Isabelle Cousteil
Publié le 28/01/2015

Je suis Monna Charlisa


Je regarde le monde et je me marre

Je regarde le monde

Et le monde entier me regarde

J’intrigue, j’inquiète, je provoque...

Pas besoin de grand chose pour

Qu’on lapide, qu’on canarde, qu’on rapte : j’ai disparu, réapparu.

Je vis derrière des vitres pare-balles, avec gardes du cadre et cordons de sécu.

Mais vous savez quoi ? J’ai 500 piges et je suis toujours là et je vous regarde droit dans les yeux, sans ciller !

Tout le monde se demande pourquoi je me marre ?

Eh bien je vais vous le dire :

Parce que Léonardo et tous les rigolos qui parlent avec leurs pinceaux et leurs crayons,

Ils font la "une" du monde depuis Lascaux.

Au début
Montmartre. Théâtre au biberon. Pose des lapins à la télé. Parle à l’oreille des chevaux, moins à celle des hommes.

Après
Joyeuse Khâgne et festoiement. Fonde son agence d’ingénierie culturelle. Collectionne les prix et entre au Panthéon.

Ensuite
Passe à la grande entreprise, y sème l’Archaos. Ecrivaille. Reprend sa liberté.

Depuis
Reçoit le prix « Littérature – expression de vie 2009 ». Répond à des lettres adressées à Mona Lisa.
Laisse Triartis fouiller dans ses papiers et publier « Quand les loups avaient des plumes » et « Cyrano ou la maladie de gloire ».

 

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Isabelle Cousteil

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Le 6 octobre 2010 à 15:21

« J'ai oublié de vous dire, j'étais l'amant de Martine aussi, mais gardez-le pour vous. »

Bernard Tapie, France Info, 6 octobre 2010

Sigmund reviens, ils vont nous rendre fous ! Rachida venait de faire fourcher sa langue sur l’inflation, lorsque l’irremplaçable Nanard nous a plongé dans la troisième dimension érotique du deuxième degré politique, à propos d’un livre faisant état d’une rencontre secrète entre Jean-Marie Le Pen et lui, avant le second tour des législatives de 1993. L’anecdote est minuscule, sa vraisemblance moyenne, mais « hénaurme » est la réaction de Tapie qui choisit France Info pour se livrer à un démenti acrobatique. Par dérision il renchérit sur les questions en assurant que, oui il a toujours été copain avec ce « gros con » de Le Pen, même qu’ils jouaient ensemble au poker, au tennis-ballon, sans oublier que…. Mais là, patatras, Tapie a beau faire désormais l’acteur, il s’est planté dans son impro en parlant d’une certaine « Martine » à la place de Marine, la fille de qui l’ont sait. Eliminons un retour de libido pour la regrettée Martine Carol, et parions à coup sûr que c’est Martine Aubry qui est lovée dans son subconscient. Martine, dont Tapie disait en 2007 qu’elle aurait fait une meilleure candidate que Ségolène, mais Martine qui, tout récemment, s’indignait du « cadeau » de 285 millions d’euros fait par l’Etat à un homme « aux pratiques pas toujours convenables ». Une maitresse femme qui ne châtie bien que ceux qui la désirent. C’est une souffrance intime que nous a livré le «sévèrement burné ».

Le 19 décembre 2012 à 09:56

Rosa, rosa, rosam, rosae,...

Une virgule qui regrette, par l'arpenteur, sur le déclin depuis 1971

Cher Monsieur Rond-Point, J'ai bien reçu votre invitation à venir gagner à une tombola gratuite pour célébrer la sortie du livre Ventscontraires, et vous en remercie. Je dois malheureusement décliner cette sympathique proposition d'agape, activité pour laquelle j'ai pourtant un certain talent, pour ne pas dire un talent certain, diront certains. Oui, je décline. Ma femme le relève souvent, ce déclin. Sans doute est-ce dû à l'âge, bien qu'en y réfléchissant, je décline depuis très jeune. Je me souviens avoir décliné une invitation à une boum de peur de faire tapisserie. Me sachant fort peu bricoleur, c'était mieux ainsi. Certains diraient que j'avais décliné car je déteste la danse, qui me le rend bien d'ailleurs, cette salope, et ils n'auraient pas forcément tort. Mais j'ai décliné aussi en d'autres circonstances plus respectables, en latin et au collège, pour le plus grand plaisir du chanoine Vogel. Je décline certes moins que l'empire romain d'occident, mais ce n'est que provisoire, puisque je vais disparaître un vendredi de cette semaine, comme l'ont prévu les mayas avant leur déclin ; Il semble donc que je sois enclin à décliner. Mais aujourd'hui, cette inclination à la déclinaison est due à des problèmes géographiques. Malgré les nombreux ronds-points alentour, aucun n'est un théâtre. Devant accepter que chroniqueur à Ventscontraires n'est pas mon activité principale (eh oui !), et qu'un tiers des voyageurs sont arrivés en retard la semaine dernière grâce aux chemins de fer suisses, je ne peux prendre le risque de faire un aller-retour jusqu'à vous, pour grignoter des chips, une coupette à la main, en faisant « hmmm, je vois oui... » la tête inclinée d'un air mystérieux avec ceux que j'ai l'honneur de côtoyer dans les pages du livre. Dommage, il y en a beaucoup que j'aurais aimé rencontrer. Mais peut-être pas eux...

