Isabelle Cousteil
Publié le 28/01/2015

Je suis Monna Charlisa


Je regarde le monde et je me marre

Je regarde le monde

Et le monde entier me regarde

J’intrigue, j’inquiète, je provoque...

Pas besoin de grand chose pour

Qu’on lapide, qu’on canarde, qu’on rapte : j’ai disparu, réapparu.

Je vis derrière des vitres pare-balles, avec gardes du cadre et cordons de sécu.

Mais vous savez quoi ? J’ai 500 piges et je suis toujours là et je vous regarde droit dans les yeux, sans ciller !

Tout le monde se demande pourquoi je me marre ?

Eh bien je vais vous le dire :

Parce que Léonardo et tous les rigolos qui parlent avec leurs pinceaux et leurs crayons,

Ils font la "une" du monde depuis Lascaux.

Au début
Montmartre. Théâtre au biberon. Pose des lapins à la télé. Parle à l’oreille des chevaux, moins à celle des hommes.

Après
Joyeuse Khâgne et festoiement. Fonde son agence d’ingénierie culturelle. Collectionne les prix et entre au Panthéon.

Ensuite
Passe à la grande entreprise, y sème l’Archaos. Ecrivaille. Reprend sa liberté.

Depuis
Reçoit le prix « Littérature – expression de vie 2009 ». Répond à des lettres adressées à Mona Lisa.
Laisse Triartis fouiller dans ses papiers et publier « Quand les loups avaient des plumes » et « Cyrano ou la maladie de gloire ».

 

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Isabelle Cousteil

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Le 20 novembre 2012 à 10:49

Elections/UMP : Quand les psychologues accompagnent les journalistes dans l'après-duel

C’est le grand tabou de cette élection interne à l’UMP. Jean-François Copé a été officiellement reconnu vainqueur hier soir. Le suspens et la tension dégagés par son duel avec François Fillon prend donc fin. Mais les grands oubliés de cette confrontation maintenant terminée, ce sont bien les journalistes français. Ce clash au cœur de la droite française a nourri et passionné la quasi-totalité des médias d’informations de l’hexagone. Des journalistes qui retournent aujourd’hui à une réalité bien moins excitante. Et dans plusieurs rédactions un service d’accompagnement psychologique a même été mis en place pour les aider dans leur retour à la normale.   « Des journalistes qui se laissent mourir »   Catherine Pouchet fait partie de ces psychologues qui opèrent au sein des rédactions. Elle assure une permanence d’écoute et de conseil à BFM TV depuis une semaine. Pour elle, ce mal-être propre au milieu journalistique reste encore mystérieux par bien des aspects :  » On ne connaît pas bien la nature de cette pathologie encore récente dans l’histoire de la psychopathologie. Tout ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est qu’on a là un syndrome proche du trouble de stress post-traumatique vécu par certains soldats lors de leur retour du front. Personnellement, dans mon travail j’ai à faire à des individus qui ont perdu toute envie professionnelle, parfois même toute envie de vivre. Des journalistes qui cessent de se nourrir, délaissent leur hygiène, s’isolent psychologiquement et socialement. On a à faire à des journalistes qui se laissent mourir« .   Luc est journaliste à Libération. Ce choc post-traumatique il le connaît bien. Il l’a vécu après l’affaire DSK. Chargé de suivre l’histoire dès le début du scandale il a très vite sombré quand l’attention s’est essoufflée sur le sujet : « Du jour au lendemain je suis passé d’une actualité de pointe à des sujets de société franco-français, parfois même des faits divers locaux. Je me souviens l’avoir extrêmement mal vécu. J’avais l’impression de régresser professionnellement, socialement mais humainement aussi » .   Pour soigner ce traumatisme post-actu, Catherine Pouchet reconnaît qu’il n’y a pas de solution miracle et que le traitement reste relativement classique : « Avec la plupart de mes collègues, nous conseillons aux rédacteurs en chef de ne pas imposer un changement trop brutal à leurs journalistes traitant des gros sujets comme l’élection au sein de l’UMP. Nous leur demandons de distribuer progressivement des sujets un peu moins excitants, plus normaux pour que le journaliste ait le temps de s’habituer, qu’un phénomène d’accoutumance ait le temps de s’installer. Pour le reste, ma tâche consiste essentiellement en un travail d’écoute. Et puis nous rappelons toujours aux journalistes qui sortent d’un sujet de premier plan et qui viennent nous voir que l’actualité peut très bien leur apporter très vite un nouveau sujet brûlant comme un tsunami ou un scandale sexuel » .   Le Gorafi  

