Terreur Graphique
Publié le 22/01/2015

Taisez-vous !


Terreur Graphique, Auteur de Bandes Dessinées qui grattent un peu (Rorschach, hypocondrie(s) -six pieds sous terre- La Rupture tranquille - Même Pas Mal- La Musique Actuelle Pour les sourds, Make My Day Punk ! - Vraoum), tumblriste forcené.

Membre de la maison Vide Cocagne, rédacteur en chef de la revue "Alimentation Générale"

la belle vie.

 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 12 septembre 2014 à 08:33
Le 12 janvier 2015 à 09:34

Ceux qui ont la gorge trop serrée

Que ceux qui défendent soudain la liberté d'expression laissent à ceux qui ont la gorge trop serrée la liberté de ne pas s'exprimer. La douleur n'est pas une matière enseignée sur les bancs de l'école, et personne ne nous a jamais appris à la dompter pour en faire un petit chaton trop mignon qu'il suffirait de caresser pour le calmer quand il est en colère ; chacun s'arrange toujours avec sa douleur du mieux qu'il le peut.  Il y en a qui ont besoin de parler, beaucoup, à toute vitesse, pour faire sortir ce mal qui les ronge de l'intérieur, pour fuir ce silence dont le gouffre s'ouvre sous leurs pieds et dans lequel ils ont peur de tomber. Il y en a qui ont besoin de prendre l'air, comme depuis que la douleur les en a privés ils n'arrivent plus à respirer ; ils marchent d'un pas aussi lourd que leur cœur dans le bois d'à côté, ils galopent autour d'un stade la nuit tombée en espérant qu'à force de tourner en rond ils arriveront à fabriquer une tornade qui aspirera leur mal-être. Il y en a qui ont besoin de laisser leur douleur sur le paillasson de l'entrée et de troquer leurs idées avec celles de leur voisin de palier ou celles de n'importe qui tant qu'elles sont sages et les laissent tranquilles, ils essayent d'en rire comme les lames de leur plancher sont déjà imbibées de leurs larmes trop salées, ils jouent à candy crush comme ils savent pourtant que les vies ne se cumulent pas que le monde n'est pas un gros bonbon rose, mais ils aimeraient pouvoir y croire encore un peu comme avant. Il y en a qui ont besoin de se taire et de tendre l'oreille pour écouter le silence derrière le brouhaha. Et depuis mercredi, ceux qui ont la gorge trop serrée ne savent plus ce qui leur fait le plus mal. La barbarie de ces types remplis de haine qui ont confondu kalachnikov et crayon-mine, ou ces discours venimeux qui jaillissent de tous les côtés chaque minute. Et putain que c'est long une minute, depuis mercredi ; c'est des images choc des slogans qui claquent des gorges trop serrées qui craquent sous les draps et que le monde pointe du doigt parce qu'elles n'ont jamais appris à répandre leurs larmes sur le trottoir d'en bas. Et putain que c'est long une minute, depuis mercredi ; quand la minute de silence passée les langues se délient les cagoules valsent et que sous ce si bel élan de solidarité se faufile la haine d'une meute en pleine confusion. Et même si leur appartement reste propre à coup de troubles obsessionnels compulsifs et d'eau de javel, depuis mercredi ceux qui ont la gorge trop serrée passent pourtant toutes les minutes de leurs jours et de leurs nuits au-dessus de la cuvette des waters. Et si elles pouvaient parler les gorges trop serrées, elles hurleraient aussi fort que vous qu'elles ont mal, aussi mal que vous ; et elles tendraient leurs mains comme elles vous souhaiteraient pour cette nouvelle année de laisser votre haine désordonnée de côté, juste un instant celui d'apprendre à nous aimer avant de prononcer ces mots qu'on ne pense jamais vraiment quand c'est la colère qui les lâche en dérapant sur le verglas. Mais, depuis mercredi, ceux qui ont la gorge trop serrée ne parlent plus, comme ils ont perdu le sommeil les mots et leur bienveillance.

