Rattraper la langue
Publié le 30/04/2015

Pacôme Thiellement : Les auteurs de "Freaks, la monstrueuse parade"


La Société secrète du spectacle #2

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La communauté des monstres et son langage secret : 2. Les auteurs de Freaks, la monstrueuse parade

Qui était "Tod" Browning (1880-1962), le réalisateur de Freaks, la monstrueuse parade ? La légende dit que c'est un gars du Kentucky qui a quitté sa famille pour un cirque dès l'âge de 6 ans... Son vrai prénom était Charles. Celui qu'il s'est choisi comme artiste vient peut-être de Tod Robbins (1888-1949), auteur de nouvelles fantastiques, dont deux récits ont été à la source de ses films – comme Freaks.

Il y a eu aussi la rencontre avec l'acteur Lone Chaney (1883-1930), l'Homme aux mille visages, célèbre pour ses transformations : il peut se torturer pour se métamorphoser en êtres mutilés au grand cœur, pleins d'abnégation et d'un amour jamais payé de retour – comme un lanceur de couteaux sans bras. Il meurt en 1930, juste avant que Tod Browning tourne Dracula et Freaks. Mais il aura eu le temps d'apprendre à Tod Browning le tour qui permettra à l'actrice jouant Cleopatra de faire la femme-canard à la fin du film.

Place aux poètes, aux créolisants, aux corsaires du langage, place aux passeurs et aux décrypteurs de paroles, place aux cracheurs d'avenir.
Pauvre langue. Réduite en « éléments de langage ». Qui nous parle de plus en plus petit. Pasteurisée, simplifiée, désertifiée par les stratèges en communication. Confisquée par les adeptes du pugilat médiatique, de la harangue haineuse et du bashing. Nos paroles, nos pensées, les mots avec lesquels nous rêvons n'ont jamais été si convoités. Le langage est notre bien le plus précieux. Alors rattrapons ce qui nous échappe peu à peu. Ce langage qui nous façonne. Et qui façonne le monde. Toutes nos infinies façons de dire.

