Winshluss
Publié le 22/12/2014

Il y a 5000 ans disparaissaient les dinosaures


Extrait de "In God we trust" publié en 2013 aux Requins Marteaux
Né en 1970, Winshluss alias Vincent Paronnaud publie ses premiers travaux dans les années 1990 dans plusieurs fanzines et revues de bande dessinées (Jade, Le journal de Monsieur Pabo, Ferraille etc.) posant les jalons d’un style graphique très personnel caractérisé par un trait acéré qui souligne la noirceur d’un propos corrosif au cynisme dévastateur. En 2001 on le retrouve au catalogue de nombreuses maisons d’éditions indépendantes. Il publie Super Negra chez Les Requins Marteaux en 1999, Pat Boon, Happy End chez l’Association, Welcome to the Death Club chez Six Pieds Sous Terre et en 2001 Monsieur Ferraille (avec Cizo) chez les Requins Marteaux. Après la publication de Smart Monkey aux éditions Cornélius en 2004, Winshluss, épaulé par ses deux compères de toujours, Felder et Cizo, reprend la direction éditoriale du journal de bande dessinée Ferraille Illustré jusqu’en 2006. En 2008, il publie le magnifique Pinocchio, couronné par le Fauve d'or d'Angoulême et par le prix de la meilleure BD étrangère au Brésil.

Parallèlement à la bande dessinée, Vincent Paronnaud réalise avec Cizo, en 2004, les courts métrages d’animation Raging Blues en 2003 et O' Boy! What nice legs! en 2004 puis en 2010 Il était une fois l’huile. Il reçoit en 2007 le Prix du Jury du festival du film de Cannes et deux Césars pour l’adaptation de Persépolis avec Marjane Satrapi. En 2011, Ils collaborent, à nouveau, pour réaliser un long métrage en images réelles Poulet aux prunes.

Winshluss est régulièrement exposé. A partir de 2001, il conçoit avec Cizo et Felder les expositions Le Supermarché Ferraille, Le Musée Ferraille et Il était une fois l'Huile. En 2012, il présente Nature Sucks! à l’Espace Culturel François Mitterrand à Périgueux. En 2013, le Musée des Arts Décoratifs de Paris lui consacre une exposition intitulée "Winshluss, un monde merveilleux".

Winshluss est représenté par la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois à Paris depuis 2009. Il y présentera sa troisième exposition personnelle en 2015.

Illustration :
Poupée Winshluss, 2013
Technique Mixte
117 x 27 x 30 cm
Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris
Photo : Luc Boegly

 

 

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La guerre des os

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La Guerre des os a bel et bien existé. Authentique western paléontologique qui opposa dans les années 1870, deux anciens amis, Edward Cope et Othniel Marsh, professeurs émérites des universités de Pennsylvanie et de Yale, lancés dans une guerre fratricide dont les nombreux cadavres gisaient au sein des sédiments des contrées inhospitalières de l’ouest.  Leur différend avait débuté le jour où le premier ayant invité le second à venir admirer sa nouvelle découverte - un dinosaure marin nommé Elasmosaurus - se vit reprocher par son confrère d’avoir négligemment placé le crâne de l’animal à l’extrémité de sa queue. Cette remarque avisée ne devait pas flatter le savant susceptible qui en prit ombrage et les deux hommes brouillés à vie se livrèrent, à sa suite, une concurrence impitoyable dont le but inavoué était de découvrir le plus grand nombre de dinosaures.  Au cours de cette course au fossile, tous les coups ont été permis, jusqu’à monnayer les services de l’illustre Buffalo Bill et de quelques guerriers crows familiers du terrain. On cachait à l’équipe adverse l’emplacement de ses fouilles, on missionnait chez elle des espions et des saboteurs déguisés en paisibles migrants et on pratiquait la débauche au sein des fouilleurs de l’autre camp. On allait même jusqu’à détruire les découvertes de l’adversaire et les coups de poings volaient aussi bas que les ptérodactyles. Tout juste si on évitait les échanges de coups de feu !  Après trente années de conflit, cette guerre des os devait prendre fin avec le décès d’Edward Cope. Elle se soldait par l’invention de plus de 80 espèces nouvelles de dinosaures  Dont le célèbre Diplodocus qui en sourit encore.

