Noël Godin
Publié le 15/04/2015

C'est clair et Net comme torchette


Je n’ai jamais pigé que couic à Internet. Heureusement, je concubine avec la trépidante Sylvie, une fée du logis qui me montre les messages du jour sur un rectangle lumineux et qui tape et expédie mes chroniques et mes mails là où il faut en ne manquant pas de glapir : « Ne serait-il pas temps que tu apprennes ? Et que tu ne dépendes plus des autres ? » C’est pourquoi, finissant par céder à cette pression obstinée, et à celles des compères du Rond-Point m’engouffrant sans vergogne dans les procédures du ci-présent dossier (et deux pressions comme ça ensemble, ça commence à constituer un sacré groupe de pression), j’ai accepté stoïquement d’apprendre l’informatique.

La première phase de mon initiation a eu lieu le 10 avril sur un appareil préhistorique que mes cambrioleurs de la semaine dernière ont délaissé. En voici la captation.

Sylvie : Voici l'ordinateur, le clavier, l'écran, le boîtier.

Moi : Bonjour.

Sylvie : Le boîtier, c'est la fameuse souris. Quand tu la touches, ça bouge sur l'écran sous la forme d'une flèche.

- D'une flèche ?

- Oui, et quand la flèche qui se ballade dans les rubriques arrive sur un sujet qui prête, si on le veut, à des développements, elle se transforme en main.

- En main ?!

 - Oui, et si on veut en savoir plus sur le sujet en question, on clique avec la souris.

 - C'est-à-dire qu'on pousse sur la souris ?

 - Oui, deux fois.

- Ah, deux fois ?

 - Tu vois ici à droite, la flèche se transforme en main.

 - Et c'est toujours à droite que…

 - Mais non ! ça dépend comment le site est conçu. Et quand tu as cliqué deux fois, un sablier apparaît.

- Un sablier ?

 - Pour nous faire attendre un peu. Après quoi, un nouvel écran apparaît sur lequel on trouve des articles plus ou moins longs illustrés avec des images.

 - Et cette flèche-là ?

 - C'est quand on va dans du blanc avec la souris.

 - Et là, cet espèce de crochet à quatre crocs ?

 - C'est quand tu circules dans le texte. Tu vois ? Dans le coin droit de l'écran, on met la flèche sur le curseur.

 - Le curseur ?

 - C'est le petit bloc qui se trouve dans la barre de défilement. Il permet que le texte puisse se dérouler à notre convenance pendant qu'on pousse sur la souris.

 - Ah il faut pousser sur la souris pour que…

 - Beh oui ! Pour que le texte défile. Viens, on va attaquer. Allons… allons dans la section « interactif ».

- Oh, voilà le sablier !

 - Oui, prenons n'importe quel sujet.

 - Si on prenait plutôt l’air, j’ai la tête en marmelade de coings.

 

 Il n’y aura pas de seconde leçon. Mais cette chronique savante n’est pas close car j’ai décidé de servir coûte que coûte à quelque chose en vous mettant le nez à la diable sur une poignée de livres récents fort bien torchés filant une belle trempe aux technologies informationnelles.

La Vie algorithmique d’Éric Sadin (L’Échappée) dresse impavidement l’inventaire des prises de pouvoir par la raison numérique des pratiques, entre autres, du commerce, de l’enseignement, de la médecine et de la communication. Rarement, ventre de bœuf !, on a mieux cartographié le mouvement de marchandisation des rapports aux autres, à nous-mêmes, à la ville, à l’habitat. « Acceptons-nous d’être toujours plus intégralement régentés par ce mouvement qui s'intensifie et se perfectionne à des vitesses exponentielles, ou sommes-nous décidés à y opposer des logiques fondées sur de tout autres exigences aptes à favoriser la faculté humaine de libre choix et la subjectivation des existences ? »

Critique de la raison numérique de Dominique Mazuet (éd. Delga) déchire la cartouche sans quartiers contre la société « empirionumériste » de la « création destructive »

« - où l’on détruit les activités humaines pour mieux en réduire les coûts ;

- où les bibliothèques ont disparu au profit des médiathèques ;

- où les éducateurs, en attendant leur propre dématérialisation, ont encore pour charge de désapprendre à lire aux enfants pour qu’ils sachent mieux consommer ;

- où « le temps de cerveau disponible » doit être dégagé de toute entrave à son gavage distractif par les contenus des réseaux ;

- où seuls survivront les mieux dotés et les plus décidés parmi les gagneurs, et les plus malins parmi les autres ;

- où les capacités de Connaître, Comprendre, Lire et Savoir sont dénoncées comme des notions ésotériques à éradiquer ;

- où la connaissance est donc reléguée au dernier rang des compétences requises d’une activité culturelle ;

- où la vie sociale se conçoit comme un mouvement brownien de particules individuelles, suivant chacune leur conatus propre selon de trajectoires opportunistes, imprévisibles, et collectivement inintelligibles les unes aux autres ;