Le 25 avril 2015 à 11:58

Internet s'est noyé

Est-ce qu’on interroge son jardin ? Non, on le fait. Est-ce qu’on interroge la légitimité de l’existence de sa bibliothèque ? Non, on y prend un autre livre, on y range parfois ceux qui traînent. Est-ce qu’on interroge la légitimité de l’angle des deux rues qu’on aperçoit par la porte-fenêtre du bureau, de l’autre côté de l’ordinateur ? Non. Il se passe si peu de choses. On remarque sans y prêter trop attention les allées et venues du voisin, les rapports sont cordiaux ou pas, mais ça s’arrête au portail de l’autre. Internet m’a fait depuis longtemps franchir les portails. Je ne mets pas de textes en ligne, plutôt que je laisse venir à mon écran, non par dessus mon épaule (ce serait indiscret, et je ne montre pas tout, ni de mes recherches, ni de mes courriers, ni de mes utilités diverses, mais j’aime aussi passer en mode live-stream, et que ce soit comme un copain pousse ici la porte),  mais de l’autre côté de l’écran. Un jardin aussi c’est ouvert à la vue, et on partage ce qui y pousse. Je n’ai pas attendu le web pour un jardin et que ça y pousse. Ça s’appelait livres, articles, tables rondes, on ne savait pas faire autrement et maintenant oui. Ça n’empêche pas les livres : on produit des frontières comme d’autres font ces grandes bulles de savon, avec des mélanges détergents qu’ils gardent soigneusement secrets, et parfois même s’incluent dans leur propre bulle. Un livre numérique est une de ces bulles, qui quitte le site et s’en va on ne sait où, comme le livre imprimé une autre. C’est finalement de peu d’importance. Ma société est bien réelle : des amis sont là, peu mais de tous les bords du monde. Mon travail est bien concret : je m’enfonce dans le blog des autres comme autrefois dans une phrase de Saint-Simon où quinze verbes diffractent. Ce que je suis d’écriture a toujours été dans un partage : le jeu des temporalités change, mais la publication au quotidien assemble d’étranges objets lents, encore plus lents que le livre papier qui en bloquait l’avancée tandis que le site est infiniment modelable. Il peut m’arriver d’avoir à subir d’être sans connexion, me rappelant cette fragilité, ou cet état non-naturel d’isolement et mutité dans la communauté qu’avec moi j’emporte jusque dans ces zones où le signal montant ne passe plus. On en souffre moins que d’un mal de dents, on laisse passer comme on laisse passer un jour gris. On n’en fait certes pas une maladie. Mais on souffle quand on est revenu à la respiration ordinaire, au jardin vivant, à la non-préoccupation absolue du web, parce que tout simplement il est là, et qu’on travaille et qu’on vit comme on pense qu’il est bon de vivre et travailler.

Le 16 mai 2012 à 08:55

L'Anachronique : Le mythe (épisode 2)

> épisode précédent Une heure plus tard, le bruit d’une explosion m’a fait sursauter ; le cœur battant, j’ai couru en direction de la maison de mon voisin ; j'ai passé sa porte sans frapper et là, je me suis trouvé nez à nez devant la vieille, la femme du vieux. Elle était assise sur un fauteuil en cuir avec une aiguille dans une main et un morceau en tissu dans l’autre. Sur le coup, j’ai cru qu’elle confectionnait des poupées pour l’UNICEF. Alors, la vieille m’a transpercé avec toute la puissance de ses yeux vitreux, comme si elle avait pu saisir le fond de ma pensée. Paisiblement, elle m'a expliqué qu’elle se détendait avant de recoudre son époux. De fil en aiguille, nous avons papoté et elle m’a parlé du mythe égyptien d’Osiris tué par son frère, Seth. Elle m’a raconté qu'Isis récupéra tous les morceaux, éparpillés par Seth en colère, du cadavre de son mari. Ainsi, Osiris fut ressuscité par Isis avec l’aide d’Anubis, de Nephtys et les connaissances de Thot. Aussitôt, je lui ai répondu que je ne voyais pas le rapport entre Osiris, l’explosion et son mari. Elle m’a indiqué un coin de son salon où les pièces de chair d’un corps humain — celui du vieux dont j’ai reconnu la tête et les jambes — attendaient d’être recousues par ses habiles mains. Ensuite, elle m’a précisé que le vieux s’était fait mettre en pièces en sautant sur une de ses bonbonnes de gaz, qu’il avait encore perdu une bataille dans sa guerre contre les petits gris — ce peuple rusé d’intraterrestres. Plein de toutes ses informations, j’ai quitté la vieille avec la trouille au ventre et la nausée au cœur…

Le 27 octobre 2011 à 08:43
Le 22 septembre 2010 à 19:20

Desarthe Vs Despentes : c'est la première qui gagne

Des tuyaux pour ne pas perdre son temps dans le grand fatras de la rentrée littéraire

Amateurs de littérature, friands des nouveautés de la rentrée littéraire, ne perdez pas votre temps avec le nouveau Despentes, dont toute la presse parle — c’est un peu le même phénomène qu’avec Houellebecq, on attend du shocking, mais il n’y en a guère —, un livre qui se lit sans véritable déplaisir, certes, mais sans aucun intérêt non plus. Non, lisez plutôt un outsider, un livre passé complètement inaperçu et c’est très injuste, le nouveau roman d’Agnès  Desarthe, Dans la nuit brune. Dans ce livre qui enchante, qui émeut, qui remue, il est aussi, comme chez Despentes, question de la disparition d’un adolescent. Définitive, celle-ci, dans un accident de moto. Ce tout jeune homme, c’était un garçon idéal, à qui, sans le savoir, le père de son amoureuse était très attaché. Car cette mort violente plonge Jérôme, terne agent immobilier de la petite province française, dans un tourbillon de sentiments, de bouleversements conduisant loin, bien loin, « dans la nuit brune ». On y croise une jeune veuve éplorée, une Anglaise complètement jetée, un ancien flic homosexuel, et surtout, surtout, Jérôme, qui garde enfouie en lui l’empreinte de son passé d’enfant sauvage… Ça a l’air fouillis, comme ça, ça pourrait même être ridicule ; avec les mêmes ingrédients, quiconque d’autre qu’Agnès Desarthe aurait pu faire une affreuse et chichiteuse mélasse. Mais ce livre, je vous le dis, est un enchantement, dans le sens premier du terme. Ne boudons pas le petit Poucet qui sommeille en nous.  Dans la nuit brune, Agnès  Desarthe, Editions de l’Olivier

Le 15 mars 2012 à 08:38
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