Dominique Cozette
Publié le 08/08/2010

Femme fermée le dimanche


un couple assis sur un litC'est pas la peine d'insister, je te l'ai dit : je reste fermée le dimanche. Hier, j'étais ouverte, t'avais qu'à en profiter. Je suis ouverte toute la semaine, du lundi au samedi minuit, jamais de vacances sauf quand tu t'es barré, alors qu'est-ce que tu crois, je suis pas à ta disposition, nous les femmes on a aussi le droit de tirer le rideau. Quoi les autres meufs, bah vas-y voir les autres meufs, ça me fera des vacances, si elles ont envie de s'ouvrir le dimanche ça les regarde, c'est pas le mec de l'UMP qui va me dicter ma conduite. Moi,  je suis pas payée comme lui, j'ai pas des frais de représentation, une bagnole de fonction, des notes de frais, des avantages de toute sorte, j'ai pas un siège à l'hémicycle pour me rebecter quand je suis nase, et arrête d'insister, c'est usant ça, la plupart des meufs, elles préfèrent dirent oui parce que ça va plus vite que de défendre son intimité, parfaitement, arrête de rire, non mais c'est pas drôle, mais oui je suis bien avec toi, c'est pas le problème mais y a des jours pffff, bon, allez, d'accord, mais vite fait hein, et puis ce soir, tu m'invites à la pizza, OK ? (Je n'ai aucune volonté).
Je nais, je hurle, je fais chier, je fais des touches, des conneries, de la musique, je me marie, je fais une fille, je m’emmerde, je divorce, je fais la bringue, du piano, de la pub, des chansons, du chili con carne, des romans, je fais du bien, je fais du mal, du roller, de la peine, je fatigue, je me fais jeter, je persifle et signe, je chante, je soude, je me remarie, je peins, j’accroche, je décroche, je m’accroche, enfin j’essaie. 

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Le 12 juillet 2015 à 10:32

Mille et une femmes surgies du bleu

J’ai croisé la première femme de ma vie aujourd’hui, dans mon jardin : elle sortait tout juste d’une rose (bien sûr) et lissait sa jeune chevelure qui la couvrait entièrement. Quand elle m’a vu, elle m’a tiré la langue. J’ai repéré la seconde, fugace, au moment où je versais du lait dans ma tasse de café noir, elle y nageait lentement sur le dos, quand je vis ses beaux seins blancs. La troisième glissa, fuselée, liquide, du pommeau de ma douche, très sirène à la Esther Williams, m’enveloppa de ses bras et plongea sous la terre. La quatrième est une énigme, car j’ignore toujours si celle que je vis bondir d’une fenêtre vers un toit était une femme ou un chat. La prochaine m’attendait cachée dans le soufflet de mon accordéon. Je jouais du Satie, quand le dessin d’une robe arc-en-ciel s’ouvrit sur un fa tenu sur quatre mesures. Son corps avec un geste élégant de semeuse. Plusieurs encore : surgies de glaçons fondus dans un verre de whisky, deux patineuses ; d’un bâillement, une liseuse de cartes ; d’un rire, une fille dans un hula-hoop ; d’un geste las, une grande dame honnête tricotant une écharpe ; du brouillard tombé avec la nuit, mille amazones harnachées sur des chevaux noirs. La dernière a sonné à ma porte, une casquette bleue sur la tête, petite, rapide, impatiente : elle m’a fait signer un recommandé en échange d’un petit garçon qu’elle tenait dans ses bras. Illustration Yves Klein Anthropométries DR

