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Publié le 12/12/2014

Gérard Mordillat & Jérôme Prieur : De la croyance monothéiste à la théocratie


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Auteurs des séries documentaires culte Corpus Christi, L'Origine du christianisme, L'Apocalypse, voici Gérard Mordillat et Jérôme Prieur devant la table de montage où ils préparent, toujours pour Arte, une nouvelle série sur la naissance de l'Islam. Ces deux-là ont consacré des années de leur vie à Dieu et pourtant ils ne croient pas en Dieu. Marathoniens des évolutions du monothéisme, ils ont interrogé les plus grands spécialistes de la planète pour reconstruire à partir de brindilles le fil qui passe du judaïsme à l'Islam, en passant par le christianisme. Mais en sort-on indemne ? A leur tour d'être questionnés sur la croyance, la foi, les relations entre la religion et la politique.
Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Le 5 janvier 2015 à 09:53

Gérard Mordillat et Jérôme Prieur : "Enseigner l'histoire des religions, c'est enseigner l'histoire du doute"

Article paru conjointement dans Le 1 n°41

Auteurs des séries documentaires culte Corpus Christi, L'Origine du christianisme, L'Apocalypse, voici Gérard Mordillat et Jérôme Prieur fin 2014 devant la table de montage où ils préparent, toujours pour Arte, une nouvelle série sur la naissance de l'islam. Ces deux-là ont consacré des années de leur vie à Dieu et pourtant ils ne croient pas en Dieu. Marathoniens des évolutions du monothéisme, ils ont interrogé les plus grands spécialistes de la planète pour reconstruire à partir de brindilles le fil qui passe du judaïsme à l'islam, en passant par le christianisme. Mais en sort-on indemne ? A leur tour d'être questionnés sur la croyance, la foi, les relations entre la religion et la politique. Dans cet épisode ils abordent l'intolérance propre aux monothéismes, et proposent comme antidote l'enseignement de l'histoire des religions en classe – ce qu'ils appellent l'enseignement du doute, "un appel à une tolérance civique à laquelle sinon on n'a pas accès." Voici l'extrait publié dans Le 1 hebdo n°41, c'est à partir de la 6e minute : Jérôme Prieur : Le pire ennemi c'est la volonté d'ignorance. Contre elle, il faut réhabiliter sans arrêt les droits de l'Histoire. L’un des buts de l'enseignement public devrait être d'oser faire l'histoire des grandes religions, ce qui a été tenté un moment puis est devenu impossible pour des raisons politiques, idéologiques. Des jeunes gens qui prennent leur religion pour argent comptant – pour pain béni si j'ose dire – s'apercevraient que les trois monothéismes sont étroitement imbriqués, que l’un ne s'explique pas sans les autres. Et qu’une telle histoire permet de dédramatiser les situations. Songeons que jusque vers le milieu du XXe siècle, faire l'histoire critique du Nouveau Testament sans en faire une histoire sainte était impossible. C’est à partir du moment où l’importance sociale du religieux a décru qu’on a pu avoir un regard historique sur le christianisme. Evidemment pour l'islam, qui naît sept siècles plus tard, les choses n'en sont pas là. Mais nous avons senti, en préparant cette nouvelle série, qu'un certain nombre d'intellectuels musulmans sont impatients d'arriver à cet examen critique de la formation de leur propre religion. Même s’il y a, comme chez les chrétiens, des fondamentalistes ou des fidèles qui préfèrent la foi du charbonnier à toute autre forme de réflexion. Il y aura toujours des fanatiques. Lorsque l'islam acceptera que des regards extérieurs s'exercent sur lui, les choses changeront profondément. Gérard Mordillat : Nous ne savons pas quand Jésus est né, ni quand il est mort. On a des fourchettes, mais on ne sait pas. On ne sait pas non plus pour Mahomet. Mais faire l'éloge du doute ruine l'autorité de ceux qui prétendent détenir une vérité sur l'Histoire. Il suffit de regarder les manuels scolaires français qui enseignent le christianisme aux élèves de 3e : c'est une sorte de catéchisme laïc pire que le catéchisme, parce que les profs veulent pouvoir dire : "Il est né là, il a fait ça, il a dit ça." Or, même sur un plan pédagogique, ce serait extraordinaire d’apprendre à réfléchir avec le doute. Si la question est "Que savons-nous de Jésus ou de Mahomet ?", la réponse est vite réglée : rien ou pas grand chose. Mais "Comment le savons-nous ?", alors là oui, nous avons des témoins fiables qui sont les textes produits 50, 70 ans, un siècle plus tard et qui nous en donnent un écho sans jamais prétendre toucher au fait brut. L'histoire des religions devrait apprendre à réfléchir et accepter de ne pas savoir. Lorsqu'on interroge quelqu'un à la télévision, un champion cycliste ou un ministre, il vient pour dire qu'il sait. Je crois qu'une part très importante de ce que nous avons fait avec Jérôme Prieur consiste à montrer des chercheurs dont l'érudition est immense et qui sont capables de dire : "Nous ne savons pas. Par hypothèse nous pouvons supposer telle ou telle chose." Ils restituent au spectateur ce que tous les pouvoirs politiques détestent : la capacité d'exercer son esprit critique. Un danger politique absolu. Cet article paraît dans le n°41 de l'hebdo Le 1partenaire de ventscontraireset du Théâtre du Rond-Point

