Micaël
Publié le 12/05/2015

Ne vous en faites pas


Micaël naît à Paris en 1982. Après avoir passé 20 ans à Buenos Aires, il revient à Paris, la ville où il vit et travaille actuellement. Droitier sur le terrain de foot et gaucher pour le dessin, il décide sa vocation à l’âge de 5 ans, lorsque sa maîtresse remarque qu’il est le seul de la classe capable de dessiner des visages de trois-quarts. Ses deux ouvrages en France "Un Argentin à Paris" et "L'Air du Temps" ont été publiés dans la collection Les Cahiers Dessinés.

 

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Le 29 octobre 2011 à 08:18
Le 29 octobre 2011 à 08:47

Albert Cossery, clochard céleste

Portrait 27

Albert Cossery est né le 03 novembre 1913 au Caire et il est mort 94 ans plus tard à Paris. Entre temps il s’est beaucoup assis, a beaucoup lu et a un peu écrit. Sous les rides d'Albert Cossery, se cachait l’élégance fripée des corbeaux qui ne se laissent pas apprivoiser. Il vient d’une famille bourgeoise d’Egypte et débarque à Paris juste après la seconde guerre. Il s’installe alors dans une minuscule chambre d’Hôtel  et y reste. Jusqu’à la fin. Albert Cossery pratique la paresse (tout comme Perros) comme un art martial. Celui de la contemplation séditieuse. Albert Cossery sait que les choses ne tournent pas rond et que ce n’est pas en allant pointer que la terre se remettra sur ses pieds. Albert Cossery se fait aider par Henry Miller pour publier son premier livre. Il est du côté de l’ironie de la vie et de l’insolence des mendiants. Dans ses romans la fange est noble et  belle. Elle triomphe toujours des servitudes de l’ordre établi. Mais il ne l’idéalise pas. Il est de son côté. C’est tout. Les titres de ses romans sont  beaux comme des poèmes dans la fumée d’un narguilé : Les Morsures, Les Hommes oubliés de Dieu, Les Fainéants dans la vallée fertile, Mendiants et orgueilleux, Un complot de saltimbanques,  Une ambition dans le désert, etc. Lorsqu’on lui demandait « Pourquoi écrivez vous ? » Il répondait : « Pour que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le lendemain »...> Illustration Frederico Penteado

Le 14 avril 2015 à 07:41

Trop honte de son nouveau né, il photoshope les 317 photos de son enfant

C’est un père rongé par la culpabilité. Thomas Renaud, 35 ans, vient d’avoir son premier enfant, un garçon, il y a quelques jours à peine. Alors que tout s’est déroulé comme prévu et qu’il devrait être aux anges, Thomas est en proie à un impressionnant sentiment de honte à l’égard de son fils, Baptiste. Ce qui devait commencer comme une paternité pleine d’amour et de bienveillance a été très vite vicié par l’embarras et la gêne quand Thomas a fait preuve d’une lucidité inattendue sur la qualité physique de son fils. Le tout jeune papa s’est alors lancé dans une course contre la montre en photoshopant l’intégralité des photos prises de son enfant pour tenter de cacher au monde entier le véritable visage de celui qu’il dit « aimer plus que tout». Un cas rare « Je sais pas comment font les autres pères mais moi je peux pas me voiler la face sur mon fils. Je l’aime mais il est moche et j’en ai honte…profondément », nous murmure Thomas pour ne pas réveiller son fils qui dort paisiblement dans la chambre à côté du salon. Les traits tirés et des cernes qui s’agrandissent à vue d’œil, l’architecte de 35 ans n’a pas dormi depuis deux jours à force de retoucher 24 heures sur 24 les plus de 300 clichés sur lesquels figurent son fils au physique « disgracieux comme un furet sous stéroïdes » selon les mots de Thomas. Comment peut-on en arriver là ? Pour ce nouveau père, cela s’est joué très vite : « Passée l’euphorie de la naissance et du sacre de la vie, je me suis petit à petit rendu compte qu’il était objectivement pas si joli que ça. Sa tête est bizarre. On dirait un croisement entre un alien et un devant de Ford Escort. Et puis c’est apparu comme une évidence : mon fils est moche et je ne pouvais le montrer aux yeux du monde sous cette apparence. » Thomas, avec l’accord de la mère, refuse alors toute visite, par honte. Mais le mal est fait, comme le font la plupart des parents, le couple a d’ores et déjà effectué de nombreuses photos de leur fils. Soit autant de preuves de la disgrâce visuelle de ce dernier. Instinct paternel ou simple conscience morale, Thomas prend alors les choses en main : « J’ai décidé de retoucher une à une toutes les photos de Baptiste. J’ai acheté Photoshop pour les nuls et je me suis attelé à l’ouvrage. J’en suis à 243 clichés retouchés. Au rythme de 45 minutes par photo j’espère terminer d’ici 3 jours, si je tiens jusque-là. » Un amour évident malgré tout Quand on évoque la possibilité de tout simplement supprimer ces photos compromettantes, Thomas se met en colère et réaffirme de vive voix l’amour qu’il porte à sa progéniture : « Je ne peux pas supprimer son existence. Je veux juste la rendre plus belle. Si j’avais le choix entre lui et un autre enfant je le garderais lui, mais je me précipiterais peut-être moins sur lui avec mon Canon 5D pour le mitrailler dans tous les sens », nous assure t-il avant de retourner frénétiquement sur Photoshop. Le Gorafi Illustration: Istock / UygarGeographic

