Pétula Fox
Publié le 17/01/2015

Attention, crayon


Animations, illustrations, et aussi, explorations de lieux périphériques insolites, créations de carnets de voyages entre réalité et imaginaire.

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Le 26 novembre 2012 à 09:38
Le 20 février 2015 à 12:10
Le 24 novembre 2015 à 08:31

L'ours bipolaire est désormais une espèce en voie de disparition

Surnommé « l’instable du Grand Nord », l’ours bipolaire vient d’être ajouté à la liste rouge des espèces menacées par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). A l’heure actuelle, il resterait moins de 300 spécimens de cette espèce qui survit dans les régions arctiques et dont le comportement parfois irrationnel joue contre sa préservation. Auto-destruction L’ours bipolaire, animal étrange aux agissements parfois incompréhensibles évoquant à la fois la mère de famille en plein baby blues ou le trader excessivement euphorique, vit exclusivement sur la banquise. Selon l’UICN, il reste aujourd’hui moins de 300 spécimens, qui vivent de manière solitaire sur la glace. Parmi les facteurs qui ont provoqué le déclin des populations d’ours bipolaires, il y a évidemment le braconnage et la perte des habitats naturels. Mais la cause principale de sa lente disparition reste le comportement même de l’ours bipolaire que les experts de l’UICN jugent « totalement imprévisible et préjudiciable pour l’ espèce même ». Car cette espèce serait la moins adaptée à la survie en milieu hostile, toujours selon l’UICN : « Les ours bipolaires sont souvent dépressifs. Ils manquent d’appétit et d’intérêt pour la chasse qui est nécessaire à leur survie. Il arrive parfois qu’ils fassent preuve d’une grande anxiété et de haine envers eux-mêmes. Autant d’éléments qui les transforment en maillons faibles de la zone arctique. » explique Lana Purlac, de l’organisation. Mais à tous ces handicaps, il faut ajouter également le caractère des ours bipolaires : « Ils ont de très fortes manies, parfois violentes. Ils peuvent passer des semaines à frapper la banquise avec leurs pattes, juste par obsession. Dans les cas les plus graves, certains sont victimes de délires et se focalisent sur des théories du complot au sein du cercle polaire. C’est une perte de temps et d’énergie considérable pour tout prédateur de ce genre. » précise également l’expert de l’UICN. Encadrer l’espèce Pour aider à combattre la disparition progressive de l’ours bipolaire, les organisations de défense des animaux militent intensément pour la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’espèce : « C’est difficile pour nous d’être dans cette situation. Déjà qu’on a du mal à protéger les animaux de l’homme, mais si en plus il faut demander aux pouvoirs publics de protéger une espèce contre elle-même, c’est très dur à faire passer comme idée. » nous explique un cadre de l’association PETA avant de conclure : « L’idéal serait peut-être de transférer les derniers ours bipolaires dans des instituts spécialisés pour qu’ils soient encadrés, quelque chose comme un zoo dans l’esprit. » Le Gorafi Illustration : iStock / RobertScottJacobs / IRCrockett

Le 8 avril 2011 à 09:14

Vacances en France

Mauvaises rencontres

« Pourtant, qui le croirait ? Un voyage au Morvan offre quelque danger. Des bandes parcourent les routes, composées d'individus d'aspect débonnaire, mais animés au fond de très mauvaises intentions, et qui ne craignent pas d'arrêter le voyageur isolé aussi bien que ceux qui circulent en nombre. Nous n'avons pas ouï dire qu'elles aient dévalisé personne ou pillé les diligences ; mais leur aspect farouche et provocant pourrait déterminer chez le voyageur novice quelque terreur. » Il s'agit de compagnies d'oies, dont le Morvan semble avoir le privilège ; oies puissantes, bien membrées, ayant fort mauvais caractère et portant haut la tête. Ces animaux féroces parcourent en liberté bois, prés et sentiers, et se figurent évidemment que les routes sont faites pour leur circulation exclusive. Dès qu'un bipède non pourvu de plumes et portant nez au lieu de bec se permet d'y mettre le pied, ils s'avancent en bataillon serré, ouvrant à outrance leurs larges becs et crachant à la face de l'intrus tout le catéchisme poissard de leur race. Il y en a toujours une qui est le chef de la bande et marche bravement à l'ennemi, devant toutes les autres, dégoisant un répertoire d'injures et de menaces du plus haut comique. » […] » Du reste, il ne faudrait pas entreprendre une lutte corps à corps avec ces bêtes guerrières. D'un coup de bec elles coupent fort proprement un doigt. Je comprends maintenant pourquoi l'on dit que certains jugements ont "force de l'oie". »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 28 janvier 2015 à 10:03

