Mazen Kerbaj
Publié le 27/04/2015

Un été de merde


Mazen Kerbaj n’a jamais voulu être cosmonaute.
Il travaille depuis sa plus tendre enfance à devenir auteur de bande dessinée, musicien, peintre, barbu et arabe. Il espère être sur le bon chemin pour assouvir cette ambition démesurée.

> www.kerbaj.com

(Dernière mise en jour il y a un paquet d’années. Sinon il y a toujours ce bon vieux Google)

 

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Le 31 juillet 2014 à 09:01

C'est pas du boulot !

Suites pentasyllabiques

Relax : « T’as qu’à l’faire mon gros »   Calculateur : « Pour le prix, mollo »   Syndical : « C’est la pause-repos »   Pétochard : « Dis rien au dirlo »   Légaliste : « T’inquiètes c’est réglo »   Contrariant : « Ton truc c’est pipeau »   Exigeant : « Ce taf c’est zéro »   Hygiéniste : « C’était trop crado »   Domestique : « Vas donc chez Plumeau »   Radical : «  C’est çà ou balle-peau »   Pleurnichard «  J’ai pas eu de pot »   Intermittent : « C’est des heures, coco »   Théâtral : « C’est quoi ce mélo ? »   Esthète : « Moi, j’trouve ça beau »   Chorégraphe : «  Tu t’crois au Lido ? »   Douillet : « Mais c’est sans bobo »   Malentendant : « Si, c’est du bulot »   Aristo : « Si fait, hobereau »   Branché : « T’es juste grave rétro »   Lassalien : « T’en fais des kilos »   Féministe : «  T’es bien un macho »   Italien : « E va fan culo ! »   Souverainiste : « A cause de l’euro »   Socialiste : « La faute à Sarko »   Sarkozyste : « Rajoutez un zéro »   Mélenchonien : « C’est Solferino »   Lepéniste : « Dégages au fourneau »   Centriste : « On n’a plus Borloo »   Écologiste : « Allo, quoi, Duflot ? »   Réaliste : « Faut pas rêver trop »   Scatologique : « Aux chiottes le boulot ! »