Le 28 septembre 2014 à 09:19

Ghislain l'effaceur

Portraits crachés #9

Quand il sera grand, Ghislain veut être Batman. Mais ça fait rire tout le monde car il est taillé comme un haricot vert. Puis Ghislain grandit et, donnant raison aux rieurs, il ne devient pas Batman. Mais il parvient à devenir redresseur de torts. Au petit matin, quand la cloche finit de sonner, Ghislain, allongé dans la trousse, attend son heure. Souvent, c'est long mais, concentré, il est prêt à bondir à tout moment. Quand on l'interroge sur son métier, Ghislain se compare à un gardien de but : il faut réagir en un clin d'oeil car il est le dernier rempart avant la catastrophe. Et aussi il arbore une magnifique tenue à rayures torsadées ; il est beau comme un sucre d'orge. Ça y est, l'erreur est là, on l'appelle ! Comme un prédateur, il saute sur la faute et, de sa pointe blanche, la dissout et l'absorbe en un clin d'oeil. Puis il se retourne avec agilité et, sortant sa pointe bleue, corrige sans discussion. Puis il retourne dans la trousse et reprend son affût. La journée se passe ainsi, dans une attente ponctuée d'interventions de la dernière chance. La tension ne retombe qu'à la nuit tombée. Alors il repose. Pourtant, une chose taraude Ghislain : il sait qu'il n'est pas éternel ; quand il sera sec, il mourra. C'est son destin de s'effacer devant son successeur, quand la performance ne sera plus au rendez-vous. Mais il sait que le maintien de l'ordre est un sacrifice. Tout ça lui trotte dans la tête tandis qu'il regarde le bellâtre à l'origine de toutes ces erreurs enlever le bas, évacuer sa cartouche usagée et s'en fourrer une nouvelle dans le croupion. Et après on dit que le stylo-plume, c'est classe.

Le 5 septembre 2014 à 09:50
Le 13 septembre 2014 à 08:39
Le 18 juin 2012 à 09:50

Êtes-vous d'accord avec cette affirmation de Raphaël Enthoven :

"La philosophie c'est l'art de la question et en aucun cas l'art de la réponse." ?

– Pfff !  – Non, je pense plutôt... "Pfff" ?   Ce 18 juin, premier jour du bac 2012, Alain Guiavarch et Maël Canonne sortent leur "Philo" !« Où vais-je, où cours-je? » Au-delà du simple calembour cucurbitacéen, cette question se pose au quotidien pour chacun d’entre nous, sans que nous puissions y apporter des réponses satisfaisantes, objectives et référencées. L’amour, la mort, la vie, Dieu, sont autant de sujets sur lesquels nous ne trouvons pas les éclairages qui nous permettraient de comprendre enfin le monde. Schoppenhauer vous est tombé des mains, vous n’avez rien com­pris à la Critique de la raison pure, pour vous Marx est le nom d’une fratrie de comiques juifs américains ? Heureusement, Philo (florilège de pensées philosophiques à médi­ter sur la cuvette) a été pensé pour vous : un condensé de philoso­phie déconnatoire qui contribuera à l’échafaudage de votre bien-être spirituel. Tout au long de Philo (florilège de pensées philosophiques à mé­diter sur la cuvette), Alain Guiavarch et Maël Canonne, au travers d’une démarche artistique singulière, associent dérision et ques­tionnement en se mettant en scène dans des images agrémentées de dialogues espiègles et corrosifs. Pour le prix d’un gros rôti de porc, de 4 boîtes de coton-tiges ou encore de 2 kilos de saucisse, Philo saura répondre à vos questions les plus essentielles que vous soyez sur la cuvette, au supermarché, ou même en train de fêter votre bac au bistrot du coin. Distribution : Pollen Diffusion et sur www.editionsdejuillet.com

Le 4 octobre 2010 à 11:00

Le Libanais Stavro Jabra

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (6)

