James de chez Ottoprod
Publié le 17/03/2015

Le con d'un autre #3


Âge : évolutif. Poids : secret. Taille : plus grand que la moyenne. Yeux : presbytes. Cheveux : de plus en plus épars. Arrivé sur le tard à la bande dessinée. Publie beaucoup depuis pour compenser, notamment chez Fluide Glacial, Spirou et La Revue Dessinée. 

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Le 13 juin 2012 à 09:52

Au plus offrant

Le football est un business, c'est bien connu. Les plus grandes stars se monnaient des millions et la valeur d'un club ne se mesure aujourd'hui plus seulement sur le terrain mais également en bourse. Forts du constat que tout s'achète et tout se vend, quelques supporters belges – dont l'équipe nationale ne participe pas à l'Euro 2012 – ont décidé de louer leurs services et soutiendront finalement le voisin néerlandais qui vient d'entamer difficilement la compétition. Ce mercenariat d'un nouveau genre se fera – rassurez-vous – au profit de l'Unicef mais il ouvre de séduisantes perspectives aux amateurs de profits et de compétitions en tout genre. Imaginez un électeur français dont le champion ne serait pas qualifié pour le second tour des législatives. Plutôt que d'appliquer docilement les consignes de vote de son parti, l'électeur dépité pourrait proposer son vote au candidat le plus généreux. J'entends d'ici les plus pragmatiques rétorquer que l'achat de vote n'est pas une nouveauté et que le clientélisme sévit déjà dans de nombreuses régions mais il s'agirait ici de développer et de systématiser le principe. Ainsi, au lieu de déplorer une abstention massive, on pourrait instaurer un marché global où se croiseraient abstentionnistes cupides et partisans fortunés. A l'instar du marché du carbone, où les pays sous-développés vendent leur droit de polluer, on créerait un marché ou les sous-votants cèderaient leur droit de vote aux plus offrants. Ceci ne serait peut-être pas très démocratique mais avouez que ça aurait de l'allure.

Le 21 novembre 2010 à 23:44

"Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas"

Jean-Luc Mélenchon, congrès du Parti de Gauche, Le Mans, 21 novembre 2010

C’est beau comme du Shakespeare, même si Macbeth est plus lucide lorsqu’il déclame : « La vie est un conte raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur, qui ne signifie rien » (acte V, scène V). « Méluche », comme le surnomment ses camarades de troupe, ne veut pas en tout cas qu’on le prenne pour un idiot utile, acharné qu’il est à retourner ce rôle de benêt dévolu historiquement aux compagnons de route des communistes, contre Marie-Georges Buffet et son parti enjoints à jouer les supplétifs de sa candidature élyséenne en 2012. « Méluche » encore, n’est pas davantage habité par l’absurde de la vie. Il est de ceux qui préfèrent Sartre à Camus, ce qui est bien pratique quand il s’agit de s’abriter derrière l’auteur des « Mains sales » pour justifier d’avoir traité David Pujadas de « salaud ». Un tel esprit fort ne peut donner le meilleur de lui-même que dans le tumulte et le fracas de la tempête, mais de celles qu’il provoque, comme Prospero, de sa propre volonté. Avec un tel artiste le spectacle est assuré pour une campagne présidentielle, les tournées précédentes ayant à force épuisé les grandes gueules des bords extrèmes. Dans un registre jupitérien Mélenchon veut renouveler le répertoire. Encore faut-il que la foudre déclenchée ne lui fasse pas péter les plombs, et qu’il veille bien à ne pas s’asseoir par mégarde sur le paratonnerre.  

