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Publié le 14/12/2014

Paul Jorion : Le veau d'or a vaincu Aristote


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Moïse comme Aristote nous avaient bien prévenus : la valeur n'a pas de prix, les valeurs morales qui nous conduisent ne devront jamais être monétisables. C'est une religion, le calvinisme protestant pour ne pas la nommer, qui a rompu cette barrière. Avec la prédestination, le fait que Dieu vous aime va vous faire gagner de l'argent. C'est le grand tournant, qui envahit peu à peu le commerce, l'Etat – via les économistes de l'école de Chicago tel le prix nobel Gary S. Becker – et bientôt nos vies où tout devient monétisable, via l'optimisation et la marchandisation de ce qui jusqu'alors avait échappé au veau d'or.

C'est parce qu'il observe l'économie avec un œil d'anthropologue que nous avons interrogé Paul Jorion sur les relations entre croyance et finance. Si la crédulité est la faiblesse fondatrice du pigeon, la croyance – et plus fondamentalement le religieux – sont-ils cachés dans le moteur des processus économiques ? Le capitalisme financier repose-t-il sur des dogmes, des grands prêtres, un catéchisme – plutôt que sur une démarche scientifique ?

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Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Paul Jorion

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