La crise du travail
Publié le 29/04/2015

Emmanuelle Pireyre, Gilles Weinzaepflen : "Une grosse grosse envie d'en découdre"


Rêve et travail 2#

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Autres épisodes :

Diplômée en féerie générale, la romancière Emmanuelle Pireyre s’acoquine avec le barde cinéaste et musicien Gilles Weinzaepflen pour nous évader du boulot en chansons rêveuses.
« Quand on voit l’état du travail, comme disait un jour à ses collègues de la mairie Victor Hirsch, un élu de la team municipale, quand on voit l’état du travail, on se dit qu’il faudrait un gros levier pour le déplacer. Ce gros levier serait le rêve, on utiliserait la force centrifuge du rêve, car ce rêve serait un rêve centrifuge à la Jung et pas un rêve centripète à la Freud. Vous ne voyez plus comment vous en sortir ? Rêvez, disait Victor Hirsch. Vous exécutez chaque jour des tâches que vous désapprouvez ? Rêvez. Vous vouliez être gardien de la paix, mais vous voilà posté en bas des escaliers de la gare à trier les visages par couleurs dans le plus pur style apartheid ? Rêvez. Vous vouliez créer des meubles, et vous débitez des planches d’aggloméré toxiques ? Rêvez, rêvez plus fort. »


Trousses de secours 2e saison : conférences-performances autour de la crise du travail

Formation ouverte à tous : soyez encore plus flexibles, plus compétitifs, plus « zéro défaut » qu’on vous le demande… mais autrement ! Les écrivains, chercheurs, artistes des conférences-performances du Théâtre du Rond-Point renversent perspectives et idées reçues, croient au partage horizontal des savoirs, déboulonnent férocement les piliers de la pensée dominante.

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Le 31 juillet 2014 à 08:34

François Jarrige : "Et si on imaginait une société où le travail serait libérateur ?"

Rage contre la machine ? #3

François Jarrige est historien, enseignant-chercheur à l'université de Bourgogne. Il s’intéresse à l’histoire des mondes du travail, des techniques et aux controverses qui ont accompagné l’industrialisation. Il a notamment publié Au temps des « tueuses de bras » (2009) et Face au monstre mécanique (2009). Son dernier ouvrage Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences est sorti en février aux éditions La Découverte. Troisième et dernière partie de l'entretien qu'il a accordé à ventscontraires.net > Première partie   Rencontre-t-on des oppositions majeures à ce mouvement ? Quelles formes prennent-elles ? Assez peu, il me semble. La colonisation de nos vies par l'informatique est si rapide, l’atomisation des individus si poussée et la croyance dans les vertus intrinsèques du progrès technique si puissante que la contestation de ces nouvelles trajectoires semble très limitée. Les protestations existent, mais elles sont marginales et marginalisées et très peu relayées par les médias et les institutions dominantes. On peut par exemple citer le cas de ces éleveurs résistant à l’électronisation de leur troupeau, et à la généralisation du puçage des bêtes couplés à des logiciels de traçage. Contre cette évolution un collectif intitulé « Faut pas pucer » a vu le jour ; des groupes d’opposants sont apparus dans les régions de montagne où subsiste un petit élevage, comme dans le Tarn, les Alpes-de-Haute-Provence ou l’Ariège.   Doit-on se résoudre à entrer dans une société post-travail ? Faut-il s'en inquiéter ou s'en réjouir ? Cette question ne cesse de revenir et a beaucoup occupé les sociologues, les philosophes et les économistes depuis 30 ans. Le débat sur la fin du travail et la forme d’une société « post-travail » semble renaître à chaque phase de chômage de masse, on le trouvait déjà dans les années 1930. Dans les années 1990 on a beaucoup discuté de la « fin du travail » ou du moins de la place du travail dans la société de loisir qui s’annonçait. Il est indéniable que le volume de travail a fortement diminué dans les pays industrialisés, le temps travaillé en Europe constitue moins de 20 % du temps éveillé aujourd’hui contre 40 à 50 % dans l’industrie du XIXe siècle. Face à ce constat, deux positions se font face : certains s’en réjouissent et voient dans la disparition du travail une chance à saisir. La réduction drastique du temps du travail au profit des loisirs, voire la création d’un « revenu universel » découplé de tout travail, devrait permettre à chacun de s’émanciper en profitant du temps libéré. Les médias et la culture de masse, les séries TV et les jeux vidéo, semblent d’ailleurs tout prêts pour occuper ces temps de loisirs rendus disponibles. D’autres s’en inquiètent au contraire car le travail reste une valeur centrale, l’horizon essentiel par lequel les individus s’insèrent dans la société et obtiennent des biens aussi bien matériels que symboliques.   Quels sont les scénarios de transition possibles ou souhaitables ? Ce qu’on appelle une société post-travail a en réalité peu de sens car elle peut revêtir des visages très différents. S’il s’agit de supprimer le travail salarié le plus aliénant au profit d’un monde d’égaux, on ne peut que s’en réjouir ; s’il s’agit en revanche de créer un peuple d’humains soumis et désœuvrés, dépendants des robots et de leurs prothèses numériques, alors l’avenir s’annonce assez sombre. L’alternative n’est pas à mon avis entre un monde dominé par le travail et un monde libéré du travail, il est plutôt entre un monde fondé sur un travail absurde et aliénant et un monde du travail émancipé et émancipateur. Tous les travailleurs savent combien le travail peut être épanouissant et joyeux, et combien certaines activités manuelles sont tout aussi dignes – voire bien davantage – que les « tâches cognitives » des cadres supérieurs. Au lieu d’une « société des loisirs » floue et illusoire, j’aimerai une société du travail libéré, créateur et écologiquement sain. Ne pourrait-on pas imaginer de réorienter les trajectoires techniques pour les redensifier en travail, au lieu de la quête incessante de productivité visant à éliminer l’humain ne serait-il pas possible d’imaginer une société où le travail serait libérateur, source de joie et de plaisir, sans effet prédateur à l’égard du monde et des autres ?