Le 26 juin 2013 à 15:00
Le 20 juillet 2015 à 10:19

De ces petits riens du tout qui nous gâchent nos soirées dansantes

Parmi les désagréments récurrents de leur vie quotidienne, les femmes subissent les types qui les tripotent sans leur consentement. Et ceux qui les insultent. Et ceux qui, sans mots orduriers, les insultent plus encore. Et c’est de cela dont je vais te parler aujourd’hui. J’appartiens à ce que les sociologues ont nommé jenesaisplustropcomment, mais tu sais cette nouvelle catégorie socio-professionnelle : milieu culturellement privilégié mais économiquement pas super à l’aise*. Je te raconte ma vie pour t’expliquer mon contexte. Donc je fréquente tout un tas de personnes de même catégorie socio-professionnelle (grosso modo), je vis en province (au fin fond du monde pour tout dire) et je ne suis pas confrontée au « harcèlement de rue » tel qu’il existe dans les grandes villes. Non, je suis confrontée au mec super lourd, sexiste, cultivé, de classe moyenne à moyenne supérieure. Alors je ne sais pas comment ça se passe rapport au harcèlement de rue, mais celui que je viens de décrire, c’est une plaie.   Parce qu’il a raison. Parce qu’il a fait des études supérieures ou qu’il a un job socialement valorisé. Parce que tout le monde sait, mais que personne n’en parle. L’omerta. Parce que franchement, tu pourrais rigoler, quoi. C’est pas méchant. Oh ça va, n’en fais pas tout un pataquès.   Ras le bonbon. Et c’est vraiment le cas de le dire. Ce qui n’est pas supportable dans certains quartiers ne l’est pas plus un cocktail à la main. L’argent n’achète pas tout (tu le vois là, le Carlton qui se rapproche, mais je ne sombrerai pas dans cette facilité). Ma problématique face à cette espèce de néandertalien, c’est que je m’en veux. Beaucoup. Par mon manque de réaction, à chaud. Par cet effarement qui a chaque fois me prend à la gorge et m’empêche de renvoyer droit dans ses cordes l’importun. - « Comment un homme cultivé peut se comporter ainsi au 21ème siècle ? » - « Peut-être qu’il rigolait en fait ? » - « C’est moi qui suis trop réactive… » Etc. Etc. Etc. Culpabilisation culturelle et éducative (et pourtant vis-à-vis de cette dernière, j’ai plutôt été bien instruite). Finalement, « je dois bien la chercher » cette façon de faire chez l’homo erectus qui me fait face. Et puis j’apprends au fil des conversations, des bavardages des uns et des autres, qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Qu’untel est très connu pour avoir la main leste sur toute rotondité qui passe à sa portée, que tel autre aime bien coincer les filles dans des coins sombres « sans vraiment leur faire de mal, hein ». Ah ? Et il commence où « le mal » que l’on fait à un être humain ? Là où les autres ont décidé qu’il devait l’être pour leur propre confort moral ? Il commence là où il y a plainte. Où la personne (homme, femme) incriminée dans une relation subie – même « uniquement » verbale – dit qu’elle a vécu cela de façon négative, humiliante, qu’elle s’est sentie salie. Et si elle n’est pas reconnue comme victime (« Oui, c’est un connard, non ce n’est pas de ta faute » fait déjà l’affaire pour moi) il y a fort à parier que la prochaine fois elle laissera de nouveau passer le harceleur, sans le faire trépasser (métaphoriquement, je suis pour la non-violence). Enfin, lui ou un de ses congénères. Et culpabilisera encore. Et le cercle vicieux, blablabli. Alors, toi, homme égalitariste, féministe, du 21ème siècle, s’il te plaît, quand tu es au courant qu’un type n’est pas bien reluisant dans ses attitudes avec la gent féminine, aucune d’entre nous ne te demande d’aller lui casser le nez APRES qu’il se soit comporté comme le dernier des Cro-Magnon. En revanche, n’hésite pas à nous mettre en garde AVANT. On y gagnera tous du temps, de l’énergie et du LOVE sur cette planète. Parce que ce Cro-Magnon-là, il te fait du mal à toi aussi, à ton genre, à ton sexe, à ce que les femmes pourraient trimballer comme préjugés et réactions, par défense. Give Peace a Chance. Mais Fuck les affreux.   * « Intellos précaires » me souffle l’oreillette. Dessin : James

Le 7 octobre 2015 à 10:33
Le 5 février 2015 à 09:40

Là où ça gargouille

- C’est très intéressant.- Pourquoi ?- Ça gargouille. - Qui ?- Vous, là au milieu, ça gargouille.- Je viens de déjeuner.- Et ça gargouille toujours après-déjeuner ?- Parfois. - Intéressant…- Pourquoi ? - Comme ça… (silence). Racontez-moi.- Le déjeuner ?- Votre déjeuner.- J'ai pris le morceau, je l'ai mis dans mon assiette, j'ai saisi couteau (à droite) et fourchette (à gauche), j'ai découpé comme il fallait, ni trop petit ni trop gros, j'ai ingéré comme vous m'avez dit, j'ai mastiqué comme je vous ai vu faire, j'ai avalé comme conseillé, et maintenant ça bouillonne à l'intérieur. - Ça gargouille !- Oui, mais maintenant qu’on en parle j’ai l’impression que ça bouillonne. Il y a des bulles.- Hum… (silence)- Je n'ai pas dévoré, je vous promets que j'ai pris mon temps. Je n'ai pas déchiqueté non plus. Pourtant je ne suis pas du genre à me contenir quand il s'agit de nourriture, vous me connaissez, c'est ma nature généreuse envers moi. Je sais me gâter.- (Tendant l’oreille) Ça frétille maintenant. Et ça bouge, ça s’approche de la région du foie. C’est douloureux ? - Non. - Hop, ça passe de l’autre côté. Qu’avez-vous pris au cours de ce déjeuner ?- Je ne sais déjà plus. J'étais tellement concentré sur le moindre de mes gestes, surtout pas de précipitation, surtout pas d'affolement, tellement appliqué à ma lenteur que je n'ai pas fait attention. C'était sans doute de la viande, un bon steak ou une cuisse de poulet. Fermier, oui, avec une sauce au bleu, délicatement versée tout autour du saumon à l'unilatérale, cuit aller-retour. Il y avait du citron, oui, ou de l'orange... Ah ça se brouille, je suis désolé. C’est très flou. - Hum… (silence). - Ça s’est calmé, non ? - Quoi ? - Le bouillonnement, le gargouillis.- Il me semble, effectivement. - J’ai bien fait de venir vous voir, docteur.- Hum. Revenez la semaine prochaine.

