des promesses. C'est un programme rationnel et urgent  pour faire décoller le pays. C'est la seule option raisonnable.", précise le programme du Chien à deux queues hongrois. Après les Turcs, les Habsbourg, une dictature fasciste qui fait alliance avec les Nazis et enfin l'occupation soviétique, les Hongrois n'expérimentent vraiment la démocratie que depuis la chute du mur. En donnant des gros coups de volant à chaque élection. Des virages de plus en plus rageurs, au vu des tombereaux de promesses non tenues par les partis qui se sont succédés au pouvoir. Cette année, le pays a fait un tête à queue à droite : les électeurs viennent de confier tous les leviers à Viktor Orban, un libéral nationaliste très sarkozyste dans sa manière de monopoliser le pouvoir. Son opposition de centre gauche s'est volatilisée au profit d'un nouveau parti populiste d'extrême droite ouvertement antisémite et bouffeur de Roms, le Jobbic ("Y'a bon à droite"). A ceux qui ne savent plus à quel bulletin se vouer, le parti du Chien à deux queues veut apporter un peu d'air frais en présentant ses candidats à la mairie de Budapest et de Szeged aux très prochaines élections municipales. Ils sont sans doute encouragés par la victoire du comique islandais Jon Gnarr à la mairie de Reykjavik en juin dernier. Après le crash qui a rendu visible à tous les Islandais la collusion entre finance et politique, son "Meilleur Parti" s'est imposé en proclamant : "Un seul Père Noël pour faire des économies, un ours polaire pour le zoo de Reykjavik, Disneyland à l’aéroport, un Parlement sans drogues d’ici 2020".Des promesses dont pourrait s'inspirer Eva Joly avec son projet de "déprofessionnalisation de la politique"...

Le 20 septembre 2012 à 08:03
Le 23 juin 2010 à 07:24

"Il ne faut jamais perdre le désespoir", Cuauhtémoc Blanco

Le match France-Mexique vu de Mexico

Ça fut la dernière phrase de Cuauhtémoc Blanco après avoir obtenu la qualification du Mexique à la coupe du monde. Huit mois plus tard, le Mexique gagne 2-0 contre la France, quatre jours plus tard on perd contre l'Uruguay, désillusion, l’espoir s’évanouit, seul nous reste « le désespoir ».  Chaque jour les choses  sont plus compliquées au Mexique : l’économie, la violence, la délinquance, tout !  Je récuse complètement ceux qui disent que le football est seulement un sport. C'est peut-être vrai pour eux, mais au Mexique c’est un phénomène social. Après la victoire contre la France, tout le pays était en fête. Imaginez une ville comme Mexico où vivent plus de vingt-deux millions de personnes, et maintenant imaginez ces vingt-deux millions dans la rue, fêtant le Mexique avec cet appétit de victoire, je dirais pas seulement une victoire sportive, mais une victoire dans la vie. La sélection mexicaine a rassemblé les rêves d’un peuple divisé, d’un peuple qui vit en état d’apathie, de famine, de pauvreté avec l’illusion de voir un jour les choses s'améliorer, et la vie leur réussir. Le football est bien plus qu'une passion, bien plus qu'un business, c’est d'avoir vu soudain un homme riche serrer dans ses bras un homme pauvre, c’est d'oublier  un instant la réalité et la souffrance. Je me souviens d’un ami qui m'a raconté la Coupe du monde en France. Quand Zidane a levé le trophée tout a paru changer. Les rues de Paris étaient bondées, les Français se sentait fiers de cette victoire, surtout face au Brésil. Je voudrais que les Mexicains vivent ce bonheur, cette sortie de la réalité – au moins un jour – un instant où tous les problèmes s’éloignent, un instant où nous nous sentons fiers d’être Mexicains. Mais la réalité aujourd’hui s'appelle Uruguay, notre réalité footbalistique (voilà un mot franco-mexicaine). La vie est comme ça, les échecs nous font regarder nos erreurs et aller de l'avant. C'est seulement en regardant notre réalité en face qu'on pourra la changer, seulement en acceptant nos faiblesses qu'on sera plus forts. Il ne faut pas rêver, il ne faut pas avoir de vains espoirs, il faut se préparer à tout. Le Mexique va peut-être perdre contre l’Argentine, mais même pour perdre il faut une préparation. Je suis probablement pessimiste, mais non, tout ce que je veux (j’allais dire « j’espère » ), c'est simplement voir un bon match entre le Mexique et l’Argentine. C’est tout.

