Ray Banana
Publié le 08/01/2015

Les perdants


Les perdants

... Tout comme Lon Chaney, mais plus que le Docteur Lao (qui n'en a que sept) et que la peur (qui n'en a que trois) Ray Banana a mille visages! ...

... Avant d'opter pour le bien, Ray Banana avait une prédilection pour les éclairages par en dessous, qui font toujours leur effet...

... Cet homme pense... même s'il a du mal à courir en même temps! Et en plus il parle latin...

... Ray Banana a compris que si, comme dit Héraclite, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, il est très fréquent qu'on se baigne plusieurs fois dans la même piscine. 

(La presse)


Dernière parution: La Philosophie Dans la Piscine (La Boite à Bulles éditeur)

Dernier domicile connu: www.raybanana.org

 

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Le 25 janvier 2015 à 10:55

Olivier Roy : Un islam sans racines ni culture

Il s’agit d’abord d’une dérive. Dérive de jeunes souvent venus, mais pas toujours, des zones grises et fragiles de la société – seconde génération d’immigrés, en précarité sociale, ayant tâté de la petite délinquance. Mais la dérive peut être plus personnelle, plus psychologique et moins liée à l’environnement social, comme on le voit chez les convertis (qui représentent 22 % des jeunes Français qui rejoignent le djihad en Syrie). Ce n’est pas une partie de la population française musulmane qui se tourne vers le djihad et le terrorisme, c’est une collection d’individus, de solitaires, qui se resocialisent dans le cadre d’une petite bande ou d’un petit groupe qui se vit comme l’avant-garde d’une communauté musulmane, laquelle n’a pour eux aucune réalité sociale concrète, mais relève de l’imaginaire : aucun n’était inséré dans une sociabilité de masse, qu’elle soit religieuse, politique ou associative. Ils étaient polis mais invisibles : « avec eux, c’était juste bonjour-bonsoir » est un leitmotiv des voisins effarés. Ils parlent pêle-mêle de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Tchétchénie, des musulmans massacrés dans le monde, mais aucun n’évoque le racisme, l’exclusion sociale ou le chômage, et ils ne citent la Palestine que parmi la litanie des contentieux. Bref, il faut se méfier d’une explication, populaire à « gauche », selon laquelle l’exclusion sociale et le conflit israélo-palestinien radicaliseraient les jeunes. Terroristes ou djihadistes, ils se construisent un statut de héros, de guerriers qui vengent le Prophète, l’oumma, la femme musulmane ; ils se mettent en scène (vidéos, caméras GoPro), ne préparent ni leur fuite ni de lendemains qui chantent, et meurent en direct à la une des journaux télévisés, dans un bref spasme de toute-puissance. Leur nom est sur toutes les lèvres : héros ou barbares, ils s’en fichent, l’effet de terreur et de renommée est atteint. En ce sens, ils sont bien le produit d’une culture nihiliste et individualiste de la violence que l’on retrouve dans d’autres secteurs de la jeunesse (chez les jeunes qui attaquent leur propre école, le « syndrome de Columbine »). Il y a beaucoup de rebelles en quête d’une cause, mais la cause qu’ils peuvent choisir n’est évidemment pas neutre. Un meurtre au nom de l’islam a un autre impact qu’un mitraillage dans une école commis par un élève, ou qu’une séance de torture ordonnée par un petit trafiquant de drogue. Merah, les frères Kouachi ou le « djihadiste normand », Maxime Hauchard, se sont radicalisés selon une référence religieuse, celle de l’islam. Et dans cette mouvance ils ne sont pas les seuls. C’est cette radicalisation qu’on désigne sous le nom de « communautarisation ». On fait de la communautarisation une dérive collective et non plus individuelle, et qui serait dans le fond le terreau qui conduirait à « ça ». En somme, une partie de la population musulmane ferait sécession pour se replier sur une identité culturelle et religieuse qui en ferait désormais la cinquième colonne d’une civilisation musulmane en crise. Le « retour du religieux » casserait ainsi le consensus national sur les valeurs de la République. La réponse spontanée de l’opinion publique et le discours explicite des dirigeants politiques ont consisté à mettre en avant un consensus national (tolérance, laïcité, citoyenneté) dont la manifestation du 11 janvier a été une remarquable « mise en scène » spontanée et populaire. On pourrait s’interroger sur ce consensus national, dont on exclut le Front national. On pourrait se demander si les participants à la « Manif pour tous » en font partie, eux qui croient qu’il y a un sacré que la liberté des hommes ne saurait remettre en cause. On pourrait enfin se demander si la « laïcité » ne fabrique pas à son tour un sacré qui échapperait à la liberté d’expression. Mais revenons au « retour du religieux » et au communautarisme. Tout montre que ce religieux n’est pas importé d’une culture étrangère, mais est reconstruit à partir d’une déculturation profonde des nouvelles générations. Le salafisme, qui en est l’expression la plus pure, rejette toutes les cultures à commencer par la culture musulmane et sa propre histoire. L’Arabie saoudite vient de détruire tout ce qui reste des sites historiques et archéologiques de La Mecque pour y construire des centres commerciaux à l’américaine consacrés au consumérisme contemporain. La Mecque aujourd’hui, c’est Las Vegas plus la charia. Déculturation et absence de transmission conduisent toute une génération à se construire un islam réduit à des normes explicites (charia) et à des slogans détachés de tout contexte social (djihad) ; la « communauté » n’a aucune base sociologique réelle (institutions représentatives, réseaux scolaires ou associatifs) : elle est la mise en scène d’elle-même et rentre en ce sens dans la société du spectacle. Le fanatisme, c’est la religion qui n’a pas, pas encore ou plus de culture. Historiquement, l’islam comme le christianisme se sont « enculturés », aujourd’hui religion et culture se séparent.  La question est donc non pas de « réformer » l’islam, mais de « culturer » l’islam en l’insérant dans la société française. En mettant en avant une conception de la laïcité qui exclurait le religieux de l’espace public, on contribue à « fanatiser » le religieux.    Olivier Roy, politologue > Article publié dans l'hebdo Le 1 N° 40   Le 1, en partenariat avec le Rond-Point et sa revue en ligne ventscontraires.net, vous propose une nouvelle conférence de rédaction en public, avec des invités surprises, le lundi 26 janvier - plus ici  