Le 8 février 2012 à 10:08

"Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est aussi physique. "

Nadine Morano, Le Parisien/Aujourd'hui, mercredi 8 février 2012.

Le problème d’image de la ministre de  l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, ce n’est pas son physique mais l’accent vulgaire qu’elle imprime à ses propos publics.  Sous la Révolution elle aurait été Tricoteuse commentant les  têtes qui tombent dans la sciure,  sous la présidence Sarkozy elle est une sorte de Rabouilleuse, celle dont Balzac raconte qu’elle salissait l’eau pour mieux pêcher l’écrevisse. Dans son interview au Parisien elle fait carton plein en ironisant sur la chirurgie esthétique qu’elle croit déceler sur le visage de Ségolène Royal et le régime alimentaire qu’elle voit poindre derrière la ligne retrouvée de François Hollande. Bref elle y va fort, la Morano. Mais, elle, sa forme elle l’entretient sans faire appel à la médecine. Quand elle est pressée, elle cravache son escorte policière motorisée, au point que celle-ci, empruntant un couloir d’autobus parisien à contre-sens, renverse un  piéton qui sombre – quelques heures – dans le coma. Elle confesse par mégarde sur Twitter qu’elle «  bulle dans un spa avec des copines » alors que les Français pèlent de froid et que ses collègues font des heures sup’ (non rémunérées) au service du Président-candidat. Nadine Morano est une bonne cliente pour les médias. Avec elle le show est garanti et le buzz assuré (la preuve…) Une suggestion pour ses affiches de campagne législative : « Nadine Morano, celle qui ose tout. »

Le 14 septembre 2012 à 09:29

Les géantes de l'île

Histoires d'os 34

Difficile de l'ignorer : Rabelais, le littérateur, s'intéressait beaucoup aux géants. Mais le médecin et physiologiste qu'il était également, se montrait tout aussi curieux à l'endroit des géantes qu'on accusait d'avoir été la cause du dépeuplement de Samos. Peut-être voyait-il dans ces créatures légendaires, les cousines orientales ou les sœurs animales de son Pantagruel ? Toujours est-il qu'il leur accorda une attention particulière dans son Quart Livre : « En l'isle de Samos avant que le temple de Juno y feust basty, Euphorion escript avoir veu bestes nommées Néades à la seule voix desquelles la Terre fondoit en chasmates et en abysme... »   Bien avant cet écrit, les voyageurs de l’Antiquité ne pouvaient qu’attester l’existence de ces mystérieuses cantatrices qui provoquaient de telles catastrophes et qui terrorisaient les habitants de l’île, dans la mesure où leurs ossements jonchaient le sol de Samos. Mais à l’exception d’Euphorion, aucun autre poète n’a jamais affirmé les avoir entendu chanter. Plutarque, quant à lui, proposait une toute autre explication de la présence de ces grands os. Il y voyait les preuves matérielles du massacre des Amazones perpétré par Dionysos, le sang des malheureuses ayant définitivement imprégné la roche rouge de Samos.   Mais la réalité devait s’avérer beaucoup moins héroïque. Ni bêtes géantes susceptibles de faire trembler la terre ni guerrières massacrées lors d’une furieuse nuit d’ivresse, tous ces ossements éparpillés sur la scène de crime plutarquienne avaient appartenu à de paisibles ruminants et autres girafes du Miocène... Muettes comme toutes les girafes ? Qui d’ailleurs ne le sont pas, n’en déplaise à Prévert et aux légendes coriaces !

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