Romain Boussard
Publié le 09/01/2015

Je suis Charlie


Ancien étudiant en coloriage et pâte à modeler reconverti dans le dessin d'actualité. 
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Le 23 juin 2010 à 07:24

"Il ne faut jamais perdre le désespoir", Cuauhtémoc Blanco

Le match France-Mexique vu de Mexico

Ça fut la dernière phrase de Cuauhtémoc Blanco après avoir obtenu la qualification du Mexique à la coupe du monde. Huit mois plus tard, le Mexique gagne 2-0 contre la France, quatre jours plus tard on perd contre l'Uruguay, désillusion, l’espoir s’évanouit, seul nous reste « le désespoir ».  Chaque jour les choses  sont plus compliquées au Mexique : l’économie, la violence, la délinquance, tout !  Je récuse complètement ceux qui disent que le football est seulement un sport. C'est peut-être vrai pour eux, mais au Mexique c’est un phénomène social. Après la victoire contre la France, tout le pays était en fête. Imaginez une ville comme Mexico où vivent plus de vingt-deux millions de personnes, et maintenant imaginez ces vingt-deux millions dans la rue, fêtant le Mexique avec cet appétit de victoire, je dirais pas seulement une victoire sportive, mais une victoire dans la vie. La sélection mexicaine a rassemblé les rêves d’un peuple divisé, d’un peuple qui vit en état d’apathie, de famine, de pauvreté avec l’illusion de voir un jour les choses s'améliorer, et la vie leur réussir. Le football est bien plus qu'une passion, bien plus qu'un business, c’est d'avoir vu soudain un homme riche serrer dans ses bras un homme pauvre, c’est d'oublier  un instant la réalité et la souffrance. Je me souviens d’un ami qui m'a raconté la Coupe du monde en France. Quand Zidane a levé le trophée tout a paru changer. Les rues de Paris étaient bondées, les Français se sentait fiers de cette victoire, surtout face au Brésil. Je voudrais que les Mexicains vivent ce bonheur, cette sortie de la réalité – au moins un jour – un instant où tous les problèmes s’éloignent, un instant où nous nous sentons fiers d’être Mexicains. Mais la réalité aujourd’hui s'appelle Uruguay, notre réalité footbalistique (voilà un mot franco-mexicaine). La vie est comme ça, les échecs nous font regarder nos erreurs et aller de l'avant. C'est seulement en regardant notre réalité en face qu'on pourra la changer, seulement en acceptant nos faiblesses qu'on sera plus forts. Il ne faut pas rêver, il ne faut pas avoir de vains espoirs, il faut se préparer à tout. Le Mexique va peut-être perdre contre l’Argentine, mais même pour perdre il faut une préparation. Je suis probablement pessimiste, mais non, tout ce que je veux (j’allais dire « j’espère » ), c'est simplement voir un bon match entre le Mexique et l’Argentine. C’est tout.

Le 2 décembre 2014 à 08:32

Les policiers seront désormais moins insultants pendant leurs délits de faciès

Le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé ce matin un grand changement dans le cadre des contrôles d’identité pratiqués par les forces de l’ordre. Les représentants de la police devront désormais faire preuve de plus de politesse à chaque contrôle au faciès.
Un changement salué
 par le collectif « Stop au délit de faciès malpoli ». Les préjugés n’empêchent pas un petit « Bonjour » C’est par ces mots que l’occupant de la place Beauvau
 a débuté son allocution au cœur du commissariat des Halles à Paris sur la mise en place d’un délit de faciès « next generation » selon son entourage. Pendant une heure et demi, M. Cazeneuve a détaille son plan : « Tous les agents de police pourront continuer de contrôler un homme parce qu’il est typé maghrébin ou d’origine sub-saharienne. C’est un acquis sur lequel nous ne reviendrons pas. Mais à partir d’aujourd’hui ils le feront avec l’obligation de dire « Bonjour Monsieur » et « Passez une belle journée » avant et après avoir fouillé de manière humiliante la personne concernée. Les préjugés n’empêchent pas un petit « Bonjour
 » Autre changement, les policiers devront agrémenter d’un « S’il vous plaît » toutes leurs accusations sans fondements hormis l’appartenance ethnique du citoyen qu’ils contrôlent arbitrairement. Ainsi, un « Bon, où qu’elle est la drogue ? » devient « Bon, où qu’elle est la drogue s’il vous plaît ? ». De son côté, un « Alors, on va te renvoyer au bled tu sais ! » se transformera en « Alors, on va vous renvoyer au bled vous savez Monsieur. » Frapper des zones précises Le ministre de l’Intérieur a également expliqué que lors de bavures, les policiers devront maintenant infliger aux individus interpellés des coups non justifiés uniquement dans des parties moelleuses du corps comme le gras du ventre ou la cuisse. Un moyen de conserver cette tradition de la police nationale tout en réduisant la souffrance des victimes de bavures. la rédaction Photo: Thinkstok/michaklootwijk