Le 1 mai 2014 à 08:33

La famille nous casse les urnes

Tel père, tel maire : longtemps ce fut le devise bien peu républicaine qui régentait nombre de successions politiques. Mais le patrimoine n’est plus à la fête en politique. Ou à la condition de demeurer au sein d’une PME partisane à marque renommée et marché captif. La maison Le Pen est à ce titre unique en son genre. Tout est sous contrôle, des finances aux investitures, le fondateur est parvenu à imposer une de ses trois filles à des collaborateurs rétifs comme continuatrice de l’entreprise familiale. Le patriarche cède peu à peu la place à une matriarche. Pas d’actionnaires, même minoritaires, c’était déjà vrai quand un certain Mégret prétendant moderniser l’affaire s’était fait licencier pour ingérence familiale. A rebours d’un point de vue souvent avancé, la pire menace qui pèse aujourd’hui sur la société « Le Pen et fille » ce n’est pas le développement d’un front républicain mais l’expansion du front national lui-même qui ferait exploser un mode de gestion artisanal et endogène. Parvenu à un certain stade de croissance, le parti politique n’appartient plus à une seule famille mais à une foultitude d’actionnaires où le pouvoir se répartit entre besogneux qui font tourner l’usine et ambitieux qui se hissent au sommet pour en cueillir les dividendes électoraux. Certes le piston familial demeure la voie d’accès privilégiée pour incorporer le système ; à cet égard le « capital professionnel » n’est pas plus ni moins consanguin que dans le notariat, le journalisme, les acteurs ou… le RSA. Mais quoi de mieux qu’un héritage électif local pour entrer dans la carrière en flattant l’égo des ainés qui la quittent et rassurer les électeurs qui la votent ? Les Médecin à Nice, Abelin à Chatellerault, Debré à Amboise, Alduy à Perpignan, Giscard à Chamalières, Ceccaldi-Raynaud à Putaux et autres Zuccarelli et Giacobbi en Corse, ont connu la belle époque des placements de père de famille. C’était du temps d’avant. En ces jours nouveaux que l’on dit de néo-libéralisme, la loi du marché entraine des concurrences féroces et les jours de ce type de PME locales sont comptés. Jean Tiberi qui cultivait avec ardeur les vertus du clan familial, a dû se résigner à voir son rejeton Dominique écarté du siège paternel de la maire du 5ème arrondissement de Paris, par la volonté de Nathalie Kosciusko-Morizet, héritière autrement « coiffée » , du fait d’un nom de famille fleurant bon la noblesse gaulliste. Un patronyme n’est donc plus forcément un sésame irrésistible. A Bastia, un Zuccarelli, troisième du nom, s’est fait souffler la mairie familiale par Gilles Siméoni, pas tout à fait surgi inopinément du maquis, puisqu’il est le fils d’Edmond Siméoni, mentor des autonomistes corses. Une dynastie chasse l’autre ? Pourtant il n’est pas toujours simple d’être « fils de.. » La comparaison avec l’ascendant peut être cruelle. De Gaulle et Mitterrand ont complexé leurs progénitures. Encore qu’un blason familial puisse servir à des fins détournées. Frédéric Mitterrand, neveu baroque de François, ci-devant président de la République, n’aurait probablement pas été promu ministre, s’il s’était appelé Frédéric Lampion, nonobstant ses qualités d’homme de lettres et fin diseur. On gardera pour la bonne bouche, le maire sortant de Propriano en Corse, condamné à un an d’inéligibilité pour des bricoles comptables, qui eut l’idée de propulser son épouse candidate le temps qu’elle lui chauffe le siège. Il aurait pu présenter aussi un âne si des lois imbéciles ne rendaient la gente animale impropre à l’élection, le débat citoyen n’en serait pas sorti moins grandi que lors de l’interview télévisée de la candidate du devoir conjugal qui n’eut de cesse d’ânonner un texte écrit par avance sans avoir l’air d’en comprendre un traitre mot. Elle fut la risée du web, avant d’être plébiscitée dès le premier tour à 70% par les électeurs proprianais. Le célibat comme ultime garant de la vertu républicaine ?