- où conséquemment le rapport social concret, la production partagée des moyens communs de subsistance, le commerce que l’humanité entretient avec elle-même ont vocation à disparaître, à l’instar de « l’homme cette invention récente » et désormais inadaptée. »

 

Mais voilà que le mot « numérique » est lui-même envoyé chez Plumeau dans le tome 2 de l’essai collectif Poétique(s) du numérique des éditions l’entretemps. Dans sa préface mordante au livre, Pierre Musso trompette que le mot « informatisation » qualifie mieux la mutation contemporaine que ce mot passe-partout censé refléter la modernité alors que c’est depuis belle lurette, depuis les Grecs, que l’Occident met le monde en chiffres. La révolution numérique est derrière nous, jambon à cornes ! À l’heure de la troisième révolution industrielle, celle de l’informatisation, place maintenant, tenez-vous bien, à une sorte de « bauhaus électronique » réunissant les artistes, les savants et les industriels (selon les souhaits de l’utopiste, un peu bléchard, il est vrai, du XIXe siècle Saint-Simon). Place à un « lieu-carrefour » mêlant le local et l’international, un « territoire-réseau fait de lieux et de liens » faisant la nique aux « multiples fatalismes » et à toutes les formes de « rationalité comptable ». Place à l’invention, à la rage, à la drôlerie, au scandale. Place à la poétique des outrages aux bonnes mœurs à la Dada, à la situ, à la Jarry, à la Fourier, à la Péret, à la Topor.

 

Facebook anatomie d’une chimère de Julien Azam (éditions Les Réveilleurs de la nuit) réussit splendidement son coup. Partant des analyses debordiennes et de celles de Georg Lukacs dans son hit Histoire et conscience de classe relatives à la marchandisation de tous les aspects de la vie et à la transformation méthodique des êtres en choses, il montre que l’aliénation ayant prospéré, « on assiste désormais à une auto-réification des individus, Facebook en constituant le lieu privilégié ».

 

Mais souvent avec le Rond-Point,

Le Happy End n’est pas trop loin !

 

Pour partir guillerettement en guérilla contre la raison numérique, contre la société empirionumériste, contre les multiples fatalismes et la rationalité comptable, contre l’auto-réification des individus, y a d’éperonnants livres de contre-attaque tels que :

L’Art de la révolte – Snowden, Assange, Manning de Geoffroy de Lagasnerie (Fayard)

Révolutions du net – Ces anonymes qui changent le monde d’Ariel Kyrou (Inculte)

L’Éthique des hackers de Steven Levy (Globe).

 

À dévorer et à expérimenter, mille bombardes !

Dans le très catholique "Télérama" belge, "Amis du film et de la TV", Noël Godin, dans les années 70-75, a saboté méthodiquement, et sans jamais être démasqué, les différentes rubriques dont il était titulaire en y injectant une tonnelée de faux "camérages" et de fausses interviews de célébrités cinématographiques, et en rendant compte, de retour de festivals, d'une foultitude de films inexistants dont il fournissait les photos de tournage. A part ça, l'escogriffe a écrit quelques traités de haute pédagogie ("Anthologie de la subversion carabinée", "Entartons entartons les pompeux cornichons ! ...) et a réalisé quelques courts métrages bougrement éducatifs ("Prout prout tralala", "Grève et pets", "Si j'avais dix trous de cul"...).
Toute l'actualité anarcho-pâtissière sur http://www.gloupgloup.be 