Le 26 décembre 2014 à 08:58

Les rois se reproduisent, les papes pas

Les nouvelles aventures de l'Histoire de France

Un fils de roi devient automatiquement roi, un fils de pape devient automatiquement le fils de la concierge. Donc pas pape. Pourtant, comme les rois, les papes se succèdent. Je n'ai pas rêvé, dès qu'un pape meurt, un autre apparaît. Quel est leur secret ? Comment font-ils pour assurer leur descendance ?On le sait aujourd'hui, les papes se reproduisent par la fumée blanche. Un certain nombre de cardinaux s'enferment dans une petite chambre tout en haut du Vatican, ils y restent un temps plus ou moins long, on ne sait pas très bien ce qu'il font, mais lorsqu'on aperçoit une petite fumée blanche sortir par la cheminée sur le toit, le pape est né. En général, c'est un beau bébé barbu de 70 à 75 kilos qui sourit aux anges. On l'emmaillote aussitôt dans du linge blanc et on le présente à la fenêtre. Une foule de Polonais et d'Espagnols hurlent alors leur joie en voyant leur Saint-Père.C'est une des particularités des papes, lorsqu'il naissent, ils sont déjà pères – Saint-Pères même – de millions de catholiques. Quand les ont-ils faits ? Mystère. Il faut savoir que le mystère, comme le miracle, est un des charmes de la religion catholique. Vouloir à tout prix élucider tous les trucs de l'Eglise aboutirait à enlever à la foi sa truffe. Croire perdrait soudain la saveur rare de l'inexplicable, pour n'être qu'une mastication machinale de vérités fades, destinées à nourrir l'âme, qui doit toujours être en bonne santé si elle ne veut pas aller en enfer sur une civière.© J'ai encore oublié Saint Louis, Actes Sud 2009

Le 27 avril 2010 à 10:58

Pas de retraite pour Mohammed

Les Arabes, on les faisait naître le 1er janvier ou le 31 décembre

L'ascenseur est en panne. Le vide-ordures bouché. Le centre social rasé. Les voitures parfois brûlées. La police sur les dents. Les rats et les cafards s'éclatent plus que les mômes sans toboggan. Tout est tragiquement normal dans cette cité. Et puis voilà qu'Ahmed 22 ans raconte son père Mohammed, il l'accompagne régulièrement à la sécurité sociale, car Mohammed ne parle pas bien le français, même s'il a travaillé en France pendant près de trente ans. Il est à la retraite, il est malade. Mais il ne touche pas de pension. C'est que la sécurité sociale s'y perd. Elle a donné le même numéro à une dizaine d'hommes comme lui. Ils s'appellent tous pareil, ils sont tous nés en 1945 au Maroc, pas le même jour certes, mais on ne se compliquait pas la tache au temps des colonies. Les Arabes, on les faisait naître le 1er janvier ou le 31 décembre. Résultat, un demi siècle plus tard, pas de retraite pour un vieil homme. Comment savoir combien d'années il a travaillé ? demande peut-être l'employé de la sécurité sociale. Mohammed doit regarder son fils sans comprendre la question. Le fils doit tendre des papiers, de vieux contrats que les employeurs de son père envoyaient par-delà la Méditerrannée quand il rentrait chez lui la saison terminée. C'est eux qui l'appelaient, il fallait des bras pour cueillir les fruits. Un jour il est resté. Regardez ses mains, pourrait dire Ahmed. Mais les neuf autres ont sûrement les mains aussi abîmées. Regardez son dos, pourrait-il dire aussi. Mais les neuf autres ont sûrement le dos aussi fourbu que lui. Alors peut-être qu'Ahmed s'énerve. C'est fou ce que les fils sont plus nerveux que leurs pères. C'est ce qui se dit beaucoup dans les rues de Cavaillon, c'est là qu'Ahmed habite avec ses parents, et c'est là aussi que le Front national a fait son plus beau score aux dernières élections. 34,29% au premier tour.

Le 15 février 2017 à 11:24

Jean-Pierre Filiu : Un tour de France des Arabes #1

Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français

« Chaque nouveau débat sur l’Islam en France est plus lourd que le précédent. Je choisis pour ma part de parler des Arabes plutôt que des Musulmans, de peuples plutôt que d’une religion, d’une culture plutôt que d’une foi. Les attentats du 13 novembre 2015 ont suscité de nombreuses d’interventions de ma part dans le cadre d’initiatives citoyennes de natures très diverses. J’ai ouvert ce cycle spontané devant deux cents lycéens de Mantes-la-Jolie, quelques jours après le massacre terroriste. Je n’ai depuis cessé de présenter et de dialoguer, depuis Dunkerque jusqu’à Montpellier, de Douarnenez à Vesoul, en passant par Le Havre, Bourges, Bordeaux, Périgueux, Nîmes ou Grenoble. J’y ai rencontré des femmes et des hommes de tous âges et de tous milieux, désireux de comprendre et d’agir pour ne pas céder à la tentation populiste. Ce Tour de France des Arabes a profondément transformé ma vision de ce pays et de son rapport à l’autre. Oui, les Lumières arabes s’efforcent depuis deux siècles de s’imposer malgré l’hostilité locale et internationale. Non, il n’y a pas de fatalité à la violence et le jihadisme n’est qu’une secte née trente ans plus tôt, appelée à disparaître si on ne lui fait pas l’immense service de l’assimiler à l’Islam. » Conférence enregistrée le 1er février 2017, salle Topor Introduction Jean-Daniel Magnin Captation et montage Larissa Pignatari, Léo Scalco

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