Winshluss
Publié le 18/12/2014

La Bible pour les gros nuls


Extrait de "In God we trust" publié en 2013 aux Requins Marteaux
Né en 1970, Winshluss alias Vincent Paronnaud publie ses premiers travaux dans les années 1990 dans plusieurs fanzines et revues de bande dessinées (Jade, Le journal de Monsieur Pabo, Ferraille etc.) posant les jalons d’un style graphique très personnel caractérisé par un trait acéré qui souligne la noirceur d’un propos corrosif au cynisme dévastateur. En 2001 on le retrouve au catalogue de nombreuses maisons d’éditions indépendantes. Il publie Super Negra chez Les Requins Marteaux en 1999, Pat Boon, Happy End chez l’Association, Welcome to the Death Club chez Six Pieds Sous Terre et en 2001 Monsieur Ferraille (avec Cizo) chez les Requins Marteaux. Après la publication de Smart Monkey aux éditions Cornélius en 2004, Winshluss, épaulé par ses deux compères de toujours, Felder et Cizo, reprend la direction éditoriale du journal de bande dessinée Ferraille Illustré jusqu’en 2006. En 2008, il publie le magnifique Pinocchio, couronné par le Fauve d'or d'Angoulême et par le prix de la meilleure BD étrangère au Brésil.

Parallèlement à la bande dessinée, Vincent Paronnaud réalise avec Cizo, en 2004, les courts métrages d’animation Raging Blues en 2003 et O' Boy! What nice legs! en 2004 puis en 2010 Il était une fois l’huile. Il reçoit en 2007 le Prix du Jury du festival du film de Cannes et deux Césars pour l’adaptation de Persépolis avec Marjane Satrapi. En 2011, Ils collaborent, à nouveau, pour réaliser un long métrage en images réelles Poulet aux prunes.

Winshluss est régulièrement exposé. A partir de 2001, il conçoit avec Cizo et Felder les expositions Le Supermarché Ferraille, Le Musée Ferraille et Il était une fois l'Huile. En 2012, il présente Nature Sucks! à l’Espace Culturel François Mitterrand à Périgueux. En 2013, le Musée des Arts Décoratifs de Paris lui consacre une exposition intitulée "Winshluss, un monde merveilleux".

Winshluss est représenté par la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois à Paris depuis 2009. Il y présentera sa troisième exposition personnelle en 2015.

Illustration :
Poupée Winshluss, 2013
Technique Mixte
117 x 27 x 30 cm
Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris
Photo : Luc Boegly

 

 