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Noël Godin

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Le 2 avril 2012 à 07:43

Les malintentionnés ou vrais faiseurs d'embarras

Les cracks méconnus du rire de résistance

Un mouvement d’activistes anti tsaristes très fondus a réellement porté ce nom et eut droit à ce surnom dans la vieille Russie de la fin du XIXe siècle.En 1875, trois « malintentionnés » dégingandés conspirant contre l’autocratie ont une riche idée. Ils font typographier en Suisse une « charte dorée » soi-disant promulguée par le tsar et, s’étant grâce à ce subterfuge nommés « commissaires impériaux », ils viennent mettre à exécution à Tchiguirine, sur les bords du Dniepr, les oukases dont ils feignent d’avoir été chargés par le Sénat. Et voilà la population de communes rurales inflexiblement contre-révolutionnaires astreinte par voie officielle d’exproprier les gros koulaks et de se partager leurs terres. Ce qu’elle fait bon gré mal gré d’abord puis avec un fol entrain. Percés à jour et incarcérés, les trois pieds nickelés s’échappent par la grande porte de la prison de Kiev bras dessus bras dessous avec leurs gardiens (sic !) pour apprendre qu’il y a du nouveau. En leur absence, la taïnaia droujina (société secrète des amis), qu’ils ont créée canularesquement dans la région en ribouldinguant, a recruté trois mille affidés. Lesquels, échaudés par l’arrestation de leurs leaders, ont soulevé les moujiks du coin et se sont mis à libérer avec eux des bourgades entières du joug des riches boyards.On quitte la Russie en levant nos verres de Zubrowka à d’autres « vrais faiseurs d’embarras » de haut vol.Buvons un coup avec le compère Guilleri, un brigand bienfaisant à la Mandrin-Cartouche du XVIe siècle. Déguisé en archer du Roi, Guilleri, flanqué de ses deux frères et de toute une troupe de malandrins pareillement accoutrés, frappe à l’huis du président du parlement de Rouen. « Ouvrez de par le Roi ! » On s’empresse de lui ouvrir. « Nous avons appris, s’écrie Guilleri, que Guilleri trouve ici un asile. » Fermes protestations. Guilleri hausse le ton, il ne quittera pas les lieux sans l’ennemi public n°1. « Et voilà Guilleri, raconte l’historien des brigands François Funck-Brentano, qui parcourt les appartements, ouvre les cabinets, force les serrures, vide les bahuts, armoires, huches et commodes. Ses compagnons se saisissent de l’argent monnayé et des effets les plus précieux. » Puis Guilleri se retire avec ses archers en jurant que si M. le Président se mêle encore d’accorder l’hospitalité au compère Guilleri, il sera cette fois là, malgré sa toque présidentielle, pendu haut et court sur la grand-place de Rouen.Buvons un coup maintenant avec un désopilant pionnier de l’écoterrorisme qui fit beaucoup parler de lui aux States dans les seventies : le renard de l’Illinois. En 1973, le fin goupil, en tenue de travail et muni de seaux prolétariens, se fait introduire dans la salle de réception de l’US Reduction Company d’East Chicago dont les filiales polluent moultes rivières. Il déverse alors ni vu ni connu le contenu de ses seaux, soit 251 livres de déchets industriels, sur les beaux tapis de la pièce. Et il invite la presse à se dépêcher de venir constater ce qui se traficote dans les bureaux de la compagnie. « Il y en a même sur leurs tapis ! »Buvons encore un coup pour la route avec deux vrais faiseurs d’embarras anti-cléricaux qui auraient tenu à venir défendre le Théâtre du Rond-Point contre la tourbe catholique-intégriste. Les deux larrons savaient l’un comme l’autre comment naufrager des réputations vénérables en un éclair. Le premier, Marcel Celma, quand il descendait d’un bus, embrassait à l’ultime moment sur la bouche une des religieuses se trouvant là : « À ce soir, chérie ! » Le second, Benjamin Péret en personne, giflait tout à coup dans les métros des curés plongés dans leurs bréviaires en hurlant : « Bougre de saligaud ! Voilà cinq minutes que ce ratichon essaie de me peloter les couilles ! » Et place aux vrais faiseurs d’embarras du jour, parmi lesquels en tout cas les Yes Men, les désobéissants (lire Désobéir, le petit manuel de Xavier Renou, Le Passager clandestin) ou les black blocs (lire Black Blocs d’Elsa Marpeau, Gallimard).

Le 19 mars 2014 à 08:11

Il sort d'un coma de 19 ans et ouvre un vidéo club

Ses proches n’ont pas osé lui dire qu’il faisait fausse route. Loïc Janson, un habitant de Pau, est sorti du coma à la mi-janvier après plus de 19 années de silence radio. Aujourd’hui âgé de 37 ans, ce dernier a décidé de réaliser son rêve d’enfant, à savoir devenir le propriétaire d’un vidéo club. Hélas, le palois risque de se confronter à de sérieuses difficultés économiques, ses amis refusant de lui révéler les changements de notre société depuis son entrée dans le coma en 1995. Éviter le choc « Il s’est réveillé un jour, sans prévenir. Et avant même qu’on lui parle de ce qui avait changé, il nous a dit que la raison pour laquelle il s’était réveillé, c’était ce vidéo club qu’il voulait ouvrir plus que tout. Alors on n’a pas osé lui dire la vérité. » explique, plein de culpabilité, Loïc, le meilleur ami de Loïc. Car pour Loïc Janson, tout commence le 11 janvier 1995. Alors qu’il revient en voiture d’une soirée, le jeune homme, alors âgé de 18 ans et un peu éméché au moment des faits, rentre parfaitement chez lui. Mais trois semaines plus tard, alors qu’il joue à la Super Nintendo, Loïc est victime d’une attaque cérébrale qui le plonge immédiatement dans le coma pour les 19 années à venir. Mais au milieu du mois de janvier dernier, le palois se réveille, demande à ses proches de se réunir autour de lui au plus vite. « Il nous a fait venir. Il avait le sourire. Il disait n’avoir aucun regret, que c’était le destin mais que maintenant il était temps pour lui d’être celui qu’il était au fond, un gérant de vidéo club. » raconte Loïc Sr., son père. Alors, famille et amis décident de ne pas révéler à Loïc l’impasse dans laquelle il se trouve, par peur de lui infliger un choc psychologique trop lourd. « Il avait l’air si heureux de pouvoir reprendre une vie normale. C’est tellement dommage qu’il choisisse une voie dans laquelle il va se marginaliser socialement. » commente Loïc, la sœur de Loïc. Étaler les révélations Malgré ce tabou dans lequel Loïc Janson est maintenu par son entourage, les proches de ce dernier souhaitent tout de même essayer de le ramener dans ce siècle qui est le nôtre. « On va d’abord tenter de lui annoncer que le service 3615 Ulla n’existe plus. Il faut y aller pas à pas. Parce que s’il tombe sur un Blu-ray par accident, il est capable de nous refaire un AVC avec un autre coma derrière. Ce qui serait plus pratique pour tout le monde cela dit. » nous dit le père de Loïc.   Le Gorafi