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Le 4 novembre 2014 à 10:55

Le Poème du Management et de la Mort

Article paru conjointement dans Le 1 n°30

La vie d’une langue ne dépend pas de ceux qui la parlent mais de ceux à qui elle s’adresse. La chaîne des causes et des conséquences y est inversée comme dans l’amour – où la puissance tantrique dépend moins de la finesse d’émission de ceux qui désirent que de la force de réception de ceux qui sont désirés. La langue n’est un outil de communication que secondairement ; elle est d’abord une maille pour attraper les êtres invisibles, un masque à pensées et une boîte à rêves. C’est pour ça que nous pouvons lire Finnegans Wake, alors que Joyce écrit dans une langue qui n’est parlée par personne. A la source de chaque langue, il y a sa relation avec la « langue des oiseaux », c’est-à-dire la façon dont elle entre en relation avec d’autres états de notre être – ceux que l’on appelle, à défaut d’un meilleur terme, les Anges. Ceux qui parlent « la Langue des Oiseaux » parlent secondairement aux hommes. A travers les hommes, ils s’adressent toujours aux êtres invisibles, aux animaux, aux âmes ou aux forces. Et tous les poètes parlent la « langue des oiseaux », qui n’est pas seulement une question de jargon secret mais parfois la simple découverte d’un rythme ou d’une syntaxe émotive inédite. Toute parole poétique, comme tout amour, est un passage vers l’au-delà. Ce n’est pas son mélange avec les autres langues qui appauvrit le français ; même celui de l’anglais des films et de la musique pop. Come on, dudes ! C’est sa contamination par le langage de l’entreprise, le jargon des publicitaires et politiques, la langue de l’information et de la communication. Ce qui tue une langue c’est son usage « de communication », c’est sa volonté d’être « comprise » à tout prix, son obsession à pénétrer dans le cerveau de son interlocuteur. Cette langue-là, qu’on voit à l’œuvre dans n’importe quel débat d’idées, on peut franchement la haïr comme un viol, parce qu’elle ne s’adresse qu’à ce qui nous rabaisse. Elle ne nous perçoit que comme de la viande à voter, acheter, se faire bien baiser, payer le prix fort et recommencer. Elle ne s’adresse jamais à l’Ange ou à l’Animal qui est en nous, mais toujours à cette sous-merde à laquelle nous voudrions échapper. Et on ne peut jamais lui répondre, puisque c’est à cet usage polémique qu’elle cherche toujours à nous rabaisser. C’est comme les oiseaux mécaniques qui pourrissent la vie du président Schreber : ça ne fait pas « débat » qu’il ne sert à rien de les insulter ou de les frapper ; le névropathe doit leur répondre par d’étranges variations homophoniques pour qu’ils se taisent : il doit les « confondre », les « rendre idiots ». On doit faire pareil avec les managers, les publicitaires, les chroniqueurs et les experts : seule l’interruption poétique pourra mettre fin à leur règne. On doit les tuer par un mystère qui les enferme et les dépasse. La presse quotidienne devrait ouvrir des pages « rebonds » aux écrivains asilaires, aux excentriques scientifiques, aux messies sans disciples : ce sont eux qui commenteraient l’actualité. Eux, mieux que personne, vivent dans les ténèbres de leur chair ce que nous expérimentons superficiellement à l’air libre. Comme Renfield dans Dracula, leur angoissant délire n’est jamais que la vision prophétique de l’apparition imminente d’un Maître de mort. Qui mieux que Jean-Pierre-Aimé Lucas, auteur d’un invraisemblable Traité d’application des tracés géométriques dans lequel il nie l’existence de l’hyperbole ou dissèque la charpente osseuse du cercle dans lequel il découvre quatre carrés de parfaite égalité, a décrit la folie extrême des instituts scientifiques du XIXe siècle ? Les affirmations de la linguistique furent explosées par les visions de Jean-Pierre Brisset, pour qui toutes les langues descendent du bassin d’Anjou, lorsque la grenouille se transforma en homme à l’apparition de son sexe. Le grotesque inhérent à l’appréciation esthétique est démontré par la Balance de la nature de Marie Le Masson Le Golft, qui donnait des notes au cyclamen, au jaguar, à la saveur du crabe ou à l’odeur du laurier rose. Aujourd’hui, les hollow men du monde de la politique et des médias, comme les storytellings épuisants et insistants de leurs spin-doctors, devraient être analysés par les descendants de Berbiguier de Terre-Neuve du Thym qui voyait dans les moindres actions des hommes la main des Farfadets, « perturbateurs du repos et du bonheur du genre humain ». Qui écrira enfin Le poème du management et de la mort ? Car c’est ainsi que prend fin le monde. Pas sur un boum ni sur un murmure. Sur une émission de BFM-TV. On dit que les hommes d’autrefois, menés par Nemrod, le roi-chasseur, avaient construit une Tour pour accéder au ciel. Le démiurge la détruisit ; et de cette destruction provint la multiplicité des langues. Franz Kafka et Raymond Abellio ont tous deux parlé de la Fosse de Babel. Mais le monde de la communication et du management nous apprend que Babel n’est ni une tour ni une fosse. C’est une plateforme – et c’est sur la Plateforme de Babel que nous marchons tous aujourd’hui, priant pour qu’un démiurge revienne afin de la mettre en pièces une bonne fois pour toutes. Car on ne meurt ni dans l’unification titanesque des Anciens, ni dans la dissémination des Modernes. On meurt dans la langue aplatie des ministres et des hommes d’affaire, des technocrates et des chroniqueurs télévisuels. Une langue que tout le monde parle, mais que personne n’écoute. > Retrouvez Pacôme Thiellement au Théâtre du Rond-Point le samedi 29 novembre à 18h30 : La Société secrète du spectacle Cet article est parudans une version plus courte dans le n°30 de l'hebdo Le 1partenaire de ventscontraireset du Théâtre du Rond-Point