Le 23 mars 2019 à 12:18

Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

« Je n’abandonnerai jamais la banlieue », Kader Aoun avec AZ, Merwane B, Lenny Mbunga, Seb Mella. Kader Aoun a grandi dans le 93. Sa mère vit toujours dans le 93. Lui aussi. Mais ils ne sont la périphérie de personne. Ou alors Paris est leur périphérie. C’est vrai qu’il y a une frontière. Kader a beau avoir fait des études, SciencesPo, « il y a une frontière qu’on te met en permanence en travers de la route. » Délit de faciès, on ne passe pas. Pour ouvrir la porte, il faut une rupture, un choc, une forme de violence. Heureusement pour lui ça a été le rire. La dernière porte à laquelle il a essayé de frapper. Le stand-up est un truc très américain avec un énorme public. Celle-là s’est ouverte. Il y a laissé un pied pour garder le passage et a formé plusieurs générations d’artistes. « Je me fous d’où ils viennent, de quel milieu ils sont, dès l’instant que je reconnais un talent. » Mais quand il donne rendez-vous dans Paris à des minots venus de banlieue, des comiques en qui il croit, ils attendent que Kader soit dans le café avant d’entrer. « Ils ne s’autorisent que les chichas à Paris. » Pour lui c’est obsessionnel, il essaie de mélanger les gens, de manière intergénérationnelle aussi. Il fait de la politique tous les jours, avec des blagues.   Programmation Jean-Daniel Magnin pour le festival Nos disques sont rayés, Théâtre du Rond-Point

Le 11 mai 2012 à 10:05

Le joli mois de mai

Il reste toujours un peu d'avril dans l'assiette. Ce mois indigeste avec son poisson dans le dos et ses œufs en chocolat, est difficile à finir, alors que nous le sentons approcher, avec son parfum de muguet et son sourire de jour férié, le joli mois de MAI. Ah, s'il est un mois qui vous met l'âme en gaieté, vous rosit les joues et vous gigote le cœur, c'est bien mai ! Trois lettres seulement, il ne veut pas qu'on perde de temps pour l'écrire, le temps de mai est réservé au plaisir. Dès son premier jour, il fête le travail, et de quelle manière : il nous offre un jour de congé. Mai a bien saisi, à l'inverse de certains énervés de la politique, que le travail n'a du talent que s'il se repose suffisamment. En plus, il y ajoute un brin de muguet. Petite fleur à clochettes dont autrefois la vente par des militants qui l'avaient récoltée à la faucille servait à renflouer les caisses du parti communiste. On se souvient que Georges Marchais portait des cravates en soie ou en rayonne selon que la recette du muguet avait été bonne ou non. (...) Saluons surtout ce mai libérateur, dont le plus beau fut celui de 1968, qui nous délivre du rigoureux avril en clamant : « Fais ce qu'il te plaît » et « Il est interdit d'interdire ». Profitez bien du plus beau mois de l'année où fleurit l'acanthe, le pittosporum et le bougainvillier, mois qui a vu naître Freud, Labiche, Orson Welles, Fred Astaire, Claude Piéplu et Eros, petit teckel à poil long que tous les habitants de la rue du Bac à Paris ont bien connu.   Extrait de Mois par moi : almanach invérifiable © Actes Sud 2008 http://www.actes-sud.fr/catalogue/theatre-arts-du-spectacle/mois-par-moi