Le 4 juillet 2012 à 10:06

L'objet du délire #2

Tout a déjà été dit.

Tout a déjà été dit sur le dentifrice. Les grands penseurs se sont penchés depuis longtemps sur son cas, Aristote, Platon, Nietzsche, Locke, Voltaire, j'en passe. On connaît la rengaine. La silhouette du tube révèle la psychologie du propriétaire : un ventre creux et des extrémités bombées dessinent un personnage impulsif et bon vivant, assez mauvais en mathématiques et versatile ; l'extrémité opposée au bouchon retroussée au fur et à mesure de l'usage augure au contraire d'un caractère calculateur, méthodique mais angoissé, prompt à dérailler lors des crises conjoncturelles. Psychanalyse de lavabo messieurs les penseurs. Quand on a dit tout ça, on n'a rien dit du dentifrice. Rien. Parce qu'on n'a pas parlé de son goût, de ses bandes colorées, (magie de la technique, elles s'entremêlent à la sortie), de l'enfance éternelle qui jaillit sur la brosse. Le dentifrice n'est pas seulement le soleil de nos salles de bain, la moelle substantifique qui irrigue nos vies en parfumant nos bouches, en blanchissant nos sourires, en chassant le soir la carie qui pourrira nos rêves. Le dentifrice, c'est l'onguent qui nous sauve de la sauvagerie, qui crée le baiser et le désir du baiser, l'artifice que la nature n'a pas su inventer et qui fait de nous ce que nous sommes, des êtres humains debout. En vérité, la seule vraie différence entre l'homme et l'animal, c'est le dentifrice. D'ailleurs les animaux ne s'embrassent pas. Ils se reniflent le derrière.

Le 13 octobre 2015 à 07:38

La NASA affirme qu'il existe d'autres formes de sport que le foot dans l'univers

L’une des équipes scientifiques de l’agence américaine vient de publier plusieurs clichés satellitaires qui montrent avec plus ou moins de clarté l’existence de sports encore inconnus jusque là. Certains se joueraient même sans ballon. Une affirmation qui divise tant la communauté scientifique que les experts du sport. Une découverte majeure C’est le directeur de la NASA, Charles Bolden, qui a en personne annoncé la nouvelle : « Cela a été difficile à vérifier car depuis quasi 1 mois ces autres formes de sport sont physiquement éclipsées par ce que l’on appelle la planète foot. Mais les images de Hubble, notre télescope spatial, sont très claires. Il y a quelque part dans l’univers, et même sur Terre, des formes de vies sportives en dehors du ballon rond. » Les prises de vue de la NASA dévoilent le visage de nombreuses disciplines encore inconnues : « Nous avons la preuve d’une forme de jeu avec un ballon ovale. Il y aurait aussi un sport qui consisterait à enrober ses poings avec de gros gants et à les lancer dans le visage d’une personne en face. Enfin, nous avons la preuve quasi irréfutable d’un genre de course sur des véhicules à deux roues, le tout autour de la France. » Cette annonce de l’agence spatiale ne convainc pas les astronomes les plus sérieux comme Igor Bogdanov, le célèbre scientifique : « C’est difficile de concevoir intellectuellement des sports qui seraient fondamentalement différents du foot. On l’a bien vu à la télé depuis des semaines. Pour l’instant nous avons seulement la certitude que le foot existe. Pour le reste, c’est pour moi encore au stade d’hypothèse » nous confie-t-il avant de recoller son menton. Même scepticisme chez Omar da Fonseca, ancien footballeur argentin et consultant pour le Mondial sur BeIN Sports : « Allons! Un peu de sérieux…D’autres sports que le foot ? Pourquoi d’autres formes d’attaquant que Messi dans l’univers pendant qu’on y est ?! » Envoyer une sonde

