Femmes au foyer : des raisons d'espérer
Pubologie pour tous
Voyez-vous, le créatif est friand de références. Bien sûr,
il préfère les références obscures et très intellectuelles, qui lui rappellent
qu’il est beaucoup plus qu’un publicitaire. Ah oui, parce que pour information,
le publicitaire fait ce métier pour manger, un point c’est tout, il ne tire
aucune satisfaction intellectuelle du fait de vendre des croquettes pour chien
senior enrichies en fer.
Mais le publicitaire cultivé se retrouve face à un problème
de taille : les gens, qu’il
respecte énormément et connaît bien à force d’éplucher des études d’opinion,
voyez-vous ils sont, comment dire, non pas bêtes, non bien sûr, juste peut-être
un peu… incultes. Par exemple, ils regardent Desperate Housewives, qui est une bonne série. Mais ils la regardent
avec une saison de retard, quand elle passe sur M6, parce qu’ils n’ont pas
Canal. Ils voulaient Canal, pour le foot, mais bobonne était pas d’accord.
Alors le créatif se dit, cool, ben quelle bonne idée, on va
faire référence à un truc que les gens
connaissent. Le problème avec la référence, c’est que parfois elle remplace une
bonne idée. Ou même une idée tout court. Et on ne réfléchit pas très bien au
sens de ce qu’on raconte, par exemple à l’idée qu’on véhicule que les housewives, qui sont desperate, elles n’attendent qu’une
seule chose pour devenir happy, c’est
un sèche-cheveux. Elles ne sont pas du tout desperate
à cause de leur petite vie étriquée dans une banlieue morose à jouer les
boniches pour un mari qui les trompe, ben non. Le seul raté dans le tableau chatoyant
de leur bonheur domestique, c’est qu’elles ont les cheveux qui rebiquent après
la douche. Elles ne peuvent pas se les brusher gaîment pour trop en jeter à la
fête des voisins, alors elles dépriment. Surtout que Mme Perkins, la voisine
d’en face, elle se la pète avec ses boucles parfaites. Heureusement, il y a une solution. Mesdames, vos maris ne vous
comprennent pas ? Epousez un publicitaire.