Le 13 décembre 2011 à 08:02

Jésus, reviens, ils sont devenus fous

Ah ! Les vilains méchants, les sombres iconoclastes ! Mécréants, incrédules, apostats. A deux semaines de Noël, vous faites de la peine au petit Jésus qui a tant souffert pour nous, sur sa croix. Et à sa maman qui a enduré les souffrances des mamans sans en connaître les plaisirs. C'est-y pas un crève-cœur ? Pour qui c'était, les contractions ? Pour sa pomme. Pour qui c'était la précarité ? Pour sa pomme. Va-t-en accoucher dans la paille entre des bestioles qui puent, toi qui manies le blasphème avec tant d'aisance, et qui prétend de surcroît ramasser de la monnaie avec, alors qu'ils vivaient comme des cloches, ceux que tu injuries. Et pour qui c'était les larmes de la maman devant le cadavre de son enfant unique ? Tout ça pour racheter vos vilains penchants, vos fautes inavouées. Les croisades, les guerres de cent ans, les guerres de trente ans, les guerres où l'on meurt à vingt ans, les conquêtes colonisatrices, les inquisitions, les misères, les holocaustes, les tortures, le mépris des autres, les viols, les assassinats, l'amour de l'or qui est aussi mauvais pour l'homme que le phylloxéra l'est pour la vigne, c'est pour quoi qu'il est mort, le petit Jésus ? Pour vos museaux. Pour vos vilaines trognes de jouisseurs. Bien sûr, les guerres, la misère, les mauvais sentiments. Mais il en faut bien pour prendre conscience de ce qu'est le mal. Et à qui pourrait-on donner à la sortie de la messe s'il n'y avait pas de pauvres ? La pauvreté des autres permet aux personnes bien d'être gentilles. Deux mille ans que l'on vous dit que Dieu est amour et vous ne comprenez toujours pas ? Va-t-y falloir qu'on vous casse les dents, qu'on vous caresse les côtes et l'épine dorsale avec des gourdins, qu'on vous fasse brûler vifs pour vous faire comprendre ce qu'est l'amour universel ? Sales gens. Vous n'avez pas de coeur. Quelle injustice. Jésus, reviens, ils sont devenus fous.

Le 16 décembre 2014 à 09:36
Le 12 janvier 2015 à 08:10
Le 28 janvier 2012 à 09:59

« Hollande et Juppé ont oublié d'être cons »

Gérard Longuet, RMC, vendredi 27 janvier 2012

L’équanimité du ministre de la Défense a ses limites. Entre les deux « pas cons » qui s’affrontaient sur France 2 jeudi soir, il avait comme collègue de gouvernement de l’un d’eux sa petite idée de celui qui était plus que « pas con… ». Ou moins que con pour ceux qui comptent à l’envers. Mais le jugement importe moins ici, que l’introduction à une heure de grande écoute radiophonique du concept de « con » dans l’analyse politique. Le mot restait confiné aux considérations privées entre personnes d’opinions opposées. Le consacrer publiquement dans son adjectivation savante et non sa substantivation vulgaire, ouvre des perspectives nouvelles dans l’étude des caractères politiques. Car si Hollande et Juppé ont « oublié » d’être con, c’est bien que d’autres ont dû penser à l’être. D’où sans doute l’expression : jouer au con, que l’on pourrait appliquer à tel président de la République, pour prendre un exemple au hasard, laissant croire qu’il pourrait échouer à se perpétuer. Il reste que si certains ont « oublié » d’être cons c’est qu’il existe bien, dans le tréfonds de leur vécu, une connerie laissée de côté. Chercher le con en soi, serait dès lors une de ces introspections que la psychanalyse recommande pour éviter que le refoulé vienne se venger. Tel Juppé apostrophant Hollande : « on verra ce que vous ferez »,  comme s’il avait déjà intériorisé la défaite. L’injonction « casse-toi pov’ con » serait alors à réinterpréter dans toute sa complexité polysémique.

