Michel Zinger
Publié le 30/04/2015

Mondes Parallèles


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Après une enfance heureuse, tout juste perturbée par le fait que mes parents pensaient que je n’étais pas vraiment leur fils, je n’ai pas su trop quoi faire de l’avenir. Mes études furent bordeliques et décousues, entre faculté des lettres et des sciences, beaux-arts et musique, le tout en même temps, sans être doué pour quoi que ce soit et sans jamais aboutir à quelque chose. Un jour, alors que je cherchais un chemin que jamais je ne trouvai, je frappai par hasard à la porte d’une école renommée qui, ayant apprécié mon sens de la repartie, eut la bonté de m’accueillir, de m’enseigner des choses et de me donner de quoi occuper mon temps pour la vie avant que je ne réalise que ce temps n’existait pas.

 

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Le 29 septembre 2012 à 07:55
Le 4 septembre 2011 à 08:50

Stigmatisé.

Actuellement, je vis quelque chose de grand, de très grand ! Du moins dans mon esprit c'est ce que se passe.... Aux yeux des autres, j'en suis moins sûr. Ils me prennent surement pour une pauvre âme, ayant perdu toute faculté mentale, n'ayant plus les moyens d’appréhender de manière logique les évènements de la vie. Un simple fou, sans aucune capacité de jugement.  Pourtant, je suis tout à fait clairvoyant plus que jamais. Je sais exactement où je vais, qui je suis. J'ai juste compris. Mais les autres ne comprennent pas, ils ne comprennent pas que nous étions deux, et qu'aujourd'hui nous nous sommes pris la main pour ne former qu'un.  J'ai une vie double, devant mes amis, mes camarades, les inconnus, les commerçants je suis un Homme un peu féminin, sûrement enfantin. Et devant ma famille, je suis une Femme ultra masculine, sûrement folle a lier, complètement déphasée, peut être même en dépression nerveuse. Je crie STOP ! Stop au diktat que l'on m'a imposé, non je ne suis pas fou, je suis tout à fait sain d'esprit. Je veux devenir l'Homme que j'ai toujours été quitte a faire partie des marginaux de notre société. Oui parce qu'aujourd'hui une Femme devenant Homme ou un Homme devenant Femme est forcément marginal/marginale. Nous sommes dérangés, incomplets, on cherche à tout prix a nous stigmatiser en passant principalement par la stérilisation... - Hors de question que de telles personnes puissent procréer, ils pourraient se multiplier. Et puis quoi encore ? On nous enferme dans des cabanes en bois en attendant de nous mettre dans des fours ? Pour protéger la ménagère de quarante ans qui se fait tromper par son mari tous les soirs et leurs quatre enfants complètement psychotiques de voir leurs parents s’engueuler tout le temps.  - Pourtant n'oubliez pas que les enfants homosexuels sont élevés par des parents hétérosexuels que vous qualifiez de tout à fait sains et normaux. Et les couples homosexuels, transidentitaires, élèvent des enfants hétérosexuels, sains et tout à fait normaux.... Alors qu'ils ont des parents tellement marginaux. Les choses ne changeront pas parce que j'ai écrit quelques lignes sur le sujet surtout que d'autres l'ont déjà fait. Mais je veux protéger mes droits, et ceux des prochains et prochaines qui sentiront qu'ils et qu'elles devront accomplir ce changement pour devenir ce qu'ils et qu'elles sont réellement. 

Le 4 juin 2012 à 09:59

Giuseppe Pinot-Gallizio (1902-1964)

