Maxime Garcia
Publié le 21/01/2015

Etes-vous VRAIMENT Charlie ?


Mise au point

Un mise au point s'impose

Né à Paris en 1985.

Suit des études de gravure, puis d'illustration, pour finir par faire du dessin animé alim'enterre sur une télé alsacienne. A bien essayé de diffuser des messages subliminaux dans ses vidéos, mais comme personne ne regardait l'émission, a laissé tomber. Du coup, il se lance dans un série de courtes animations hebdomadaires et grinçantes sur vents contraires.net.

Tente sans succès de vivre de concerts-dessinés, et de bande dessinées. Mais quand ça veut pas, ça veut pas.

Cherche du boulot, mais faut pas pousser non plus.

 

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Le 14 août 2012 à 09:00

Arthur (1939-2010)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Comme on ne l’a pas appris par les médias classiques, le dangereux flemmartiste Henri Montant, dit Arthur, a tourné le coin le 17 juillet 2010 à Plougasnou (Finistère). C’était l'un des rares pamphlétaires satiriques français des dernières décennies à avoir réellement réussi à renouer avec la lucidité critique flagellante et la verve cocasse sans merci des plus redoutables plumes tranche-dedans de la Belle-Époque, celles d’un Zo d’Axa, d’un Émile Pouget, d’un Albert Libertad. À leur instar, dans les canards sauvages (Hara Kiri, La Grosse Bertha, Charlie Hebdo première cuvée, Bakchich, CQFD, Le Canard enchaîné, Siné Hebdo…) où on lui laissait faire feu sur les couillonnades régnantes, il ne tombait dans aucun panneau idéologique, persiflait le militantisme sacrificiel (son livre-clé s’intitule Mémoire d’un paresseux, Ed. de l’Aleï, Dijon) et il ne misait vraiment que sur des rébellions inventives, drôles, hédonistes sans trop se leurrer pour autant sur l’avenir du genre humain : « L’État étend sa patte graisseuse sur l’ensemble des activités humaines, pressent-il en 1977. Toute déviance, toute dissidence sera assimilée au terrorisme. La norme sera la résignation coite. L’humanité entre sans mollir dans le grand asile silencieux, le mouroir définitif. »Pour porter un toast à la mémoire d’Arthur, je sors de ma gibecière un relevé youplaboumesque fricassé par lui des attentats ludiques poivrés contre le travail qui fourmillaient dans les années 1980.« Le groupe des « Enragés de la paresse » mure les portes des agences pour l’emploi et des Assedic en écrivant sur les murs « Le temps volé ne se rattrape jamais ». Le groupe « Grasses matinées » met une vingtaine d’horloges pointeuses hors d’usage. Le groupe « Transports à l’œil » court-circuite les composteurs de bus. Cette hantise du boulot ne les empêche pas heureusement d’en donner aux ouvriers syndiqués du bâtiment en multipliant les tas de gravats aux quatre coins de Toulouse grâce aux explosifs en vente libre dans toutes les bonnes carrières de la région. Ainsi le groupe « Vison futé » incendie la société France-Gibier. Un attentat contre le siège du Front national est revendiqué par les Francs-Tireurs patriotes du PCF, malgré les protestations du groupe Georges Marchais. L’armée n’est pas oubliée : le PARA (« Pour des Actions Résolument Antimilitaristes ») s’en prend au QG de la onzième division de parachutistes. À quelque temps de là, les vigiles du magasin Printafix se font barboter leur fichier personnel du chapardage à grande surface. Les auteurs ? Des groupes anonymes d’individus patibulaires qui signent « Comité Liquidant Ou Détournant les Ordinateurs » (CLODO) ou LASER (« Les Auteurs Sont Encore Recherchés »). Les victimes : Philips Data System, CII Honeywell-bull, Thompson-CSF et autres bienfaiteurs de l’humanité (Thomson livre des radars au Chili, Argentine, Afrique du Sud). Toutes les sociétés d’informatique ne furent pas touchées, mais toutes furent frappées par le génie du mal dont faisaient preuve les saboteurs : les ordinateurs sont extrêmement fragiles des bronches. Un rien les enrhume : une trace de doigt, un brin de poussière. Alors, vous pensez, des bombes ! » (C’est tiré des Charlie Hebdo n° 537 et 538.)

Le 18 décembre 2011 à 08:36
Le 20 janvier 2015 à 08:00

Jean Cabut dit Cabu

Mine de plomb ou feutre souple, sa ligne de mire était comme un prolongement de cette patte qui savait cerner l’instantané. Cet orfèvre de la caricature qui dessinait sans cesse comme d’autres respirent mettait le monde en joue non seulement avec une très grande humanité mais aussi avec la permanence d’un étonnement adolescent. Très informé, il n’avait pourtant rien d’un naïf. J’en appelle à ce déjeuner avec les Amis de la Commune de Paris où tout en grignotant sans véritable voracité, il dessinait avec la main restée sous la table, le profil du regretté président Goupil, lequel lui avait proposé d’accepter de parrainer une journée commémorative consacrée à la caricature sous la Commune de Paris au Musée de Montmartre.  Son  sourire s’était figé en écoutant les vilénies commises là Paris lors des événements de 1871 et l’évocation du  génial chaos qui accompagna ce sursaut à la fois populaire et républicain. Son regard qui quêtait le détail révélateur dans le verbe haut en couleur de Robert Goupil mobilisait en même temps la main qui dessinait en soulignant les horreurs des règlements de compte entre Français où plus de vingt-cinq mille citoyens périrent dans le sang. Au delà de ces crimes revanchards orchestrés par les troupes versaillaises, il avait également identifié de son trait les forces politiques en présence qui, à l’époque, portaient déjà en germe les luttes d’un XXe siècle à venir. Les prises de conscience indispensables que les grandes signatures de la caricature ont sans cesse facilitées étaient devenues pour lui une humaniste nécessité. Jean Cabut dit Cabu en est mort. Claude Chanaud

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