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La dynastie des Stuart régnait de nouveau sur l'Angleterre et les doctes sujets de sa Majesté Charles II ignoraient tout de l'existence des dinosaures dans le royaume. Aux yeux du Révérend de cette tranquille paroisse, le gros os qui avait été extrait de la carrière voisine présentait "la figure exacte de la partie inférieure de l'os de la cuisse d'un homme ou, du moins, de quelque autre animal." Mais l'os était vraiment très gros. Au moins huit pieds de long selon sa propre estimation! De quel homme, de quel animal pouvait-il donc provenir?   Les érudits locaux penchaient pour une explication liée à l'histoire ancienne. Selon eux, le fémur aurait appartenu à un éléphant de guerre de la grande armée d'Hannibal qui se serait égaré sur le chemin de Rome. "Un sacré égarement!", leur rétorquait le pasteur avec circonspection, rappelant qu'on avait retrouvé plusieurs de ces os gigantesques dans les campagnes environnantes, jusque dans les décombres d'une vieille église en ruines. Il refusait de croire que même aux temps païens d'avant le christianisme, les Romains, ces bâtisseurs connus pour leur esprit pratique, aient eu l'idée saugrenue d'inhumer de tels animaux dans une terre consacrée. Et si c'était le cas, pourquoi se seraient-ils donné la peine de n'en enterrer qu'une seule patte ? Une patte beaucoup plus grande que celle de l'éléphant qu'il avait eu la chance de pouvoir admirer lors de la foire d'Oxford...    

Le 11 mai 2012 à 08:43

Chronique Rurale

Neuvième jour : tristesse, et le naufrage de l'enfance

> Premier épisode                     Aujourd’hui je suis un petit peu triste. Je vais vous expliquer pourquoi. J’ai lu quelque part, dans un bouquin ramassé parmi les décombres d’une bibliothèque abandonnée, que Dieu pouvait parfois nous apparaître sous la forme d’un chat, notamment chez les Egyptiens – mais c’est finalement assez rare -, ou bien alors d’un enfant, chez les Chrétiens en particulier. Encore quelque chose que je ne savais pas. Après réflexion, il m’apparaît cependant que l’enfance, qui est un absolu naufrage – on pourrait même dire un carnage - ne porte pas par  elle-même la sereine plénitude qu’on serait en droit d’attendre d’un Dieu. A sa sortie, vers 10 ou 12 ans, il ne reste plus grand chose de cette pureté légendaire avec laquelle on serait soit- disant venu au monde. On est tout souillé des dégueulasseries de nos parents, des coups tordus de son père et des couteaux dans le dos de sa mère. Le problème est précisément que nos parents ont aussi eu à subir tout ça. C’est donc une sorte de malédiction. Tout à l’heure, comme je cheminais sur le bord de la D536, et pour être parfaitement exact, à l’endroit où elle croise la D650, je suis malencontreusement tombé sur un enfant qui pleurait en sautillant doucement d’un pointillé à l’autre, ses petites mains dans ses poches, son petit nez tout crotté de croûtes radioactives et par le rhume des foins. Dans ma mansuétude, je me suis approché de lui, et me suis livré a un gentil interrogatoire : j’appris qu’il s’était enfui du village vacances de la CAF de Blainville-Sur-Mer. Depuis l’accident, le village a été réquisitionné par l’armée et transformé en camp de réfugiés pour les orphelins de la catastrophe. Le gamin portait autour de son cou un sac en tissu qui mentionnait «faites un geste pour la planète avec les sacs éco-malins». Dans le sac, emberlificotée comme une vieille pelote, le gosse avait enfoui une boule de cheveux roux à l’odeur à peu près insoutenable. Je sais que personne ne voudra me croire, mais la boule rassemblait les cheveux de sa mère que lui avait confiés l’employé des pompes funèbres juste après la crémation. Un peu comme une sorte de doudou, si vous voulez. Je vous raconte ça histoire de confirmer que le nucléaire, ça fait pas que rigoler, ça peut aussi faire pleurer. Bon, je reprends le fil de ma pensée : je vois ce petit enfant, là, tout perdu sur le bord de la route et les yeux dans le vide, et je pense que le mien - celui qui grandit, là, dans ma sorte d’utérus hermaphrodite - je ne me verrais pas l’abandonner. Je ne me verrais pas le laisser même une seule minute sur le bord de n’importe quelle route, ou de quoi que ce soit qui ait un bord. Je l’aimerai comme un sparadrap. Et au moment où je dis ça, cette idiotie du sparadrap, je comprends que je l’aimerai trop, que je finirai même par l’étouffer, par l’étouffer dans un sac en plastique, pas « écolo machin » du tout cette fois. Par le mettre au congélateur pour le regarder dormir en me mordant les poings avec des remords jusqu’à la fin de ma putain de vie. Et que l’enfance c’est de toute façon le début de la mort et que tes parents ne font rien que t’apprendre la solitude, la seule vérité qui vaille, la terrible réalité de la condition humaine. Et tant que ça ne t’est pas rentré dans la tête, tu restes un être inachevé, il te manque à jamais quelque chose, tu as perdu ta maman, tu t’es paumé sur le bord de la route avec ton doudou-cheveux et tu pleures. Ouin. Et si tu n’avales pas cette couleuvre de la solitude et de la douloureuse impossibilité du bonheur, si tu restes à tout jamais coincé sur le bord de la vie avec l’idée que quelque chose de pur est éventuellement réalisable, alors tu restes un être inachevé qui a éternellement perdu sa maman. Pur, mais inachevé. Je tourne la tête, et je vois près de la route un arbre mort dont le tronc tient pourtant encore debout. Quelques étoiles assez puissantes pour percer le nuage d’azote s’allument au- dessus de ses branches noires. Je vais m’allonger et tenter de dormir un peu. Demain, ce sera la phase décisive de mon plan.