Le 25 août 2010 à 08:17

Le parti du Chien à deux queues (Magyar Kétfarkú Kutya Párt)

Carte postale de Budapest

"Il est si mignon, il ne va pas te voler !"Voteriez-vous pour le nouveau parti dont les affiches ont envahi Budapest cet été ? Ce toutou à cravate qui rassemble bien visiblement sa duplicité dans une jolie double queue, promet la vie éternelle, le droit de vote aux animaux, la bière gratuite, l'abrogation des impôts, l'ouverture de relations diplomatiques avec les extraterrestres, l'entrée des virus au Parlement (sous un espace vitré pour éviter la contagion), une réforme de la météo avec neige en hiver sauf sur les routes nationales, le Rallye de Monte Carlo en Hongrie... "Le MKKP est fondamentalement différents des autres partis au sens où nos promesses ne sont clairement que des promesses. C'est un programme rationnel et urgent  pour faire décoller le pays. C'est la seule option raisonnable.", précise le programme du Chien à deux queues hongrois. Après les Turcs, les Habsbourg, une dictature fasciste qui fait alliance avec les Nazis et enfin l'occupation soviétique, les Hongrois n'expérimentent vraiment la démocratie que depuis la chute du mur. En donnant des gros coups de volant à chaque élection. Des virages de plus en plus rageurs, au vu des tombereaux de promesses non tenues par les partis qui se sont succédés au pouvoir. Cette année, le pays a fait un tête à queue à droite : les électeurs viennent de confier tous les leviers à Viktor Orban, un libéral nationaliste très sarkozyste dans sa manière de monopoliser le pouvoir. Son opposition de centre gauche s'est volatilisée au profit d'un nouveau parti populiste d'extrême droite ouvertement antisémite et bouffeur de Roms, le Jobbic ("Y'a bon à droite"). A ceux qui ne savent plus à quel bulletin se vouer, le parti du Chien à deux queues veut apporter un peu d'air frais en présentant ses candidats à la mairie de Budapest et de Szeged aux très prochaines élections municipales. Ils sont sans doute encouragés par la victoire du comique islandais Jon Gnarr à la mairie de Reykjavik en juin dernier. Après le crash qui a rendu visible à tous les Islandais la collusion entre finance et politique, son "Meilleur Parti" s'est imposé en proclamant : "Un seul Père Noël pour faire des économies, un ours polaire pour le zoo de Reykjavik, Disneyland à l’aéroport, un Parlement sans drogues d’ici 2020".Des promesses dont pourrait s'inspirer Eva Joly avec son projet de "déprofessionnalisation de la politique"...

Le 4 janvier 2011 à 10:33

« Est-ce que vous avez vu un socialiste qui propose d'étendre les 35 heures à toutes les PME ? »

Manuel Valls, Grand Rendez-Vous Europe 1, Le Parisien, Aujourd'hui, dimanche 2 janvier 2011

Bien vu l’aveugle ! Aucun socialiste ne l’a proposé puisque c’est déjà la durée légale du temps de travail applicable à toutes les entreprises. Mais que le postulant aux primaires du PS se rassure sur le sort des PME : depuis 2003 la droite a bien fait le boulot à coups de déplafonnement, de défiscalisation des heures supplémentaires et autres mesures dérogatoires pour briser  "le carcan des 35 heures". C’est la formule sous le régime Sarkozy-Fillon, alors que les convenances de l’ère Chirac-Raffarin voulaient qu’on les "détricote". Manuel Valls, pour qui le "travailler plus" n’est pas l’ennemi du "travailler mieux", a innové en parlant de "déverrouiller" la loi des 35 heures, ce qui se situe mécaniquement parlant entre les deux même si, socialement, il force une serrure déjà ouverte.  Au point que l’on a entendu le président de la CGPME déclarer en décembre que "le problème des 35 heures avait été résolu". Désireux d’éviter un clash avec les syndicats, il rappelait à l’ordre une partie de la droite — Jean-François Copé en tête — qui propose de faire carrément sauter la porte de ses gonds, en effaçant les 35 heures du Code du travail. Valls, moins brutal, veut la déposer avec des précautions pour ne pas heurter les syndicats. C’est raté. En ce début 2011, il a surtout lancé le concours, toujours très disputé, du plus beau gadin de campagne présidentielle.

