Rencontre Télérama : Gérard Depardieu

Les Rencontres Télérama

interview animée par Fabienne Pascaud, enregistrée le 1er décembre 2014 dans la salle Renaud-Barrault du Théâtre du Rond-Point

Gérard Depardieu, on aime ou on n’aime pas. Nous on aime. On admire cet ogre à qui rien n’est impossible, cet acteur tout puissant capable de susurrer doucement une phrase toute de tendresse. Et au cinéma comme au théâtre de jouer aussi les monstres, les provocateurs. Et de goûter ailleurs furieusement à la vie, à ses beautés, à ses labeurs, à ses contradictions et à ses violences. Gérard Depardieu vit d’excès, d’art, de rencontres. Il aime le monde et il se fout des cons. Paysan jusqu’au bout des ongles. Et homme d’affaires, et artiste. Tout aussi passionnément.

Marier l'appétit culturel de Télérama à l'audace impertinente du Théâtre du Rond-Point lors de soirées préparées en commun. Autour d'un artiste phare ou d'un thème provocateur, il s'agit gaiement de torpiller et reconstruire le monde ensemble. Avec légèreté et gravité. Sans trop d'esprit de sérieux. 

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Le 29 avril 2013 à 10:21

"Postillon"

Les mots que j'aime et quelques autres

Petit éclat de salive projeté sur votre interlocuteur quand, lors d'un déjeuner, vous lui racontez l'ascension du Ballon de Guebwiller avec votre grand-mère pour lui prouver qu'elle pouvait encore apprécier le bon air des Vosges. L'acteur passionné peu également postillonner. C'est vers le deuxième acte qu'il arrose le public, lorsqu'il demande avec véhémence la clémence de son roi. Si la pièce et forte, les trois premiers rangs de spectateurs ne lui en tiennent pas rigueur. L'effet cathartique fonctionne à plein, ils ressentent sa douleur mais pas les mini-crachats dont il les recouvre. Le postillonnage est également fréquent dans les lieux publics. Raison pour laquelle, à La Poste par exemple, le préposé à qui vous demandez si vos allocations familiales sont arrivées est séparé de vous par un Hygiaphone, petite paroi en plastique transparent percée de trous minuscules pour que le son passe mais pas les postillons.Ce qui est surprenant, c'est que le postillon désigne également le cocher qui conduit la malle-poste chargée de porter le courrier aux quatre coins du pays. Le postillon est donc d'une certaine façon un postier, donc quand vous parlez à l'employé de La Poste derrière un Hygiaphone pour le protéger de vos postillons, vous ignorez que lui-même est un postillon et... et... Bon, je ne sais plus très bien où je voulais en venir. Désolé...  Extrait de Les mots que j'aime et quelques autres © Points 2013 > Le livre sur le site de l'éditeur > Le livre sur le site du Rond-Point des Livres

Le 10 avril 2018 à 13:58

Les Topor, remise des Prix de l'inattendu : captation intégrale

« Vivre en marge pour ne pas mourir au milieu. » Roland ToporDans un décor créé par Sophie Perez, la cérémonie orchestrée par Jean-Michel Ribes se déroule en musique et avec une succession d’interventions aussi inattendues, burlesques et insolites que les œuvres des lauréats récompensés. La remise des trophées sera à elle seule une performance savoureuse.« Le Théâtre du Rond-Point crée un prix destiné à récompenser les créateurs du spectacle vivant oubliés des chapelles du bon goût et de la morale définitive, à saluer les mauvaises herbes de la culture trop folles pour être taillées à la française, les incongrus qui ridiculisent les gens qui savent. Bref tous ceux qui sautent dans le vide pour découvrir d’autres planètes.Ces prix qui célèbreront toutes les disciplines du spectacle vivant seront remis à des lauréats désignés par un jury composé de personnalités sensibles à l’extravagance, au pas de côté, au monde à l’envers, au rire de résistance, à l’issue de secours, aux utopies, à la joie d’être soi, au chant de baleine devant la lune, à la musique de l’insolence, bref des personnalités qui ne voient pas la beauté que dans les belles choses. La sélection des spectacles concourant à ce prix sera faite de façon arbitraire par le jury selon ses goûts, ses envies, et pourquoi pas ses amis. Tous les prix sont injustes, les Topor le seront encore plus. » Jean-Michel Ribes Un événement conçu et animé par : Jean-Michel RibesAvec la complicité de : Nicolas ToporScénographie : Sophie PerezJury : Kader Aoun, Agathe Berman, Camille Chamoux, Michel Fau, Jean-Marie Gourio, Arnaud Laporte, Gérard Mordillat, Fabienne Pascaud, Sophie Perez, Olivier Poubelle, Laura Scozzi, Jérôme Thomas, Nicolas ToporInterviendront entre autres : Pierre Arditi, Zabou Breitman, Jonathan Capdevielle, Steven Cohen, CongopunQ (Cyril Atef et Dr. Kong), Pasquale D’Inca, André Dussollier, Thomas Dutronc, Agnès Hurstel, Olivier Martin-Salvan, Yann Moix, François Morel, Alexie Ribes, Patrick Robine, Héloïse Wagner, Reinhardt Wagner En partenariat avec la MGEN, Télérama et France 3 Paris Île-de-Franceavec le soutien complice de la SACD

