Pascal Hérault
Publié le 30/12/2014

Le Professeur Pascal répond à vos questions


Avant J.C, c'était comment ?

Avant J.C, on ne portait pas de petite croix autour du cou. On la portait, tout simplement, puis on se faisait clouer dessus, paf !

Avant J.C, Jean-Baptiste préparait le terrain. Avant J.C, Ponce-Pilate se lavait déjà les mains avant de déjeuner.

Avant J.C, on avait le sens du tragique : de vrais lions dévoraient de vrais victimes dans les arènes de Lutèce.

Avant J.C, le monde était cruel, mais il y avait quand même de belles filles dans les bordels de Pompéi.

Avant J.C, les guerriers germains morts au combat montaient au Walhalla. Sur la musique de Richard Wagner, bien entendu.

Avant J.C, un esclave pouvait être employé de maison.

Aujourd'hui, un employé de maison peut être esclave.

Avant J.C, la mauvaise foi existait déjà. Avant J.C, il n'y avait pas de cathos de gauche, seulement des païens de droite.

Avant J.C, si tu voulais faire une prière, tu avais intérêt à réviser ton dictionnaire de mythologie.

Avant J.C, on allait aux Enfers et non pas en Enfer. C'est un peu comme aujourd'hui : on va aux toilettes, mais ça ne veut pas dire qu'il y a plusieurs pièces.

Avant J.C, seuls les Hébreux pratiquaient le monothéisme. Le monokini apparaîtra bien des siècles plus tard et sera l'objet d'une autre dévotion.

Avant J.C, l'Islam n'existait pas. Le judaïsme tenait le maillot jaune dans la course de côte du monothéisme, bientôt rattrapé cependant par son outsider, le christianisme.

Avant J.C, le bouddhisme existait déjà. Les pauvres et les malades s'essayaient au Nirvana, mais ça ne marchait pas toujours.

Avant J.C, les dindes et les chapons passaient un Noël tranquillou.

Avant J.C, le foie gras restait là où il était : dans le ventre des canards obèses.

Avant J.C, on ne croyait pas au Père Noël. Les mômes braillards ne collaient pas leurs nez morveux sur les vitrines des Galeries Lafayette.

Avant J.C, on fêtait le solstice d'hiver : on faisait un grand feu de bois dans lequel on jetait le premier venu, hop !

Avant J.C, l'univers avait à peu près 15 milliards d'années ; il était comme aujourd'hui : sombre, froid, hostile. Sur la planète bleue, on s'écharpait déjà pour un empire, une vérité éternelle, un petit bout de terrain. Le bordel ambiant était bien installé pour des siècles et des siècles, amen.

Pascal Hérault est tombé dans la littérature quand il était tout petit et depuis il ne s’en est pas relevé. Auteur d’albums et de romans pour la jeunesse, il écrit aussi des polars, des chroniques pour le site K-libre et des textes inclassables où la logique se prend les pieds dans le tapis. Derniers ouvrages parus : Suzy a disparu !, éditions Les 400 CoupsL’Ile de la faim, éditions Oskar. A paraître : C’était comment avant ?,  essai humoristique et vaguement historique aux éditions Max Milo. On peut le retrouver sur son site : www.pascalherault.fr

