Télérama Dialogue : Riad Sattouf

Les Rencontres Télérama

Avec Riad Sattouf

Entretien : Laurence Le Saux

Durée : 01:03:39

Enregistré le 29 septembre 2014 dans la salle Tardieu du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec la MGEN.

Marier l'appétit culturel de Télérama à l'audace impertinente du Théâtre du Rond-Point lors de soirées préparées en commun. Autour d'un artiste phare ou d'un thème provocateur, il s'agit gaiement de torpiller et reconstruire le monde ensemble. Avec légèreté et gravité. Sans trop d'esprit de sérieux. 

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Le 6 septembre 2011 à 10:08

Mazen Kerbaj : "Il faut rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire"

Un dessinateur libanais en résidence au Rond-Point

Illustrateur de presse, croqueur de BD, open trompettiste et peintre sur carnets de note, Mazen Kerbaj s'éloigne de Beyrouth en septembre-octobre pour s?acoquiner pendant deux mois avec l'équipe de ventscontraires.net. Premier contact Le Théâtre du Rond-Point développe depuis plusieurs années une thématique autour du rire de résistance. C'est quoi pour toi, le rire de résistance ?Je suis né en 1975 avec la guerre civile qui a fini en 1990. J'ai donc vécu mes premières années en guerre civile. Depuis on dit que c'est la paix au Liban, mais il y a eu quelques petites guerres depuis. Quand on vit à Beyrouth, on n'est jamais vraiment en temps de paix, on est toujours en guerre ou entre deux guerres et on ne sait jamais quand la prochaine va arriver. Cependant je dois dire que je suis bien content de vivre là-bas malgré tout. C'est une vie où on exprérimente chaque jour que le rire et la résistance sont deux choses qui vont naturellement ensemble. La résistance contre la folie qu'il y a autour, contre la réalité dont on ne peut s'échapper, contre la guerre, la politique, la corruption... Il n'y a pas d?autre solution, il faut absolument rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire. Je ne peux résister que par le rire et mon rire ne peut être qu'un rire de résistance dans le sens où il est toujours opposé à une situation le plus souvent lugubre, déprimante et pas drôle du tout à laquelle je réponds par quelque chose de drôle. J'ai rarement eudes idées drôles dans l'absolu, pour elles-mêmes, c'est vraiment en réaction. Mon rire et celui que j'essaie de déclencher sont forcément de résistance. Bien sûr, en temps de guerre, tu ne peux pas parler des coquelicots, tu vas parler de la situation que tu vis et combattre cette situation par ton art. Mais je déteste l'idée de l'artiste engagé avec un message à faire passer. Je trouve ça assez péremptoire. Si un artiste veut donner son avis sur la politique je ne suis pas contre, mais qu'après il se positionne en porte-étendard, je trouve ça complètement ridicule. L'art n'a pas à jouer un tel rôle. Même les artistes qui se sont fait emprisonner, torturer, assassiner sous des régimes dictatoriaux étaient avant tout des artistes. > Mazen Kerbaj, rencontre-mini concert à la librairie du Rond-Point le samedi 17 septembre à 18h30 et exposition jusqu'au 14 octobre 2011En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Le 22 juin 2010 à 14:49

Appelez-moi le Directeur !

Ça c'est le Rond-Point

Hall du Théâtre du Rond-Point. Une spectatrice compulse fébrilement le programme de saison. Soudain elle se dirige vers le responsable de l’accueil. LA SPECTATRICE. – S’il vous plaît, appelez-moi le Directeur !Le Directeur apparaît aussitôt derrière elle. LE DIRECTEUR. – Madame ? LA SPECTATRICE. – Je ne peux pas le croire, il n’y a aucun auteur mort ici ? LE DIRECTEUR. – C’est un théâtre Madame, pas un cimetière. LA SPECTATRICE. – Et ce n’est pas dans les théâtres que sont joués les grands auteurs ? LE DIRECTEUR. – C’est ce que nous faisons Madame. LA SPECTATRICE. – Vous plaisantez ? LE DIRECTEUR. – Du tout. LA SPECTATRICE (montrant le programme). – Mais ils sont tous vivants chez vous !LE DIRECTEUR. – Et alors ? LA SPECTATRICE. – Comment pouvez-vous savoir si ce sont de bons auteurs ? LE DIRECTEUR. – Nous faisons confiance à notre goût, Madame. LA SPECTATRICE. – Quel goût ? Vous êtes capable vous, de dire si l’entrecôte est bonne quand la vache est encore vivante ? Qui peut jurer de la saveur d’une saucisse ou de la qualité d’une rillette quand le cochon patauge dans les topinambours ? LE DIRECTEUR. – Madame, je vous assure qu’ici…LA SPECTATRICE. – Non, pas à moi, je connais la chanson ! Vous connaissez Lucien Karl ? Jacques Lecalin ? André Granbourg ? LE DIRECTEUR. – Non. LA SPECTATRICE. – Normal. Tous oubliés. Des nuls. Seulement, de leur vivant, leurs pièces ont assommé des centaines de spectateurs imprudents, dont ma propre famille, qui s’étaient jetés dans des théâtres sans vérifier l’acte de décès de l’auteur…, et je ne parle pas des acteurs indigents qui les jouaient…LE DIRECTEUR. – Ah ça, les acteurs, vous comprendrez que nous sommes obligés de les engager vivants. Même si j’imagine que pour vous, l’idéal serait que des acteurs morts jouent des auteurs morts. LA SPECTATRICE. – Ah ça c’est sûr ! Croyez-moi, si vous programmiez Sarah Bernhardt dans une pièce de Corneille, ce serait un tabac ! Et nous les spectateurs on viendrait les yeux fermés. LE DIRECTEUR. – Mais vivants ? LA SPECTATRICE. – Et heureux de l’être !… Quand même, reconnaissez que ce que je vous dis est l’évidence même. LE DIRECTEUR. – Je n’en suis pas sûr. LA SPECTATRICE. – Ah bon et pourquoi ?!LE DIRECTEUR. – Vous êtes vivante, Madame. LA SPECTATRICE. – Exact (elle reste interdite un instant). Ce n’est pas faux. LE DIRECTEUR. – J’en ai l’impression. LA SPECTATRICE. – C’est ce que me dit souvent mon mari quand je lui parle. LE DIRECTEUR. – Qu’est-ce qu’il vous dit ? LA SPECTATRICE. – « Tu sais Simone, par moments je te préfèrerais morte que vivante ». LE DIRECTEUR. – Je le comprends. LA SPECTATRICE. – Seulement c’est pas gagné parce que si une fois morte je ne valais plus rien ? LE DIRECTEUR. – Ça, mystère… !LA SPECTATRICE. – La solution serait…LE DIRECTEUR. – Peut-être que vous ne mangiez plus de viande…LA SPECTATRICE. – Voilà ! Comme ça on est tranquille… peu importe que la vache soit vivante ou pas…LE DIRECTEUR. – Je vous propose un abonnement ? LA SPECTATRICE. – Pourquoi pas. LE DIRECTEUR. – La caisse est ici Madame. Autre chose ? LA SPECTATRICE. – Non… tout va bien. Merci. LE DIRECTEUR. – À bientôt Madame. La spectatrice sort son carnet de chèque en fusillant du regard le Directeur qui s’éloigne…LA SPECTATRICE. – Je l’aurai… un jour je l’aurai…FIN

Le 22 mai 2010 à 15:05
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