Arthur H
Publié le 27/03/2015

La Femme Miroir


Je ne connais plus
La forme de mon visage

Je ne connais plus
La couleur de mes yeux

Je ne connais plus
Le son de ma voix

Je suis
La femme que je regarde
Et pourtant
Elle est
L’homme que je suis

Arthur Higelin, dit Arthur H, est un auteur-compositeur, chanteur et pianiste français né en 1966 à Paris. Son style singulier est influencé par le jazz, le blues, la chanson française et le grove. Il définit ses compositions comme "un mélange de poésie française, porté par la chanson, mélangé à ce que je ressens de la musique noire". Il privilégie dans ses accompagnements les petites formations acoustiques. Il revendique son admiration pour Duke Ellington et son influence de Serge Gainsbourg.

 

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Le 3 décembre 2012 à 11:27

De qui se moque-t-on ?

14. Le miroir

Chaque matin, sitôt levés, nous allons droit dans le mur : nous nous confrontons au miroir. Oh, malheur ! Sans mentir, il serait plus doux de croiser un égorgeur au coin d’une ruelle obscure... Mais la lumière nous tombe dessus comme une douche froide et il est trop tard, nous y sommes, dans le miroir, le dos au mur. Qui viendra nous nouer sur les yeux le bandeau des fusillés ?       Nous sortons du rêve de la nuit. Il était voluptueux, héroïque, nous y faisions belle figure. Mais il semblerait que le héros soit fatigué après cette bonne nuit de sommeil, il a mauvaise mine. Son armure étincelante est un pyjama clownesque, et froissé. Ses formidables épaules lui tombent aux genoux comme des branches de sapin mort. Ses paupières se soulèvent aussi difficultueusement que le rideau de fer rouillé d’une boutique de brocanteur. La vitrine de celle-ci aurait bien besoin d’un coup d’éponge. Et quels vieux coucous en devanture !       Cause toujours, miroir, c’est celui qui le dit qui l’est !       Miroir lisse et étale comme la surface de l’étang : je suis donc le vilain crapaud qui vit sur ses berges. Miroir noir comme le tableau où s’inscrit la leçon du jour : vite effacer ce visage de craie ! Nous avons pour cela les brosses et les savons de la toilette, et l’eau qui tremble dans la coupe de nos mains, limpide, où noyer notre reflet.       Savamment dosés, le verre, l’étain et le mercure composent donc cette amère potion qui nous rend gris ou vert, qui nous tuméfie la face mieux qu’une ruade, qui nous creuse les yeux et nous fige sur les lèvres un rictus de moribond. On ne verserait pas ce poison dans le verre à dents de notre pire ennemi.       Encore une chance : le miroir est sans mémoire. Nous ne faisons qu’y passer. Il ne nous retient pas. Assez vu. Disparaissez. Mais ne pourrions-nous pas nous vexer de cela aussi, tout bien réfléchi ? Pourquoi le miroir ne daigne-t-il jamais s’empreindre de notre image ? Nous avons pourtant des titres à faire valoir, et un petit air qui n’appartient qu’à nous. Il y a dans les galeries des châteaux des portraits de gros marquis qui n’ont pas accompli le quart de nos exploits ni de nos œuvres et devant lesquels défilent pourtant des milliers de visiteurs attendris (et payants).       Pourquoi enfin dérapons-nous toujours sur cette glace, nous qui traçons des 8 parfaits sur celle du lac ou de la patinoire ? Pourquoi y figurons-nous toujours ce personnage de comédie burlesque aux mouvements saccadés, à l’équilibre instable       Ce n’est pas faute pourtant de prendre des poses avantageuses. Nous rentrons le ventre, nous bandons des muscles dont nous n’avons jamais l’emploi, qui ne servent qu’aux haltérophiles et aux boxeurs dans l’exercice de leur profession – peine perdue : l’armoire à glace se rit encore de notre formidable carrure. Nous ébouriffons follement nos mèches : la cupide psyché rafle tout l’argent de nos tempes et ne nous laisse plus un poil sur le caillou. La monnaie de singe au moins flatte le chauve qui se mire dedans. Le miroir nous plume comme des alouettes.        Il bégaye, mais sa démonstration est implacable. Il affirme preuves à l’appui que le présent est sinistre et l’avenir plus calamiteux encore : sept ans de malheur peut-être pour le maladroit qui le casse, mais toute une vie de désespoir et de lamentations pour le délicat qui le fait briller avec un chiffon doux.       Le miroir est malveillant. Il est aussi le rétroviseur dans lequel se précipite en catastrophe notre passé. Entre les rides du vieil âge qui s’annonce, nos cicatrices évoquent inlassablement notre jeunesse difficile, les coups de cornes de la vache enragée, les petits métiers pénibles exercés pour ne pas mourir de faim : partenaire d’un lanceur de couteaux dipsomane, toiletteur dans une ménagerie de fauves, modèle pour un tatoueur parkinsonien, sparring-partner d’un chirurgien esthétique, etc.       Et c’est sur le miroir encore qu’elle a écrit Adieu, la belle petite que nous aimions par-dessus et par-dessous tout, et effectivement elle n’est plus dedans (abîmée sinon dans ses profondeurs insondables, ensevelie dans ses vases) ; nous n’y voyons qu’un misérable qui tente d’effacer l’injure avec sa manche et découvre que le rouge à lèvres qui surlignait divinement le sourire d’Ida est un composé gras de suif de mouton et de sang de cochenille qui s’étale sur toute la surface réfléchissante et forme avec la buée de ses soupirs le brouillard dans lequel désormais il va vivre, seul comme un chien, puis mourir bientôt.    À moins décidément de se rebeller et d’envoyer son poing dans la face déjà floue de ce pitoyable jumeau : le miroir s’étoile et me voici soudain rayonnant, beau comme un astre.