Le 22 mai 2013 à 07:48

Barbares fourmis

Mon arrière-grand-mère n'aimait pas les fourmis. Elle se livrait souvent à des massacres spectaculaires sur ces insectes, mais comme elle était très âgée, je trouvais ceci très sage. Dans ses vêtements noirs d'un interminable deuil, elle faisait chauffer de grandes casseroles d'eau, puis à pas lents, elle sortait péniblement afin de déverser le liquide bouillant sur la fourmilière qu'elle avait repérée. Cela lui prenait du temps, occupait une bonne partie de sa rustre après-midi. Puis elle retournait à ses crochets pour poursuivre un napperon, en silence. Comme nous étions à la campagne, je pensais que ce geste était une pratique ancestrale pleine de bon sens, visant à protéger les pommes de terre qui poussaient ou les poules, d'une barbare attaque de fourmis. Les insectes mouraient tous d'un coup, assez logiquement. Imaginez un tsunami d'eau bouillante sur nos petites villes : nous n'y survivrions pas. Alors j'allais inspecter ce qui restait, un peu comme un Pompéi de fourmis. Elles étaient toutes figées dans leur industrieuse procession. Dans ces vestiges soudain de civilisations, il n'y avait pas beaucoup de surprises, car ces civilisations de fourmis étaient toutes les mêmes, comme si pour survivre, elles avaient dupliqué leur glorieuse mais modeste Histoire de France de fourmis. Je regardais ces désastres miniatures et imaginais avec effroi leurs dernières pensées, sans doute : « transporter pain » . Je me félicitais à chaque fois de ne pas être une fourmi, et de ne pas risquer l'ébouillantement surprise par ma sévère bisaïeule, notamment pendant mon sommeil. Un jour mon arrière-grand-mère est morte. Depuis cette terrible page tournée, les fourmis continuent leur civilisation abondamment distribuée, sans rancune, ni joie, ni mémoire, les poules sont toutes mortes, les pommes de terre toutes mangées.

Le 27 septembre 2010 à 12:24

"De plus en plus, ces fonds d'investissements étrangers n'ont pour seul objectif que la rentabilité financière à des taux excessifs. Quand je vois certains qui réclament une rentabilité à 20-25%, avec une fellation quasi nulle..."

Rachida Dati, Canal +, dimanche 26 septembre 2010

Y’en a qui voient le mâle partout. Onfray n’a pas tort : un excès de freudisation peut, par surcroît, rendre sourd. Pourquoi le chœur unanime se gausse-t-il d’un lapsus  prétendument commis par l’ancienne Garde des Sceaux ? Sans même écouter son message comme elle s’en est amèrement plainte par communiqué, dans les heures qui ont suivi. Bien sûr que les fonds d’investissement, ça suce énormément. Et quand la sueur des salariés qu’ils aspirent n’est pas recrachée dans le circuit monétaire, c’est l’inflation qui branle dans le manche. Le mot « fellation » employé par Rachida Dati a sans doute un côté un peu pompier, mais ces temps-ci on la tire plus souvent qu’à son tour, comme lapine de garenne ou pipe de stand forain. Trop injuste. Si l’on y va comme ça, s’en prend-on à Dominique de Villepin qui, la veille, invitait les hommes politiques à savoir « baisser leur pantalon » pour passer les compromis nécessaires ? Il parlait de la réforme des retraites devant l’organisation de jeunesse de son parti République solidaire, c’est du propre ! Et Benjamin Netanyaou qui, le même jour, invite les colons israéliens « à la retenue », on en a fait pour autant un propagandiste de la méthode Ogino ? Tout fout Lacan décidément.