Les cracks méconnus du rire de résistance

On l’a peu souligné, la plupart des mauvais garnements situationnistes étaient aussi des petits rigolos fort portés sur les transgressions ludiques, sur les incartades surprenantes, sur les canulars poivrés, sur les dérives alcooliques trash et sur tous les autres styles d’excentricités friponnes. Aucun d’entre eux ne fut pourtant aussi « hustuberlu », comme aurait dit le poète émeutier Jean Richepin, que le génial anti-artiste italien Giuseppe Pinot-Gallizio : « En ce moment, l’homme fait partie des machines qu’il a créées. Il est nié et dominé par elles. Il faut renverser ce non-sens, ou bien il n’y aura plus de création. Il faut dominer la machine en la vouant au geste unique, inutile, anti-économique. Ceci aidera la formation de la nouvelle société, post-économique mais sur-poétique. (…) Vous, seigneurs encore puissants de la Terre, tôt ou tard, vous nous donnerez les machines pour jouer, et nous les disposerons pour l’occupation de ce temps libre que vous vous régalez par avance, avec une insane gloutonnerie, d’employer à la banalité perfectionnée et au décervelage progressif. (…) Nous emploierons ces machines à peindre nos routes, à fabriquer les plus éclatants, les plus uniques tissus, dont se vêtiront des foules joyeuses pour le sens artistique d’un seul instant. Des kilomètres de papier imprimé, gravé, coloré chanteront des hymnes aux plus étranges et enthousiasmantes démences. Des maisons de cuir peint, repoussé, laqué, de métal ou de bois, de résines, de ciments vibrants constitueront par terre un inégal et incessant moment de choc. Là où, aujourd’hui, des signaux sont faits par des fusées au sodium, demain nous mettrons d’autres arcs-en-ciels, fata morgana, aurores boréales que nous aurons contruits nous-mêmes. La planète se transformera en un Luna-Park sans frontières, produisant des émotions et des passions neuves. » (…) « Les décors nouveaux, qui vont du tissu à l’habitat, des moyens de transports aux manières de boire, aux aliments, à l’éclairage, aux villes expérimentales, ces décors seront uniques, artistiques, impossibles à répéter. Tous nos biens seront collectifs, et en auto destruction rapide. » (…) « Nous sommes au bord d’un état sauvage au sens moderne, avec les instruments modernes, où la terre promise et le paradis ne pourront être rien d’autre que notre entourage qui se respire, se mange, se touche et se pénètre. Le perpétuel nouveau abolira l’ennui et l’angoisse. Tout le nouveau comportement sera un jeu, et chacun vivra toute sa vie par jeu, ne s’intéressant qu’aux émotions obtenues en jouant avec ses désirs, finalement réalisables. »   Archéologue azimuté (il découvre dans la zone néolithique autour d’Alba de multiples trésors datant de l’âge de la pierre, du bronze et du fer), trafiquant d’alcools expérimentaux qu’on dit vésuvesques, préfigurateur de « l’ambient music » lancée à la fin des années 1970 par Brian Eno (car il pense que la musique électronique peut dévergonder libératricement les machines cybernéticiennes), fer de lance des mouvements latins pro-roms (il est surnommé par Guy Debord « E Principe Zingaro – le prince gitan » parce qu’il a offert tout un terrain à des Tsiganes en lesquels il voyait l’incarnation de « la dérive nomade, du refus du travail, de la résistance contre le monde environnant, du potlatch et de la fête »), Pinot-Gallizio est surtout passé à l’histoire de la contre-culture pour avoir inventé en 1958 la peinture industrielle. Objectif de la peinture industrielle : dépasser louftinguement le refus néo-dadaïste de l’art en poussant les recherches de dévalorisation picturale jusqu’au délire inflationniste. « Montée sur un trépied à roulettes, écrit Jean-François Chabrun dans l’Express, la machine à peindre de Pinot-Gallizio est constituée d’une série de poulies entremêlées qu’anime un petit moteur à deux temps. Un long rouleau de papier se dévide, que des tuyaux encreurs aux mouvements convulsifs couvrent de taches automatiques. Un couteau débite en tranches le produit fini, le tout dans un mouvement circulaire chaotique et pétaradant. » D’où, épilogue Michèle Bernstein, l’ex dulcinée de Debord, « plus de problème de format, la toile est coupée sous les yeux de l’acheteur satisfait ; plus de mauvaises périodes, l’inspiration de la peinture industrielle, due au savant mélange du hasard et de la mécanique, ne fait jamais défaut ; plus de thèmes métaphysiques que la peinture industrielle ne supporte pas ; plus de vernissages !, et naturellement, bientôt, plus de peintres. »   « Il appartient maintenant à nous seuls, artistes et scientifiques d’une même poésie, hurle au clair de lune Pinot-Gallizio, de créer d’une autre manière la terre, les océans, les animaux, le soleil et les autres étoiles, l’air, les eaux et les choses. Et il nous appartiendra de souffler sur l’argile pour donner naissance au nouvel homme, uniquement fait pour le repos du 7e jour. »   À lire parmi les dernières parutions sur les situs : Le Mouvement situationniste. Une histoire intellectuelle de Patrick Marcolini. Éd. L’Échappée Les Situationnistes et l’anarchie de Miguel Amoros. Éd. de la Roue. Les Écrits de la section américaine de l’internationale situationniste. Éd. CMDE. Lettrisme. Vue d’ensemble sur quelques dépassements précis d’Isidore Isou et sa bande. Éd. Villa Tamaris Visages de l’avant-garde par l’Internationale lettriste. Éd. Jean-Paul Rocher. Lettres à mes enfants et aux enfants du monde à venir de Raoul Vaneigem. Le Cherche Midi. Le Devenir Debord d’Alain Jugnon. Éd. Lignes Guy Debord : de son cinéma en son art et en son temps de Guy-Claude Marie. Éd. Vrin. Le Cinéma de Guy Debord (1952-1994) de Fabien Danesi Éd. Paris expérimental.