Le 22 avril 2017 à 09:26

Christophe Pellet : "J'ai essayé d'inventer un personnage féminin pour aujourd'hui"

Expérience scénique dangereuse, la pièce "Erich von Stroheim" de Christophe Pellet nous entraîne dans un triangle charnel entre une femme libre et deux hommes perdus. Sous la direction de Stanislas Nordey,Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez dessinent les traits d’une humanité décentrée. Troubles tangibles d’individus fissurés, qui cherchent réparation. Christophe Pellet — Erich von Stroheim est convoqué comme une figure symbolique. Cet être magnifique qu’il fut, flamboyant et à terre, reste profondément moderne. Cinéaste scandaleux à son époque (il mettait en scène ses obsessions, ses désirs), dans la marge comme créateur et comme individu, accepté comme acteur mais  pour des rôles toujours très typés, incompris, perçu comme un pornocrate. Les personnages de la pièce sont eux même dans la marge : l’un par ses activités (il prête et vend son corps), l’autre par sa volonté de disparaître du paysage social (il ne souhaite pas travailler, ni s’intégrer au monde, autrement que dans une fusion amoureuse : il est épris d’absolu). L’un et L’autre seront broyés. Le personnage de la femme s’en sort mieux, car elle connaît les règles, c’est elle même qui les dicte. Mais ce que je voulais explorer c’est comment ces trois personnages s’éteignent les uns et les autres, en une alchimie tragique. Si la pièce est pornographique, c’est que la société qui l’a vu naître est elle-même pornographique. Comme toutes les pièces que j’ai écrites il y a une grande part documentaire – sinon autobiographique – sans cette nécessité je n’écrirais pas. Même si je ne me la suis pas posée en l’écrivant, il est passionnant de se poser la question de la pornographie sur une scène de théâtre. Beaucoup d’autres praticiens de la scène le font, c’est même devenu une sorte de passage obligé. Mais cela, il me semble, passe surtout par les images scéniques, le corps des acteurs, les actes, voire les vidéos – la projection  –, et pas tant que cela dans les situations et les mots, même s’il y a quelques tentatives (les adaptations  de Sade, auxquelles Stanislas Nordey a participé). La scène finalement rejoint en ce domaine particulier les représentations du cinéma et du flux sur le net : même si au théâtre le scandale est plus grand. Mais en dehors de ce scandale immédiat et direct, il n’y a pas vraiment de fable, ni peut-être même de sens. D’un côté, la représentation théâtrale offre une stylisation, une dimension formelle et distancée, de l’autre, les écrans  proposent une matière brute et interchangeable. Même si au théâtre on voit bien la volonté de démontrer une forme d’aliénation, ce qui n’existe pas la plupart du temps dans la pornographie diffusée. Il y a aussi le désir de montrer un peu crânement et vainement qu’un acte pornographique sur scène est autant possible que sur le net. Mais au bout du compte c’est la même vacuité ; l’acte lui-même se désincarne, faute de mots, ou tout simplement parce que le sens de cette agitation échappe. Un auteur peut alors tenter de prendre le  relai, et questionner cet acte via la fable. Cependant la pornographie n’est pas le sujet central de la pièce : le sujet c’est l’émancipation difficile de trois êtres. Et le sujet, avant tout, c’est moi-même. Sans aucune  réflexion sociologique, politique, ou philosophique, tout simplement parce qu’en écrivant ce texte, je n’avais pas de recul, j’étais en état de stress. Et qu’une fois publié (très vite, dans la foulée, comme pour m’en débarrasser), je n’y suis pas revenu pour en accentuer telle et telle dimension réflexive. S’il apparaît une  dimension pornographique dans le corps de ce texte, c’est qu’elle est dans mon corps à moi, parce que les textes que j’écris et mon corps ne font qu’un. > en partenariat avec theatre-contemporain.net

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