 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 25 avril 2015 à 08:34

Pas si Net

Une nouvelle religion est née...de «relié», nous sommes passés à «connecté». Smartphone, tablette et ordinateur. Drôle de Trinité ! J'en connais qui ont les trois... si si j'vous assure! Plus smart que jamais le «phone» est devenu sans que l'on s'en aperçoive une sorte de fil à la patte. Son intelligence n'est hélas pas contagieuse et on ne peut rien lui cacher. Il sait tout de nous étant très à l'écoute. On pourrait l'appréhender comme un fil d'Ariane, ou une laisse invisible très lâche qui malgré la sensation de liberté et de légèreté qu'elle procure pourrait un jour se raccourcir et réduire notre espace. Peut-être même que dans le dédale de notre existence virtuelle, des applications, de Facebook, Twitter, Google et autres moteurs de recherches, on sera amenés à se retrouver sur la toile, non pas face à un cheval de Troie, mais au Minotaure. Extension de nous-mêmes le smartphone nous permet de rester en contact avec le monde entier. On ne pourrait plus s'en passer ! C'est un ami qui nous veut du bien. Capable du meilleur, il peut même sauver des vies. C'est parfois aussi simple qu'un coup de fil. Il peut aussi nous pousser à boire jusqu'à la lie le poison et l'antidote réunis de la connexion. Objet du désir polymorphe qui dans sa version sombre peut dans le meilleur des cas, rendre con, voyeur ou dépendant, voire les trois à la fois. Ne sous-estimons pas notre meilleur copain qui n'a pas une tête de noeud lui ! Bientôt, une micro puce obligatoire, nous sera implantée sous la peau...et tout en nous sera connecté. Ringards les smartphones, tablettes et compagnie ! Plus besoin de prothèses extérieures. Inter et intraconnectés, nous serons des balises vivantes... quoique « vivantes » ne sera plus le mot adéquat. J'en connais qui ont passé l'âge mais qui dorment avec leur portable, sorte de doudou nouvelle génération, sous l'oreiller... non loin d'eux, un ordinateur veille... Peut-être feraient-ils bien de croire à nouveau à la Petite Souris car qui nous dit qu'après plusieurs années d'un sommeil connecté, sans lâcher prise, ils ne perdront pas leurs dents.... et que l'on ne va pas se prendre un jour les pieds dans la toile... c'est vrai, on ne sait pas. On n'a pas assez de recul... normal, on est toujours un peu dans le flou quant au Net !

Le 16 décembre 2014 à 09:36
Le 6 janvier 2012 à 08:57

Ode à Jean-Pierre Pernault

Ou comment j'ai repris de la bûche à Noël

C'est une chose étrange que le JT de TF1. Surtout celui de 13h. Bon, j'ai pas de télé. Rien à voir avec de la mauvaise volonté, c'est juste que la télé n'est jamais venue à moi. Quand j'étais petit, j'avais un vélo. Quand j'étais ado, j'avais des copains. Quand j'étais étudiant, j'avais un découvert. Bref, le JT de TF1. Je l'ai regardé chez ma mère à Noël. Aux dernières nouvelles Kim Jong-Il était mort, l'euro aussi, y avait de quoi faire, je me disais. Mais j'ai jamais été fort en physique-chimie, j'avais oublié quelques phénomènes naturels simples, si simples pourtant : tous les jours, à 13h sur TF1, le monde s'arrête de tourner. Comme ça, sans crier gare, juste au moment où la ménagère finit son boeuf stroganoff, le monde s'arrête de tourner.Titres du jour : les vitrines de Noël, les rennes du père Noël, Martine fête Noël. Et trente secondes sur la famine. En fait le monde ne s'arrête pas vraiment de tourner, à 13h, sur TF1. Il réétudie constamment son passé. Parce que la redite, on aura beau dire, ça rassure la ménagère. Les rennes, les vitrines, ça la connait, mais elle aime bien qu'on lui confirme leur existence, des fois que, sait-on jamais. Et ça, Monsieur Pernaut, il le fait bien : il confirme, il rassure.Voilà, je tenais juste à te remercier, Jean-Pierre. Merci donc, merci d'apaiser les angoisses de ma maman, tous les jours, à 13h, sur TF1, car le prozac c'est devenu cher.