Le 20 mai 2011 à 08:55

Nous avons remplacé notre mémoire par l'image

Restons vieux jeu

L’image omniprésente au XXIe siècle a immortalisé ce que l’Homme a déjà : le regard et la mémoire. Cette parodie est révélatrice: les gens ne cessent de se prendre et de prendre à tout va en photos. Pourquoi un arrêt sur image ? L’Homme aurait-il peur d’oublier le présent ? Notre appareil remplace notre cerveau mémoriel. L’instantanéité remplace le temps du récit, le temps de l’orateur. Voler ces instants et les publier pour que tout le monde voie ce que vous avez vu. Partager l’illusion d’être ailleurs, alors que vous êtes devant votre écran à lire. Mais nous ne voyons pas plus. Nous restons coincés entre une machine photographique, nos souvenirs et un écran. Pourtant ces instants peuvent être racontés, partagés   Une amie me racontait ces voyages passés des années 80 en Russie et en Birmanie. Les tensions dans ces pays lors de ses séjours l’empêchaient de prendre des photos. Mais son regard sur place ne l’empêchait pas de mémoriser ses événements. Elle peut vous les raconter en détails comme si c’était hier. Aujourd’hui nous croyons pouvoir tout dire, tout faire derrière notre écran. L’image tant modifiable, « photoshopée » en perd sa vérité. Nous voulons montrer quelque chose qui n’existe pas.   La mémoire est donc l’outil le plus précieux. La mémoire conserve les images, les odeurs, les sensations vécues. L’Histoire ne s’oublie pas. Le passé raconté est riche d’images. Cela s’efface avec le temps ou se déforme, mais cela garde une authenticité humaine.

Le 12 juillet 2015 à 12:16

Mon gynécologue

Une fois une femme m’a quitté quand elle s’est rendu compte que nous avions le même gynécologue.Cela fait des années que je vais voir un gynécologue.Il y a quelque chose de très doux chez un gynécologue. J’aime comme il pose sa main sur mon épaule et me prie de m’asseoir sur la banquette. Je trouve ça rassurant d’aller voir un médecin qui aime et respecte les femmes. Il ne va pas parler d’un stupide match de foot l’haleine chargée de bière. Il soutient le droit à la contraception et à l’avortement.Je n’aime pas les médecins généralistes. Ils vérifient votre tension et tapotent votre genou pour voir si vous fonctionnez bien. Vous pouvez parler, ils ne vous écoutent pas : ils interrogent votre corps. Et puis, un généraliste n’a choisi aucune spécialité, il prend toutes les maladies, tous les patients, sans distinction d’âge ou de sexe. C’est suspect. Ça me fait penser à ces restaurants où on peut manger du chili con carne, de la choucroute et du cassoulet. Ce n’est pas très bon signe. Les autres médecins spécialistes ne me plaisent pas plus. Vous imaginez un jeune étudiant en médecine qui se dit « je rêve de me spécialiser en phlébologie » ? Comment peut-on envisager de passer sa vie à soigner des veines ? Non, définitivement, la gynécologie est la seule spécialité valable. Personnellement, j’ai porté mon choix sur un gynécologue obstétricien. Un professionnel habitué aux nouveaux-nés saura prendre soin de moi. C’est vrai, le premier rendez-vous a été un peu tendu, mais rapidement il s’est pris d’affection pour moi. Je lui change les idées. Et je lui permets de réviser. La première fois que je me suis déshabillé devant lui, j’ai vu l’émotion dans son regard : il n’avait pas vu de corps d’homme depuis la fin de ses études. Il était fou de joie. Mon gynéco est devenu mon médecin-traitant. Je vais le voir dès que j’ai un rhume. J’en profite pour lui poser des questions sur les femmes. Il n’y a pas meilleure source de renseignements. Nous nous entendons à merveille, après tout nous avons la même passion.

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