Le 1 juin 2015 à 14:39

Pacôme Thiellement : Progressivement la solitude a commencé à s'imposer

La Société secrète du spectacle #4

La communauté des monstres et son langage secret : 5. Etre chez soi dans l'errance enfin Après le mouvement "freaks" lancé par Zappa vient le mouvement hippie : un retour vers l'Homme, le beautiful, le mignon. Le monstrueux se retire à nouveau et donc ne peut pas ne pas reparaître ailleurs d'une façon extrêmement menaçante. Aujourd'hui on semble si loin de ces saturnales, de l'Âge d'or, de toutes les fêtes carnavalesques. On est passé du spectacle avec des humains en scène aux images animées du cinéma, puis à la vision de ces images depuis chez soi avec la télévision. Progressivement la solitude a commencé à s'imposer. La séparation est devenue de plus en plus grande. C'est à ce moment-là que le combat entre la forme monstrueuse et la forme humaine devient le combat de chacun. Pas besoin de s'en rendre compte. Les corps s'en rendent compte. Ils deviennent monstrueux. Tous les progrès de la science pour éradiquer les formes monstrueuses en produisent de nouvelles. On empêche les monstres de naître, mais on le devient mentalement et physiquement en devenant de plus en plus vieux. A mesure que le carnavalesque disparaît, l'apocalyptique s'impose. L'Apocalypse est le moment où il n'y a plus de procédures carnavalesque pour la régler. L'Apocalypse arrive dès lors qu'on ne peut plus faire ressurgir la vie. Quand elle est entrée dans un processus de mort. Mais la part lumineuse de l'Apocalypse — car vous le savez l'Apocalypse est aussi une mariée qui retire son voile — c'est le moment du combat intérieur où on découvre son vrai visage. Il y a une série qui a très bien parlé de tout ça : La Caravane de l'étrange (Carnivàle). Après la résurgence des freakshows avec Zappa ou sous un aspect mélancolique dans les disques des Residents, il y a eu le roman de Teodore Sturgeon, Cristal qui songe (un enfant rejoint un groupe de monstres pour devenir l'un d'entre eux), qui raconte comment transformer sa vie en œuvre d'art, à la manière de la dissonance qui nous rappelle que le système tonal est  extrêmement récent et moderne – artificiel, imposé, pour faire disparaître toute la microtonalité. Dans le roman l'enfant se rend compte que la forme freaks est originelle et que la forme humaine à laquelle il a essayé de se conformer est extrêmement récente. La série Carnivàle s'est arrêtée après deux saisons (alors que 6 étaient prévues). Elle suit deux lignes de récit. 1° Le voyage d'un cirque de monstres dans les Etats-Unis, qui traverse d'abord des villes réelles, puis des villes imaginaires. 2° L'ascension d'un prêtre méthodiste qui va devenir énorme à travers l'église des ondes : la radio. Il est un avatar des forces destructrices, "La Main gauche de Dieu" ou "Le Passeur de destruction". L'idée de la série : la vérité est protégée par l'illusion, elle est détruite par la transparence. C'est la première fois qu'on trouve une fiction qui réunit la pensée traditionnelle et tous les apports de la modernité — c'est une réflexion sur le pouvoir pastoral : ça peut être entre les mains des prêtres que le mal se transmet. La série se déroule pendant la Grande Dépression et se présente comme une apocalypse : la fin des freakshowes a lieu au moment de la prise du pouvoir de la radio chez les gens. Lorsqu'on invente un nouveau rapport à la solitude. Le monde qui s'invite chez vous par les moyens de communication n'est pas du tout le monde de l'illusion. Ce qu'il a de positif, c'est qu'il fait de vous-même — de votre corps — le lieu même du combat, le lieu de l'Apocalypse. Il est important aujourd'hui d'arriver à concevoir sa propre personne comme un lieu de combat entre les forces de l'homme et les forces des freaks… d'être chez soi dans l'errance enfin. Mais pour cela il faut parvenir à recréer cette forme d'amitié qu'ont les freaks entre eux en sortant de l'esprit de concurrence propre à l'Homme. Chez les freaks, il n'y a que des singularités, personne ne peut dire : "Je suis Schlitze à la place de Schlitze." > écouter le podcast audio complet

Le 12 juin 2012 à 10:37

Thierry Illouz : jeter sa robe d'avocat aux orties ?