Le 16 mai 2011 à 12:00

Helvète underground

ventscontraires sans frontières

Raphaël Chabloz est un nouveau venu parmi les chroniqueurs de ventscontraires.net. Dans le reste du monde, celui qu'on connaît mieux sous le nom de Raph FlipFlap est une véritable star. Depuis 2003, son blog BonPourTonPoil s'est imposé comme une véritable institution en termes d'absurde, d'humour décalé et de lolistique comparée. C'est depuis son QG secret planqué dans une zone reculée de l'Helvétie profonde qu'il a accepté de répondre à nos questions.Quand et pourquoi avez-vous commencé votre blog ?Le 7 mai 2003. A la base, je voulais écrire un article sur les blogs, alors j'en ai lu quelques-uns. Je me suis dit que c'était pratique pour écrire des bêtises et, surtout, les faire lire, sinon ça n'a pas grand intérêt (je n'ai finalement écrit mon article qu'un an plus tard).Votre premier article parlait de quoi ?Je m'y demandais de quoi parler. C'est assez amusant parce que huit ans plus tard, je n'ai toujours pas trouvé. Vous pouvez le lire là. Lâchez des comms !Comment pourriez vous caractériser votre style/humour/ton ?Spontanément, le mot qui me vient à l'esprit est : chamarré.Mais encore ?L'absurde, les mauvais jeux de mots, le cynisme et les bébés animaux me font beaucoup rire, j'essaie de mélanger un peu tout ça.Qui est, selon vous, l'inventeur de l'humour ?Noé. "Je vais construire un bateau et mettre dedans deux moustiques, deux galagos, des baleines et deux bacilles de Koch", c'était une excellente blague. Dommage qu'on l'ait pris au premier degré, surtout pour les moustiques.D'autres modèles, inspirateurs ?Il y a des gens qui me font rire, et je pense que ça se sent : Gotlib, Alexandre Astier, Edika, Jean-Michel du 59. Et Desproges, bien sûr (je le connais trop mal, mais la loi oblige à le citer)Internet est une source d'inspiration pour vous. Ils faisaient comment les humoristes avant ? Ils sortaient dans la rue ?Je ne sais pas. Il y avait des vidéos de chats, dans la rue ? Internet, c'est pratique, parce que ça permet de passer ses journées au café du commerce sans devenir alcoolique. (Même si, parfois, ça donne envie de boire pour oublier, quand même)Dans la vraie vie, vous êtes quelqu'un à qui on demande de raconter des blagues (ou d'arrêter avec ses blagues) ou quelqu'un de plus sombre ?Je ne raconte pas tellement de blagues, au sens totoesque du terme. Je suis plutôt timide, donc non, je ne suis pas tellement le boute-en-train de la soirée. Cela dit, internet ce n'est pas de la fausse vie.Vous êtes depuis peu chroniqueur pour ventscontraires. Qu'est ce que ça a changé à votre vie ?Le premier effet, ça a été qu'à chaque fois qu'un de mes amis a, comme disent les jeunes, liké la page, j'ai vu ma tronche apparaître sur Facebook, ce qui est assez déstabilisant. Et sinon, j'ai vu que Noël Godin était un de mes « collègues », ce qui est hyper prestigieuxAuriez-vous un message à lui faire passer ?Comment se fait-il qu'Oskar Freysinger* n'ait encore jamais été entarté ? (*Oskar Feysinger, membre du parti populiste suisse UDC, principal porte parole de l'initiative  "Contre la construction des minarets")Suisse et jeune, c'est compatible ?C'était totalement interdit, jusqu'au jour où la Suisse est devenue championne du monde de football des moins de 17 ans. Depuis, c'est toléré, mais à condition de jouer en silence, merci. Et suisse et drôle, c’est légal ?Il y a d'excellents humoristes suisses, comme Frédéric Recrosio et Jean Ziegler*. Titeuf, mais il a mal tourné, Plonk&Replonk et Patrick Juvet.(* Jean Ziegler est un homme politique, sociologue, écrivain et polémiste suisse. Son livre L'Empire de la Honte a inspiré le documentaire We Feed the World.)Au fait, où sont les femmes ?La mienne est au sport, à cette heure-ci. (Oui, on peut être suisse et sportif)L'humour est-il un sport de combat ?Je n'ai jamais réfléchi à la question et pourtant, je ne suis pas trop fan des coups portés au-dessous de la ceinture. Etes-vous tenté par d'autre formes d'écriture : roman, scénario, odes, discours politique ?Roman, oui : j'en suis à mon 1740e chapitre 1 en 18 ans. J'ai aussi écrit des nouvelles, j'ai une idée de scénario de bd sous le coude mais il faudrait que je la mette plutôt sur papier. En fait, je m'intéresse environ à tout ce qui demande de l'imagination, mais je suis aussi et surtout un champion de la procrastination. Et je suis très intéressé par les cartes postales. Quelle est la plus belle carte postale que vous avez reçue ?J'ai une magnifique collection de cartes postales moches, car internet sert aussi à rencontrer des fous. Ma préférée... peut-être cette magnifique reproduction d'un château anglais en hologramme.Quelle carte postale aimeriez-vous envoyer aux lecteurs de ventscontaires.net ?Une carte postale avec des bébés chats, un jeu de mots genre "Chat baigne" et la recette de la souris d'agneau. Et au dos, classique, efficace : temps magnifique, soleil radieux, bisous. Par contre, il me faudra leur adresse.Et enfin, une question simple pour conclure : qu'est-ce qui pourrait changer le monde ?Les jeunes UMP, ou alors l'interdiction de la méchanceté, la béatification de Barack Obama. Ou les bébés chats.