Le 3 décembre 2012 à 08:10

La lettre

Une virgule rouge et blanche, par l'arpenteur, nauséeux depuis 1971

Cher Virgile, J’avoue que ça m’a surpris de recevoir une lettre d’un type de ton âge (d’ailleurs tu aurais pu t’abstenir du petit dessin). Alors pour une fois, je prends la peine de répondre à mon courrier. Un cycliste en veste jaune (celui-ci ne se drogue pas) m’a livré ta lettre hier. Je l’ai presque manquée, car je venais de me blesser, et de dire des gros mots à base de femme à la cuisse légère et onéreuse, en ouvrant le courrier de Marie-Kelly qui voulait que je lui envoie un Monster-High-vibrant-2-vitesses. Oui, il n’y a plus de jeunesse. D’ailleurs lorsque je tripote un gamin dans un centre commercial pendant que sa mère nous prend en photo pour mettre sur Facebook, c’est lui qui m’apprend des trucs. C’est démoralisant. Pour en revenir à ta lettre, je vois que comme tous les autres, tu ne fais que demander. D’abord, pour la boîte de viagra, faut pas rêver. Pas question que je tape dans mon stock perso. Tu dis aussi que tu aimerais qu’il n’y ait plus de guerre ni de maladie, et que chacun mange à sa faim, puisqu’il y a bien assez sur cette planète pour nourrir tout le monde, surtout les banquiers. Là, je ferai deux remarques. Premièrement : que se passe-t-il ? Tu es candidat à Miss France ou quoi ? Deuxièmement : as-tu perdu la tête ? Plus de guerre, plus de maladie, plus de faim ? Tu veux ma mort ou quoi ? D’ailleurs mon facteur pense exactement comme moi, et j’ai pas envie de le voir se mettre en grève, alors pas question. Non seulement mieux répartir les richesses, et éviter que la plupart des enfants meurent avant d’avoir vu le moindre arbre et encore moins celui de Noël, ne ferait qu’augmenter mon boulot et mes frais fixes, et je sais pas si tu sais, mais c’est la crise, et moi je bosse à l’œil. En plus ça rallongerait terriblement ma tournée. On dirait que tu ne te rends pas compte le temps que ça prend déjà d’aller chez tous ces fils de pub en une seule nuit ! Alors tes vœux de Miss France, tu te les gardes. Tu me demandes ensuite de donner un cerveau aux humains, pour que par miracle ils se rendent compte qu’ils vont droit dans le mur, et qu’ils envisagent de peut-être essayer de changer de cap… Alors là je te rappelle que l’autre barbu, celui avec la robe blanche et le fils aux cheveux longs qui s’expose en slip un peu partout, il a déjà fait le nécessaire, à l’époque où il bossait. Un cerveau vous en avez un. Un cœur aussi. Si quasiment personne n’est capable de s’en servir correctement, ce n’est quand même pas sa faute, ni la mienne. Et je suis pas là pour réparer vos conneries moi. Alors permets-moi de te dire à toi et à tous les autres : dé-mer-dez-vous !! Tout est entre vos mains, à vous de savoir ce que vous voulez. Non mais oh ! Vous croyez au Père-Noël ou quoi ? Enfin, tu dis que tu aimerais qu’on arrête de te prendre pour un con… Là vraiment, il faut que je te le dise, et je sais que cela va être dur, mais je pense que tu es assez grand maintenant pour connaître la vérité : je ne peux rien y faire, car 1. Tu es un con et 2. Je n’existe pas…   Nulle part, le 3 décembre 2012.   Père Noël

