« Après, fin 2011, on ne fera que de la politique »
Nicolas Sarkozy, devant les députés UMP à l'Elysée, 5 mai 2010.
C’est curieux, chez le président, ce besoin de faire une phrase
de ce genre. Cafardée par des élus à la sortie d’une réunion, elle mérite un détour
dans le guide des déconnages du quinquennat, quand le chef de l’Etat croit les
micros fermés et l’auditoire connivent.
Nous voilà avisés que les « réformes » qu’il
compte avoir achevées d’ici le second semestre de l’année prochaine, n’auront été
qu’une parenthèse désenchantée. Limite train-train. Mais ce faisant il nous
interloque. Qu’a-t-il fait de ses années exécutives, ce Nicolas Sarkozy que
l’on croyait animalement politique ? Le bouclier fiscal, ce n’était donc pas de la
politique ? De l’humanitaire peut-être ? Le mammouth du public dégraissé, de l’hygiénisme ? Les annonces sécuritaires à répétition,
un TOC ? Le débat sur l’identité nationale, un grand café philo ? Pendant tout ce temps il aura donc été
au supplice le fils de Pal, avant d’en arriver à ce qui prime pour lui : « faire
de la politique », autrement dit le retour au bourre-pifs, ceux de
l’opposition s’entend. Du bling-bling,
au bing-bing.
Hélas, la prochaine présidentielle ne doit avoir lieu que les
22 avril et 6 mai 2012 ; il va bien lui falloir, jusque-là, poursuivre le boulot de président « pas
politique ». Une suggestion qui arrangerait tout le monde : il démissionne
en septembre 2011, et la boîte à gifles est ouverte sans attendre. Rien que du
bonheur.