Le 6 décembre 2010 à 07:23

Avis de recherche

Un homme de 38 ans, Christophe M., a disparu depuis lundi soir. Il semble qu’il ait quitté le domicile conjugal à la suite d’une altercation avec son épouse à qui il reprochait une certaine frigidité. L’homme semblerait s’être rendu ensuite chez son meilleur ami qui est actuellement absent pour plusieurs mois en raison d’une délocalisation de son entreprise en Arabie Saoudite. La femme de celui-ci déclare que Christophe M. lui a effectivement rendu visite dans la soirée de lundi mais qu’il l’a quittée vers deux heures du matin. Christophe M. a ensuite été aperçu au domicile de Monique G., secrétaire de l’entreprise qui l’emploie, où il n’est, semble-t-il resté que deux heures. « Il est venu chercher un certificat de travail » nous a déclaré Monique G qui l’a vu se diriger vers le pavillon de sa voisine, une femme célibataire, qu’il connaissait et que nous n’avons pu joindre. Un peu plus tard, une troupe de majorettes nous révèle que Christophe M. s’est rendu à leur local qu’il a quitté plusieurs heures plus tard en annonçant qu’il comptait se rendre au foyer de jeunes filles de la rue voisine.  La dernière trace que l’on ait relevée de Christophe M. se situait aux alentours du bois de Boulogne où un témoin prétend l’avoir vu s’introduire successivement dans plusieurs camionnettes en stationnement. Depuis plus rien. La famille est anxieuse et lance un avis de recherche. Merci de bien vouloir rassurer une femme et des parents terriblement inquiets.

Le 4 février 2014 à 08:20

Chambre de Constantin : Batman et Hulk repoussent une nouvelle attaque du T-Rex

Amiens – Situation toujours incertaine ce midi dans la chambre de Constantin, 11 ans, après la violente attaque hier soir d’un T-Rex. Une attaque repoussée de justesse par Batman et Hulk qui ont dû faire équipe bon gré mal gré. Reportage. Des voitures écrasées, les restes d’une barricade constituée de livres et de boîtiers de CD renversés. La maison des Simpson en Lego éventrée, des pièces du jeux jonchant le sol. Le spectacle de la chambre de Constantin après l’attaque du Rex d’hier soir est effroyable. Mais grâce à Batman et Hulk, l’honneur est sauf. « La première ligne de défense constituée de Lego pourtant entraînés n’a pas résisté au choc » expliquait Constantin lors d’une conférence de presse. « Nous avons été débordés par notre gauche, ils sont passés par dessus le coffre de vêtements, ils avaient l’avantage de la hauteur ». Dès lors, il ne restait plus que les deux super héros pour stopper le carnage annoncé. L’attaque, dirigée par le T-Rex et une peluche Angry Birds, n’a laissé aucune chance aux Lego pris au piège après l’effondrement de la barricade. « La maison des Simpson en Lego a pris l’attaque de plein fouet, nous n’avons rien pu sauver » racontait un sauveteur encore sous le choc. Mais tandis que la bataille semblait perdue,  l’arrivée inespérée de Batman et de Hulk a changé la donne. Les deux super héros vont s’associer, repousser l’attaque et remporter la bataille. Une victoire cependant discutable selon les experts. « Cette arrivée était un peu trop télécommandée, il est évident que les Lego ont été sacrifiés délibérément pour laisser croire à une infériorité numérique ». Pour d’autres, « la destruction de la maison des Simpson est à prendre  en compte pour donner la victoire à l’attaquant, même si le rôle de Ned Flanders est trouble : pourquoi n’a-t-il pas donné l’alerte lorsque le Rex était en vue ? ». De son côté la petite sœur de Constantin, qui supervisait l’attaque du Rex, n’a pas hésité à qualifier son frère de très mauvais joueur. « On avait dit pas plus de deux super héros par personne. Or, là on en a bien deux, c’est clairement de la triche, c’est pas bien » a-t-elle déclaré aux journalistes avant de quitter la chambre en larmes. Constantin, lui, restait sûr de son bon droit. « J’avais dit de pas toucher à la maison des Simpson, j’ai mis du temps à la faire, alors c’est tout, c’est elle qu’a commencé ». Le Gorafi  

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