Le 17 novembre 2010 à 19:34

« Au fond, ma détermination n'a rien changé »

Nicolas Sarkozy, TF1/France 2/ Canal +, mardi 16 novembre 2010

Aucune question ne lui ayant été soumise sur l’inflation, le président de la République n’a pas été exposé au pire dans l’exercice de la langue française, ainsi qu’il advint à Rachida Dati. Pourtant, employer à la place de l’auxiliaire de négation « pas », le pronom indéfini « rien », ce n’est pas rien. C’était énoncer l’inverse de ce qu’il a expliqué ensuite sur son volontarisme intact, en dépit des épreuves. Oublions un peu le couple Freud-Lacan pour les frères Bescherelle. On peut déplorer que la compétence de « veiller au respect de la Constitution » (article 5) qui est attaché à la fonction du président de la République, ne soit pas étendue à la grammaire de son pays. Il y aurait certes du boulot de rattrapage pour le petit Nicolas qui nous confiait le même soir : « Les choix de personnes sont toujours des choix qui demandent d’y penser ». Mais ce ne serait pas inutile car quand ça branle dans le manche syntaxique, tout peut s’effondrer, comme cette image d’un président ayant rompu avec la résignation de ses prédécesseurs, face aux contraintes du monde environnant. Sarkozy serait-il donc en train de se « chiraquiser » comme le suggère en outre le Revival RPR au Conseil des ministres ? La thèse est en vogue. Une autre, plus sophistiquée, le verrait plutôt en phase de giscardisation pour avoir foutu le bin’z dans son camp avec un trop-plein de réformes, avant de se retrouver flanqué d’un premier ministre indéboulonnable. Putain, dix-huit mois !Illustration : Arlette Chabot à l'issue de la prestation présidentielle

Le 3 avril 2011 à 12:00

« La primaire ne peut pas se réduire à un concours de boeufs charolais. »

Arnaud Montebourg, Le Monde, Dimanche 3/Lundi 4 avril 2011

Serait-ce parce qu’il est lui-même issu d’un coin où l’on élève la volaille de Bresse que le sémillant postulant à l’investiture présidentielle manifeste autant de condescendance à l’égard d’une autre espèce animale ? Il devrait être bien placé pour savoir que le bœuf charolais est originaire de ce même département de Saône-et-Loire dont il préside le Conseil général. La vacherie, en réalité, visait ses concurrents aux comices de l’automne 2011, quand il s’agira de sélectionner la plus belle bête à concours du cheptel socialiste. Arnaud Montebourg aurait élevé le débat s’il s’était livré aux mérites comparés de son propre « charolais », avec le  « limousin » de François Hollande, la « normande » de Laurent Fabius ou la « flamande » de Martine Aubry. La ficelle serait néamnoins restée trop courte pour attraper le bétail de Dominique Strauss-Kahn, labellisé naguère par le suffrage universel à Sarcelles (Val d’Oise). Depuis longtemps on n’a plus vu un bovidé paître dans cette banlieue parisienne. C’est à des petits détails comme ça que l’on vérifie si un politique est du « terroir » ou pas, comme dirait Christian Jacob, aboyeur de l’UMP pour qui l’étable ne ment pas. En vérité, Arnaud Montebourg a voulu signifier que sa candidature n’était pas de celles qui s’exhibent passivement, mais devait être regardée comme la performance d’un taureau de combat. Le drame est qu’à l’heure actuelle il n’encorne que du vent.