Le 6 août 2015 à 08:19

L'orgasme pour toutes

Imaginez que les femmes aient aussi leur Viagra. Que votre chaude-bouillante maîtresse multiplie ses assauts par dix. Que votre épouse aussi d'enthousiasme devant votre belle érection que devant un kilo de poiscaille à vider se mette brusquement à grimper aux stores du loft. Que votre pauvre mère racornie par dix ans de veuvage danse la gigue en allant au Point P. Que votre molle voisine d'open space disparaisse tous les quarts d'heure à l'appel de jeunes stagiaires glandus à moustache naissante. Que votre ingrate belle-soeur devienne subitement devenue folle du cul de la famille. Que votre fille si sérieuse découvre enfin la commodité de sa chambre indépendante d'où vous voyez sortir des tripotées de technocrates à houppette et chaussures pointues... Voilà ce que nous réserve la future pilule de désir Lybrido. Ça agit au bout de trois heures, et son effet NE dure QUE quelques heures ! Qui va tenir la maison, les enfants, le ménage ? Et les courses, les repas ? Bon, ça encore ! Mais qui va coucher avec le plombier, le charcutier, le boulanger, le réparateur de machine à laver, le livreur de Nespresso, le mec du labo d'analyses, le dentiste, le coiffeur, le voisin de droite, de gauche, du dessus et du dessous, le chauffeur de taxi, son patron, ses collègues de travail, les vôtres, le technicien de surface, le conseiller bancaire, le type de la médiathèque, le prof de Qi Gong !!! On nous a déjà imposé le mariage pour tous, on ne va pas laisser passer l'orgasme pour toutes ! Non mais des fois !

Le 15 avril 2013 à 07:07
Le 31 mai 2014 à 08:37

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Peut-on jouer au docteur le dimanche ?

NON. Pas encore, du moins. Le Ministère de la Santé est en train de préparer un décret qui légalisera bientôt cette pratique dominicale, jours fériés inclus. Il faut dire que, en dehors du PMU, il n’est pas facile de trouver un médecin disponible le dimanche : les uns sortent d’une nuit de garde éprouvante, les autres sont partis jouer au golf avec leurs potes dentistes. Il vaut mieux ne pas tomber malade ce jour-là, ou se retenir très fort pour ne pas l’être, ce qui est problématique quand on n’a qu’un baromètre de salon pour prendre sa température. Bientôt, grâce au nouveau décret, on pourra se délivrer une ordonnance de Lexomil comme un grand, soigner son chien atteint de psoriasis et, le cas échéant, empoisonner sa belle-mère envahissante (mais le Lexomil ne suffit pas). D’après le Ministère, il sera même possible d’apposer une plaque sur sa maison ce jour-là : M. Machin, médecin du dimanche, reçoit sans RDV. Pour être médecin du dimanche, il ne sera pas nécessaire de s’appeler Diafoirus ou d’avoir un CAP de chaudronnerie : il suffira de consulter le Vidal pour trouver le bon médicament, sauf dans les cas de maladies incurables comme la peste bubonique ou la poussée frontiste dans le nord-ouest. D’ores et déjà, de nombreuses familles s’enthousiasment à l’idée de la parution de ce décret. Maman va pouvoir jouer à l’infirmière avec papa ; mais si papa travaille ce jour-là, elle pourra toujours se rabattre sur le voisin du dessus. Quant aux enfants, leur curiosité insatiable leur permettra de faire l’autopsie de leur cochon d’Inde préféré après l’avoir plongé dans l’eau bouillante assaisonnée d’aromates. Notons quand même qu’il sera interdit de procéder à une amputation, si le patient n’est pas d’accord. Enfin, pour ceux qui veulent donner leur corps à la médecine, il faudra attendre le lundi, jour d’ouverture des universités.

Le 8 mars 2011 à 13:02

Chic, c'est le 8 mars!

Les Chiennes de Garde ont désigné le Macho de l'Année et ses dauphins

Aujourd'hui, c'est la Journée Internationale des Femmes, ça sert à parler des femmes, chouette. Une fois par an.A cette occasion, l'association féministe "Les chiennes de garde" a désigné l'heureux Macho de l'Année 2011, pour ses propos tenus en 2010. And the winner is… le photographe Jean-Claude Elfassi, auteur du brillant : "C’est des salopes qui n’ont rien d’autre à faire […], c’est des amoureuses éconduites." (dans l'émission de Jean-Marc Morandini sur Direct 8, le 12 novembre dernier, au sujet de femmes qui ont osé rendre publique une condamnation pour violences conjugales.) On l'aime parce qu'il est chic.Ses dauphins sont Jean-Marie Bigard pour "Lorsque je lance sur le plateau de Cauet : “Elle est redevenue baisable, en parlant de Christine Bravo, qui a perdu 30 kilos, c'est un moyen d'être gentil.”" (Le Parisien, 20 avril 2010) et Hugo Denoyers pour sa réponse à la question "Comment un bon boucher choisit-il une bonne viande?" : "C'est un petit peu comme quand tu es dans la rue, quand tu regardes une belle fille passer, ça t'interpelle le regard, tu commences à regarder les forme de la bête, les croupes, l'arrière-train s'il est bien développé, et après, il faut réussir à la toucher…" On les aime parce qu'ils sont chics. Sur le même thème, lire aussi : Une épouse slave à gagner sur le site d'une radio néo-zélandaiseQuel toupet! (La Barbe)Culotte ou caleçon? Le féminisme

