Jean Boîte Editions
Publié le 29/04/2015

Kenneth Goldsmith's theory 2#


Premier lauréat de poésie du MoMA, fondateur et éditeur de UbuWeb, professeur de Uncreative Writing à l’Université de Pennsylvanie et animateur à la radio new- yorkaise WFMU pendant 15 ans, Kenneth Goldsmith est une figure majeure de la création contemporaine.

Jean Boîte Éditions est une maison d'édition parisienne fondée en septembre 2011. Jean Boîte publie des livres, et cela ne suffit pas. Jean Boîte est donc éditeur de boîtes, volumes concrets, habilités à héberger plusieurs livres et à les structurer en collections. Chaque boîte est ainsi une promesse, thématique ou monographique, d'épuisement d'un propos, d'un sujet livré progressivement aux lecteurs. Lorsque la boîte est pleine de livres, le sujet est clos. Jean Boîte aime les plasticiens, les poètes, les photographes, les penseurs, les critiques, les artistes, et il entend les réunir dans une contrainte souple : la boîte, véritable laboratoire des curiosités contemporaines.

> http://www.jean-boite.fr

 

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Le 9 février 2011 à 08:00

Baudelaire, le rieur

C’est un texte majeur et pourtant méconnu de Baudelaire qui vient tout juste d’être réédité* : De l’essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques, paru initialement dans la confidentielle revue Le Portefeuille le 8 juillet 1855. Pour le spécialiste Alain Vaillant qui oublie toutefois Notes sur le rire (1947) de Marcel Pagnol, il s’agit même du seul essai théorique de toute la littérature française explicitement consacré à la question de l’humour si essentiel dans l’esthétique baudelairienne, lors même que son auteur était « l’âme véritable de la presse artistique et contestataire du Second Empire ». Que dit Baudelaire ? Que le rire, expression de l’orgueil et de la supériorité, est satanique et « donc profondément humain ». Pas trace de cette joyeuse morsure au Paradis Terrestre. « Le Sage craint le rire, comme il craint les spectacles mondains, la concupiscence. Il s’arrête au bord du rire comme au bord de la tentation. » Baudelaire distingue le comique significatif (Molière) et le comique absolu (Hoffman) qui est violence, férocité, grotesque, carnaval, tonnerre, cataclysme, ivresse. A celui-là, bien sûr, va sa préférence. « Pour qu’il y ait comique, c'est-à-dire émanation, explosion, dégagement du comique, il faut qu’il y ait deux êtres en présence ; - que c’est spécialement dans le rieur, dans le spectateur que gît le comique ; - que cependant, relativement à cette loi d’ignorance, il faut faire une exception pour les hommes qui ont fait le métier de développer en eux le sentiment du comique et de le tirer d’eux-mêmes pour le divertissement de leurs semblables, lequel phénomène rentre dans la classe de tous les phénomènes artistiques qui dénotent chez l’homme l’existence une dualité permanente, la puissance d’être à la foi soi et un autre . » Quant au Sage, qu’il continue de trembler !  *Baudelaire journaliste. Articles et chroniques choisis et présentés par Alain Vaillant. GF Flammarion, 381 p., 8,90€.

Le 25 décembre 2014 à 09:17

Rester vivant, de Yves-Noël Genod

Déclaration d'amour d'une spectatrice

Oui c'est infiniment beau. C'est le geste théâtral de Yves-Noël Genod et de ses hôtes magiciens au son, à l'image et d'une magicienne sculpturale, furtive passante insaisissable et du diablement père spirituel et charnel, ce génial Charlot métaphysique grandiose de la poésie, qui sait puissamment piétiner ce qu'il adore. Vous serez dans la chute d'Alice au fond du trou du Pays des merveilles, et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans le ventre de la baleine aux côtés de Jonas et de Pinocchio et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans la soute du navire qui traverse le Styx avec un Charon millénaire et sans âge, enfantin, grâcieux, délicieux, fils d'Hélios le Soleil et de Gaïa la Terre, et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans l'Atelier imaginaire de Léonard de Vinci qui peint, pense, s'envole, Joconde... et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Ici la couleur du silence prend cette teinte douce, ouatée, de ce noir plein d'âmes qui nous emporte dans un “on ne sait où“ fabuleux . Il y a un "Noir Genod“, comme il y a un “Noir Soulages“ ou un “Bleu Klein“. C'est une nouvelle mythologie qui s'invente devant nous. Elle est faite de notre fibre la plus humaine et la plus prodigieuse, du meilleur et du pire de nous toutes, de nous tous. C'est un voyage hors du temps et dans le temps, hors du texte et dans le texte, sans corps et comme si on entrait dans le corps de cette voix dont le clavier va et vient, ose des basses presque obscènes, monte en spirale jusqu'à des cieux que même Borges n'aurait pas su écrire. Ne manquez pas cette rencontre, cette chance d'être AVEC ce geste exceptionnel qu'est le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous êtes à Paris, la plus belle ville du monde avec tout près de vous vivant, si vivant le plus magnifique geste de théâtre du monde. Vu trois fois ce “Rester vivant“. Je reviendrai. Non je ne suis pas folle, non je n'exagère pas, tous les gens que j'ai amenés avec moi vous le diront... : ) Vivante, je le suis encore plus que jamais par ces rendez-vous réussis ! Ne les ratez pas ! > Rester vivant, un spectacle d'Yves-Noël Genod