Le 30 mars 2015 à 13:39

Rodrigo García : "Nous ne savons pas aimer"

Rencontre avec l'écrivain, metteur en scène et directeur de théâtre Rodrigo García au resto du Rond-Point. 2e épisode : l'autre. "Pour moi, l'idée de l'autre est très simple : je ne peux pas croire qu'en cet instant même il existe dans le monde des millions de gens qui vivent leur propre vie, je ne peux pas le croire et moi je ne fais en aucune manière partie de leur vie, pourtant j'aimerais les connaître, j'aimerais qu'ils me connaissent, les Chinois, les Boliviens, les Vietnamiens, les Allemands... Ça me semble miraculeux, incroyable que tous ces gens vivent leur propre vie et que je n'aie aucune relation avec leurs vies. C'est quasiment une chose religieuse, je le vois comme si nous étions tous des éléments d'un même être et il y a un démembrement douloureux qui fait que nous ne sommes pas proches, que nous ne connaissons pas. C'est absurde, ridicule mais il y a un mal-être en moi généré par ça, une grande curiosité, un grand désir de voir ce qui arrive aux autres, mais aussi  peut-être une chose sexuelle, je pense que ça me plairait de baiser avec tous ces gens ! Ce qui me surprend c'est que les autres, c'est finalement comme  du spiritisme… Tu vis seul et tu meurs seul, toutes les relations que tu peux avoir dans ta vie – amitié, famille, enfants – je les considère comme des ombres, pas comme des choses réelles. Les seules choses réelles sont les choses physiologiques, la mort bien sûr. Le reste ce sont des inventions pour nous distraire de l'idée principale : nous vivons et que nous mourons seuls. Alors j'ai envie d'être au contact de tous les gens, mais dans le même temps, je sais que c'est impossible, je sais que c'est impossible même que nous soyons ensemble, tous les trois, là, à discuter. Il y a beaucoup de mondes, j'imagine, la réalité que nous avons ici, dans un théâtre à Paris, notre travail, notre manière de vivre ne ressemblent en rien à la vie que peuvent avoir les gens en Bolivie, en Alaska. C'est une question de mondes intérieurs. Je vis dans cette société capitaliste, occidentale, nous connaissons les règles du jeu plus ou moins, mais je pense que ce n'est pas vraiment ça le problème. Je remarque un autre modèle social, économique que je connais de près : c'est la pauvreté, ces gens qui vivent sans argent au Brésil ou en Argentine. C'est quelque chose que je connais bien parce que j'ai vécu là-bas et il y a quelque chose qui continue de me déranger, c'est une forme de moralité, de règles morales qui sont les pires selon moi. Ça n'a pas tant que ça de rapport avec le pouvoir d'achat ou la société de consommation, mais avec une morale horrible, castratrice, une morale catholique, je pense que c'est un problème finalement religieux, surtout en Amérique latine. Ça me préoccupe presque plus, l’égoïsme qui ne connaît finalement pas beaucoup de différences – que ce soit l'égoïsme d'une personne avec beaucoup d'argent, d'un banquier ou celui d'une personne qui n'a rien. Ce qui retient mon attention, c'est la difficulté d'aimer, le fait que nous ne sachions pas aimer. Je pense que c'est plus profond que ces problèmes économiques qui sont évidents. Je dénonce dans mes spectacles cette manière de vivre pour travailler, de consommer, etc., mais je pense que c'est en fait secondaire. Il y a surtout un problème dans la difficulté de trouver une forme de sérénité et d'être plus ouvert à ce qui arrive aux autres. Mais certainement, ce doit être humain de ne pas en avoir la possibilité." Traduit de l'espagnol par Vincent Lecoq

