E. B.
Publié le 25/12/2014

Selfie de saison


Je suis née à Paris en 1998.

Alors autant dire que ma biographie va être courte…

Après avoir grandi au sein d'une famille heureuse, et ben j'ai continué et j'y suis encore.

Voilà.

Ah oui et je prépare un bac arts appliqués au Lycée Renoir.

E.B.

 

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Le 15 septembre 2011 à 08:25

La guerre des bouffons

Qui ose dire que le cinéma français manque de créativité ? A l’heure où le monde arabe rugit pour recouvrer sa liberté, où les marchés financiers s’affolent, alors que les reconduites à la frontière s’accélèrent avant la grande échéance de 2012 et que la Grèce est pointée du doigt comme une feignasse, que nous pond notre cinéma ? Deux adaptations, enfin deux resucées, sortant coup sur coup, du roman de Louis Pergaud : « La guerre des boutons », déjà immortalisé par le génial Yves Robert dans son film de… 1962. 50 ans après, il est rassurant de constater que nos créateurs sont poussés par le même vent d’inspiration débridée et parfaitement nouvelle.  Quelle peut être la raison de cette soudaine éruption, non de boutons, mais de « copié collé » ? Un ras-le-bol des zips et autres fermetures éclair, qui se coincent sournoisement dans les tissus et parfois dans nos chairs ? Non. La vérité, toute bête, se niche ailleurs : les droits du livre de Pergaud tombent dans le domaine public en 2011. En clair, plus besoin de verser un centime à l’éditeur ou aux ayants droit de l’auteur pour adapter le roman.  N’écoutant que leur audace, qui ne leur disait rien, deux producteurs se sont emparés de la bête. Avant de se livrer une vraie guerre cette fois, la guerre des bouffons, à coup de têtes d’affiche et de stratégies marketing hautement élaborées. Au final, la promotion, non le talent, fera la différence. Il ne reste plus qu’à nous tourner vers d’autres cinémas ou vers le théâtre pour trouver des raisons d’espérer. Sinon, vous pouvez toujours débourser dix euros pour aller voir un téléfilm avec plein de boutons au cinéma. Mais à la sortie, il y a fort à parier que vous emprunterez à l’un des gamins du chef d’œuvre d’Yves Robert cette réplique culte : « Si j’aurais su, j’aurais pas venu ».

Le 13 décembre 2013 à 10:10
Le 26 février 2012 à 08:08
Le 14 décembre 2011 à 08:48
Le 12 septembre 2011 à 08:34

Pique-nique avec hippopotame sur le chemin de Compostelle.

Histoires d'os 18

Au siècle des Lumières, Voltaire passait pour un homme éclairé. Il l’était, sans nul doute, en matière de philosophie et de littérature. Il l’était beaucoup moins dans le domaine de la paléontologie, science qui n’existait pas encore. Ayant eu connaissance qu’on avait découvert dans une gravière d’Etampes, des ossements d’hippopotames associés à des bois de rennes, le caustique philosophe ironisait avec dédain sur le fait que le Nil et la Laponie devaient autrefois se trouver entre Paris et Orléans. Avec la même malice, il allait même jusqu’à écrire que les coquillages pétrifiés qu’on ramassait parfois à plus de cent milles des rivages, étaient des restes de pique-nique abandonnés par les pèlerins sur le chemin de Compostelle. Vraisemblablement, l’homme de lettres n’en croyait pas un traître mot en dépit de son scepticisme. Il ne faisait que parodier, pour les tourner en ridicule, les interprétations fantaisistes de certains naturalistes. Au risque d’être mal compris et de susciter des réponses également sarcastiques. A l’exemple de celle de Buffon, homme de sciences éclairé, qui à son tour caricaturait les arguments du philosophe en suggérant que les fossiles auraient bien pu être transportés par de facétieux petits singes, à l’image de ceux que le diplomate La Loubère avait décrits dans la région du Cap de Bonne-Espérance. Voltaire aurait pu rétorquer (mais il ne l’a pas fait) qu’il voyait assez mal quel type de petit singe aurait pu déplacer dans le centre de la France, un lourd cadavre d’hippopotame ramassé sur le bord du Nil où, de notoriété publique, il n’y a plus de crocodiles. Pas plus qu’à Compostelle d’ailleurs !

Le 12 janvier 2015 à 11:46
Le 26 décembre 2010 à 15:01

Il était une fois...