Le 8 mars 2015 à 09:47

L'autre

Enfin, je vais dévoiler l’identité de L’autre, L’autre c’est Moi Oui, j’ai toujours été l’autre de quelqu’un, née au Liban d’un père syrien et d’une mère libanaise. La Syrie ne nous donnait pas de papiers, mon père étant un opposant fervent au régime des Assad. Les Libanais aussi ne nous donnaient pas de papiers car une mère Libanaise ne transmet pas la nationalité à ses enfants. J’étais donc sans papiers. Quand mes amis découvraient que je n’avais pas la nationalité libanaise et qu'en plus j’étais syrienne, ils me disaient  "ça ne se voit pas". Je n’ai jamais compris comment on peut voir la nationalité  d’une personne sur sa gueule. J’étais donc la Syrienne au Liban, avec tout ce que ce mot porte de préjugés. Des années plus tard, quand j’ai pu aller en Syrie vivre et travailler, on me traitait de libanaise ; j’étais donc la Libanaise en Syrie avec tout ce que le mot porte de préjugés. Donc à chaque fois qu’au Liban on attaquait les Syriens je les défendais, et vice versa. Je me sentais libanaise en Syrie et syrienne au Liban.   J’étais toujours l’autre. Peut-être que je me plaisais dans ce rôle, que je me sentais plus libre. J’avais le choix. Très tôt j’ai commencé à jouer dans mes deux pays et même au-delà de leurs frontières. Avec les années et à cause de mon travail et de ma façon d’être, j’ai payé très cher le prix de ma liberté de vivre et de m’exprimer. J’ai alors pris la décision de partir, de quitter mes pays pour chercher un autre pays où je pourrais m’exprimer et vivre librement sans laisser ma peau, un pays choisi où, peut être, je ne serais plus L’AUTRE. Mais, moi-même. Arrivée en France, mon pays choisi, je suis devenue L’Arabe. Décidément je suis vouée à être l’autre. Je porte toujours en moi les séquelles d’un vécu pas très lointain. Je porte surtout la peur, ce sentiment  insupportable qui peut me rendre faible ou vaincue si je lui cède. J’ai choisi de créer mon « autre » sur scène, NOUN, celle qui peut parler à ma place, et qui me permet d’avoir la paix en disant sur scène ce que la société ne me permet pas de dire dans la vie. Quand on me demande pourquoi j’ai choisi la France, ma réponse fuse, plus rapide que la question : la liberté ; un pays où, jouer, écrire, lire, créer ou dessiner ne saura pas sanctionné par la mort, un pays où je peux m’exprimer librement sans en payer le prix, bien que la réalité m’a montré le contraire depuis peu de temps. J’ai découvert, aussi, qu’il y a des hiérarchisations dans l’acceptation de l’autre, et que tous les « AUTRES » ne  sont pas traités à égalité, que mon « Autre » aujourd’hui n’a plus vraiment le droit de parler . Si mon Autre n’a plus aujourd’hui le droit d’exister, alors moi je vais tout simplement disparaître…  

Le 2 avril 2010

Cadeau : cliquez et gagnez 70 Euros

ventscontraires.net s'est procuré les romans à paraître ces jours-ci. Soyez à la page tout en économisant temps et argent, le Service Rond-Point les a lus pour vous  Seule ma nuque me remarque, de Astrid Biel (Ed. Pragma 21 Euros) Qu'advient-il quand le passé précipite le présent ? Quand la réalité dissout l'imaginaire ? Quand vérité et mensonge entrent en fusion ? Clara, protagoniste de ce récit tout en intériorité, mènera-t-elle à terme ce projet fou de refaire l'amour avec son père, désormais grabataire, ou retournera-t-elle auprès de Bruno, son "Homme Cendre", le mari dépressif, l'homme qui ne sait pas ce qui se trame en elle ?La réponse du Service Rond-Point Elle renonce à son père et revient se garer gentiment auprès de Bruno.Le Flegme des orchidées, de Réginald Durand (Ed. du Loquet 26 Euros)R., paléontologue septuagénaire, héberge une jeune étudiante cambodgienne, Thinrâh, enceinte de six mois. Elle vient avec des relevés de crânes retrouvés dans des fosses communes, à la recherche de ses parents. Connaît-elle le passé  de R. proche de certains dirigeants Khmers rouges rencontrés à la Sorbonne? Est-elle venue se venger? Ou cèdera-t-elle aux bienfaits de R., tenaillé par sa culpabilité ?La réponse du Service Rond-PointElle renonce à retrouver ses parents et vient avec flegme se garer auprès de R.Le Trou blanc, de Claude Dominik (Ed. Follimard 23 Euros) Myriam,  jeune Strasbourgeoise, est humiliée en public par son mari à plusieurs reprises parce qu'elle est issue d'une famille juive. Déprimée, elle va se réfugier chez ses deux sœurs, très religieuses, qui partagent la même maison. Elles la convainquent de prendre conseil auprès du rabbin de la communauté alors que Myriam s'en est écartée depuis son adolescence. Hésitante, elle se rend néanmoins à un premier rendez-vous, "pour voir", dit-elle. Peu à peu, l'homme censé lui porter secours s'avère un manipulateur qui tente à tout prix de fiancer religieusement Myriam avec son fils autiste. Myriam perd pied, va-t-elle sombrer encore plus bas ?La réponse du Service Rond-Point Elle couche avec le rabbin pour humilier publiquement son mari.21 Euros + 26 Euros + 23 Euros = 70 Euros