Le 6 septembre 2016 à 10:19

Blandine Pélissier : "En matière d'égalité hommes-femmes, le monde de la culture est en retard sur le reste de la société"

Blandine Pélissier est comédienne, metteuse en scène et traductrice du théatre contemporain anglo-saxon vers le français. Depuis plusieurs années elle milite avec le collectif H/F pour une véritable parité dans le monde du spectacle. Un milieu que l'on pense a prioiri émancipé et où pourtant il y a énormément à faire.Un exemple? Il y a cinq ans, nous avions voulu consacrer une saison entière du Rond-Point aux femmes : la majorité des spectacles programmés sur nos trois plateaux allaient être écrits ou mis en scène par des femmes. Cet enjeu nous a enthousiasmé et l'équipe s'est mise à lire des manuscrits, rencontrer des artistes, voir des spectacles au féminin. Les choses avançaient pour le mieux, de très bons et très forts spectacles s'annonçaient, sauf que la délicate alchimie présidant à l'élaboration d'une saison s'avéra bien plus difficile et lente à "monter" cette année-là. Comme si nous avions divisé par deux, par trois ou peut-être par un chiffre beaucoup plus grand les œuvres parmi lesquelles nous pouvions faire notre choix. Je ne veux pas dire par là que les projets portés par des femmes étaient moins intéressants , évidemment pas, mais nous avions la plus grande peine à trouver suffisamment de spectacles signés par des femmes déjà en tournée ou en cours production. Au final ce fut une réelle déception : nous n'avions réussi à programmer que 11 spectacles "Femmes, femmes, femmes" sur 33 — un tiers. Et c'est à ce moment-là que nous avons été contactés par la comédienne et traductrice Blandine Pélissier qui nous proposa, avec le collectif H/F, de nous joindre à quelques théâtres qui s'engageaient  à annoncer une « Saison 1 égalité homme-femme » dans les théâtres publics… Quelques années plus tard, on devra à ce mouvement l'instauration de "short lists" paritaires lors des appels d'offre pour la direction des centres dramatiques ou des grands théâtres publics, mais depuis les choses ont-elles vraiment changé dans le milieu du spectacle ?C'est sur ces questions, et au-delà, que Blandine Pélissier a bien voulu s'entretenir avec nous.

Le 3 juillet 2014 à 10:04

2m50

Encore une histoire de sexe

Ils sont dans l’obscurité totale, sous l’eau, à 1500 mètres de profondeur.Ils mesurent 18 mètres de long, pèsent chacun leur trois tonnes, et possèdent à eux deux 16 bras et 4 tentacules.La femelle ? Elle fait sa timide.Ce que l’on comprend, quand on sait que l’organe sexuel de son partenaire mesure 2 mètres 50 de long et qu’il fonctionne comme une seringue hypodermique à haute pression. Son but pour assurer la survie de l’espèce est de percer le bras de sa dulcinée pour la féconder. Avec sa lance à incendie, il attaque tout ce qu’il trouve, et parfois, sans le vouloir, c’est à lui-même qu’il fait l’Amour.Son nom est truffé de A : Il s'agit du calamar géant. Sa réplique minuscule pourra, farcie, frite ou à l'armoricaine, se retrouver dans nos assiettes et nous pénétrer de sa texture si particulière. Mon suc te remonte à la gorge, chantait Léo Ferré, avec son goût d’entre dégoût. C’est l’éternité qui dégorge, et la mort qui tire son coup.Un autre animal, de la même façon, injecte son sperme dans n'importe quelle partie du corps de sa partenaire — le dos, le cœur, la tête. Un animal petit, noir, et non comestible que l’on trouve aussi sur les bureaux… Des fourmis ? Non, pas des fourmis. Des mouches ? Non, sur un bureau… Des trombones ? Non, pas des trombones, tu chauffes… Des punaises ? Bingo ! Les fameuses punaises de lit qui envahissent les capitales américaines, allant jusqu'à occuper les étages élevés de l'Empire State Building au grand dam des services de la morale sanitaire. Les mâles sont de formidables fornicateurs, ils font l'horrible chose plus de deux cents fois par jour. Avec d'autres mâles punaises, ou des femelles, ou n'importe quoi qui passe par là.Un chat. Une cuisse. Une chauffeuse.Ça laisse rêveuse.