Le 13 juin 2011 à 18:00

Correspondance d'un sédentaire avec des morts

"Entretien" avec Baudelaire sur le sommet de l'environnement

CB. – La Nature est un temple où de vivants piliers. Laissent parfois sortir de confuses paroles FC. – Alors oui Charles, puisque vous me parlez d'écologie, que pense le poète du sommet pour l'environnement? CB. – L'homme y passe à travers des forêts de symboles. Qui l'observent avec des regards familiers. FC. – Oui vous pensez aux lobbies? Que le discours devrait prendre forme en actions c'est bien cela ? CB. – Comme de longs échos qui de loin se confondent. Dans une ténébreuse et profonde unité. FC. – Oui un écho aux différents problèmes que rencontre l'Homme moderne pour sa survie... Quelle place dans l'éducation de nos enfants pour que cela fonctionne? CB. – Vaste comme la nuit et comme la clarté. FC. – Oui ! CB. – Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants. FC. – Euh... Je crois que vous être en train de glisser vers autre chose là, si je... CB. – Doux comme les hautbois, verts comme les prairies.  FC. – Mais il suffit non! Vous… CB. – Et d'autres, corrompus, riches et triomphants. Ayant l'expansion des choses infinies. FC. – Ah… On vous récupère! Dieu merci! Que pensez-vous que l'Homme devienne d'ici 20 ou 30 ans même? CB. – Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens. Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. FC. – Merci M. Baudelaire pour vos vues très précises sur la vie, le temps, la terre et pour ce formidable optimisme que vous partagez à merveille...

Le 21 juillet 2010 à 08:53

Un maxi best of Proust s'il vous plaît !

Alors qu’hier soir, je franchissais gaiement le pas de ma porte dans le sens du retour, ma femme que j’aime bien et qui s’était approchée pour m’embrasser machinalement fut prise, à deux ou trois décimètres de ma personne, d’un vif mouvement de recul : « Ah mais… mais quelle horreur ! Tu pues la friture … ». Et bien oui chère femme que j’aime bien, j’ai lu Proust et maintenant je « pue » la friture, et alors ? Aurait-il été préférable que je rentre de ma journée de lecture parfumé de cuir et de tabac à pipe ? Aurait-ce été plus classe, plus raccord ? Moi, j’aime Proust et j’aime le Mac Do, et plus encore, j’aime lire Proust au Mac Do… Et Proust, c’est long ! Chère femme, chers tous, pourrais-je vivre un jour ma singularité en toute liberté, ou finirai-je ma vie seul, redoutant la mort qui me plongera dans l’enfer des monstrueux lecteurs, condamné pour l’éternité à me gaver d’interminables sandwichs de papier en cherchant en vain du regard quelques éclats littéraires sur les faces rugueuses de steaks hachés synthétiques ? Hermétique à ma soudaine désespérance, ma femme qui m’aime bien mais qui n’y connaît pas grand chose rayon bouquins, m’invita à aller terminer ma lecture sous la douche. Proust n’étant selon moi guère un auteur pour la douche, ce fut donc à poil en route pour la salle de bain que j’attrapai fièrement dans le couloir un recueil de poèmes de Paul Valery. J’aime lire Paul Valery sous la douche. Profondément, La Régie

Le 13 mars 2011 à 20:35

Les secrets de Jean Piero

Ventscontraires.net vous ouvre les coulisses de ses "Pièces Montées", diffusées dans le journal 3D sur France Inter

Jean Piero n’est pas vraiment journaliste, il vient de l’univers du spectacle, par la chanson, et de celui des arts plastiques. Pourtant, on pourrait s’y tromper, puisqu’il se balade avec un micro en posant des questions, autour d’une thématique imposée chaque dimanche par Stéphane Paoli pour son émission en direct du Rond-Point. Le résultat radiophonique (ses "Pièces Montées" dont vous pouvez entendre quelques pastilles sur ventscontraires.net), c’est un joyeux mélange de voix, d’idées folles et de vérités aussi. Et évidemment, lorsqu’on est auditeur, on se demande quel est son secret de fabrication… D’abord, il lui faut trouver un lieu, le plus silencieux possible, pour des raisons techniques évidentes. Donc il fuit les bistrots, qui sont aujourd’hui pollués par les musiques d’ambiance (ça l’énerve) et leur préfère les jardins publics, les galeries, les beaux magasins. Il faut que les gens y soient prédisposés à la beauté.Ensuite, il choisit ses voix à leur air disponible, et les aborde avec le matériel d’enregistrement le plus discret possible. Lorsque toutes ces conditions idéales sont réunies, il peut poser ses questions, dans un ordre bien précis. A écouter Jean Piero, tout est dans la question, longuement pensée. Après, il faut laisser faire : "Si on fait confiance aux gens, on a souvent des bonnes surprises. Chacun a de la poésie en soi, on est tous, quand on le veut, de grands producteurs de surréalisme, ne serait-ce que dans nos rêves." La psychanalyse, d’ailleurs, n’est pas bien loin… "J’écoute la signification des mots et je rebondis. C’est de l’interprétation libre : en suivant le sens des mots, on peut aller dans des endroits totalement inattendus." Alors, pas de trucage ? "Parfois, quand on trouve un bon mot avec quelqu’un, je le lui fais répéter. C’est une écriture commune, où tout est permis". Il peut aussi organiser des dialogues entre des personnes qui ne se sont pas vues. Ça, c’est le boulot de montage, lors duquel il travaille aussi le rythme, l'équilibre, les respirations, bref, tout ce qu'on attend dans son poste et qui a l'air de couler de source… Jean Piero a un site, on peut y entendre ses séries radiophoniques des années précédentes, écouter ses photos et y voir ses images : jpiero.com. Et entendre sur ventscontraires.net quelques-unes de ses pièces montées.(image Jean Piero)

Le 3 juin 2011 à 08:30
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