Carte postale de Finlande

En Finlande, on aime les téléphones portables. Et plus en particulier, ceux de la marque Nokia. Question de fierté nationale. Dans le petit village de Pukkila, près d’Helsinki, Nokia rime avec Père Noël (on n’est pas bien loin de la Laponie, où l’on sait que réside l’illustre bonhomme des neiges)…Il était une fois un gentil monsieur répondant au doux prénom d’Onni, et qui ne pensait pas mal. Il pensait même fort bien, puisqu’à sa mort, il léga à la petite maison de retraite de sa bourgade natale (il était parti faire fortune aux Etats-Unis) une grosse poignée d’actions Nokia. Laquelle finlandaise entreprise produisait, entre autres, de finlandaises bottes en caoutchouc. Pas de quoi, à l’époque, casser trois pattes à un canard, fût-il finlandais itou. Si délicat qu’il était été, Onni n’avait pas imaginé faire un si beau cadeau aux retraités de Pukkila, Nokia ayant par la suite décidé de devenir le principal fabricant de téléphones mobiles dans le monde. Avec le chiffre d’affaires qui allait avec. Oui, mais voilà : lorsque le prix des actions Nokia grimpa, grimpa jusqu’à crever le plafond de la Finlande, certains concitoyens de Pukkila souhaitèrent les vendre, ce que le doux Onni avait formellement interdit…Après une longue bataille juridique opposant les teneurs de parole aux visionnaires de la bourse, les actions, finalement, furent vendues. Au plus haut de leur cours. Avec l’argent, on fit construire non seulement une plus belle maison de retraite, mais aussi un complexe très fonctionnel autour, avec tout ce qu’il fallait dedans pour rendre ses pensionnaires et leurs familles plus heureux. Ce fut une excellente initiative. Car Nokia ne connaît plus le lustre de ses années passées et la vente de ses actions aujourd’hui rapporterait à peine de quoi repeindre les murs de la petite maison de retraite. Où, depuis, on ne lit plus le cours de la bourse.

Le 14 décembre 2012 à 08:23

De Mona à l'Origine du Monde

Mona Mailing n°7

Ma chère, ou plutôt devrais-je dire, ma chair. Je me lance. Jusqu'alors je ne savais pas où poser les yeux. Avoue que c'est gênant tout de même ! Mais un moment de honte est vite passé, disait ma nonna, alors j'ai relevé mes jupes, franchi la Seine et me voici, dans ta gare où l'on voyage immobile. Je viens faire la paix, bellissima. J'ai mis le temps, j'en conviens, car je fus choquée, indignée lorsque tu t'exposas au tout venant. Une femme de bien se livre t-elle ainsi ? Moi la femme tronc, comment tolérer l'indécente femme fleur ? Puis je fus admirative devant ta sereine opulence. Quel sourire, jeune fille, sur tes lèvres pulpeuses ! Je confesse même un soupçon de jalousie. En voyant le désir que tu suscites, j'ai parfois grincé des dents - et cela ne me sied guère. Mais depuis j'ai réfléchi et aujourd'hui, ma douce, je compatis. Nous sommes soeurs. Musée haut, c'est moi, musée bas c'est toi, tout en lèvres, toi sexe, moi bouche et le reste ils s'en moquent. Je ne sais ce que tu penses car tu es, quoique d'aucuns disent, impénétrable, mais si parfois tu es triste ou rageuse, rappelle-toi, ma louve, nous sommes, telles des déesses, insondable mystère pour nos adorateurs. Après tout, ne serait-ce pas de me revivre nue sur un lit qui me réjouit ? Je me plais à penser que sur ton visage absent flotte cette expression de secret ravissement d'après amour. Le célèbre sourire du chat ne serait-il pas celui d'une chatte ? Après tout... Ne t'inquiète pas, ma ténébreuse, je veille, d'une rive à l'autre je te couve du regard, mon enfant, ma soeur, et depuis que tu es là je songe à nouveau à la douceur... Mais...chut ! La tua sorella Mona   PS : Les petits matins sont glacés, s'il te plait, couvre-toi.