 La prochaine étape pour la NASA pourrait bien être l’envoi d’un robot-sonde de type Curiosity dans un stade dit « d’athlétisme ». Le but : vérifier physiquement l’existence d’un ensemble de sports dont l’essence consiste à courir le plus vite possible autour d’une piste de plusieurs centaines de mètres. Une sonde qui pourrait bien être envoyée dès l’horizon 2015.

Le 31 mars 2012 à 08:26
Le 1 avril 2010

Comment devenir un grantécrivain (1)

Dans son ouvrage "Les rillettes de Proust", Thierry Maugenest vous donne des trucs pour accéder enfin à la gloire littéraire

Nycthémère ! Évitez d’employer des mots dont les sonorités trompeuses seraient préjudiciables à vos écrits. Ainsi, les termes utilisés dans le texte ci-dessous, pourtant dénués de toute grivoiserie, suggèrent au premier abord une atmosphère bien différente de celle recherchée par l’auteur : L’ardent Antonio Vernice, harassé par une nuit de formications et par la croupade nerveuse de la haquenée qui s’agitait entre ses jambes, vit enfin le jour se lever, éternelle resucée d’un plaisir solitaire. Il repoussa sa cuculle et murmura pour lui-même :– Quel nycthémère ! Cette chevauchée m’a épuisé.Il voulut se reposer, mais les effluves d’un phallus impudique le firent fuir. Peu après, une ultime ruade et il s’arrêta enfin, l’œil réjoui par des trique-madames  en fleur et des verges d’or épanouies. Tandis qu’il entamait une miche par la baisure, en réservant une lèche pour son téton-de-Vénus, il aperçut une marie-salope qui mouillait près de lui. Il se demanda aussitôt quelle position adopter.– Je pourrais la haler par son tire-veille, se dit-il, mais je peux aussi y monter d’un saut de caracul.Inédit  Formication n.f. : fourmillement dans un membre. Croupade n.f. : saut d’un cheval qui rue. Haquenée n.f. : cheval ou jument de taille moyenne, d’allure douce. Resucée n.f. : reprise, répétition. Cuculle n.f. : capuchon de moine. Nycthémère n.m. : durée de vingt-quatre heures comportant un jour et une nuit. Phallus impudique n.m. : champignon exhalant une odeur repoussante. Trique-madame n.f. : plante grasse. Verge d’or n.f. : plante herbacée à fleurs jaunes. Baisure n.f. : côté par lequel deux pains se sont touchés dans le four. Lèche n.f. : mince tranche de pain. Téton-de-Vénus n.m. : belle variété de pêche. Marie-salope n.f. : bateau à fond mobile servant à transporter les produits de dragage. Mouiller : jeter l’ancre. Tire-veille n.m. : filin servant de rampe à l’échelle extérieure d’un navire. Caracul n.m. : mouton d’Asie élevé pour sa fourrure.(Un texte extrait de l'ouvrage Les Rillettes de Proust et autres fantaisies littéraires, paru aux Editions JBZ & Cie)

Le 22 octobre 2015 à 09:36

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Dix sports émergents qui vous séduiront