Le 14 mai 2012 à 08:22

L'autre jour, sur la ligne 2

L'autre jour, sur la ligne 2, y'avait Mélenchon. Comme j'te l'dis. C'était dommage parce que j'avais envie d'être au calme, là, sur mon strapontin rose et bleu, trop tacheté pour être honnête. En face de moi, y'avait une trentenaire en tailleur, on s'amusait bien, elle et moi, à faire semblant de pas se regarder, quoi, qui ça ? Moi ? Mais bon, il a fallu que Mélenchon entre dans mon wagon. Quand il est monté, j'ai tout de suite senti que c'était raté, pour le calme et la trentenaire en tailleur. D'ailleurs même pour le strapontin, c'était raté vu qu'il est entré avec toute son équipe de campagne et qu'il a fallu se lever. Du coup, debout, la trentenaire, elle était déjà moins avenante. Et ça m'a fait rire parce que Mélenchon, il portait des lunettes à grosses montures colorées et que comme ça il ressemblait à Eva Joly et à ma tante Gisèle, celle qu'avait l'habitude de porter des visons pour pas qu'on voit ses bras fripés, même sur la plage, la pauvre, elle perdait la boule. Mais je m'égare. Finalement j'ai arrêté de rire parce que Mélenchon, il m'a demandé ce qui me faisait rire, j'ai dit : « Rien », et j'ai fait comme si je lisais les stations sur le plan de la ligne 2 : Avron, Colonel Fabien, Barbès-Rochechouart... Mais comme je les connaissais déjà par cœur, je me suis reporté au décolleté de la trentenaire. Et c'est là qu'une drôle de petite femme ronde, rouge et Rom est passée par là. Elle était drôle parce qu'elle avait les genoux retournés vers l'arrière, on aurait dit une mante religieuse. Moi j'ai ri à cause du coup de la mante religieuse, Mélenchon m'a demandé ce qui me faisait rire, j'ai dit : « Rien ». Puis il m'a demandé ce que je faisais dans la vie. J'ai dit « journaliste » parce que j'avais pas d'autre idée. Il a ri, j'ai demandé ce qui le faisait rire, hein, on peut savoir ? Il a dit « Rien », et je suis sorti du métro, et de ma couette. J'avais bavé sur mes draps. Et là je me suis dit qu'aux prochaines élections, je prendrais des vacances en terre Adélie. Au moins là bas, y'a pas de métro.

Le 6 octobre 2010 à 15:21

« J'ai oublié de vous dire, j'étais l'amant de Martine aussi, mais gardez-le pour vous. »

Bernard Tapie, France Info, 6 octobre 2010

Sigmund reviens, ils vont nous rendre fous ! Rachida venait de faire fourcher sa langue sur l’inflation, lorsque l’irremplaçable Nanard nous a plongé dans la troisième dimension érotique du deuxième degré politique, à propos d’un livre faisant état d’une rencontre secrète entre Jean-Marie Le Pen et lui, avant le second tour des législatives de 1993. L’anecdote est minuscule, sa vraisemblance moyenne, mais « hénaurme » est la réaction de Tapie qui choisit France Info pour se livrer à un démenti acrobatique. Par dérision il renchérit sur les questions en assurant que, oui il a toujours été copain avec ce « gros con » de Le Pen, même qu’ils jouaient ensemble au poker, au tennis-ballon, sans oublier que…. Mais là, patatras, Tapie a beau faire désormais l’acteur, il s’est planté dans son impro en parlant d’une certaine « Martine » à la place de Marine, la fille de qui l’ont sait. Eliminons un retour de libido pour la regrettée Martine Carol, et parions à coup sûr que c’est Martine Aubry qui est lovée dans son subconscient. Martine, dont Tapie disait en 2007 qu’elle aurait fait une meilleure candidate que Ségolène, mais Martine qui, tout récemment, s’indignait du « cadeau » de 285 millions d’euros fait par l’Etat à un homme « aux pratiques pas toujours convenables ». Une maitresse femme qui ne châtie bien que ceux qui la désirent. C’est une souffrance intime que nous a livré le «sévèrement burné ».

