gorge washington
Publié le 24/12/2014

Joyeux Noël


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Le 27 décembre 2011 à 08:57

Heureux les animaux!

L'homme occupe une place toute particulière au sein du règne animal. En effet, il est au sommet de la chaîne alimentaire et ce, bien que la plupart d'entre eux soient en bas de la chaîne agroalimentaire (l'homme est un loup pour l'homme). L'homme est un animal social, un animal politique, certes, mais l'homme, in fine, n'est pas un animal. Pourquoi ? Peut-être parce que le rire est le propre de l'homme. Ou peut-être parce qu'il a une âme, qui sait ? Or, il y a quelques semaines de cela, dans l'église Sainte Rita, on bénissait des animaux. Cela a paru étrange à certains, car l'animal, comme jadis la femme, n'est pas censé avoir d'âme, pas plus que d'humour. Quelqu'un a objecté que, depuis des siècles, dans les hôpitaux et les maisons de retraites, on bénit des légumes et personne n'y trouve rien à redire ! Moi, je trouve que ça se tient, de bénir les animaux. Vous-même, et là c'est votre conscience humaniste que j'interpelle, trouvez-vous plus logique de bénir un chien d'aveugle ou celui qui a crevé les yeux de son maître ? Ô cruel dilemme ! J'ajouterai qu'en plus, si on prend le plus emblématique des canidés, Lassie, qui est un chien, oui oui, d'accord, mais fidèle avant tout -haha!- là, on retombe sur nos pattes. Sur nos quatre pattes, pour ne pas citer Kierkegaard. Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien, comme disait l'autre. Mon chien, à moi, j'ai dû le faire piquer. La pauvre bête était devenue aveugle. Non, l'homme n'est pas un animal, l'homme est bête, nuance.

Le 27 juin 2015 à 09:53

Punk anarchiste, sois un Dieu et un maître pour ton chien 

Les réseaux sociaux sont alimentés par deux flux très empruntés : les vidéos sur les animaux  et les épandages vomitoires sur les assistés profiteurs, les immigrés cupides et les chômeurs non-flexibles. Juxtaposer deux informations ne veulent pas dire qu'elles ont un lien. Cependant il s'agit dans les deux cas de rapport à l'altérité, le sur-investissement de la relation affective avec l'animal en corollaire d'un désinvestissement compassionnel pour l'espèce humaine.Les propriétaires canins vous parlent d'amour. Comment peut-on s'extasier d'une liaison si déséquilibrée et la qualifier d'amour inconditionnel ? Comment puis-je me penser aimé, élu d'un être que j'achète, que je domine et que j'entretiens ? La dépendance entre le maître et son chien emprunte son fonctionnement à l'idéologie capitaliste et libéral : un toit, de la nourriture et des loisirs contre la reconnaissance. Le maître jouit de sa domination, apprécie d'être obéi. Son serviteur participe au système défensif de son patrimoine et ses aboiements xénophobes le rassurent sur sa sécurité. L'homme peut être qui il veut, cela n'influence en rien ce qu'il  reçoit en retour. Il peut être lâche et veule (ou même tortionnaire), le chien ne le sait pas. Il trouve, dans les yeux de la bête, la douceur d'une mère un matin de maladie.Comme un bien de consommation, le chien est conforme à nos attentes. Si le produit est déficient ou décevant, il termine l'été dans un fossé. Dans sa calendarité et sa cardinalité (pour reprendre les termes de Bernard Stiegler 1), il est en parfait phasage avec son propriétaire. On attribue aux chiens des émotions et des sentiments  dont la société humaine se désape : de l'empathie par exemple pour des espèces qu'il devrait chasser si l'humain n'était pas là pour remplir sa gamelle. Leur exemplarité nous conforte dans notre vision de la société médiocre. La jouissance dans cette union exclusive est d'autant plus grande que notre capacité à nouer des liens avec les hommes est contrariée par nos intérêts, par notre jalousie et par notre peur surtout.  Nous peinons à nous reconnaître dans nos semblables, leur fréquentation est laborieuse, trop compliquée et stérile souvent. Alors qu'un speed-dating avec des croquettes, ça marche à tous les coups.1 Bernard Stiegler Aimer, s'aimer, nous aimer Du 11 septembre au 21 avril, Galilée.