Avant la lecture de son texte par François Morel

François Morel va lire "A ma troisième robe", texte témoignage de l'avocat et écrivain Thierry Illouz qui plaide pour la défense des assassins, des pédophiles, des dangereux récidivistes, des malades inguérissables, ceux qu’il faudrait à tout jamais exiler de l’humanité. Entretien avec Thierry Illouz Tu es à la fois écrivain et avocat. Est-ce que tu avais mis une séparation entre ces deux activités ou est-ce qu’elles étaient reliées ? Au départ je les pensais séparées, verrouillées  je voulais les tenir le plus éloigné possible et puis petit à petit elles se sont mises à se croiser à s’interpénétrer, à se nourrir l ‘une de l’autre. Je crois que c’est la vérité des choses, nous sommes indivisibles, et surtout l’écriture est une activité vampire qui fouille nécessairement dans toutes nos expériences pour y trouver sa substance même. Qu’on le veuille ou non.   Comment as-tu réagi à la proposition que nous t’avons faite d’écrire une conférence sur ton métier – et en particulier sur tes plaidoieries pour ceux qu’on appelle des “monstres”? D’abord j’ai redouté ce rapprochement total entre les deux activités.  il fallait à nouveau prendre les gants pour défendre ceux que je refuse de voir comme des monstres (ce n’est pas rien de pouvoir le faire par les temps qui courent), mais il fallait aussi cette fois parler directement de soi, parler  de son travail, de ses rencontres, de ses fatigues, il fallait ramener le réel sur la table. Mais les procédés de l’écriture, le dialogue avec ma robe, l’idée du lieu même du théâtre ont au contraire ramené le débat sur l’intime des sensations, sur l’histoire, sur le souvenir, sur les mots. Le réel est là, il est installé dans l’imaginaire.     Quel est le statut, pour toi, du texte que va lire François Morel, par rapport à tes autres écrits ? C’est un texte du dévoilement, tous les textes le sont, mais c’est aussi un texte de militant, de conviction. Est ce exactement du théâtre ?  C’est la question que je me suis posée et la réponse est sans doute que le théâtre est pour moi tout cela aussi : le verbe est une arme de conviction (le métier d’Avocat le sait). J’ai déjà parlé dans mes textes de la banlieue, de la dépossession,  du reproche social. Et le théâtre c’est aussi le lieu des cris, de la voix, du mouvement des corps, des costumes et des robes donc. J’y ai mis sans doute un peu tout cela plus frontalement au sens biographique que dans mes romans ou mes pièces, mais avec la même nécessité de dire, de parler aux gens. De tisser un moment. De le partager.   Tu l’avais lu toi-même il y a deux ans au Rond-Point. Comment ça s’était passé pour toi ? Et à présent qu’il est entre les mains de François Morel ? C’était un moment merveilleux d’intensité et terrible d’inquiétude, c’était plaider sans robe, sans protection, sans  filet. Mais j’ai appris ce qu'on ne peut comprendre que sur la scène (ce n’est pas  un tribunal, quoique...) : l’échange avec le public ( ce n’est pas un  juge, quoique...) ; le silence et la voix ; le vide au bord duquel les acteurs parlent. Et j’y ai connu la sensation d’avoir été entendu. Je ne voulais pas reprendre ce texte moi même, j’avais peur de ce qu’il contient de ma vie et que je ne peux me risquer à redire. Il faut que ce ne soit plus moi, il faut un personnage et si c’est François Morel ce sera forcément mieux que moi. Ce serait ça le rêve de toute écriture, soi et mieux que soi. La fiction c’est plus juste que la vérité et jouer c’est plus que vivre.   Alors, tu dis qu’un avocat n’use que trois robes dans sa vie. Alors ta troisième robe, ça se présente comment ? La deuxième  commence à montrer de sacrés signes de faiblesse, j’y ai découvert il y a quelque jours à l’audience un bel accroc ; il va falloir songer à prendre des mesures pour la troisième... à moins que je ne jette la seconde aux orties pour écrire. "La robe aux orties" c’est l’expression consacrée pour ceux qui quittent ce métier, je ne sais pas pourquoi les orties ?  Les blessures, les marques, les  brûlures peut être…   Propos recueillis par Jean-Daniel Magnin  