Le 19 janvier 2015 à 10:31
Le 24 juillet 2015 à 08:30
Le 2 avril 2010

Cadeau : cliquez et gagnez 70 Euros

ventscontraires.net s'est procuré les romans à paraître ces jours-ci. Soyez à la page tout en économisant temps et argent, le Service Rond-Point les a lus pour vous  Seule ma nuque me remarque, de Astrid Biel (Ed. Pragma 21 Euros) Qu'advient-il quand le passé précipite le présent ? Quand la réalité dissout l'imaginaire ? Quand vérité et mensonge entrent en fusion ? Clara, protagoniste de ce récit tout en intériorité, mènera-t-elle à terme ce projet fou de refaire l'amour avec son père, désormais grabataire, ou retournera-t-elle auprès de Bruno, son "Homme Cendre", le mari dépressif, l'homme qui ne sait pas ce qui se trame en elle ?La réponse du Service Rond-Point Elle renonce à son père et revient se garer gentiment auprès de Bruno.Le Flegme des orchidées, de Réginald Durand (Ed. du Loquet 26 Euros)R., paléontologue septuagénaire, héberge une jeune étudiante cambodgienne, Thinrâh, enceinte de six mois. Elle vient avec des relevés de crânes retrouvés dans des fosses communes, à la recherche de ses parents. Connaît-elle le passé  de R. proche de certains dirigeants Khmers rouges rencontrés à la Sorbonne? Est-elle venue se venger? Ou cèdera-t-elle aux bienfaits de R., tenaillé par sa culpabilité ?La réponse du Service Rond-PointElle renonce à retrouver ses parents et vient avec flegme se garer auprès de R.Le Trou blanc, de Claude Dominik (Ed. Follimard 23 Euros) Myriam,  jeune Strasbourgeoise, est humiliée en public par son mari à plusieurs reprises parce qu'elle est issue d'une famille juive. Déprimée, elle va se réfugier chez ses deux sœurs, très religieuses, qui partagent la même maison. Elles la convainquent de prendre conseil auprès du rabbin de la communauté alors que Myriam s'en est écartée depuis son adolescence. Hésitante, elle se rend néanmoins à un premier rendez-vous, "pour voir", dit-elle. Peu à peu, l'homme censé lui porter secours s'avère un manipulateur qui tente à tout prix de fiancer religieusement Myriam avec son fils autiste. Myriam perd pied, va-t-elle sombrer encore plus bas ?La réponse du Service Rond-Point Elle couche avec le rabbin pour humilier publiquement son mari.21 Euros + 26 Euros + 23 Euros = 70 Euros

Le 1 mars 2013 à 10:15

Je ne m'aime pas

Je suis comme plein de gens, je ne m’aime pas. Mieux : je me déteste. Or, pour vous, c’est simple : vous vous détestez, bon, voilà, c’est dit. Mais pour moi, c’est terrible ! Car je suis juif ! Et je ne peux pas me piffer. Je ne peux pas me voir en peinture, je me hais, je me conchie. De nos jours, c’est ultra-grave : Je suis juif, je ne m’aime pas, DONC je n’aime pas les juifs. C’est de l’antisémitisme primaire ! Ça tombe sous le coup de la loi ! C’est très grave ! Oh, j’ai bien essayé de tourner la chose différemment : Je ne m’aime pas, mais c’est pas parce que je suis juif ! Hum… Ça revient exactement au même ! je ne m’aime pas mais quoi que j’en dise, je suis juif DONC je n’aime pas le juif que je suis DONC je n’aime pas les juifs. Il n’y a pas moyen de sortir de ça avec ce putain de syllogisme !Que faire ? C’est extrêmement dangereux, ces idées là ! On sait où ça mène ! Dans un train ! Et pas en première classe ! Et si j’étais arabe ? Vous imaginez ? On me collerait vite fait l’étiquette d’islamophobe ! Ou noir ? Pof, raciste ! C’est vite fait de vous cataloguer… Par contre, handicapé, femme, myope, nain, c’est déjà moins grave. Y a pas de lobby.Mais juif ! Cependant, moi, qui suis juif et qui ne m’aime pas, j’ai une chance, oh toute petite, de ne pas être poursuivi pour antisémitisme : Je ne suis pas circoncis, oui, un accident. Ah pardon, ce n’est pas un détail. Car je peux dire en toute innocence : je ne m’aime pas mais rassurez-vous : je ne suis pas circoncis !

Le 9 janvier 2015 à 10:24
Le 6 décembre 2011 à 08:39
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