Le 3 août 2011 à 08:19
Le 24 octobre 2011 à 08:12
Le 13 mai 2014 à 09:54

On ne choisit pas sa famille

- Bonjour, que puis-je faire pour vous ? - Je voudrais des cousins. Quatre ou cinq cousins. Comprenez, je n'ai pas eu la chance d'en avoir et ça me manque, pour la complicité et tout. - Il y en a un peu plus, ça ira quand même ? - Oui, oui, très bien... ah non, mais celui-là, il est tout petit ! Que voulez-vous que j'en fasse ? - C'est vendu par lots, monsieur. On ne choisit pas sa famille. C'est connu. - On ne choisit pas sa famille ? - Non, monsieur. On choisit ses amis. - Les miens, laissez-moi vous dire que je ne les ai pas vraiment choisis. - C'est votre problème, monsieur. - Tout de même, je trouve qu'on devrait pouvoir choisir sa famille. Après tout, la famille est le fondement de la société. Et qui bien choisit son fondement mieux bâtit sa maison. - Bon. Ok. Je reprends le tout petit. Mais c'était le rigolo de la famille, celui avec lequel vous auriez des souvenirs de bêtises de gosse. Celui qui vous aurait emmené faire les 400 coups. A la place, je peux vous mettre une cousine très religieuse. - Je ne pourrais pas avoir plutôt une cousine un peu... - Un peu... ? - Ben je sais pas, elle aurait deux ans de plus, elle m'aurait appris des gros mots et à cracher et puis elle m'aurait montré ses seins, aussi, quand on était petits et puis on aurait une grande complicité parce qu'elle ne s'entendrait pas trop bien avec ses parents ? - Vous avez vu ça dans un film français ? Non, on n'en fait plus, des comme ça. - Bon ben, je sais pas, mettez-moi quand même le cousin tout petit. - Il vient de partir, monsieur, dans une famille bretonne. - C'est très contrariant. - Oui. - Bon et en beaux-frères, qu'est-ce qu'il vous reste ?

Le 17 novembre 2010 à 19:34

« Au fond, ma détermination n'a rien changé »

Nicolas Sarkozy, TF1/France 2/ Canal +, mardi 16 novembre 2010

Aucune question ne lui ayant été soumise sur l’inflation, le président de la République n’a pas été exposé au pire dans l’exercice de la langue française, ainsi qu’il advint à Rachida Dati. Pourtant, employer à la place de l’auxiliaire de négation « pas », le pronom indéfini « rien », ce n’est pas rien. C’était énoncer l’inverse de ce qu’il a expliqué ensuite sur son volontarisme intact, en dépit des épreuves. Oublions un peu le couple Freud-Lacan pour les frères Bescherelle. On peut déplorer que la compétence de « veiller au respect de la Constitution » (article 5) qui est attaché à la fonction du président de la République, ne soit pas étendue à la grammaire de son pays. Il y aurait certes du boulot de rattrapage pour le petit Nicolas qui nous confiait le même soir : « Les choix de personnes sont toujours des choix qui demandent d’y penser ». Mais ce ne serait pas inutile car quand ça branle dans le manche syntaxique, tout peut s’effondrer, comme cette image d’un président ayant rompu avec la résignation de ses prédécesseurs, face aux contraintes du monde environnant. Sarkozy serait-il donc en train de se « chiraquiser » comme le suggère en outre le Revival RPR au Conseil des ministres ? La thèse est en vogue. Une autre, plus sophistiquée, le verrait plutôt en phase de giscardisation pour avoir foutu le bin’z dans son camp avec un trop-plein de réformes, avant de se retrouver flanqué d’un premier ministre indéboulonnable. Putain, dix-huit mois !Illustration : Arlette Chabot à l'issue de la prestation présidentielle

Le 11 juillet 2012 à 10:05

L'objet du délire #3

Il a la gueule tordue du réprouvé.

Il a la gueule tordue du réprouvé. Petit, mal fichu, une lame trouée qui ne coupe pas. Il fait peine à voir au milieu des grands serins effilés, les éminceurs, tranchelards, désosseurs qui font saigner l'animal déjà mort. Dans l'ombre des tiroirs de cuisine, on le moque, lui, le végétarien cireux, haut comme trois piques à saucisses, incapable de trancher la protéine, toujours remplaçable, et qui se paume tout le temps, partout. Les couverts de table détournent la tête. Cet insignifiant broute légume ne mérite pas un regard. Et puis, un jour de janvier, il neige des boules de pétanque et les nez coulent, on a besoin de lui, on le recherche et miracle, on le trouve, gisant dans un coin, petite chose. Il ne dit rien, mais on sent qu'il est en colère. Très en colère. Une furie blanche. Et les patates tremblent, le potiron transpire, les carottes claquent des dents, les navets se font dessus, la suite est irracontable, du gore maraicher, l'économe rend la monnaie de sa haine en petites coupures et ça gicle, ça pisse la sève, un massacre, le film d'horreur que personne n'a jamais osé tourner, même les couteaux de boucherie plaqués sur leur aimant mural deviennent pâles, même la cocotte-minute, qui en a vu d'autres, fait moins la fière. Tout s'achève dans une assiette creuse où une soupe aux yeux clairs tourbillonne dans le bruit des cuillères et des vapeurs hivernales. Fausse quiétude. Sur le plan de travail de la cuisine, un reflet métallique ronronne dans un tas d'épluchures : le tueur gît dans son crime. Et l'on comprend enfin la nature de la fente en son coeur : c'est une plaie qui n'a jamais cicatrisé. Une fêlure.

Le 27 avril 2012 à 08:22
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