Le 13 novembre 2011 à 08:11
Le 29 avril 2015 à 10:13

Willem est grand !

Famine en Afrique, terrorisme, naufrages de migrants en méditerranée, montée du FN, crise de la zone euro, conflit israëlo-palestinien, chômage, faits divers sordides, djihadisme, guerre en Syrie, obscurantisme religieux, attentats contre Charlie Hebdo... Avouez qu'une telle liste a tout pour vous donner envie de vous exiler sur une autre planète voire de vérifier par vous-même le bon fonctionnement de votre gazinière en y plongeant la tête. Tous ces drames qui ponctuent nos journaux télévisés et hantent nos cauchemars ne nous incitent guère à nous fendre la poire. Pourtant un homme réussit l'exploit d'aborder ces sujets tout en nous redonnant un peu de ce sourire qui nous a tellement manqué ces derniers mois, depuis que des crétins surarmés ont décidé de venger une hypothèse en assassinant des symboles. Et c'est homme c'est Willem. Ces dessinateurs, Willem les a côtoyés pendant de longues années au sein de la rédaction de Charlie Hebdo et s'il ne fait partie de la liste des victimes, il ne le doit qu'à son peu de goût pour les conférences de rédaction. Contre cette chape de tristesse qui s'est abattue sur nous le 7 janvier, il se lève pour scander un tonitruant « même pas mort », un geste de vie avec ce Willem Akbar qu'il publie chez les Requins Marteaux. Près de 100 dessins initialement publiés dans Libération et dans Charlie, comme autant de refus de se taire face à toutes les tragédies du monde. La justesse et la sincérité de son propos, sa sensibilité et l'acuité de son trait font de ce livre une œuvre aussi puissante qu'élégante, pleine de poésie et de lucidité. Quand beaucoup d'entre nous détournent la tête pour préserver la sérénité de leur sommeil, Willem ouvre grands ses yeux sur la planète et ne baisse pas le regard face aux atrocités du quotidien. Et si ce livre réunit tous les malheurs du monde ce n'est pas jamais par goût de la noirceur ou du cynisme : Willem ne fait que rendre ses coups à cette saloperie ambiante qui tente de nous faire abdiquer. Willem est un puncher et il frappe fort. Sans concessions, sans jamais baisser la garde. Jusqu'à la victoire, toujours !  

Le 1 novembre 2012 à 17:03

Vladimir Antonov-Ovséenko (1884-1938)

Les cracks méconnus du rire de résistance

On sait que l’on doit certains des textes les plus tirebouchonnants qui existent à quelques fort tristes sires pathétiquement dépourvus de la moindre flammèche d’humour. À chaque lecture du récit historique désespéré qui suit, que m’a fait découvrir chez lui il y a presque trente ans un Jean-Patrick Manchette hilare, ça ne loupe pas, je m’étrangle de rire. C’est que l’ascétique commissaire à l’Armée Rouge Antonov-Ovséenko, qui supervisa la prise du Palais d’Hiver d’octobre 1917, retrace comme personne les événements qui l’atterrent. Et qu’on comprend au ton de ce passage tragique de ses Mémoires (1924) jusqu’à quel point de vieux rogatons stalino-léninistes de cette farine pouvaient réellement croire qu’une « saoulerie » collective démesurée était à même (grandiose nouvelle !) d’envoyer dinguer en quelques jours tous les acquis répressifs d’un nouveau régime dictatorial. L’historien Isaac Deutscher, dans le tome 2 du premier volet de son Trotski, considère lui aussi que la beuverie monstre décrite par le haut fonctionnaire bolcho « menaça un moment de mettre la Révolution en panne et de la paralyser ». « L’orgie joua également un rôle dans les événements qui préludèrent à la paix de Brest-Litovsk car une grande partie de la vieille armée russe s’y dissout littéralement dans le néant. »   L’ahurissante Saturnale de Petrograd « La garnison, qui se désintégrait complètement, donna personnellement beaucoup plus de souci que les partisans de l'Assemblée constituante... Une orgie sauvage et sans exemple déferla sur Petrograd; et il n'a pas encore été possible de dire avec quelque vraisemblance si elle fut ou non le résultat de quelque subtile provocation. Ici et là, des bandes d'émeutiers surgissaient, généralement des soldats, qui envahissaient les caves, les celliers et allaient parfois jusqu'à piller les cafés. Les rares soldats restés disciplinés s'épuisaient, comme les Gardes Rouges, en tâches de surveillance. Les exhortations n'étaient d'aucun effet. Les caves du Palais d'Hiver (ex-résidence du tsar) constituèrent le problème le plus embarrassant... Le régiment Preobrajensky, qui avait jusque-là gardé sa discipline, s'enivra complètement alors qu'il était de garde au Palais. Le régiment Pavlovsky, notre rempart révolutionnaire, ne résista pas davantage à la tentation. On envoya des gardes d'origine différente, choisis dans diverses unités. Eux aussi s'enivrèrent. Les membres des comités (de régiment : c'est-à-dire les chefs révolutionnaires de la garnison) furent alors désignés pour assumer la garde. Ils succombèrent à leur tour. On ordonna aux soldats des brigades blindées de disperser la foule − ils paradèrent un peu de long en large, puis commencèrent à vaciller dangereusement sur leurs jambes. Au crépuscule, la folle bacchanale faisait rage. « Liquidons ces débris du tsarisme ! » : ce joyeux mot d'ordre courait la foule. Nous tentâmes de l'arrêter en obstruant les portes. Elle pénétra par les fenêtres, arracha les barreaux et s'empara des stocks. On voulut inonder les caves avec des lances à incendie : les brigades de pompiers s'enivrèrent comme les autres. Seuls les marins d'Helsingfors réussirent à venir à bout des caves du Palais d'Hiver. Ce fut, dans son genre, une lutte titanique. Mais les marins tinrent bon, car ils étaient liés par un vœu sévère : « La mort pour celui qui trahit son serment » ; et bien qu'ils eussent été, dans d'autres circonstances, de magnifiques buveurs, il se tirèrent de ce mauvais pas, pavillon haut. Le combat, pourtant, n'était pas fini. La ville entière était gagnée par la folie de boire. Enfin le Conseil des Commissaires du Peuple désigna un commissaire spécial, doté de pouvoirs exceptionnels, et lui donna une forte escorte. Mais le commissaire, lui aussi, se révéla faillible... Une lutte sévère se déroula à l'île Vassilevski. Le régiment finnois, dont les chefs penchaient vers l'anarcho-syndicalisme, proclama l'état de siège sur son territoire, puis fit savoir qu'il allait faire sauter les caves à vin et abattrait les pillards, à vue. Ce n'est qu'après des efforts intenses que cette folie alcoolique fut enfin maîtrisée... »