Le 21 mai 2010 à 16:00

Ce mortel ennui

Savez-vous ce que disait Cioran : « Mais que faisait donc Socrate le dimanche après-midi ? »

Et si ce grand essayiste sous-entend par là que Socrate s’emmerdait le dimanche, cela mérite sans doute réflexion. Autant il n’y a pas lieu de craindre le dimanche matin avec ses odeurs de pain grillé, ses marchés, ses messes, ses journaux, son attente chez le pâtissier, autant il y a lieu de redouter la crise existentielle post rosbif-purée dominical et les chamailleries familiales qui l’accompagnent. On a l’impression de se lever de table avec la tête du condamné à mort après son dernier repas. On parcourt distraitement la pile de journaux ; on se surprend même à regarder les annonces matrimoniales et la rubrique astrologique. Certains tenteront de faire la queue pour aller voir un film soporifique ; d’autres traîneront leur ennui dans des parcs fréquentés par des chiens promenant leurs propriétaires où de jeunes pères divorcés s’initient au plaisir du bac à sable. Pour d’autres le problème sera de tenir jusqu’au soir pendant ces heures qui n’ont pas le même nombre de minutes que celles de la semaine. Reste la lecture ; Stendhal ? Au hasard vous lisez « Je ne puis pas encore m’expliquer aujourd’hui, à cinquante-deux ans, la disposition au malheur que me donne le dimanche… », Paul Morand ?  « Le dimanche on échange les ennuis de la semaine contre l’Ennui… ». Décidément, vous vous dites que Jacques Brel n’avait pas tort « Il n’y a pas que les taureaux qui s’ennuient le dimanche »…

Le 25 novembre 2011 à 08:10
Le 1 mai 2015 à 07:04

Le 1er mai est un jour triste

Aujourd’hui, premier mai on fête le travail. On le fête si bien d’ailleurs qu’on n’y va pas. C’est un peu comme si vous organisiez une fête pour célébrer votre anniversaire et que personne ne venait. C’est triste mais c’est ainsi Il y a cependant quelques exceptions à la règle, certains travaillent le premier mai en contrepartie de quoi ils sont payés double. L’éléphant du cirque a ainsi droit à une double ration de graminées, on autorise exceptionnellement les enfants à donner à manger aux singes, les lionnes restent deux fois plus longtemps dans la cage des lions et le clown a droit à un double whisky, ce qui le rend doublement plus triste. Avant, le premier mai, on offrait des brins de muguet, maintenant on le vend. Cette ravissante petite plante herbacée dont la fleuraison au printemps nous offre en merveille de formidable grappes de clochettes très odorantes peut faire crever votre chat, votre gentil toutou, voire même vos gosses et ce en raison de ses substances irritantes et cardiotoxiques qui peuvent ralentir le rythme cardiaque, augmenter la pression artérielle et engendrer bien des troubles associés à une salivation excessive. Ce qui rend d’autant plus triste la chose, c’est que les cabinets vétérinaires sont bien souvent fermés le premier mai. Au même titre que le 11 novembre, le premier mai est une journée du souvenir. Souvenir du temps jadis où les ouvriers à l’usine croyaient en la politique, en des jours meilleurs et aux lendemains qui chantent. Depuis les usines ont fermé, le colonel Fabien fait la grimace et les ouvriers n’ont plus de travail, alors pensez donc si le premier mai demeure un jour joyeux. En plus aujourd’hui il pleut, c’est triste, mais ce qu’il y a de véritablement plus triste encore, c’est de savoir que l’année prochaine, le premier mai tombera un dimanche.

