Omar Abi Azar
Publié le 17/03/2015

Hussein


Il est six heures trente
Chez moi il ne pleut pas
Il fait toujours mauvais
Je cherche l’amertume dans mon café
Je tue tout par cynisme
Mon nom peu importe
Il vogue dans une petite solitude de bourgeois
Comme une rengaine insolente
Sur les plages de l’information
Je me détends et observe
Ceux que j’aime
Sont riches et blonds
Propre et bon
Je meurs deux fois par jour
Dans les journaux qui décrivent les héros
Je me révolte contre ma propre mort
Celle que je trouve injuste
L’autre je la tais comme si
Ce n’était pas moi
J’aime quand on meurt au soleil
Des rêves par milliers
J’aime la danse des macchabées
Le chant des déplacés
Je hurle sur les trottoirs crache dans un café
Le courage de ceux que j’ai engagés
Mon amour est rude
Je suis exécrable
Mon unique émotion
Est pour une femme
Une pauvresse
Un trottoir
Je méprise le malheur
Les malheureux
Ceux qui habitent
Les fragments de
Mon crâne
Et les régurgitations de mon âme
Celle que j’aime a un désir
Que j’ai gravé dans mes os
Caché sous ma gencive
On baise comme on meurt
Et puis on meurt
Et quand on meurt
On meurt seul
Sans souffrance
Pourrissant d’objectivité
Et d’alcool frelaté
Vide et banal
Comme un Paradis
Un pré
Ou la couleur des roses
Et l’odeur du succès
Je m’appelle Hussein
Et je rêve d’être
Toi
Un assassin
Un corps dans mon lit
Sans témoins
A notre irréversible
Illusion

extrait de Hussein, Omar Abi Azar, Amers éditions Beyrouth 2012

Omar Abi Azar est metteur en scène à Beyrouth. Après quatre ans d’étude à l’Université Libanaise, Omar Abi Azar se tourne vers le théâtre et ses formes contemporaines. Avec, notamment, Nathalie Garraud, Olivier Saccomano et la compagnie Du Zieu dans Les Bleus, il travaille sur l’expérimentation des formes tragiques. Depuis 2006, il est membre fondateur et actif dans la compagnie de théâtre Zoukak, au sein de laquelle il poursuit sa recherche sur les questions que soulèvent ces formes au Liban. En 2014 il a lu son texte Hussein au Festival d'Avignon dans le programme "Ça va, ça va le monde!" 

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Le 8 mars 2015 à 09:47

L'autre

Enfin, je vais dévoiler l’identité de L’autre, L’autre c’est Moi Oui, j’ai toujours été l’autre de quelqu’un, née au Liban d’un père syrien et d’une mère libanaise. La Syrie ne nous donnait pas de papiers, mon père étant un opposant fervent au régime des Assad. Les Libanais aussi ne nous donnaient pas de papiers car une mère Libanaise ne transmet pas la nationalité à ses enfants. J’étais donc sans papiers. Quand mes amis découvraient que je n’avais pas la nationalité libanaise et qu'en plus j’étais syrienne, ils me disaient  "ça ne se voit pas". Je n’ai jamais compris comment on peut voir la nationalité  d’une personne sur sa gueule. J’étais donc la Syrienne au Liban, avec tout ce que ce mot porte de préjugés. Des années plus tard, quand j’ai pu aller en Syrie vivre et travailler, on me traitait de libanaise ; j’étais donc la Libanaise en Syrie avec tout ce que le mot porte de préjugés. Donc à chaque fois qu’au Liban on attaquait les Syriens je les défendais, et vice versa. Je me sentais libanaise en Syrie et syrienne au Liban.   J’étais toujours l’autre. Peut-être que je me plaisais dans ce rôle, que je me sentais plus libre. J’avais le choix. Très tôt j’ai commencé à jouer dans mes deux pays et même au-delà de leurs frontières. Avec les années et à cause de mon travail et de ma façon d’être, j’ai payé très cher le prix de ma liberté de vivre et de m’exprimer. J’ai alors pris la décision de partir, de quitter mes pays pour chercher un autre pays où je pourrais m’exprimer et vivre librement sans laisser ma peau, un pays choisi où, peut être, je ne serais plus L’AUTRE. Mais, moi-même. Arrivée en France, mon pays choisi, je suis devenue L’Arabe. Décidément je suis vouée à être l’autre. Je porte toujours en moi les séquelles d’un vécu pas très lointain. Je porte surtout la peur, ce sentiment  insupportable qui peut me rendre faible ou vaincue si je lui cède. J’ai choisi de créer mon « autre » sur scène, NOUN, celle qui peut parler à ma place, et qui me permet d’avoir la paix en disant sur scène ce que la société ne me permet pas de dire dans la vie. Quand on me demande pourquoi j’ai choisi la France, ma réponse fuse, plus rapide que la question : la liberté ; un pays où, jouer, écrire, lire, créer ou dessiner ne saura pas sanctionné par la mort, un pays où je peux m’exprimer librement sans en payer le prix, bien que la réalité m’a montré le contraire depuis peu de temps. J’ai découvert, aussi, qu’il y a des hiérarchisations dans l’acceptation de l’autre, et que tous les « AUTRES » ne  sont pas traités à égalité, que mon « Autre » aujourd’hui n’a plus vraiment le droit de parler . Si mon Autre n’a plus aujourd’hui le droit d’exister, alors moi je vais tout simplement disparaître…  

Le 9 janvier 2015 à 10:24
Le 21 septembre 2011 à 08:41

Les amis qui viennent au Liban sont toujours sidérés de voir comment on arrive à vivre dans ce foutoir

Dans quel état est le Liban ? Lamentable à tous les niveaux, notamment au niveau gouvernemental et de l'Etat. Mais j’oserais dire qu’on est habitué à vivre dans cette merde, on s’en arrange très bien. Les amis qui viennent sont toujours sidérés de voir comment on arrive à vivre dans ce foutoir. Mais en même temps, on n’a pas Hadopi, on télécharge gratuitement, tu peux acheter n’importe quel nouveau programme pour 1$. Tu peux fuir les impôts sans problème, tout le monde s’en fout. De toute façon, la corruption passe au-dessus de tout ça. C’est des petites conneries qui contrebalancent la merde dans laquelle on vit et qui font qu’on est bien content de vivre là-bas. C’est bien sûr affreux, la corruption dans l’Etat. Mais d'un côté, la vie de tous les jours est un peu moins prise de tête qu’en Europe. Si à trois heures du matin tu arrives à un feu rouge et qu’il n’y a personne, tu peux passer. Même s’il y a un policier. Tu as encore ton libre-arbitre. Mais, on vit aussi dans un état d’entre-deux-guerres. On ne sait pas d’où elle va venir : est-ce que c’est d’Israël ? Est-ce que c’est une guerre civile ? Il y a plein de scénarios possibles et ça, c’est dur. Depuis qu’on est jeune, au Liban, on a appris à ne pas faire de projets à long terme. Dans trois ans, il y a de fortes chances que tu ne sois plus ici ou que tu ne sois plus du tout. C’est une vie au jour le jour et je m’en arrange très bien. Quand j'étais plus jeune, je voulais venir en France ou en Belgique, dans un pays francophone où j’aurais pu faire de la bande dessinée. Mais en voyageant avec les tournées de musique, j’ai découvert que ça n'est pas mieux ailleurs. Bien sûr ici il y a des subventions pour la culture, il n’y a pas de guerre. Mais en contrepartie, il y a aussi de moins bonnes choses. > Mazen Kerbaj "Gens de Beyrouth - gens de Paris", exposition à la librairie du Théâtre du Rond-Point jusqu'au 14 octobre 2011En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Le 26 juillet 2011 à 17:14

Oslove

Si ma dernière carte postale louait la contemplation des paysages norvégiens, il est difficile aujourd'hui de garder la même candeur. C'est la stupéfaction et le choc dans ce petit pays d'ordinaire si calme. Il faut dire que le moindre fait divers un peu meurtrier fait en Norvège la Une des journaux. Alors un tel massacre, c'est l'effarement. À Oslo, tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui était sur l'île d'Utøya ou au milieu de l'explosion à la voiture piégée du centre de la capitale. La tristesse et l'incompréhension se lisent dans tous les regards. Hier soir, c'est plus de 200.000 Osloites qui se sont retrouvés à l'hôtel de ville, une fleur à la main, pour une commémoration de paix et d'hommage aux victimes. C'est la moitié de la ville. "Il n'y a plus une seule rose dans Oslo !" se plaint une passante avec un mini pot de fleurs ridicule dans les  mains, "A la violence, nous répondons par  plus de démocratie et d'amour ! Rassemblez vos fleurs partout dans la ville" scande le premier ministre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux mouvements s'organisent comme poser des petits cœurs partout, fermer les volets durant l'audience d'Anders Behring Breivik afin de refuser de donner la satisfaction médiatique de celui qui se prend pour le fondateur d'une nouvelle croisade. Et puis, dans la presse, certains se plaignent aussi : les pauvres homonymes du tueur vivent  en effet depuis ce week-end un véritable cauchemar, se voyant contraints de couper leurs téléphones face à la déferlante d’insultes. Le nom Breivik n’est pourtant pas le Dupont francais. Mais ce monsieur tout le monde aura tout de même réussi une seule chose : faire réfléchir notre société face a la montée inquiétante du nationalisme et de l’anti-islamisme.     Si ma dernière carte postale louait la contemplation des paysages norvégiens, il est difficile aujourd'hui de garder la même candeur. C'est la stupéfaction et le choc dans ce petit pays d'ordinaire si calme. Il faut dire que le moindre fait divers un peu meurtrier fait en Norvège la Une des journaux. Alors un tel massacre, c'est l'effarement. À Oslo, tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui était sur l'ile d'Utøya ou au milieu de l'explosion a la voiture piégée du centre de la capitale.. La tristesse et l'incompréhension se lisent dans tous les regards. Hier soir, c'est plus de 200 000 Osloites qui se sont retrouvés à l'hôtel de ville, une fleur à la main, pour une commémoration de paix et d'hommage aux victimes. C'est la moitié de la ville. "Il n'y a plus une seule rose dans Oslo !" se plaint une passante avec un mini pot de fleurs ridicule dans les  mains, "A la violence, nous répondons par  plus de démocratie et d'amour ! Rassemblez vos fleurs partout da Si ma dernière carte postale louait la contemplation des paysages norvégiens, il est difficile aujourd'hui de garder la même candeur. C'est la stupéfaction et le choc dans ce petit pays d'ordinaire si calme. Il faut dire que le moindre fait divers un peu meurtrier fait en Norvège la Une des journaux. Alors un tel massacre, c'est l'effarement. À Oslo, tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui était sur l'ile d'Utøya ou au milieu de l'explosion a la voiture piégée du centre de la capitale.. La tristesse et l'incompréhension se lisent dans tous les regards. Hier soir, c'est plus de 200 000 Osloites qui se sont retrouvés à l'hôtel de ville, une fleur à la main, pour une commémoration de paix et d'hommage aux victimes. C'est la moitié de la ville. "Il n'y a plus une seule rose dans Oslo !" se plaint une passante avec un mini pot de fleurs ridicule dans les  mains, "A la violence, nous répondons par  plus de démocratie et d'amour ! Rassemblez vos fleurs partout dans la ville" scande le premier ministre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux mouvements s'organisent comme poser des petits cœurs partout, fermer les volets durant l'audience d'Anders Behring Breivik afin de refuser de donner la satisfaction médiatique de celui qui se prend pour le fondateur d'une nouvelle croisade. Et puis, dans la presse, certains se plaignent aussi : les pauvres homonymes du tueur vivent  en effet depuis ce week-end un véritable cauchemar, se voyant contraints de couper leurs téléphones face à la déferlante d’insultes. Pourtant le nom Breivik n’est pourtant pas le Dupont francais. Mais ce monsieur tout le monde aura tout de même réussi une seule chose : faire réfléchir notre société face a la montée inquiétante du nationalisme et de l’anti-islamisme. ns la ville" scande le premier ministre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux mouvements s'organisent comme poser des petits cœurs partout, fermer les volets durant l'audience d'Anders Behring Breivik afin de refuser de donner la satisfaction médiatique de celui qui se prend pour le fondateur d'une nouvelle croisade. Et puis, dans la presse, certains se plaignent aussi : les pauvres homonymes du tueur vivent  en effet depuis ce week-end un véritable cauchemar, se voyant contraints de couper leurs téléphones face à la déferlante d’insultes. Pourtant le nom Breivik n’est pourtant pas le Dupont francais. Mais ce monsieur tout le monde aura tout de même réussi une seule chose : faire réfléchir notre société face a la montée inquiétante du nationalisme et de l’anti-islamisme.