Le 3 mai 2014 à 15:07

Appel à la défamiliarisation

Playdoyer pour l'éradication des familles Assez curieusement, trois des principales clés de voûte du système autoritaire-marchand bénéficient d’une fantastique indulgence de la part de ses critiques actuels les plus démonstratifs : le goût du sacrifice enjoué, le fanatisme sportif et l’abêtissement familial. On sait que la mise au pilori de la famille bourge, conservatoire des plus gluants réflexes conditionnés au même titre que la religion, fut pourtant l’un des axes insurrectionnels de mai 68. Peu de brûlots du jour en tiennent compte. Ou alors d’une manière plutôt météorique. D’où l’intérêt du Plaidoyer pour l’éradication des familles (éd. Inculte fiction) de Stéphane Legrand, auteur chez le même éditeur de l’égayant Dictionnaire du pire, assez roboratif malgré de multiples échappées indigestes.   « La famille telle que nous la connaissons et l’avons connue est le résultat d’un processus de rétrécissement dont la base objective est la multitude dispersée et la forme la plus primitive la horde. Elle est un traquenard qui s’est progressivement refermé sur nous comme les mâchoires d’un piège à ours. (…) De la horde où chacun appartenait à chacun (c’est-à-dire ne s’appartenait déjà plus tout à fait) est née – par raréfaction du possible, du jeu et de la joie – la famille consanguine qui engendra à son tour la famille punualuenne puis la famille appariée qui de proche en proche produit la conjugalité moderne – c’est-à-dire la monogamie – dont Marx nous apprend qu’elle « contient en germe non seulement l’esclavage (servitus) mais aussi le servage. Elle contient en miniature tous les antagonismes qui, par la suite, se développeront largement dans la société et dans son État ». Pas mal comme survol historique. Se référant à la coqueluche des formalistes russes, Chklovski, Legrand, avec un sens assez cocasse des glissements de sens bénéfiques, propose alors à ses lecteurs non la défamiliarisation mais la défamilialisation méthodique consistant à « développer progressivement en soi l’aptitude à trouver étranges les choses qui nous sont si banales, si « normales », si profondément incrustées dans la machinerie de nos jours et les appareils collectifs d’abrutissement », les choses « qui ne se donnent à nous ordinairement que sous la forme de l’évidence inquestionnable, du « c’est-ainsi-en-raison-du-fait-que-c’est-ainsi », de l’indépassable roc de réalité tautologique du dépourvu de sens ». Les meilleurs pourfendeurs de la vie de famille visqueuse Les appels quelque peu pataphysiques de Stéphane Legrand à une défamilialisation du monde méritent en tout cas d’être pris à la lettre. Et ne nous empêchent aucunement de prôner des formes de guérilla autrement carabinées contre la crétinisation familiale, celles exaltées par les meilleurs pourfendeurs de la vie de famille visqueuse, les Benjamin Péret, Wilhelm Reich, Raoul Vaneigem, WC Fields, René Crevel, Jean Genet, Claude Faraldo, Valérie Solanas, Raymond Borde, Albert Libertad ou l’anti-éducastreur Jules Celma. Aux bachi-bouzouks me serinant que la famille, ça peut parfois avoir du bon, je rétorquerai volontiers que je leur donne raison. Mais seulement dans certains cas bien précis. Viva, par exemple, la famille fouriériste, celle qui s’éclate dans les familistères du Nouveau Monde amoureux, le chef-d’œuvre de Charles Fourier réédité fin 2013 par les Presses du réel. On y apprend, par exemple, ce que deviendront dans l’ordre social harmonieux préconisé par l’utopiste les mères de familles dites indignes, celles qui délaissent leurs lardons parce que leurs attractions passionnelles les disposent à d’autres voluptés. « C’est une prétention très mal fondée que celle des femmes qui se croient des modèles de vertus républicains parce qu’elles ont le goût de soigner les petits enfants, femmes très intolérantes qui diffament et damnent celles qui, ayant des goûts très différents, abandonnent les marmots pour aller à des réunions de plaisir. Lesdites réunions étant très utiles en association harmonienne, où les sept-huitième deviennent parties de plaisir, une femme sera jugée aussi utile et aussi vertueuse en allant aux parties de plaisir qu’en s’occupant aux soins des petits enfants, service dont la durée sera assez limitée pour qu’une Bonne puisse vaquer à vingt autres plaisirs également utiles et juge elle-même qu’elle n’est pas plus vertueuse au séristère des poupons qu’au colombier, à l’abeillerie, à la buanderie, à l’opéra. » Pour en savoir plus sur les plans harmoniens enivrants de réinvention jouissive du concept-même de la famille, mettre la main sur Charles Fourier ou la pensée en contre-marche de Chantal Guillaume (éd. Le Passager clandestin) dont il faudrait lire à sons de trompe certains passages dans les colloques de l’Éducation nationale.

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