Le 5 août 2010 à 17:29

La femme et l'enfant assises sur le banc

(Chose vue)

La femme et l’enfant patientent sous l’auvent. Le bus. Son arrivée. L’enfant parle à la femme. La femme répond à l’enfant. La femme acquiesce aux propos de l’enfant. L’enfant narre des choses, d’autres très inventées très vraies très belles. L’enfant parle de la peur. L’enfant eut peur aujourd’hui. L’enfant eut peur cette nuit. La femme dit à l’enfant que les choses qu’elle raconte sont fausses ; elles n’existent pas. L’enfant réplique qu’elle sait, l’enfant sait ce qu’elle dit ; les choses elle les vit. L’enfant jette un regard noir sur la femme. L’enfant se lève. L’enfant saute du banc au sol. Plutôt, elle s’aide des deux mains qu’elle appuie, les paumes bien à plat, sur le banc. L’enfant pousse avec les mains, se soulève et d’un mouvement du bassin elle se retrouve sur ses pieds et fait face à la femme. La posture de l’enfant est crâneuse. L’enfant se tient les jambes un peu écartées, les mains maintenant sur les hanches et le menton vers le Bosphore d'Almásy. L’enfant répète encore ses mots. La femme sourit. La femme se moque de l’enfant. La femme tend la main vers l’enfant. L’enfant recule. L’enfant ne veut de la méchante délicatesse de la femme ; l’enfant ne ment pas. L’enfant insiste. La femme n’écoute plus l’enfant. La femme se lève, s’approche du bord du trottoir, et observe le bus à l’arrêt devant le sémaphore à quelques mètres de l’auvent transparent. La femme prend de force la main de l’enfant qui ne veut pas.

Le 28 mars 2012 à 08:32

La guerre des roses n'aura pas lieu

Voici un petit extrait de mon essai intitulé : L'amour de A à z. Comprenez, de l'Amour avec un grand A des tragédies shakespeariennes aux zamours avec un petit z, où les idylles merdiques de nos semblables exposent sur un plateau ce qu'elles ont de plus banal et triste. La rose, depuis que l'homme est homme et la femme sa femme, est le symbole de l'amour par excellence. La rose qu'on m'a vendue dans un bar, cette vesprée, ne transige pas à la règle. Plus inodore qu'un verre d'eau du robinet, elles est à l'image de mes passions insipides. Comme si, à les côtoyer, elle en avait pris le parfum. Afin de ne pas me faire mal, on a pris soin d'en enlever les épines. Qui voudrait d'une fin à la Roméo et Juliette, ce couple qui n'a, à y regarder de près, rien de meetic ? La pauvre fleur sue sous un tel carcan de plastique transparent que les plis de sa robe pourprée étaient déjà fanés avant même qu'elle fût offerte. La plupart du temps, le Cupidon qui les propose, pauvre hère, est accueilli avec la mine de cent pieds de long qu'on réserve d'ordinaire à un huissier de justice sadique. On ne voudrait pas se faire offrir ce genre de rose, pas même lors de l'entretien d'embauche de sept minutes d'un speed dating, pour lequel on a investi ce qu'on avait de meilleur en nous, un peu d'argent. Je suis un célibataire exigeant. Pléonasme ? Mais non, moi aussi, Monsieur, j'ai droit au bonheur d'un CDD au SMIC de vie sentimentale. La patronne du MEDEF, nouvelle Ronsard, l'a dit : aujourd'hui, même l'amour est précaire.

Le 10 juillet 2010 à 12:03

Ramize Erer

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (5)

Elles ont de belles rondeurs, les héroïnes de Ramize Erer. Le visage, les seins qui tendent leur chemise et les fesses, toujours pommelées. Devisant sur un coin de bureau ou un carré de pelouse, affalées sur un canapé, ces délurées s’épilent, raillent les machos, fument et boivent en toute décontraction. Ces hédonistes en petite culotte goûtent leur liberté et les joies du sexe. La vie, quoi, allégée de l’oppression mortifère des barbus. Pour les intégristes, ce sont des parangons de « Mauvaise fille », titre de l’un des premiers albums de Ramize Erer paru en 1999 et inspiré d’un slogan entendu lors d’une manifestation à la fin des années 1970 alors qu’elle était lycéenne : « Les gentilles filles vont au paradis, les mauvaises filles vont partout !» En brossant avec férocité la chronique de la vie amoureuse de ses contemporains, la féministe Ramize Erer va aussi partout. Dans les bureaux, dans les foyers, dans l’intimité des couples, surtout là où les conservateurs grincent des dents. Fille d’un comptable et d’une mère au foyer, cette cousine de traits et d’inspiration de Wolinski, fut l’élève, à sa sortie de l'Académie des beaux-arts, du caricaturiste Oguz Aral alors qu’il dirigeait le célèbre hebdomadaire d'humour Gir-Gir. A Istanbul, cette belle blonde réputée pour son extrême timidité, a affermi l’originalité de son style et son audace dans un milieu très masculin où rares sont les dessinateurs osant évoquer les relations hommes-femmes pour critiquer le conformisme de la société turque. Las, les menaces des extrémistes qui la visaient ainsi que son mari, Tuncay Akgün, également dessinateur et patron du journal Leman, se sont multipliées. Il y a deux ans et demi, Ramize Erer a dû quitter la Turquie. Réfugiée en France avec ses enfants, elle poursuit de Paris sa collaboration avec le quotidien stambouliote Radikal. Et entretient sa notoriété par son trait léger, son humour mordant et ses jeunes femmes émancipées. Lors d’une audition publique le 17 mars 2010, Nimet Çubukçu, ministre turque chargée de la Famille et de la Condition féminine, a rappelé que les articles 9 et 10 de la Constitution établissaient l'égalité entre hommes et femmes mais a convenu des lenteurs législatives : « une loi adoptée en quinze minutes peut mettre quinze ans pour être mise en vigueur et il faut parfois cent cinquante ans pour qu'elle s'inscrive dans la réalité culturelle. » Avec Ramize Erer, elle s’inscrit en bulles tous les jours.