Voici dix sports dont on va parler dans les années à venir. Laissez-vous tenter ! LA PÉTANQUE MOLLE. Elle se pratique avec des boules et un cochonnet en mousse, de préférence en charentaises. Afin d'améliorer leur concentration, les puristes mettent des bouchons d'oreille. LE TENNIS MÉTAPHYSIQUE. Comparable au tennis classique, à ceci près que les matchs se déroulent sans raquettes et sans balles. Certains le comparent à une sorte de mime, mais ce sont de mauvaises langues. LE RUGBY DANSANT. C'est un sport non-violent qui intègre les danses de salon aux règles du rugby. Selon les rencontres, les passes se font sur des airs de tango, de paso-doble, de tchatcha. Idéale dans les maisons de retraite le dimanche, sur les coups de 16 heures. LA PELOTE BELGE. Elle consiste à lancer des pelotes de laine contre un mur. Le gagnant est celui qui parviendra à les faire rebondir. LE POLO DE MANÈGE. Peu onéreux, accessible aux adultes qui ont gardé leur âme d'enfant, le polo de manège se dispute sur un carrousel de fête foraine. Celui qui fait sortir la balle du jeu doit payer le prochain tour aux autres. LE VÉLO DE SOUPENTE. Il n'est pas toujours simple de faire du vélo d'appartement, quand on est pauvre et qu'on habite dans une soupente au plafond bas. Spécialement étudié pour les circonstances, le vélo de soupente vous permet de pédaler à fond la caisse, le nez dans le guidon. LE PETIT BASKET. Ce sport est destiné aux gens de petite taille qui aimeraient faire comme les « grands ». Les joueurs, chaussés de cothurnes comme les acteurs antiques, sont munis chacun d'un escabeau pour monter au filet. Interdiction de dribbler sans l'escabeau dans une main sous peine de disqualification. LE DING-DONG. Variante helvète du ping-pong, parfois appelé « tennis d'étable » dans les alpages, le ding-dong oppose deux adversaires smashant avec un coucou suisse. LA LUGE LENTE. Spécialement étudiée pour les personnes âgées à l'esprit sportif, mais qui ont du mal à se déplacer. Une bonne alternative au déambulateur. LE LANCER DE BOITE A OUTILS. Comme son nom l'indique, le lancer de boite à outils est un approfondissement du lancer de marteau. La boite doit être pleine et lourde, et lancée de préférence dans le sens inverse de la vitrine du magasin de bricolage. Dans le cas contraire, vous serez considéré comme un hooligan.

Le 8 septembre 2012 à 09:41

Septembre, en attendant

Je dis pas ça pour râler, mais septembre, c'est n'importe quoi.Déjà, le nom. Le neuvième mois de l'année s'appelle septembre. Bien sûr. Et on tolère des choses pareilles depuis des siècles. Pas étonnant, dès lors, que le monde se dirige vers le chaos. Comment voulez-vous que les jeunes trouvent des repères dans un monde où septembre est le neuvième mois de l'année, je vous le demande ?Et puis la météo. La nature va bientôt revêtir son orange manteau, mais pas encore tout à fait. Ce n'est plus vraiment l'été, même après dissipation des brumes matinales en raison d'une zone de haute-pression centrée sur la Manche, mais pas encore l'été indien, alors est-ce qu'on s'aimera encore même quand l'amour sera mort ? Je ne sais pas, je pose la question. Est-ce qu'on a encore le droit de manger des tomates, est-ce qu'il n'est pas un peu tôt pour les courges ? Est-ce qu'on doit ranger les affaires d'été à la cave, est-ce qu'on a le droit de porter encore un peu le désopilant t-shirt ramené de Lloret del Mar cet été ? Beaucoup d'incertitudes, d'où insécurité, tensions, mais évidemment le gouvernement ne fait rien.Et puis septembre, c'est le mois des rentrées alors même quand on ne va plus à l'école depuis plusieurs siècles, qu'on ne va finalement pas publier son grand roman épique qui raconte l'histoire d'un mec de 35 ans partagé entre sa nostalgie de la dépression de la trentaine et son angoisse de la crise de la quarantaine et qui décide de tout plaquer pour partir faire du shopping avec des vampires pendant que l'équilibre même du royaume est menacé par une secte d'elfes lubriques, qu'on a fini par accepter qu'on ne serait jamais footballeur professionnel et que Servette ne remporterait jamais la Champion's league, et qu'on a fini par accepter que même avec une nouvelle grille des programmes entièrement remaniée, il n'y avait rien à la télé ce soir, on se sent concerné et on prend des tas de résolutions qu'on ne tiendra pas plus que celles du 1er janvier, de son anniversaire, de l'anniversaire de la prise de Sébastopol et de la Saint-Aygulf.   Alors non, vraiment, septembre, moi, je suis contre.

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