Le 10 mars 2015 à 08:19

L'autre, espèce menacée

Dans mon pays, noir comme la beauté, où il pleut du soleil sur l'humain à longueur d'année grégorienne, nous avons un problème : nous ne sommes, en définitive, que des Hommes. Nous aimons, haïssons... et avons la perfidie fatale et suave d'être des Hommes dans toute la complexité contiguë au genre.Donc, dans mon pays, noir comme un jour de guerre, il y a une sagesse colorée qui dit : "Celui qui n'a personne ne se permet d'avoir une plaie dans le dos". Au delà de la proverbialisation atypique de la langue fongbé* que j'ai essayé de traduire sans en altérer l'essence du sens, que comprendre de la sagesse tropicale de mes ancêtres ? N'avoir personne au Bénin porte le sens de "ne pas avoir de famille (père, mère, frères/sœurs...)." C'est qu'au Bénin, l'individu se définit par le patronyme et par sa provenance géographique sur les 112.622 km² du territoire-pays. Et quand un Béninois rencontre un Béninois, il recherche l'altérité du Béninois d'en face. Parce que le ciment social n'a pas la même portée sémantique, cognitive ou sociologique partout sur notre belle bleue tourneuse, ici, il commence par "Comment t'appelles-tu?" et "De quelle région es-tu?" avant le "Je t'aime" expiatoire qui re-lie les sables liés dans le sablier de l'humain, ou le fatal "Tu es l'autre" qui ostracise et jette aux gémonies l'humain de par le fait de l'humain. Je suis l'autre, mais dans la communauté de nos peines et de nos pains ; de cette terre, ses scènes et son sein, il nous reste – c'est ma foi têtue – une parcelle de poésie qui nous permettra de sauver "notre" espèce car si je suis ton autre, tu es le mien. Nous sommes tous les "autre" des uns. De mon pays, noir comme un espoir, j'inaugure le geste enfanteur. Je croque la pomme en égérie sacrificielle d'un poème nouveau pour qu'il ne soit mal écrit et je signe l'ouvrage entamé de l'unique ardeur de mon vœu vivant.  C'est une invitation violente : "Inhumons l'inhumain" et soyons l'autre qui aime l'autre ! ______________________ *Fongbé : langue du continuum "gbé" parlée majoritairement au Bénin et au Togo (Afrique de l'Ouest)

Le 11 novembre 2010 à 15:43

Les oiseaux

Chroniques de mon jardin à moi

Dans mon jardin à moi, il y a des oiseaux. C’est écrit « Propriété privée », à la porte de mon jardin mais ils s’en foutent, les oiseaux, de la propriété privée. Ils ont dû lire Marx et Proudhon, les oiseaux de mon jardin. Ils picorent les insectes de mes rosiers, ça c’est plutôt bien. Ils picorent mes cerises au printemps, ça c’est franchement agaçant. Un coup de bec par cerise, pas deux, un, un seul, rien de plus, histoire de bien saloper la récolte. Jamais ils ne les finissent. Les oiseaux, ils chipotent, ils gâchent, ils ponctionnent à droite à gauche, ça leur plait de détruire la moitié des fruits. En plus ils commencent par celles du bas, celles qui sont accessibles. Et ils attaquent dès six heures du matin ! C’est courageux, les oiseaux. A la fin, il reste plein de cerises en haut, intactes, rouges, appétissantes… mais inaccessibles. Et les oiseaux, eux, ils s’en foutent, ils sont déjà partis chez le voisin faire les mêmes dégâts. L’hiver, Il n’y a plus rien à becqueter pour les piafs, je les regarde se dandiner sur place, battre de l’aile, soulever les feuilles, fouiller les bosquets, visiter les buissons. Et pépier de leur ridicule petit gazouillis. Ils crèvent la dalle. Parfois ils lorgnent vers le sommet du cerisier, ils pensent aux belles cerises qu’ils ont laissées intactes et qu’ils aimeraient tellement bouffer maintenant. Ils regrettent de ne pas avoir de congélateur pour faire des réserves, les piafs. Alors je descends leur mettre des graines dans une mangeoire. Et c’est tout de suite la folie. Je les regarde se battre pour attraper les meilleures graines. Je les regarde se gaver, devenir ronds, dodus et gras. Je les regarde tout en caressant mes chats. Puis je soulève la chatière et je dis : Allez, à table les chats, servez-vous !Illustration : Black bird suite, huile sur toile 200 x155, Jean-Loup Martin-Melville

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