Le 18 mars 2015 à 09:39

Ils veulent nous. Nous n'avons même plus, même pas.

Ils veulent nous empêcher de dire la véritéIls veulent nous diviserIls veulent nous couper les ailesIls veulent nous séparerIls veulent nous faire croire que les grévistes sont nos ennemisIls veulent nous empêcher de nous libérer !Ils veulent nous expulser !Ils veulent nous rendre fousIls veulent nous enlever aussi nos retraites !Ils veulent nous dresser les uns contre les autresIls veulent nous faire plierIls veulent nous virer !Ils veulent nous faire péter les plombsIls veulent nous avoir jusqu'à la trogne Depuis plusieurs semaines, des interrogations, des appréhensions, des critiques se sont élevées autour du Ils veulent nous faire croire que le système économique va dans notre intérêtIls veulent nous anesthésier l'espritIls veulent nous briserIls veulent nous détruire politiquementIls veulent nous utiliserIls veulent nous enfermerIls veulent que l’on croie que nous sommes des ennemisIls veulent nous dicter notre choix politiqueIls veulent nous voir capituler devant l'occupation israélienneIls veulent nous frustrer jusqu’au dernierIls veulent nous enrôler à leur serviceIls veulent nous piquer des sous De nombreux jeunes ont exprimé leurs inquiétudes, leur besoin de et de, mais aussi leur volonté de Ils veulent nous empêcher de nous exprimer !Ils veulent nous jeter comme si on n’était rienIls veulent nous ficherIls veulent nous obliger à payer l’augmentationIls veulent nous enlever notre fleuveIls veulent nous faire crever pour faire baisser les prix.Ils veulent nous chasserIls veulent nous asservirIls veulent nous chasser de nos terresIls veulent nous imposer la constitution européenne ! Au-delà du, la période que nous traversons renvoie à des interrogations profondes Nous n’avons même plus un endroit pour construire notre vieNous n’avons même pas le choixNous n’avons même pas de camionnette de livraisonNous n’avons même pas le minimumNous n’avons même pas été capables de nous entendreNous n’avons même pas le droit d’avoir des représentantsNous n'avons même plus l'impression de faire un choix Je comprends bien sûr aussi le refus de qui s'est fortement exprimé Je n'ai même plus l'impression que tu comprennes le refus qui s'exprimeJe n'ai pas plus l'impression qu'au-delà du, la période que nous traversons renvoie à des interrogations profondesEncore moins que le besoin de ou de suffit à construire une vieD'ailleurs, nous n'avons même plus un endroit pour construire notre vie au-delà du Berlin, le 13 décembre 2006