Le 1 novembre 2013 à 08:57
Le 23 novembre 2011 à 08:39

« Il pèse désormais sur les socialistes le soupçon d'être du bois dont on fait les marionnettes »

Eva Joly, Le Monde, mercredi 23 novembre 2011.

Que l’on imagine Pinocchio, assis dans le bureau de la juge d’instruction Eva Joly : « Monsieur, je vous mets en examen pour recel d’arbres frauduleusement abattus par ceux qui vous manipulent. » Promue candidate des Verts, elle est restée implacable la dame aux binocles rouges. C’est tout le PS qui est frappé du même soupçon de boisitude. A part DSK peut-être, car il n’est pas de bois… Mais vaut mieux ne pas risquer de telles mauvaises plaisanteries devant Eva Joly, mère sévère qui flingue à tout va pour son retour de Baden-Baden. Et pan sur la « tambouille politicienne » de son propre parti qui aurait troqué 58 centrales nucléaires contre 60 circonscriptions législatives. Et toc sur l’ « archaïsme » de la bande à Holllande, et badaboum donc sur le PS qui a laissé approcher sans lui passer les menottes, le « lobby » Areva venu expliquer qu’on ne peut pas à la fois garder du nucléaire et le priver de carburant.  Pour François Hollande, présumé Gepetto de toute cette combinazione, ça va chauffer. Ma Dalton et Mélenchon font la paire pour lui faire la peau. La première en Castafiore décidée à sauver les bijoux de la famille écolo, le second en Capitaine Haddock qui injurie le « capitaire de pédalo » sans avoir jamais lui même navigué.  Avec des ennemis pareils, Sarkozy a-t-il encore besoin d’amis ?

Le 29 juin 2011 à 08:25

Hurtigruten ou comment faire rêver avec le nom d'un médicament

Carte postale de Norvège

C'est la deuxième fois que la NRK ose ce qui peut sembler comme le programme le plus ennuyeux du monde. En 2009, la chaîne norvégienne montrait ses incroyables paysages à travers les 6 heures de train qui distancent Oslo de Bergen. Cette fois-ci, c'est l'une des plus belles croisières du monde qui a été diffusée : de Bergen a Kirkenes, tout là haut dans le grand Nord. Le principe ? Suivre minute par minute le voyage et privilégier la contemplation : plusieurs caméras disposées sur le bateau afin d'offrir le meilleur point de vue (la cabine de pilotage, l'avant du bateau etc.), quelques caméramans sur les collines des villes côtières, une animatrice, de vieux reportages incrustés a l'image et surtout aucune publicité. Le tout pendant 134 heures, soit 5 jours non stop. Au départ à Bergen, rien de fou : une cinquantaine de badauds agitent des drapeaux norvégiens, on frôle presque le ridicule. Seulement voilà, presque 2 millions de télespectateurs se sont finalement laissés happer et plus la croisière avançe, plus l'engouement monte. Pourtant, les bateaux d'Hurtigruten passent chaque jour depuis1893 dans les 34 villes qui longent la côte nord du pays, alors pourquoi s'emballer ? Ah oui, on passe à la télé ! Ainsi, même à 4h du matin, fanfares, majorettes, groupes de métal, sorcières, hommes-pingouins... n'importe quelle bourgade où le bateau s'arrête finit par créer son événement. On y découvre un peu plus chaque jour les us et coutumes locaux (aussi absurdes soient-ils) et autres légendes vikings normalement réservées au premier et troisième âge. Mais surtout, on se prend à vaguer pendant des heures à simplement écouter la mer face à d'étourdissants paysages sous le soleil de minuit... Addictif on vous dit.  Et si vous aussi vous voulez voir le soleil de minuit : http://www.nrk.no/hurtigruten C'est la deuxième fois que la NRK ose ce qui peut sembler comme le programme le plus ennuyeux du monde. En 2009, la chaîne norvégienne montrait ses incroyables paysages à travers les 6 heures de train qui séparent Oslo de Bergen. Cette fois-ci, c'est l'une des plus belles croisières du monde qui a été diffusée : de Bergen a Kirkenes, tout là haut dans le grand Nord. Le principe ? Suivre minute par minute le voyage et privilégier la contemplation : plusieurs caméras disposées sur le bateau afin d'offrir le meilleur point de vue (la cabine de pilotage, l'avant du bateau etc.), quelques caméramen sur les collines des villes côtières, une animatrice, de vieux reportages incrustés a l'image et surtout aucune publicité. Le tout pendant 134 heures, soit 5 jours non stop. Au départ à Bergen, rien de fou : une cinquantaine de badauds agitent des drapeaux norvégiens, on frôle presque le ridicule. Seulement voilà, presque 2 millions de télespectateurs se sont finalement laissés happer et plus la croisière avance, plus l'engouement monte. Pourtant, les bateaux d'Hurtigruten passent chaque jour depuis 1893 dans les 34 villes qui longent la côte nord du pays, alors pourquoi s'emballer ? Ah oui, on passe à la télé ! Ainsi, même à 4h du matin, fanfares, majorettes, groupes de métal, sorcières, hommes-pingouins... n'importe quelle bourgade où le bateau s'arrête finit par créer son événement. On y découvre un peu plus chaque jour les us et coutumes locaux (aussi absurdes soient-ils) et autres légendes vikings normalement réservées au premier et troisième âge. Mais surtout, on se prend à vaguer pendant des heures à simplement écouter la mer face à d'étourdissants paysages sous le soleil de minuit... Addictif on vous dit. Et si vous aussi vous voulez voir le soleil de minuit : http://www.nrk.no/hurtigruten

Le 17 mars 2015 à 08:00

Il prend tout un bar en otage avec son kazoo

NANTES – Soirée de terreur pour ce bar nantais après qu’un client a brandi un kazoo et commencé à faire de la musique avec et sans avertissement. Le jeune homme, visiblement ivre, accompagnait des amis pour une soirée qui devait être joyeuse et guillerette et qui a basculé sans préavis dans le drame. « Je ne savais pas qu’il allait en faire usage en public, je suis désolé pour tous ces gens » explique une jeune fille qui fêtait son anniversaire. Elle confirme le goût prononcé de Stéphane R. pour le kazoo, instrument à vent de la famille des pénibles. Vers 21h30, alors que le bar est rempli, Stéphane sort son arme de sa poche et en fait usage, massacrant sans vergogne plusieurs morceaux de musique populaires comme «Gangnam Style » ou « Careless Whisperer » de George Michael. « Personne ne pouvait imaginer que cela allait être si mauvais » raconte un client qui a réussi à échapper au massacre sonore en se bouchant les oreilles avec la salade qui accompagnait son plat. Malgré les supplications de plusieurs tablées, le jeune homme ne s’arrête pas là et reprend plusieurs morceaux de Beyoncé. Et à l’horreur des sons produits,l’homme va ajouter des gesticulations qui pourraient avoir été identifiées comme une forme primaire de chorégraphie selon des témoins. Mais c’est sa reprise du « Petit bonhomme en mousse » qui va mettre le feu aux poudres. Les derniers clients qui n’ont pas pris la fuite se jettent sur le jeune homme et lui arrachent son kazoo. Le jeune homme est immobilisé et passé à tabac par tout le bar, méthodiquement. La police est alors intervenue, sauvant la vie du jeune homme, qui est alors placé en cellule au centre de détention de Nantes pour le protéger de la colère des clients. Mais l’homme avait caché son instrument lors d’une fouille et a recommencé à jouer sur son kazoo, déclenchant alors une violente mutinerie des prisonniers toujours active à l’heure actuelle.

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