Le 4 décembre 2014 à 11:30
Le 22 septembre 2012 à 09:10

Le problème avec ces caricatures

Le problème avec ces caricatures c’est que j’ai du mal à imaginer comment le cerveau humain peut physiquement souffrir qu’on lui ôte le droit pourtant inaliénable de se marrer, comment quiconque envisage de survivre à l’infinie absurdité de l’existence humaine sans, parfois, dans un léger élan, amorcer un salvateur petit pas de côté pour observer goguenard d’incrédulité le manège de nos vies inutiles, comment quiconque peut concevoir de survivre sans s’en extraire par le rire à un monde dans lequel, parmi la liste des atrocités perpétrées par l’Homme sur lui-même au nom de ses propres inventions, on envoie des mômes se faire péter les entrailles en se gargarisant de mille formidables raisons de le faire, que oui, j’ai de la peine à concevoir que quiconque puisse supporter l’intolérable cruauté du monde sans s’arrêter parfois pour, aussi paradoxal que ça puisse sembler, en pisser gaillardement de rire, qu’il me semble quasi-impossible de résister à la l’implosion totale de cervelle devant la vue quotidienne du spectacle barbare de la folie des Hommes, sinon en amorçant ce petit pas de recul salvateur et en s’autorisant à s’esclaffer du constat de l’ampleur de la la connerie humaine, que considérant qu’elle atteint un point où l’Homme ne peut décemment en soutenir la cruauté, il me semble impératif qu’il se désolidarise de cette humanité follement sanguinaire, en riant d’abord, en commandant un demi-pêche ensuite, puis en rêvant peut-être de toute sa naïveté à un monde de paix où chacun se tiendrait la main et ferait tranquillement pousser des pommes dans son jardin, sauf, que les dieux, visiblement, la pomme, ils ont toujours eu un problème avec. C’est ça le problème avec ces caricatures.

Le 5 février 2012 à 09:21
Le 27 janvier 2015 à 08:45

Rencontre fortuite

Ce photomontage (d'un goût douteux) à la fois lourd et léger, me permet de poser plein de questions. Depuis quelques jours, j'essaie de réfléchir sur l'irreprésentabilité dans le dessin. Comment dessiner quelque chose que l'on n'a pas le droit de représenter ? Parce que c'est clair qu'on n'en a pas le droit. Il y a eu 12 morts pour appuyer cette idée, et depuis, en réitérant à 7 millions d'exemplaires ce méfait, même avec un message de paix, on comprend que c'est formellement interdit. La censure se cache derrière de nombreux mots doux : la bienséance, le respect, la prudence, le péché ... On commence à entendre, après de nombreux défilés soutenant la liberté d'expression, que plusieurs représentations de spectacles sont annulées, des affiches retouchées, ou retirées des panneaux... Peur de choquer, ou peur de remettre de l'huile sur le feu ? La liberté s'arrête là où la sueur froide coule. Oui, mais une contrainte, dans le dessin, c'est un challenge. C'est une consigne même. Ça pourrait être un sujet de cours d'illustration : représentez ce qui est interdit. Et comment fait-on ça ? En questionnant la notion même d'interdit. Qu'est-ce que nous avons sur cette page blanche? On pourrait très bien répondre « Enfoiré, t'as représenté Voldemort avec un nez en forme de saucisse ! Mais je vais t'égorger !! ». Mais en réalité, on voit quoi ? Une belle cacahuète, deux olives farcies, deux chips paysannes, un mini-boudin, et des piques d'apéros. Bon, mis à part le fait que ce l'ensemble soit un peu haram, c'est pas bien grave. Qui se représente une autre image que celle visible au premier regard ? C'est le cerveau de celui qui zieute. Hahaaa, qu'on vienne me reprocher mon image pour autre chose que ce qu'elle est, à savoir, un hommage aux masques bachiques de l'Antiquité, une évocation d'un portraitiste italien , un clin d'œil à Lautréamont, et à ses descendants, ou encore un manifeste en l'honneur d'un moment convivial. Celui qui viendra me soupçonner d'autre chose, bah ce sera en gros « celui qui dira qui sera ». Pour en revenir à l'interdit, à partir du moment où celui-ci se retrouve fortuitement bravé, quel châtiment préconiser ? Et si on ne représente l'image défendue qu'en partie, en kits, à l'envers ou même qu'on la fait fabriquer par quelqu'un d'autre (dessins en point à relier), qui doit-on punir, et à quels degrés ? Rhalala, il y a des choses pas claires dans tout ça... Il va vraiment falloir mettre au point une charte, un truc précis. Mais en attendant, ça laisse le champ libre pour s'aventurer aux alentours de ces limites pour lesquelles le sang a coulé. L'histoire de l'illustration regorge de techniques permettant de diffuser des images subliminales. Généralement, c'était plutôt pour faire passer des scènes érotiques, mais bon, chaque époque a les petits péchés mignons qu'elle mérite. Evidemment, ça s'applique à nombre d'autres tabous visuels, mais comme celui-ci est le plus bouillant du moment, ça donne envie de s'y frotter.

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