Le 4 octobre 2010 à 11:00

Le Libanais Stavro Jabra

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (6)

Sur la couverture de l’ouvrage La caricature au risque des autorités politiques et religieuses (Ed. Presses universitaires de Rennes) qui vient de paraître, figure un dessin de Stavro Jabra. A l'évidence, ce caricaturiste libanais n’a cure des risques, comme en témoigne ce dessin du 3 octobre où les présidents syrien et iranien, Bachar el-Assad et Mahmoud Ahmadinejad, tirent les ailes d’une colombe de la paix afin de saper les efforts de Washington pour favoriser le dialogue israélo-palestinien. Collaborant aujourd’hui à deux revues et deux quotidiens, ce dessinateur âgé de 63 ans, véritable star dans son pays, "gratte et critique" qui il veut. Et cela, depuis plus de quarante ans. "Mes autres collègues qui exercent leur métier dans les vingt et un autres pays de la Ligue arabe n'ont pas le droit de dessiner émir, roi, leaders religieux, ministres...", confie-t-il. Lui ne s’en prive pas. Il s’est arrogé ce privilège à vingt ans et personne, depuis, ne l’en a dépossédé, y compris pendant la guerre civile qui déchira le Liban de 1975 à 1990. Sa carrière de photographe-reporter de guerre (il fut notamment correspondant de Paris-Match) conjuguée à celle de dessinateur se confond avec l’histoire de sang et de larmes de son pays, et au-delà, du Moyen-Orient. "ll vaut mieux en rire plutôt que d'en pleurer. Voilà comment, en quelques lignes — ou plutôt en quelques dessins —, Stavro nous a exposé la situation dans laquelle se débat le Liban. Du Cactus au jeu des Pyramides, toute l'histoire d'un peuple en butte à l'hostilité du monde, celui qui l'entoure et l'autre, essayant en vain de démêler leurs inextricables intrigues. Stavro sait cependant que sa cause est celle de la Justice, et que son combat ne pourra que vaincre", écrivit le président Amine Gemayel en préface à un recueil de dessins en 1978. Au physique, Stavro, longues bacchantes, crinière fournie, a quelque chose de léonin. Un fauve qui s'attaquerait aux prédateurs de la paix, aux dépeceurs de la tolérance. Cet homme qui a photographié au Festival de Cannes les plus grandes stars de cinéma, sait détrousser les apparences d'un coup de crayon et rendre accessible par le rire les enjeux et tensions géopolitiques.A son trait féroce, Stavro ajoute le sens de la formule. Pour preuve, les titres de ses livres : Dollarmes (1985), Souriez à la Syrie noire et Sam suffit la Syrie, sur l'accord américano-syrien en 1989), Les Saigneurs de la guerre où la région du Golfe est qualifiée de "Coran à haute tension" en 1991, L'an pire 92, etc. > voir sa page : http://www.stavrotoons.com/main.asp