Le 8 novembre 2014 à 09:26

Pacôme Thiellement : Le Langage secret des monstres

Essayiste navigant entre pop culture et tradition ésotérique, Pacôme Thiellement vient au Rond-Point le 29 novembre desceller chez les Freaks une conjuration prophétique de la société moderne, la rédemption carnavalesque de son appétit de transparence et de sa parole enchaînée. Ventscontraires – On dit souvent que chaque époque a ses usages propres de la langue . Comment caractérisez-vous notre rapport à la langue aujourd’hui ?Pacôme Thiellement – Extrêmement technique. Et avec une obsession de l'efficacité qui confine à l'obscénité.  – Selon-vous qu'est-ce qui menace la langue et qu'est-ce qui la « sauve » ?– Question très hölderlinienne — du coup je répondrai : la même chose. On sauve une langue en donnant un chatoiement poétique à ce qui la menace. On menace une langue en donnant une fadeur prosaïque - un souci de rentabilité et une vulgarité de slogan - à ce qui la sauve.   – Et votre propre langue, qu'avez-vous à en dire ?– Je l'acquiers lentement. Je l'use trop vite. Je la régénère le plus régulièrement possible.  – Quel événement et/ou quelles rencontres ont façonné votre langue et qu'est-ce qui la nourrit au quotidien ?– Pour la logique, René Daumal ; pour la poétique, Gérard de Nerval ; pour la métaphysique, René Guénon ;  contre tout le reste : Alfred Jarry. – Nous vous avons proposé de venir au Rond-Point "rattraper la langue"... Comment allez-vous vous y prendre ?– En la relâchant, pour qu'elle retombe d'elle-même sur ses pattes ; comme le chat à qui je l'ai donnée ! Illustration : Freaks (la Monstrueuse Parade), de Tod Browning

Le 16 mai 2015 à 08:15

Pacôme Thiellement : Le mouvement freaks lancé par Zappa

La Société secrète du spectacle #4

La communauté des monstres et son langage secret : 4. Le retour des freaks dans un monde trop humain Il faudra un certain développement de la télévision pour qu'on retourne la caméra vers nous, avec l'arrivée des émissions de téléréalité. Ce qui se donne à voir avec Le Loft, a écrit Baudrillard en 2001 dans son texte L'Elevage de poussière, c'est qu'on voit qu'il n'y a rien à voir : on observe qu'on n'y voit rien, rien hormis ce qu'il y a de pire, le vide. Ou, comme le disait déjà Benjamin : "vivre sa propre destruction comme une sensation esthétique de premier ordre." La disparition des freaks – qui nous disaient l'étendue infinie de la création –, laisse un vide immense à combler. Le film, qui date de 1932, reparaît dans les années soixante. Frank Zappa le voit et lance le mouvement  "freaks" qui précède celui des hippies : il s'agit de devenir monstre, de fonder une société de freaks, pour sauver l'Humanité. Déguisés ils s'en vont danser bizarrement dans les fêtes d'Hollywood. Ils sont les premiers à se rendre compte que les films d'horreur devaient être réinvestis sous forme carnavalesque. C'est que les anciens dieux abandonnés demandent à revenir dans le monde des hommes, par exemple sous la forme des monstres des romans gothiques du XIXe siècle. King Kong, qui fascinait Zappa, représente bien ces puissances qui nous aidaient à vivre et qui se retournent contre nous quand on ne les accepte plus. > écouter le podcast audio complet  

Le 20 avril 2011 à 03:21

Denis Robert contre Bankenstein - 7 : J'étais filé par la DST

Les coulisses de l'affaire Clearstream

Denis Robert raconte les coulisses de l'affaire Clearstream, 7e épisode. C'était trois mois avant qu'il soit relaxé par la Cour de Cassation des accusations portées contre son enquête. Denis Robert ne savait pas encore qu’il allait gagner au moment où nous l'avons enregistré...Mais la polémique continue, après la diffusion par Canal+ du documentaire "Cleastream, le grand bal des menteurs", réalisé par Daniel Leconte. Voici ce qu'en dit Denis Robert dans une tribune publiée par notre partenaire bibliobs.com - qui reprend notre feuilleton sur son site. Extrait :"En plein procès, Leconte avait eu la riche idée  d’interroger des journalistes pour leur demander ce qu’ils pensaient de mon travail. J’étais dans un premier temps au générique avec la mention « avec Denis Robert dans son propre rôle ». Ma victoire judiciaire les a obligés in extremis à virer les passages me concernant. J’écris « ils », car Daniel Leconte n’est pas seul. Richard Malka, son avocat qui est aussi celui de Clearstream et Denis Jeambar ont participé au film. Je ne comprends pas ce que Jeambar est venu faire dans cette galère mais tant pis pour lui. Pendant des semaines au moment des audiences, puis dans les mois qui suivirent, puis un an après, Leconte, Jeambar et les petites mains qui ont fait ce film m’ont poursuivi, écrit, supplié de parler devant leur micro. J’ai toujours refusé. Je m’en suis expliqué dans un courrier très poli."Bankenstein, conférence-performance enregistrée à l'Université Monstrueuse du Théâtre du Rond-Point le 22 octobre 2010 > épisode suivant> 1er épisode> en partenariat avec le site littéraire du Nouvel Observateur, bibliobs.com

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