Le 6 mai 2010 à 08:00

Répétitions

Nouvelle inédite de Marie Nimier

J'ai connu un homme qui jouissait exclusivement lorsque, ayant fourré son engin, on lui grattait gentiment les couilles. J'avais appris à passer mon bras sous nos deux cuisses réunies pour atteindre mon but par derrière. Le même geste devait être répété avec précision, au même endroit, avec la même intensité, et si d'aventure j'introduisais une variante j'étais rappelée à l'ordre par un grognement. C'était à la fois lassant, et très excitant de savoir qu'à ce moment précis, en accomplissant ce rituel minuscule, l'homme allait s'abandonner. Dès que je commençais la manipulation, il m'embrassait à pleine bouche - avec le vide de la bouche -, sans bouger les lèvres. J'aimais beaucoup ce moment-là. Après avoir éjaculé sur mon ventre, il s'endormait quelques minutes.Une nuit, j'ai demandé d'où ça lui venait, ce truc. Il fit semblant de ne pas comprendre, ce truc, quel truc, et comme je précisais ma pensée il se mit en colère : j'étais tellement vulgaire sous mes airs de sainte nitouche, il n'en revenait pas de découvrir mon vrai visage après tout ce que nous avions partagé, le voyage en Italie, les promenades, les lectures, les confidences... J'essayai de me justifier, il s'agissait là d'une manie peu encombrante en vérité, elle ne me gênait pas le moins du monde, j'étais juste curieuse, juste intéressée...Il alla se servir à boire. Je sentais qu'il se retenait pour ne pas me flanquer à la porte. J'ai prétexté un travail à terminer chez moi et, prenant les devants, je me suis retrouvée dans la rue à onze heures du soir avec mon sac bourré à craquer et ma couche de foutre sur le ventre, comme un vernis. Je n'avais pas envie de dormir. Longtemps j'ai tourné en rond avant de m'installer à la terrasse de ce café où il avait l'habitude de donner rendez-vous à ses amis. Une semaine passa, sans nouvelle de lui. Il ne répondit même pas à mes messages. Le mardi suivant, il réapparut à l'heure de l'apéritif. J'étais tellement émue de le voir que je me mis à pleurer. Il s'assit au bar, sans remarquer ma présence, et commanda deux martini blancs. La jeune fille qui le rejoignit presque aussitôt me ressemblait. Il lui parlait un peu trop fort, elle le trouvait drôle. Parfois, elle tortillait ses cheveux puis les relevait comme on fait la roue, en écartant les coudes. Ses yeux glissaient sur la chemise de son interlocuteur et, par petits coups pressés, empesaient sa braguette.En me levant, je regardai les mains de la jeune fille, ses doigts qui, après un petit brin de toilette pour enlever le gras des olives, caresseraient la douce peau fripée. 

Le 27 novembre 2010 à 08:42

La Moustache parce que !

Le Grandiloquent Moustache Poésie Club se dévoile

Avant de monter sur la scène du Rond-Point, Astien Bosche, Julien Pauriol (Ed Wood) et Mathurin Meslay dévoilent pour ventscontraires.net les liens profonds qui unissent poésie et moustache. Cette découverte a basculé leur vie, depuis ils ont fait leur entrée dans le club de la Moustache Poétique :  La Moustache parce que !slam viril et sincère envoyé par Ed Wood La moustache parce qu’elle est mon emblème Deux armoiries qui tranchent sur ma peau blême Deux ailes de papillon lisses et extra fines Qui battent pavillon noir sous mes fières narines   La moustache parce qu’elle pimente mes french kisses La moustache parce qu’elle chatouille les pubis La moustache parce que je préfère la fantaisie sous le nez Qu’une coquetterie dans l’œil quand on tire mon portrait   La moustache parce que Fairbanks et Errol Flynn Parce que l’immense Charlie Chaplin Parce que Dewaere, parce que Groucho La moustache parce que Frida Khalo La moustache parce qu’elle a toujours été là Même si on ne la voyait pas, cachée dans ma barbe Comme la sculpture qui existe déjà Mais qu’il faut aller chercher au cœur du bloc de marbre   La moustache parce que flic undercover Parce que gentleman cambrioleur La moustache parce qu’un seul de ses battements Provoque sous la jupe des filles le pire des ouragans   La moustache parce que le vague souvenir de mon père Parce que les bécots piquants de ma grand-mèreLa moustache parce qu’après tout je le vaux bienLa moustache parce que ma chérie le veut bien  La moustache parce que sur toi c’est ringard Alors que sur moi c’est trop la classe Parce qu’elle attire vraiment tous les regards Comme un tatouage en plein milieu de la face    La moustache parce qu’elle est mon jardin zen Je la soigne patiemment avant d’entrée en scène Chaque jour je la taille, je la structure en l’affinant Comme un bonsaï, comme l’écriture, comme un diamant   La moustache parce que je suis un homme Parce qu’elle est mon grigri, mon vade-mecum La moustache parce que c’est là que se cache mon âme Bref, la moustache même si j’étais une femme !

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