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Le 8 août 2013 à 07:58

Anne

Ma vie a changé, NOTRE vie a changé, depuis que notre petite Anne a fait cette annonce entre le gigot et le gâteau au yaourt : « Papa, Maman, j'ai quelque chose à vous dire ». Le temps s'est suspendu. Dehors un chien jappa. « Je suis catholique ». Nous lui avons dit : « Non mais ça va pas bien, petite connasse, tu ne pouvais pas être lesbienne comme tout le monde ? » mais rien n'y a fait. Nous n'avons plus aucun pouvoir. Nous l'avons même frappée avec un nerf-de-boeuf pour la première fois et rien. Son catholicisme fait comme une espèce de couenne qui la protège des coups. Elle lit du Josemaría Escrivá de Balaguer, porte des jupes à motifs Vichy et parle avec un air niais de sa virginité comme d'un trésor. Il fallait la voir avant. Elle ne se la racontait pas autant. Notre fille, elle avait un petit côté pute. Maintenant, elle porte une gaine et un col Claudine alors qu'elle s'appelle Anne et qu'elle a 16 ans. Elle dit aussi des choses atroces comme : « S'ils ont le Sida, c'est pour une bonne raison, faut pas se plaindre » ou « l'avortement, c'est la facilité des filles de mauvaise vie » ou encore « si on calomniait de la même façon les musulmans et les juifs, alors là oui hein, vous n'accepteriez pas ». Elle va se mettre au latin et votera pour le FN : elle est si cliché. Elle devient si prévisible qu'elle a accroché un poster de Christine Boutin sur un des murs de sa chambre.Je ne suis pas si certaine que notre fille soit devenue idiote du jour au lendemain, mais quand même. Anne nous parle de sa vérité comme s'il s'agissait de la seule possible. Elle nous dit : « C'est ma vérité et c'est la seule possible ». Puis elle rajoute : « Je suis comme ça, rien ne me changera ». Elle nous parle de la Bible, je lui rétorque que Simone de Beauvoir est la seule vérité possible et elle me répond que ça n'a strictement rien à voir. Elle me donne envie de vomir. Je voudrais échanger notre fille contre un Kinder Bueno. Mais plus que tout se pose la question de savoir ce que nous avons raté. Avons-nous été trop de gauche ? Anne est-elle allée si à gauche qu'elle a fini par faire un tour complet ? Une fois calmée, je lui ai dit qu'en soit, le catholicisme est plutôt une belle chose pour peu qu'on y croie, mais que son catholicisme à elle est puant. Elle s'est contentée de répondre : « je ne mangerai plus jamais de ton gigot et de ton gâteau au yaourt » puis : « je veux un serre-tête et un enfant blond : nous irons au parc et tout le monde nous enviera ». Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Nous l'avons tabassée, attachée, et nous l'avons enfermée dans la cave. Nous lui donnons à manger une soupe insipide avec des pâtes en forme de lettre pour la culture et du pain sec pour la forme. Nous ne l'appelons plus Anne mais « la Sale Catholique » et nous la montrons du doigt : « Tu n'es pas tolérante, vilaine !!! » et parfois même nous lui jetons des pierres dessus. Depuis, nous essayons mon mari et moi d'avoir une autre fille. Une fille qui soit telle que nous la voulons. Hier, nous avons reçu le faire-part de mariage d'une de nos amies d'enfance. « La cérémonie aura lieu à quatorze heure en l'Eglise de B. ». J'ai hurlé : « Chéri, sors les bombes lacrymo et les prospectus sur Marx, nous partons en Croisade !!!! ».

Le 9 novembre 2010 à 10:00

Martin Page et "La mauvaise habitude d'être soi"

Le chroniqueur de ventscontraires.net publie deux nouveaux livres

Martin Page fait partie de l'escadre de ventscontraires.net depuis le début, on peut lire ses drôles de billets là et les chroniques de Klemperer Jr, un projet qu'il a initié là. Mais ce sont loin d'être ses seules activités d'écriture. Il est aussi romancier, et vient de le prouver à nouveau avec un roman jeunesse à lire même si on a dépassé la date-limite de l'adolescence, Le club des inadaptés (Ed. L'Ecole des Loisirs). Et il est novelliste. Son dernier ouvrage paru aux Editions de l'Olivier est un recueil de sept nouvelles irrésistibles de loufoquerie, réunies sous le titre énigmatique de La mauvaise habitude d'être soi. Sept bijoux d'absurdité à l'implacable logique qui vous tournent la tête, dont voici un extrait pour ventscontraires.net. (Les illustrations du livre, tout aussi loufoques que les textes, sont signées du "Requin Marteau" Quentin Faucompré)."Je suis bien plus proche des autres depuis que je vis à l'intérieur de moi-même. La conscience de mon insularité m’a permis de réaliser qu'il est nécessaire de construire des ponts pour aller vers autrui ; qu'il n'y a rien de naturel ni d'évident. Ce n’est pas parce que l’on habite le même monde que l’on peut se comprendre et être proches les uns des autres. Au contraire. Les gens qui pensent ainsi se trompent. Il y a des zones d'ombres à l'intérieur de moi-même et cela m'effraie. J'ai peur de ce qu'elles renferment, je crains de m'y perdre. Mais comme je suis curieux et aventureux, je les explore doucement, pas à pas, avec une lampe de poche et mon appareil photo. Je fais des découvertes : des choses oubliées, qui me reviennent en mémoire quand je les vois, des choses inédites aussi, qui me surprennent. J'ai ainsi retrouvé des jouets d'enfance, des vieux meubles, des fruits en bocaux et des animaux empaillés, des nounours et des vêtements poussiéreux, des armes (revolver, fusil de chasse, piège à loup, dague) et des fioles contenant des liquides vert, mauve et rouge, des photos jaunies, des mannequins en plastique vêtus démodés, des coquillages et des pièces en or dans une boîte en fer.Habiter à l'intérieur de soi-même, c'est à la fois vivre dans un lieu familier et côtoyer l'étrangeté. Il n'y a pas de ciel, pas d'horizon, cela ne paraît pas très grand et pourtant il n'y a pas de limites. Je ne veux pas dire que j'y suis confronté à l'infini, mais, plutôt, que l'espace s'étend au gré de mes pas. Mon domicile dépend de mes explorations."(extrait de la nouvelle "A l'intérieur de moi-même" / illustration : Quentin Faucompré)

Le 2 janvier 2011 à 12:32

Henri-Joseph Dulaurens (1719-1793)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Pour découvrir les stupéfiantes « effronteries pamphlétaires » du chanoine Dulaurens au XVIIIe siècle, sur lesquelles m’aiguilla Raoul Vaneigem en 1980, il fallait jusqu’à il y a peu se téléporter dans les salles de lecture des grandes bibliothèques. Grâce à une petite maison d’édition téméraire, Les points sur le i, on a accès désormais à la fois à un des ébesillants chefs-d’œuvre du prêtre mécréant, paru clandestinement en 1767, L’Antipapisme révélé ou les Rêves de l’antipapiste et à Écrire et s’enfuir dans l’ombre des Lumières, Henri-Joseph Dulaurens, la truculente biographie d’un jeune chercheur inspiré, Stéphan Pascau, qui a fricassé également pour les éditions Honoré Champion Henri-Joseph Dulaurens (1719-1793). Réhabilitation d’une œuvre.Jugées licencieuses et blasphématoires, les satires de Dulaurens, déployant « un comique mêlé de délire et d’érudition préfigurant l’esprit de Sade », mirent en pétard les autorités ecclésiastiques caricaturées férocement à longueur de pages. Leur auteur fut sans fin ni cesse poursuivi, jusqu’à son enfermement à vie au couvent pénitentiaire de Marienborn. La plupart de ses œuvres « décelant une imagination dépravée » selon les frères Didot, des éditeurs-imprimeurs trônant à l’époque, furent brûlées. Il est vrai que le facétieux frigousseur des Jésuistiques, de La Bataille des nonnes, de L’Arretin, ou d’Étrennes aux gens d’église exhortait lui aussi aux feux de joie : « Pour rendre la France heureuse et tranquille, il faut ramasser nos livres de morale, nos casuistes réservés, nos contreversistes, nos bans théologiques, nos rubriques, les mîtres de nos évêques, les habits des Capucins, et mettre le feu à toutes ces belles choses en chantant un hymne à la Raison ».Qu’est-ce qui avait donc pris à l’indévot Henri-Joseph Dulaurens d’entrer en religion ? Il n’avait pas, en fait, eu le choix : c’est à la suite de contraintes familiales qu’il s’était retrouvé claquemuré au collège des jésuites d’Anchin alors qu’il se gaussait de leur enseignement, « ces billevesées dont on endort les sots ». « Puisque les mœurs, les coutumes, les usages, les lois, les religions auxquels la plus grande partie du genre humain est soumise causent de tels désordres et de si grands maux, ces choses ne sont point dans l’ordre naturel ; et j’ai conclu que pour que l’homme soit aussi heureux qu’il est capable de l’être, il ne devrait être soumis à rien de tout cela, ne devait suivre que l’instinct de la nature, et pouvait fronder ouvertement tout ce qu’il y trouvait de contraire. »Plus météoriquement, quand on lui demandait ce qu’il pensait de la foi catholique, Dulaurens répliquait que « la religion ressemblait beaucoup au cocuage ». Et de faire l’éloge du péché. « Sans le péché, l’homme était un nigaud. Que le Démon nous a rendu service ! ». Et de considérer que « le vice, la vertu, le bien et le mal moral, le juste et l’injuste, et tout ce qui en dépend, ne consistent que dans l’opinion de ceux qui les ont inventés pour appuyer leurs intérêts », qu’il y a « à déchirer le voile de l’illusion », qu’il y a « à secouer le joug du travail, de la misère, de la servitude et de la superstition ». Et de concevoir, dans le Compère Mathieu (1766), un des personnages les plus furieusement iconoclastes de l’histoire de la littérature anti-religieuse, Père Jean : « J’ai juré d’étriper tous les moines qui me tomberont dorénavant entre les mains, mais c’est de la façon dont on extermine ces reptiles dangereux dont le souffle empoisonne l’air et dont la piqûre tue l’homme. »Henri-Joseph Dulaurens, dit Brise-Crosses, dit Modeste-Tranquille, dit Xang-Xung (il avait le génie des pseudonymes !), transgressera cocassement bien d’autres interdits encore dans son œuvre littéraire sulfureuse. Il proposera qu’on reconnaisse comme un droit naturel la fabrication et l’écoulement de fausse monnaie. « Il est certain qu’il n’y a rien de plus naturel que le pouvoir de donner telle forme, tel poids que l’on juge à propos à un morceau d’or et d’argent et de lui attribuer la valeur qu’on veut. » Il invitera à désapprendre l’usage des mouchoirs : « Jean était bon et non pas débonnaire. Quoique dévôt à la sainte Amitié, Il n’était homme à se moucher du pied. Toujours ses doigts servoient à ses usages Pour épargner les frais de blanchissage. » Et il appellera même à un renouvellement radical de nos mœurs alimentaires. « L’horreur ridicule que l’on a de manger de la chair humaine, le respect imbécile que l’on a pour le cadavre d’un homme ne tirent leur origine que de notre ignorance. S’il y avait quelque chose à faire pour la sépulture de l’homme, l’estomac humain devrait l’emporter sur le tout. »Notons enfin que l’un de ses titres de gloire est d’avoir définitivement orthographié le mot godemiché. Et qu’il y a lieu de le créditer d’un véritable exploit. Alors qu’un triste jour les choses s’étaient corsées pour lui, les jésuites vilipendés par ses diatribes l’ayant enfermé dans une cage de bois qu’ils avaient supendue dans les airs, le chanoine Dulaurens, privé sous ce régime de tout moyen d’écrire, n’en était pas moins parvenu à couvrir, avec une pointe de fer, les ais de sa cage de quolibets et d’épigrammes.Jambon à cornes, croquons quelques hosties à la santé de ce diable d’homme !

Le 24 juillet 2015 à 08:30
Le 16 septembre 2012 à 10:18

«Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l'interdiction de l'inceste tombera»

Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, Radio RCF, 14 septembre 2012.

Il ne se doutait pas le prélat des gones, ce qu’il déchaînerait de violences dans le monde avec ses propos stigmatisants sur le mariage des homosexuels. Ils avaient à peine circulé sur les réseaux sociaux, que quelques milliers de gays parisiens rameutés dans le Marais, attaquèrent les locaux de la délégation pontificale. Le nonce apostolique qui, par imprudence, était resté sur place, fut promptement déculotté et exhibé en place publique, ce qui le tua de ridicule. Au Vatican, les “faucons” de la Curie pressaient le pape Benoit XVI de déclencher les foudres excommunicatoires contre les insurgés car les exactions s’étendaient. A Lyon, les livres de Christine Angot étaient jetés dans un brasier alllumé au papier bible.  Dans le quartier berlinois de Prenzlauer Berg des hordes de partouzards brandissaient des préservatifs gonflés à l’helium en scandant: “nous sommes tous des Borgia.” A San Francisco, des crucifix étaient brûlés sur Castro street, à Londres on placardait des photos d’ecclésiastiques dans le plus simple appareil. Bien embarrassé, le Président Hollande chargea Laurent Fabius d’apaiser les esprits. Le ministre des Affaires étrangères qualifia “d’écœurante”  la déclaration de l’archevêque de Lyon. Cela ne fit que justifier plus encore les émeutes. Aux dernières nouvelles, YouTube a décidé de censurer les images religieuses.