Le 10 février 2015 à 08:53

Saint-Bernard à la savoyarde

Vous les avez aimés, mangez les #2

L'image d'Epinal du bon saint-bernard, son petit tonneau de rhum au cou, sauvant l'alpiniste en difficulté me fait bien rigoler ! J'ai possédé moi-même un saint-bernard pendant dix ans et je ne l'ai jamais vu sauver qui que ce soit! Par contre, il peut se vanter de m'avoir ouvert les yeux et peut-être sauvé de la famine ! En effet, c'est ce bon Bobby qui m'a fait comprendre qu'il n'était pas seulement un animal de compagnie mais 60 kilos de promesses culinaires ! Ingrédients : 1 épaule de saint-bernard débitée en morceaux, 12 tranches de lard fumé, 6 cuil. à soupe de moutarde aux herbes, 1 gros oignon émincé, 8 belles pommes de terre, 20 cl de crème fraîche liquide, 10 cl de rhum, 250 gr. de Beaufort en fine lamelles, poivre et sel. Préparation 20 min - Cuisson 1h30 - Thermostat 7 1 - Epluchez et lavez les pommes de terre - Coupez-les en fines tranches - Remplissez un plat à gratin, arrosez de crème fraîche, poivrez et salez. 2 - Enduisez les morceaux d'épaule de moutarde aux herbes - Enroulez-les des tranches de lard fumé - Déposez-les dans le plat et posez dessus les rondelles d'oignon. 3 - Arrosez le plat d'un peu de rhum. 4 - Recouvrez la préparation d'un papier aluminium et enfournez - Sortez le plat du four et couvrez-le de lamelles de Beaufort - Remettez à gratiner et servez dès que le Beaufort a pris une belle couleur dorée.   Extrait de "Vous les avez aimés, mangez-les" de Pascal Rémy et  Jean Lecointre - Editions de l'épure - 20 €

Le 23 août 2011 à 09:03

Hubert, chien de cirque

Le mois dernier, j’ai revu mon cousin Hubert. Je lui trouvé l’air éteint. Comme nous nous aimons bien, il s’est un peu confié. — En janvier dernier, figure-toi, j’ai ouvert un blog, comme tout le monde. Ça distrait. Trop. Je me suis enflammé pour l’auteur du premier commentaire aimable, une jeune parisienne, à ce que j’ai compris. Et me voilà parti à lui composer des poèmes, à faire des cabrioles, à inventer des tours, à la suivre à la trace sur tous les chemins virtuels possibles. Ah ! Le succès que j’ai eu, c’est peu dire qu’il ne fut même pas d’estime. Alors j’ai fermé mon maudit blog. Pour en ouvrir un second, puis un troisième qui lui était spécialement dédié. Et plus j’implorais un regard, une minute d’attention, plus les coups de pied pleuvaient. Enfin j’exagère, mais elle ne venait plus jamais me lire. La nuit, je dormais sur le paillasson de son blog à elle, sans oser y entrer. Le jour, je mettais au point pour le mien de nouveaux numéros qui auraient pu enfin l’attirer et lui plaire. Niet. Les compliments, les petits mots pleins d’esprit étaient toujours pour les autres. Je dépérissais. Puis, bizarrement, mon visage changeait un peu, mes oreilles aussi, et je me suis mis à manger beaucoup de viande, moi qui avant la détestais. Quand plus personne n’a reconnu ma voix au téléphone, j’ai compris qu’il fallait vraiment faire quelque chose. J’ai voulu supprimer mon compte, mais on m’a répondu qu’il n’existait pas, qu’il n’avait jamais existé.

Le 27 novembre 2011 à 08:56

Tieren aller länder, vereinigt euch !