Petite archéologie de l'artiste satirique

L'Assiette au Beurre, 8 mai 1909

A l'occasion du lancement du premier numéro de la revue satirique Les Hommes du Jour lancée par Victor Méric en 1908, l'artiste Aristide Delannoy réalise, pour la couverture, une caricature de Georges Clemenceau à l'apparence d'une tête de mort, au lendemain d'une répression sanglante envers les carriers des sablières de Draveil. Redécouvrons un épisode marquant de la liberté d'expression sous la IIIème République extrait de l'ouvrage Un crayon de combat, Aristide Delannoy par Henry Poulaille, 1982. « Nous étions, disait Méric, assez inquiets. Il nous fallait, pour le premier numéro destiné au Grand Flic Clémenceau, un dessin vigoureux, acerbe, mordant. J'avais fait le possible pour le texte. Quand Delannoy, quelques jours après, revint avec son carton et exhiba la fameuse tête de mort, nous trépignâmes de joie. Avec un dessin semblable, c'était le succès assuré. Ce fut le triomphe. La Gueule de Clémenceau tirée à 25 000 s'enleva comme du petit pain ». Clémenceau furieux, se jura d'avoir l'artiste au premier tournant qui se présenterait.[...] Quatre mois se sont écoulés depuis qu'il a reçu son camouflet de bonne année. Voilà l'heure de la monnaie à rendre. Le numéro a paru. Magnifique, plus beau encore que celui qui lui était consacré. Le Général* « pacificateur du Maroc » est représenté en boucher sanglant et le sang dégouline de lui, d'un beau rouge. [...] Les sieurs Delannoy et Méric furent appelés pour répondre devant la justice du crime de lèse- Patrie. Ils eurent chacun un an de prison et 3 000 F d'amende. Clémenceau avait pensé et espéré que leur incarcération gênerait les deux prisonniers dans la marche de leur travail, mais l'un et l'autre avaient pris la précaution de préparer des articles et des dessins pour parer aux accidents possibles et il n'y eut pas de surprise au cours de la publication. Par contre, Delannoy tomba malade au point que ses camarades de geôle démarchèrent auprès du directeur de la prison. Méric et un prisonnier d'Action Française lui exposèrent le sérieux du cas, si bien que Delannoy fut libéré aussitôt. Le malade n'en devait pas moins décéder de son mal qu'avait aggravé le séjour de quatre mois qu'il fit à la Santé. [...] Sa signature se trouve dans plus de soixante fascicules et elle était encore en novembre 1910 dans Messe de Minuit et Réveillons qu'il composa pour Noël 1910. Ce sont ses derniers dessins, avec son Christ chez les Prostituées, paru dans le numéro hors-série sur Noël des Hommes du Jour. [...] Delannoy est mort à 37 ans. [...] Il avait confiance en lui, il acceptait d'aller sur le ring. [...] Ce serait, pensait-il, passionnant. [...] » *d'Amade (ndlr) Source de l'image : Gallica.fr

Le 20 décembre 2011 à 11:22

« Je peux vous dire que je débloquerai la bombe atomique. »

Christine Boutin, 13 décembre 2011, Public-Sénat.

Tous aux abris ! Elle n’est pas encore élue présidente de la République, la Madone des autels, qu’elle a déjà le doigt sur le bouton de la force de frappe.  Mais pas de panique : ce n’est pas un crime contre l’Humanité qu’elle serait prête à commettre, plutôt un sarkocide pour cause d’obstacles élyséens à sa collecte de parrainages. Si d’ici février elle n’atteint pas les 500 signatures de maires requises pour se présenter, elle actionnera donc l’arme fatale.  Bien sûr chacun s’interroge : une excommunication vaticane ? Un ralliement à Hollande ? Une dénonciation d’affaires pas très claires ? Sa détermination est telle, qu’on en arriverait à imaginer qu’elle va se faire sauter avec sa bombe. Une sorte de sainte kamikaze, effacant par son sacrifice tous les péchés du quinquennat.Ce n’est encore qu’une menace. Pas besoin d’avoir fait Saint-Cyr pour savoir que l’arme nucléaire, c’est d’abord la dissuasion. De Gaulle avait théorisé la dissuasion du faible au fort, les évolutions ont conduit à l’envisager du fort au fou, Christine Boutin n’est pas forte, mais pas folle non plus. Elle sait que pour se faire entendre un peu il faut « débloquer » beaucoup. On la croyait « bonne fille », on se trompait. On se trompe d’ailleurs souvent sur elle. Certes elle est anti-avortement, anti-PACS, anti-mariages homosexuels, anti-euthanasie, elle n’est cependant pas anti-liberté d’aller au théâtre voir les pièces de son choix. C’est au moins ça.

Le 22 janvier 2015 à 08:36
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