Le 26 avril 2012 à 09:50

Le mal des ardents

Dans la tradition biblique, c'est un buisson ardent qui révéla à Moïse le Dieu du monothéisme. Loin de toutes les traditions républicaines, c'est un Patrick Buisson, ardent maurrassien décomplexé, qui parvint à convaincre Nicolas Sarkozy qu'il n'existerait qu'une seule Droite, consumant les pudeurs passées et franchissant à pieds joints la sacro-sainte frontière entre droite républicaine et droite extrême. Notons au passage qu'en anglais, buisson se dit Bush et ceci n'est peut-être pas un hasard. Dans la tradition botanique, un buisson est une végétation touffue parfois épineuse, qui se caractérise par sa tendance à former des masses denses. Le buissonnisme politique aspire également à faire émerger des masses et à les inciter à voter massivement justement pour Nicolas Sarkozy. En médecine, le mal des ardents, également appelé ergotisme, est une empoisonnement par des alcaloïdes. Dans l'histoire médicale, on relate de nombreux cas de pain infecté provoquant notamment des hallucinations, des convulsions, des spasmes et des nausées. Dans l'histoire à écrire de la médecine politique, le mal du Buisson ardent est une infection de la vie politique basée elle aussi sur une intoxication - les étrangers viendraient manger le pain des Français – et débouchant immanquablement sur les mêmes symptômes que le mal des ardents. Heureusement, il y a fort à parier (et au moins, à espérer) qu'une partie de l'électorat traditionnel de droite se détache progressivement de cette tendance pathologique. Le buissonnisme n'aurait alors été qu'un feu de paille. Et c'est tout le mal qu'on souhaite à la France.

Le 30 juin 2011 à 08:35

Métempsycose, il fait froid dehors

L’autre soir, alors que je prenais un verre rue Montorgueil avec mon ami, et que je le regardais, impuissante, dévorer toutes les tranches de rosette (j'étais trop loin de la planche), m'est venu à l'esprit que mon signe astrologique chinois était vraiment trop nul. Mon ami, sentant que quelque chose clochait, me demanda pourquoi diable fallait-il que je fasse la gueule devant d'aussi jolies charcuteries. Je n’ai rien répondu, j'ai haussé les épaules, il n'aurait pas compris (déjà pour Anish Kapoor, il avait eu du mal). Et puis elles étaient quand même bien moins jolies que moi. Les charcuteries. Pour changer de sujet, je lui ai fait remarquer un pigeon mort, sur les pavés. Ce qui l'a conduit à me parler des Druzes qui sont des métempsychotiques, apparemment. Jamais entendu parler de ces types. Quelques minutes après, ruminant toujours mon problème de signe, Pierre Haski, par le biais de Twitter (c’est la magie de Twitter, Pierre Haski donne des conseils en astrologie chinoise, on échange des recettes de cuisine avec Benoît Hamon, on parle tricot avec Orelsan), me suggéra la réincarnation, et je me souvins alors que la doctrine des Druzes est fondée sur la métempsycose (c’est du grec et ça n’a apparemment rien à voir avec une quelconque psychopathologie, à mon grand étonnement). Mais quelle idée brillante. J'allais me convertir et enfin vivre une vraie vie. Je consultai immédiatement Wikipédia (j’ai l’appli sur mon smartphone) afin d’étudier les offres de ce mouvement religieux dont j'avais découvert l'existence de façon fort opportune. Déconvenue. À lire la page consacrée aux Druzes, je réalisai que j’allais devoir faire plus qu’avaler une hostie sans la mâcher, ce qui est déjà pas mal compliqué, croyez-moi. Le chemin de foi avait quand même l’air plus ardu que celui de la religion catholique, où pour accéder à la première communion, je n’avais eu qu’à écouter une fois par semaine les approximations évangéliques de quelques femmes au foyer désoeuvrées, et à chanter “le monde aura besoin que je lui prête mes deux mains” en prenant mon air le plus béatement convaincu. Résignée à mon sort de Chèvre chinoise, je mâchai pensivement une feuille de salade qui était jusque là restée abandonnée dans un coin de la planche, en espérant que la prairie serait plus verte au plus haut des cieux.

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