Le 26 décembre 2013 à 08:42
Le 13 décembre 2014 à 08:26

Dieu : « J'aimerais tellement que les gens comprennent que je n'existe pas »

On croyait Ses voies impénétrables mais Il a pourtant choisi de se mettre en travers de notre chemin. Dans le journal La Croix daté d’aujourd’hui, le Seigneur a décidé de prendre la parole à l’occasion d’une interview où Il s’exprime sans détour. Le souverain céleste regrette notamment que les êtres humains ne soient pas davantage lucides sur le monde dans lequel ils vivent. Il condamne entre autres tous ceux qui affirment qu’Il existerait bel et bien et serait tout puissant. « Un dogme stupide et dangereux » Dans cette fameuse interview publiée ce matin, Dieu emploie un langage plutôt rude à l’égard de tous les croyants, au risque de choquer ses plus fidèles fidèles : « Franchement je sais pas d’où ils sortent tout ça. Le truc sur l’omniscience et l’omnipotence là… Et alors le couplet sur la bienveillance universelle, c’est sûr c’est beau et super optimiste mais ça manque profondément de réalisme. » Le Seigneur fictif invite ensuite tous ses fidèles à changer de comportement : « Je pense que les croyants actuels du monde entier devraient arrêter de s’accrocher à leurs histoires, sympathiques au demeurant, mais légèrement absurdes. » Dans cet entretien accordé au journal La Croix, le divin créateur décrit la surprise qu’Il ressent à voir des millions et des millions de personnes continuer à croire en lui depuis des milliers d’années : « Pourquoi les gens persévèrent-ils alors qu’ils n’ont aucune preuve attestant de mon existence ? Je trouve évidemment ça très honorable d’avoir la foi comme ça mais là ça me paraît un chouia excessif. » Une incompréhension qui s’accompagne d’un sentiment de tristesse en constatant les dégâts provoqués par ce qu’Il qualifie de « superstition de comptoir » : « La croyance en mon existence a engendré tellement d’atrocités. J’aimerais tellement que les gens comprennent que je n’existe pas. Je ne sais pas trop comment faire dans la mesure où ma marge d’action est quasi nulle. Pour l’instant je vais juste continuer à ne pas être. C’est le mieux que je puisse faire. » Le Vatican indigné Cette prise de parole de Dieu a très vite entraîné des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux. « Courageux d’avouer ça publiquement ! », lance cet internaute sur Twitter. « WTF !!! Dieu qui s’exprime dans La Croix ? C’est sérieux ou quoi ? », lance, plus dubitative, cette autre utilisatrice. Mais la réaction la plus attendue était évidemment celle de Rome et de l’Eglise catholique. Et cette dernière ne s’est pas faite attendre puisque le porte-parole du Vatican s’est fendu d’un communiqué pour le moins virulent dans lequel l’Eglise condamne les propos du Saint-Seigneur : « Les paroles tenues par M. Dieu sont inadmissibles, même si elles restent divines. Il vient semer le trouble dans la foi de ses croyants.  Des croyants qui ont besoin spirituellement et psychologiquement de croire en Lui. Sans parler évidemment de toutes les conséquences économiques néfastes que ce genre de discours négationniste peut engendrer. »

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication