Gilles Rochier
Publié le 09/04/2015

Cyberdjihadistes


Je dessine les copains les cousins, les voisins les frangines, les trucs en bas de chez moi ,la campagne quand j'y vais, les mômes qui font du bruit. je dessine aussi des histoires


 

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Le 15 décembre 2014 à 09:56

Dies irae

- Bon, maintenant, tu laisses ton jeu et tu viens à table !- Oui, oui, attends, je finis juste un truc et j'arrive.- Tu dis ça depuis au moins un million d'années... La soupe est à la fois froide et brûlée, maintenant.- Ah, déjà ? J'avais l'impression que ça faisait à peine sept jours. - Mais qu'est-ce qu'il a de si formidable, ce jeu, à la fin ?- Ben, c'est pas mal, tu peux créer un monde, avec des animaux, des gens et de temps en temps, s'ils ne croient plus assez en toi, tu leur envoies un cataclysme ou un prophète, c'est sympa.- Ça a l'air nul.- Il faut le temps de le prendre en main, c'est sûr, du coup j'ai fait pas mal de bêtises au début. Au milieu aussi.- Et c'est quoi, le but ?- Alors tu as sept jours...- Plusieurs millions d'années !- Oui, bon. Pour créer un monde. Et après, les gens croient en toi, ils font des prières et tout et ça te fait gagner des points et quand tu as assez de points, tu peux faire un miracle.- Mais ça sert à quoi ?- A rien, mais c'est hyper classe. Et si tu te débrouilles bien, ils te construisent des cathédrales, ou bien ils partent en guerre sainte massacrer des innocents en ton nom. C'est hyper chouette. Enfin, bon, là, j'ai l'impression que je suis en train de perdre.- Bon, du coup, tu peux venir à table.- Attends, j'arrive tout de suite. Je leur balance une Apocalypse et j'arrive.- Fais donc ça, oui, Dieu ! Mais j'espère que tu as eu le temps de finir tes devoirs.- Oui, oui, t'inquiète... Oh, attends, apparemment, entrer dans une période de ténèbres et de terreur, ça les fait revenir vers moi ! Juste un dernier tour et j'arrive !

Le 10 février 2014 à 09:19
Le 9 septembre 2011 à 07:57

La révolution sera sponsorisée

Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre ou fait faillite. Selon cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille.Une telle aspiration "révolutionnaire" se retrouve également chez un célèbre fournisseur d’accès Internet qui a choisi de baptiser sobrement sa nouvelle box « révolution ». Un des mastodontes de l’industrie alimentaire a lui choisi de mettre en scène dans une  série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ».Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans la Grande Marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. On peut imaginer la suite : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la berline « Staline » dans le haut de gamme d'un constructeur automobile ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », la revanche des Bordeaux sur le Beaujolais nouveau ; "Lendemains qui chantent", remède anti-gueule de bois des laboratoires Servier. Et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro. Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre d’épuisement ou fait faillite. Dans cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille. Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Cette aspiration révolutionnaire se retrouve également chez un célèbre d’un fournisseur d’accès internet qui a choisi de baptiser sobrement son nouveau produit phare « révolution ». La preuve ultime que l’insurrection s’annonce c’est qu’un des mastodontes de l’industrie alimentaire a ré Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre d’épuisement ou fait faillite. Dans cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille. Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Cette aspiration révolutionnaire se retrouve également chez un célèbre d’un fournisseur d’accès internet qui a choisi de baptiser sobrement son nouveau produit phare « révolution ». La preuve ultime que l’insurrection s’annonce c’est qu’un des mastodontes de l’industrie alimentaire a récemment choisi de mettre en scène dans une récente série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ». Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans cette grande marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. A venir donc très bientôt : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la série spéciale « Staline » d’un constructeur de berlines de luxe ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », salon du vin d’un audacieux réseau d’hypermarchés et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro. cemment choisi de mettre en scène dans une récente série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ». Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans cette grande marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. A venir donc très bientôt : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la série spéciale « Staline » d’un constructeur de berlines de luxe ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », salon du vin d’un audacieux réseau d’hypermarchés et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro.

Le 5 juillet 2010 à 10:15

« La politique économique que nous menons en France actuellement, c'est une politique de ri-lance"

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, 4 juillet 2010

Cacher un vilain mot que l’électeur ne saurait entendre, en atténuer un autre que le consommateur ne doit pas trop prendre… au mot, faire carburer les concepteurs d' « éléments de langage »,  produire en scène la ministre la plus rompue aux contractions anglo-saxonnes et nous voilà lestés de « ri-lance ».  C’est ce qu’on appelle un mot-valise où rigueur et relance sont rangées tête-bêche pour suggérer que tout est « under control ». Christine Lagarde n’est pas la plus antipathique des ministres en exercice et dans sa bouche « ri-lance » c’est du rire et de l’aisance, comme si tout ça n’était pas bien grave. La conduite des politiques économiques étant riche en métaphores routières on observera cependant que faire de la rigueur pour conjurer le crash budgétaire et de la relance pour éviter la panne de marché, c’est appuyer en même temps sur le frein et l’accélérateur. Généralement ça ne se termine pas très bien. De même d’ailleurs la « stagflation » des années 60 (stagnation et inflation vont dans la même valise !) où, cette fois, on débrayait et accélérait tout à la fois. L’avantage de « ri-lance », par les temps présents, c’est que pour sacrifier à la mode des « lipduds » on verrait bien les ténors UMP en faire la promotion sur du Mika : « rilance…relax...take it easy… ».

Le 18 novembre 2015 à 10:17
Le 22 mars 2014 à 09:15
Le 27 octobre 2011 à 08:43
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