A mon frère, chien de traîneau désenchainé

La ligne 9 n’est pas électrifiée. Elle fonctionnait, jusqu’à hier, grâce à des chiens de traîneau venus d’Alaska qui tiraient les rames du matin au soir à la force de leurs muscles, du matin au soir dans l’obscurité humide et malodorante. Un chien  blessé à la patte à cause d’un morceau de verre sur la voie : incident technique. Un chien satisfaisant à quelque naturel besoin : régulation. Voilà pourquoi nous subissions tant d’incidents sur cette ligne ! Et plus nous récriminions, nous usagers excédés, plus ces pauvres bêtes étaient battues, maltraitées en représailles… Lorsque nous avons compris, nous avons tout accepté : les arrêts de 5 minutes entre chaque station, le largage intempestif à Nation, le trafic perturbé, le trafic interrompu, le trafic trafiqué. Tout. Mais, bon quand même, on ne pouvait plus ignorer le sort de ces chiens esclaves ! Alors, avec quelques amis, nous avons décidé de libérer les chiens. J’avais repéré, à la station République, un homme transportant des os, des boites de nourriture, des laisses et autres indices. Cet homme à la mine de damné de la terre était le soigneur des chiens. Il s’engouffrait toutes les nuits, après le dernier métro, dans un couloir d’accès interdit au public. Hier soir, nous l’avons attendu et suivi. Derrière une porte dérobée, nous avons découvert l’immense chenil où le soigneur leur distribuait leur pitance, pansait leurs plaies et les laissait dormir pour une courte nuit. « Nous ne vous ferons aucun mal ! Fuyez ! » Il a fui, presque soulagé. Les chiens hurlaient au loup. Nous avons ouvert la porte en grand. « Fuyez, vous aussi ! Vous êtes libres ! » Ah, le bonheur de ces animaux, retrouvant la perspective du jour, les chemins de traverse et l’air de dehors ! Ce matin, ils ont remplacé les chiens par des chômeurs. Au noir !

Le 26 décembre 2010 à 15:01

Il était une fois...

Carte postale de Finlande

En Finlande, on aime les téléphones portables. Et plus en particulier, ceux de la marque Nokia. Question de fierté nationale. Dans le petit village de Pukkila, près d’Helsinki, Nokia rime avec Père Noël (on n’est pas bien loin de la Laponie, où l’on sait que réside l’illustre bonhomme des neiges)…Il était une fois un gentil monsieur répondant au doux prénom d’Onni, et qui ne pensait pas mal. Il pensait même fort bien, puisqu’à sa mort, il léga à la petite maison de retraite de sa bourgade natale (il était parti faire fortune aux Etats-Unis) une grosse poignée d’actions Nokia. Laquelle finlandaise entreprise produisait, entre autres, de finlandaises bottes en caoutchouc. Pas de quoi, à l’époque, casser trois pattes à un canard, fût-il finlandais itou. Si délicat qu’il était été, Onni n’avait pas imaginé faire un si beau cadeau aux retraités de Pukkila, Nokia ayant par la suite décidé de devenir le principal fabricant de téléphones mobiles dans le monde. Avec le chiffre d’affaires qui allait avec. Oui, mais voilà : lorsque le prix des actions Nokia grimpa, grimpa jusqu’à crever le plafond de la Finlande, certains concitoyens de Pukkila souhaitèrent les vendre, ce que le doux Onni avait formellement interdit…Après une longue bataille juridique opposant les teneurs de parole aux visionnaires de la bourse, les actions, finalement, furent vendues. Au plus haut de leur cours. Avec l’argent, on fit construire non seulement une plus belle maison de retraite, mais aussi un complexe très fonctionnel autour, avec tout ce qu’il fallait dedans pour rendre ses pensionnaires et leurs familles plus heureux. Ce fut une excellente initiative. Car Nokia ne connaît plus le lustre de ses années passées et la vente de ses actions aujourd’hui rapporterait à peine de quoi repeindre les murs de la petite maison de retraite. Où, depuis, on ne lit plus le cours de la bourse.

Le 25 janvier 2015 à 09:51
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