Sur la couverture de l’ouvrage La caricature au risque des autorités politiques et religieuses (Ed. Presses universitaires de Rennes) qui vient de paraître, figure un dessin de Stavro Jabra. A l'évidence, ce caricaturiste libanais n’a cure des risques, comme en témoigne ce dessin du 3 octobre où les présidents syrien et iranien, Bachar el-Assad et Mahmoud Ahmadinejad, tirent les ailes d’une colombe de la paix afin de saper les efforts de Washington pour favoriser le dialogue israélo-palestinien. Collaborant aujourd’hui à deux revues et deux quotidiens, ce dessinateur âgé de 63 ans, véritable star dans son pays, "gratte et critique" qui il veut. Et cela, depuis plus de quarante ans. "Mes autres collègues qui exercent leur métier dans les vingt et un autres pays de la Ligue arabe n'ont pas le droit de dessiner émir, roi, leaders religieux, ministres...", confie-t-il. Lui ne s’en prive pas. Il s’est arrogé ce privilège à vingt ans et personne, depuis, ne l’en a dépossédé, y compris pendant la guerre civile qui déchira le Liban de 1975 à 1990. Sa carrière de photographe-reporter de guerre (il fut notamment correspondant de Paris-Match) conjuguée à celle de dessinateur se confond avec l’histoire de sang et de larmes de son pays, et au-delà, du Moyen-Orient. "ll vaut mieux en rire plutôt que d'en pleurer. Voilà comment, en quelques lignes — ou plutôt en quelques dessins —, Stavro nous a exposé la situation dans laquelle se débat le Liban. Du Cactus au jeu des Pyramides, toute l'histoire d'un peuple en butte à l'hostilité du monde, celui qui l'entoure et l'autre, essayant en vain de démêler leurs inextricables intrigues. Stavro sait cependant que sa cause est celle de la Justice, et que son combat ne pourra que vaincre", écrivit le président Amine Gemayel en préface à un recueil de dessins en 1978. Au physique, Stavro, longues bacchantes, crinière fournie, a quelque chose de léonin. Un fauve qui s'attaquerait aux prédateurs de la paix, aux dépeceurs de la tolérance. Cet homme qui a photographié au Festival de Cannes les plus grandes stars de cinéma, sait détrousser les apparences d'un coup de crayon et rendre accessible par le rire les enjeux et tensions géopolitiques.A son trait féroce, Stavro ajoute le sens de la formule. Pour preuve, les titres de ses livres : Dollarmes (1985), Souriez à la Syrie noire et Sam suffit la Syrie, sur l'accord américano-syrien en 1989), Les Saigneurs de la guerre où la région du Golfe est qualifiée de "Coran à haute tension" en 1991, L'an pire 92, etc. > voir sa page : http://www.stavrotoons.com/main.asp

Le 20 janvier 2015 à 10:00

La France découvre l'existence des journaux en papier et des kiosquiers

France – Plusieurs centaines de milliers de témoignages concordants confirment l’existence de petites boutiques qui vendraient des journaux en papier avec des informations imprimées dessus avec de l’encre. On soupçonnait leur existence, d’autres affirmaient qu’ils avaient disparu. Les kiosquiers ( /kjɔs.kje/ ) et les journaux en papier existent donc bel et bien. Et cette confirmation d’existence s’est propagée comme une traînée de poudre dans toute la France, entraînant des belles grosses queues devant les kiosquiers. Nombreuses et nombreux étaient celles et ceux qui voulaient de leurs yeux voir et toucher pour la première fois un papier imprimé ou simplement parler à un kiosquier ou un marchand de journaux. Marie, 21 ans, a acheté ainsi un journal en papier dans un kiosque, une petite boutique en verre installée sur une place et vendant plusieurs autres journaux, eux aussi tous en papier. « Je ne savais pas ce que c’était, c’est très doux au toucher » raconte la jeune femme, émue, en caressant le papier du journal. « Il n’avait plus Charlie Hebdo mais j’ai réussi à acheter d’autres journaux, c’est fou, je n’imaginais qu’il y avait autant de titres et de revues différentes » affirme-t-elle. Un jeune homme souligne quant à lui l’impact profond que pourraient avoir les journaux papiers. « C’est une incroyable avancée. On peut aujourd’hui imprimer des informations sur du papier et les vendre dans des boutiques. En plus le papier fait un joli bruit quand on tourne les pages » ajoute-t-il tout en faisant tourner une page lentement. Selon d’autres informations qui nous parviennent, il semblerait désormais à peu près certain que ces mêmes kiosquiers vendraient d’autres journaux en papier et cela tous les autres jours de l’année.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication