Chang Ping, Pierre Haski : la résistance web chinoise #1


Crabe de rivière et Harmonisation

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Chang Ping et Pierre Haski nous racontent comment les internautes chinois contournent la censure d'état en rivalisant d'humour et d'imagination.

Chang Ping a dû quitter l'Empire du Milieu parce qu'il n'a jamais pu se résoudre à écrire en langue de bois. Editorialiste du magazine le plus émancipé de Chine, il y a dénoncé la corruption, l'injustice envers le Tibet, l'hypocrisie des réformes politiques. Les pressions des autorités sur son journal ont fini par le faire craquer. Il a démissionné. Réfugié avec sa famille à Berlin, il continue à bombarder la Chine d'informations libres avec son journal numérique iSunaffairs.com. "Quelle que soient les moyens de la censure gouvernementale chinoise, nous vous garantissons que l'info viendra jusqu'à vous, même par mail".  Il est reçu par Pierre Haski, cofondateur de Rue89 et ancien correspondant du journal Libération à Pékin.

Enregistré le 13 avril 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point

En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89



A une situation d’urgence, il faut une « trousse de secours », des antidotes au fatalisme et au découragement, une boîte à outil pour stimuler notre capacité de rebond, regonfler le moral de ceux que la crise aura découragé.
En partenariat avec Rue89 et Cinaps.TV.

 

 

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Le 23 mars 2018 à 12:35

Anne Kessler, faut-il hacher les auteurs ?

Anne Kessler joue et dirige Coupes sombres, de Guy Zilberstein, comme une reconstitution. L'auteur va-t-il se laisser amputer par sa metteur en scène ? Pièce en abîme et en délicatesse sur le temps secret des répétitions. Rond-Point — Anne Kessler, comment comptez-vous raconter cette histoire de coupes ? Anne Kessler — Coupes sombres me permet de donner au spectateur l’occasion d’assister à un moment privilégié, généralement masqué, intime, qui se déroule dans l’envers du décor : la préparation du spectacle. Alors que le quatrième mur du théâtre est toujours debout, pendant les répétitions, les acteurs se parlent entre eux, au plus proche d’eux-mêmes et on ne perd pas une syllabe alors que dès qu’ils se mettent à jouer, ils parlent plus fort et pourtant, paradoxalement, on perd des mots. Voilà ce que j’essaie de reconstituer : ces instants intimes où l’on est au cœur des humains, et là, rien ne nous échappe. Et puis, cette confrontation entre le metteur en scène et l’auteur avant la représentation, c’est bien entendu une manière d’exprimer les interrogations d’un metteur en scène sur un texte. Ce qui est amusant ici, c’est que l’auteur est l’avocat de sa propre cause. Il est vivant.   Quelle est votre priorité, en tant que metteuse en scène ? Anne Kessler — Arriver à faire passer un discours théorique dans le contexte d’un affrontement spontané entre une metteuse en scène et un auteur. De restituer la proximité de l’acteur avec son personnage. Il y a, dans ce texte, une autorité particulière qui défend la notion d’une identité nouvelle, celle du témoin qui se substitue à celle du spectateur. Ma priorité est de faire entendre et reconnaître cette notion.   Le premier axe de votre travail ? Anne Kessler — Encore une fois, c’est trouver la vérité de la reconstitution de cet instant, avec sa violence, son absurdité, son émotion... Il faut que le fond et la forme se rejoignent. C’est une vraie rencontre entre deux êtres passionnés. Et puis, installer le témoin à l’exacte place où il doit se situer : témoin. Ni voyeur, ni spectateur.   Interview texte Pierre Notte Propos vidéo recueillis par Jean-Daniel Magnin    

Le 30 avril 2015 à 09:16

Internet mais internet biohardcore

Il y a une analogie structurelle entre Internet et la nature : prenons une forêt : il y a de l’internet à fond là-dedans, tellement d’interconnexions, d’échanges de données que l’on peut tranquillement affirmer : forêt = Internet = forêt. Partant de là allons-y à fond : profitons-en pour sauver le monde. Sauvons le monde sauvons ses poumons. Sauvons le monde sauvons ses poumons-internet : ses forêts. Or impossible de sauver les deux grands poumons de la terre (les forêts amazonienne et congolaise) tant qu’elles ne s’appartiennent pas, n’est-ce pas ? Tant qu’elles ne seront pas autonomes ? Oui car une forêt vierge est vierge précisément de toute connexion autre que celles de son internet intérieur : pour sauver les poumons du monde – et notons au passage l’analogie structurelle entre le réseau interne des bronches, bronchioles, alvéoles et la frondaison de l’arbre – il faut connecter son réseau internet intérieur à un réseau internet extérieur de type révolutionnaire biohardcore ; si vous voulez mon avis. Si vous voulez mon avis, le World Wide Web convient parfaitement comme outil politique pour faire accéder les forêts-poumons à l’autonomie, à la libre disposition de soi. Si vous voulez mon avis, pour sauver le monde et donc les forêts, il faut que ces forêts deviennent des Etats indépendants. Et ça, c’est possible grâce au www et au potentiel révolutionnaire de l’excitation inhérente à la jeunesse mondiale. Ce que je propose c’est de créer un jeu vidéo hyper addictif auquel jouera un nombre sans cesse croissant de jeunes nerds, un jeu vidéo dans lequel le but est de sauver le monde en lui sauvant ses forêts en les transformant en états indépendants. Un jeu, on l’aura compris, qui sera un jeu complètement sérieux, un jeu connecté au réel pour du tout tout vrai : alliance secrète des jeunes addicts biohardcore du monde entier, alliance improbable entre le nerd boutonneux allemand et l’enfant-soldat psychologiquement ravagé du Sierra Leone, alliance entre le petit chiffonnier de Calcutta, la petite esclave prostituée du Cambodge, l’écolier orphelin du Nord-Kivu, le fils de diplomate saoudien, etc., complétez à souhait cette liste infinie. Quelqu’un a une idée de comment réaliser ceci ? Regroupez toutes ces forces, pour combattre par drones par exemple les multinationales minières de tout poil, aider les pygmées et les indiens, connecter le réseau internet forestier intérieur au www et ainsi fabriquer des prototypes de biocratie ? Oui car cette utilisation révolutionnaire du www extérieur permettra la mise au point d’un système politique plus fun que celui de la démocratie – trop défectueuse à trop de points de vue comme nous le savons tous. La biocratie biohardcore, c’est pas fun ça, comme concept opératoire ? Un système de solution collective des problèmes non pas sur base de la volonté supposée de quelque chose comme le peuple – qui bien sûr est une vulgaire fiction – mais sur base de la volonté de quelque chose comme la vie, la nature, dans tout ce que nous lui fantasmons de hardcore – ce qui bien sûr n’existe pas non plus, mais est quand même dangereusement plus fun. Voilà le plan : la vie est révolutionnaire, la vie dans la fleur de l’âge est révolutionnaire, connectons la jeunesse révolutionnaire à la révolution biohardcore. Allez les jeunes on y va, on se défonce à la web-addiction, on se met en réseau, on y va on crée un jeu qui fout bien la merde dans le réel, on bosse à connecter l’énergie de la jeunesse, l’énergie inhérente à l’explosion foisonnante hormonale de la jeunesse, on bosse à connecter ce foisonnement chimique hormonal juvénile au foisonnement électrique et nerveux du www. Le projet est évident : connexion évidente entre le chimique et l’électrique, le tout dans une perspective biohardcore et révolutionnaire puisque la face du monde ne nous plaît pas – le monde contemporain dans sa face tangible ne ressemble plus du tout assez à une forêt, ce qui est triste car nous croyons au paradigme de la forêt, nous croyons à un retour du monde sur lui-même, comme une sorte de vague, une vague dont le pitch est la forêt, l’intensivité chimique et électrique de la forêt. C’est pourquoi au paradigme « forêt » est lié le paradigme « central park », nous verrions bien le monde en tant que structuré autour d’une série de places centrales, centrales mais sauvages-jungles, comme à New York mais en pire, en bien bien pire. Le centre sera le plus sauvage, noyau dur du sauvage, du foisonnement sauvage et morbide de la vie : tension biohardcore de la grande ville mondiale vers une série de central park-poumons-biohardcore. Cette tension-là, nul doute que l’on puisse lui augmenter efficacement l’intensité grâce à une saine tension entre la charge hormonale foisonnante inhérente à la jeunesse et le délire hétérogène, électrique et nerveux du www, allez les jeunes on y va.

Le 22 juin 2011 à 01:44

Fukushima c'est plié, on n'en parle plus ?

Ça n'est pas de gaieté de cœur que je viens vous parler de Fukushima sur ventscontraires.net. Mais comme la presse est devenue distraite sur le sujet, je suis allé fouiller à la recherche de sites consacrés à la crise nucléaire au Japon. Les nouvelles que j'ai pu y glaner sont toutes plus effrayantes les unes que les autres : les cœurs ont fondu, les cuves fuient, les eaux sont contaminées, les filtres à air des véhicules tokyoïtes font bondir les compteurs Geiger, un lapin serait né sans oreilles (selon cette vidéo d'une chaîne russe anglophone), certains analystes craignent une évacuation à venir de la capitale japonaise, certains imaginent encore pire...Pour vous faire votre propre opinion, je vous conseille les pages de l'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest) qui traduisent au jour le jour du japonais les informations disponibles sur tous les paramètres. C'est passionnant et édifiant.Les vidéos sur Fukushima sont recensées par le site suisse 2000 watts.org, Plongez directement sur la centrale ici avec googleearth.Après l'accident de Tchernobyl, l'Union Soviétique a sauvé l'Europe d'une seconde explosion (qui aurait ravagé la moitié du continent) en sacrifiant 800.000 "liquidateurs" pendant une année, comme le raconte l'hallucinant documentaire de Thomas Johnson "La bataille de Tchernobyl". Nos sociétés individualistes seront-elles capables d'une telle abnégation si elle s'avérait nécessaire ? A voir, sur le sujet, un second film de Thomas Johnson, étrangement prophétique : "Nucléaire en question".Je vous avais prévenu que ça ne serait pas drôle.

Le 22 avril 2015 à 09:23

Rodrigo García : "Le Net c'est vertigineux et souvent superficiel"

Rencontre avec l'écrivain, metteur en scène et directeur de théâtre Rodrigo García au resto du Rond-Point. 3e épisode : le Net. "Pour moi, Internet est un outil de travail magnifique. Par exemple quand je lis un livre et que l'auteur cite un autre auteur qui cite lui-même un auteur, avant, il fallait que j'aille à la librairie, que je me déplace, que j'achète le livre, que je le commande, maintenant je peux savoir rapidement qui est l'auteur. Chacun utilise Internet pour ce qu'il veut. Avant, les gens devaient se déplacer au cinéma porno pour se masturber, maintenant, ils peuvent se masturber à la maison et c'est un avantage parce que les gens peuvent se masturber à la maison et évacuer leurs tensions sans aller au cinéma porno en supportant l'humiliation d'être vus par d'autres gens. Pour la recherche, c'est aussi très intéressant mais il faut faire attention parce que les informations ne sont pas toujours authentiques et elles ne sont pas toujours complètes alors même si j'aime beaucoup aller d'un auteur à un autre, naviguer sur le réseau, je préfère de loin aller dans une bibliothèque, prendre les livres et y consacrer du temps parce que le temps en ligne est un temps vertigineux, très rapide. C'est agréable de prendre le livre, de l'ouvrir, chercher la page et je pense que ça prédispose à une meilleure lecture et à une meilleure compréhension. De l'autre manière, c'est vertigineux et souvent superficiel." Traduit de l'espagnol par Vincent Lecoq

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