Le 27 février 2012 à 07:58

Mauvaise réputation

Il s’était appliqué pour que ce soit bien propre. Ça lui avait pris du temps, mais il était content de lui. Il avait choisi une belle malle en cuir. Ce qui l’ennuyait, c’était le risque à la douane. Qu’on la bloque pour contrefaçon. On n’est jamais assuré de ce qu’on trouve dans le souk de Marrakech.   A l’intérieur, pour ne pas salir – la malle pourrait toujours resservir – il l’avait capitonnée de polyane. Il avait rajouté un pot-pourri, le nom ne saurait être plus adapté, pour diffuser une odeur agréable. Le transport pouvait être long.   Elle était si jolie ce matin, quand il s’était réveillé. Elle dormait encore, la peau nacrée de son bras tranchant avec le doré de la sienne. Un sourire fermait ses lèvres. Elle n’avait jamais été aussi belle, elle ne pourrait jamais plus l’être autant. C’est cette image qu’il voulait conserver. L’ennui quand il lui avait tranché la gorge, c’est que ça laissait une trace sur son cou. Mais il avait attendu qu’elle se vide de tout son sang. Il l’avait bien lavée, essuyée. Et il lui avait attaché un foulard de soie pour dissimuler la plaie. On ne voyait presque rien. Il l’avait couchée dans la malle, repliant les bras et les jambes pour qu’elle soit à son aise. On fait une mauvaise réputation aux gendres.  Sa belle-mère pourrait le remercier, il avait simplement chercher à la satisfaire. C’est elle qui avait demandé, juste avant le départ pour le voyages de noces. « Bon voyage les enfants. Et surtout, envoyez-moi des souvenirs. »

Le 29 avril 2012 à 07:36

Combien de temps ?

Cette nuit, moi j’ai rêvé que je perdais mes dents. Alors j’me suis levée, j'ai fait le tour de mes sentiments. Mais aussi le tour de ma vie pour voir si j’étais méritante. C’est pas bon signe le coup des dents... c’est signe de mort qu’on dit tout l'temps ! J’ai inspecté ma mémoire, j’voulais savoir... si j’aurais droit au paradis ou bien alors au purgatoire. Et j’ai même pensé à St Pierre avec sa barbe au fromage blanc, son air gentil, enfin j’espère, parce-ce… quand j’y pense: toutes les conneries que j’ai pu faire... c’est peut-être l’enfer qui m’attend !  Allez, demain c’est sûr, j’irai les voir, mes vrais amis et mes parents. J’vais rattraper tous mes retards, j'vais leur crier combien j’les aime, malgré l’existence qui nous saigne. Parce-que tout n’a qu’un  temps… mais pour combien, combien de temps ?   J’me suis pincée, j’me suis fait mal... c’était pas bon signe, j’ai rigolé. Je préfère rire que de penser que j’vais mourir, j’suis pas pressée ! C’est important de le savoir parce-qu’ici tout est illusoire... tout n’a qu’un temps… Et puis… j’me suis regardée dans le miroir pour voir si j’étais quelqu’un de bien. J’ai vidé même tous mes tiroirs pour être sûre que j’oubliais rien… Mais j’ai rien vu dans le miroir, y’avait personne, pas de reflet ! Alors tout est devenu noir, j’me suis même pas entendue crier. Y’avait personne dans le miroir! La mort m’avait donc prise en traître... mais comment peut-on disparaître, comme ça, sans s’en apercevoir ? Alors maintenant c’est sûr, j’peux plus les voir…  mes vrais amis et mes parents. J’peux plus rattraper mes retards, ni dévoiler mes sentiments à celui qui est mon seul amour, il ne le sait pas, mais c’est plus le jour ! J’peux plus crier combien j’les aime, à cause de la mort qui m’entraîne... j'peux plus crier, malgré tous mes efforts… Mais combien, combien de temps dure la mort ?      

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