Le 13 février 2018 à 14:24

Tobie Nathan : Le Parlement des dieux

Tobie Nathan écoute des migrants depuis quarante-cinq ans. Professeur de psychologie à Paris VIII, il a fondé en 1993 le Centre Georges Devereux, centre universitaire d'aide psychologique aux familles migrantes. Il a publié une quarantaine d’ouvrages, dont Ethno-roman (Grasset, prix Femina essai 2012) et Ce pays qui te ressemble (Grasset, finaliste du prix Goncourt 2015). Avec Les Âmes errantes (L’Iconoclaste 2017), il affirme ce rare talent d’être un essayiste doublé d’une plume d’écrivain. Et si la laïcité, de moins en moins accueillante, ne parvenait plus à endiguer ce que Tobie Nathan appelle « la guerre des dieux » ? « Et je parle de tous les dieux, tant des divinités païennes que des dieux monothéistes, chacun singulier dans ses exigences, du Dieu des catholiques, des protestants, des musulmans ou des juifs ». Comment penser enfin un monde que les dieux, de fait aussi multiples que les peuples, accepteront un jour de partager en paix ? Peut-on, tel un guérisseur, apaiser ces forces dont les religions n'ont pas réussi à maîtriser la violence ? La République, à travers la loi de 1905, promettait de le faire. Nous en constatons l'échec : « ce sont ces mêmes dieux qui réapparaissent aujourd'hui, rendus d'autant plus cruels qu'ils se trouvent, du fait de la mondialisation, du déplacement accéléré des populations, en concurrence directe les uns avec les autres. » Pour Tobie Nathan, il est grand temps d'ouvrir, au sein de la laïcité française, un large « parlement des dieux ». Enregistré le 10 février 2018 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-PointDurée : 02:04:31

Le 9 janvier 2011 à 18:21

Larmes à l'oeil

La larme sauve un secteur important de l'industrie textile

Petit volume d'eau salée ayant une forme de goutte ou de perle, qui prend naissance dans l'œil de l'être humain envahi par le rire ou le chagrin.La larme se répand sur la joue et finit le plus souvent sa course sur son menton. Une grande douleur peut augmenter son poids, il n'est pas rare alors qu'elle atteigne le col de chemise ou le collier de perles.C'est le mouchoir qui se charge le plus souvent de l'effacer. Mouchoir qui, comme son nom l'indique, n'était pas destiné à l'origine à la récupération des larmes, mais à recueillir les diverses sécrétions nasales et autres glaires nées d'un rhume ou d'une allergie. L'apparition des antibiotiques et les récents progrès des sprays asséchants les muqueuses, ayant diminué de façon significative les diverses infections du nez, ont mis en péril l'utilisation du mouchoir. Sa reconversion dans l'effacement des larmes sur le visage et autour des yeux, a permis de préserver la production du mouchoir à la même cadence qu'avant les antibiotiques.En permettant au mouchoir de la récupérer, la larme sauve un secteur important de l'industrie textile qui s'apprêtait à disparaître faute de crottes de nez.Rire ou pleurer crée donc de l'emploi. Un pays sec, sans émotions suffisamment fortes pour déclencher l'hilarité ou la douleur, est un pays qui se condamne à une augmentation régulière du chômage."Ne me secouez pas, je suis plein de larmes", écrit Henri Calet inqiet. Qu'il se rassure, au cas où l'homme déborde de larmes, le surplus s'évacue sous la paupière.L'œil est à l'être humain ce que le trop plein est à la baignoire.

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