Le 23 juillet 2015 à 08:30

Gros sur la patate

Pubologie pour tous

On pourrait croire que cette publicité n’est rien d’autre qu’un tableau niais, absurde et clichetonnant d’un bonheur familial parfait tel qu’on en rêvait dans des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Eh bien c’est plus ou moins le cas. Car ce spot est en fait une reprise de ce spot, datant de 1976. Et puisque la publicité est un miroir de la société, menons une analyse comparative des deux versions pour en tirer des conclusions sur l’évolution (ou la non-évolution) de la société. On notera par exemple, que l’on fait moins d’enfants en 2011 qu’en 1976 : 3 contre 6. Les deux restant cependant au-dessus du taux de fécondité français. Car chez nous, au moins depuis Pétain, une famille parfaite est une famille nombreuse. C’est aussi toujours Madame, en rose, qui cuisine, même si Monsieur, en bleu, est présent en 2011, alors qu’il est absent en 1976. Pour ça, merci les 35 heures ! On remarque ensuite des changements dans les préoccupations des parents. Dans les années 1970, Madame fait de la purée Bidule car elle est « sûre que tout le monde en reprend ». Puis l’obésité est passée par là, 3 des enfants de la première pub sont morts avant 40 ans d’une maladie cardiovasculaire, et l’on s’est mis à privilégier la qualité à la quantité. En 2011, Madame est « sûre de ce qu’il y a dedans », mais aussi, heureusement, « sûre que tout le monde est content ». Ben oui, 35 ans ont passé, mais le rôle de bobonne est toujours le même : contenter Monsieur et ses petits chérubins. Mais comment fait-on pour savoir aussi précisément ce que les gens attendent de la vie et de la purée lyophilisée en 2011 ? Eh bien, on n’a pas trouvé de meilleure idée que de le leur demander. Alors on a plusieurs façons de faire bien sûr. Dans le cas de ce chef-d’œuvre audiovisuel, il est fort probable qu’on ait réuni dans la même salle une petite dizaine de mamans avec deux points communs. D’une part, elles font de la purée lyophilisée à leurs enfants, et d’autre part, elles ont du temps à perdre pour des études consommateurs. Face à ces femmes, un spécialiste hautement qualifié (comprendre : un étudiant en psychologie) observe, relance et oriente la discussion, qui sera enregistrée et décortiquée pour trouver LA vérité de ce que vivent au quotidien les consommateurs de purée lyophilisée. Non, bien sûr que non n’attend pas que le consommateur nous donne une idée. Non. Bon, d’accord, quand, à la 12ème minute, Madame Duchemin a glissé un « ben une chose est sûre hein, quand je fais de la purée Bidule, je suis sûre de ce qu’il y a dedans ! », ça ressemblait à l’idée qu’on a eue, mais ça n’a fait que révéler une solution qu’on avait déjà à l’esprit sans le savoir. Bon par contre, je mettrais ma main à couper que pourtant, personne n’a dit « ben une chose est sûre, moi quand on me prend pour une cruche, ça me donne envie d’acheter de la purée Bidule !»

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