Le 10 décembre 2010 à 08:45

Mon chauffeur de métro

Le bon tuyau pour vos voyages souterrains

J’ai un tuyau faramineux à vous filer si vous voyagez en métro. Le meilleur conducteur, c'est lui. Il s'appelle Denis Lavigne — déjà ce nom qui fleure bon le nectar — il écoute les Fabulous Trobadors et il me file So Foot à la fin de son service. Surtout, il est confortable : jamais un coup de patin qui t'envoie valdinguer contre la mémère effarouchée, et toujours il t'informe d'une voix posée sur le pourquoi du comment t'es en rade dans le tunnel. C'est sobre, ce n'est pas l'autre, le Tony Truand qui raconte ses conneries, je dis pas que c'est mal mais ça lasse.Donc, je ne voyage plus qu'avec lui, ou, quand ce n'est pas possible, qu'il est en vacances, avec Sylvette l'Antillaise à la voix chantante. Sinon, je reste à quai. J'en ai soupé des conducteurs qui font durer le signal de fermeture des portes à te casser la tête, qui cliquent vingt fois sur le micro avant de passer une annonce — ou sans en passer, les cons — hurlent dans le micro comme si on était au Stade de France ou chuchotent comme s'ils disaient une horreur. Et qui klaxonnent quand ils croisent un collègue, soit toutes les deux minutes, qui te laissent moisir sans rien dire quand tout s'éteint (remarquez, quand je roupille, c'est pas moi que ça gêne), qui pilent, qui ne disent rien quand c'est le terminus etc etc... C'est vrai que ça restreint mes déplacement tout ça, mais vous savez quoi ? J'habite dans le métro, alors tant qu'à faire, autant choisir son tôlier, non ?Dessin © dominiquecozette

Le 9 octobre 2010 à 08:00

La rue encombrée

(chose vue)

La rue est encombrée par les échafaudages. Dans la rue encombrée par les échafaudages les piétons peinent à avancer. La lumière est belle ce soir. La température est basse et la ville humide, les gouttelettes de pluie, fines, font se crisper les visages, elles apparaissent dans les phares jaunes ou blancs des voitures empêchées et pressées aux carrefours de la ville ce soir. Vendredi. Vendredi soir l’excitation citadine est palpable. Ressentie. Chacun se dépêche ; il est question ce soir de se défouler. Demain est un jour calme un peu. Sans travail. Les klaxons. L’heure chienne est hivernale. L’on ne sait pas. Il fait jour et nuit dans le même temps. L’on ne sait pas. Cela ne durera pas. Bientôt les choses rentreront dans l’ordre ; la nuit. La femme dans la rue tient l’enfant par la main. L’enfant se laisse porter par la main de la femme. Elle la guide. La main de la femme guide celle de l’enfant et tout son corps avec. La femme et l’enfant descendent du bus. La femme fait un grand pas et du bus au trottoir elle enjambe le caniveau. L’enfant fait un saut, s’appuie et s’aide de la main de la femme, l’enfant saute du haut bus jusqu’au trottoir ; l’enfant saute par-dessus le fleuve, le caniveau. L’enfant sourit. Victoire. La femme ne voit le sourire de l’enfant. La femme ne regarde pas l’enfant. La femme regarde le pictogramme vert qui devient rouge. La femme et l’enfant ne traverseront pas la rue. Elles patientent. La femme et l’enfant patientent.

Le 22 décembre 2012 à 11:44
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