le renversiste
Publié le 26/02/2015

Leçon de végétarisme du docteur Tulp


Il peignait l'intérieur de ses tubes de peinture
Il peignait de sa toile le manche des pinceaux
Il peignait sans peinture le derrière du portrait
Pour montrer les couleurs et du noir et du blanc
 
Il cherchait dans ses rêves les détails du réel
Il cherchait dans le monde l'irréel de l'envers
Il cherchait dans son cœur les impuretés du ciel
Pour saisir la raison de ses toiles à l'envers

Effacer sans effroi tout le fond de ses formes
Déchirer les pinceaux arracher la peinture
Sous ses pas de géant tout petit minuscule

Puis peindre comme ses pieds tout l'empire du pire
Pour salir les travers de l'affaire de l'homme
A l'envers et contre tous il se jouait de l'Art.

 

Ren Versiste
 

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Carte postale de Mongolie - Seoul Juke Box

C’était l’été 2011, Séoul allait sombrer sous les plus terribles inondations et coulées de boue de sa moderne histoire. Après la rudesse d’un hiver glacial il fallait maintenant affronter une chaleur humide capable de liquéfier ce qui pouvait encore rester d’un peu solide sous les pluies torrentielles. Il était donc temps de quitter cet été moisi et de partir pour le seul endroit d’Asie encore épargné par cette mousson annonciatrice de l’apocalypse à venir : La Mongolie. Un peu plus de 2 millions d’habitants, à peine la population d’un quartier de Séoul pour un territoire représentant environ 6 fois la France. Grands espaces ouverts, vide absolu, ivresse des plaines et ciel en précipice au delà d’un horizon en ligne de fuite éperdue, voici l’un des rares endroits sur terre où survit « le monde invisible ». Là où l’homme n’est plus, là où l’homme est moins, la nature est de nouveau la résidence des esprits et autres entités transparentes qui donnent leurs chants au vent dans les dunes, leurs yeux à la surface des lacs, et leur mystères aux grandes forêts où se perdent les voyageurs la nuit tombée. Ici le règne animal étend son domaine. Chevaux, chameaux, moutons, aigles et faucons, ours, chiens, lynx et loups, le bestiaire sauvage domine l’imaginaire et s’incarne dans les métamorphoses des chamans en transe dans les lumières dansantes du feu et dans les battements sur les peaux des tambours.  Une étrangeté de la langue française définit les Mongoliens comme des trisomiques, et mongolisme cette déficience intellectuelle et morphologique conséquence d’une anomalie génétique. Imaginons un instant que dans la langue mongole le mot  « gaulois » désigne ainsi un malade mental et « gaullisme » la tare qui en serait la cause. Mais dans la Mongolie moderne, point de francophonie, l’heure est au business English et à la Mongolian goldrush, car la richesse du pays est sous terre. Ainsi l’or, l’uranium, le cuivre, les terres rares, attirent tous les « birds of prey », rapaces internationaux et multinationales de l’extraction minière. Cette richesse minérale fait naître de nouveaux Gengis Khan qui roulent des mécaniques, désireux de conquêtes, en voitures de sport à plus 400 chevaux. « Il est plus facile de conquérir le monde à cheval que de bâtir un état à pied » Gengis était cruel, mais, loin d’être un barbare, il fut le seul capable dans l’histoire d’unifier le continent de la Méditerrannée à l’Oural et d’établir un code de lois qui sera source d’inspiration pour les constitutions des démocraties à venir. Les nouveaux barbares mongols s’appellent des « Ninja miners » circulant en hordes, lourdement bardés d’armes automatiques sur des 4x4  de guerre, ils attaquent les mines dans la vallée du Zaamar et s’emparent de l’or que les trafiquants chinois et coréens passent en contrebande à Pékin ou Séoul. C’est dans l’un de ces 4x4 à demi calciné et abandonné dans le désert de Gobi que fut retrouvée, encore intacte, une clé USB gorgée de sons parmi lesquels ce remix de « Wealth », 3ème et dernier morceau de la face B du plus minéral et désertique disque de rock des années 80  : « Spirit of Eden » de Talk Talk.  (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

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